Le devenir algorithmique (2) : connaître l’inconnu

Dans le devenir algorithmique (1), j’ai indiqué pourquoi Platon, au moment du Gorgias, avait abandonné la méthode élenctique pour introduire des pratiques qui proviennent essentiellement des mathématiciens pré-socratiques. Le discours philosophique ne peut plus se contenter d’une apparence de vérité reposant sur des opinions vraies qui ne se contredisent pas ; il s’agit à présent d’enchaîner les idées entre elles pour produire de la science et des idées stables.

Une des méthodes mathématiques en question repose sur l’utilisation des hypothèses dans l’argumentation. Le terme d’hypothèse est protéiforme à cette époque, et il nous faudra en proposer une cartographie, mais on peut être scolaire en la matière et commencer par rappeler que l’hypothèse désigne mot-à-mot de ce qui se tient sous la thèse. La thèse étant à la fois ce qui se tient debout, qui est stable et, par extension, le propos que l’on soutient en public.

Mais pourquoi Platon doit-il en passer par l’utilisation d’hypothèses dans son discours ?
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L’elenchus de Platon

Des petits détails de la vie quotidienne vous rappellent parfois de vieilles histoires. En voici une qui mérite d’être racontée, il s’agit de celle du terme d’elenchus
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Le calcul

Je serai sûrement amené à parler de plus en plus de calcul. Aussi m’a-t-il semblé nécessaire d’évoquer l’origine du terme et de la pratique qu’il suppose.
Calcul vient du latin calculus qui signifie caillou. Ce qui semble indiquer que les premières pratiques de calcul se faisait avec des petits cailloux.
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Un dialogue de mémoires

En tant que consultant, je pense souvent à ce passage du Ménon :

Ménon Mais comment vas-tu t’y prendre, Socrate, pour chercher une chose dont tu ne sais absolument pas ce qu’elle est ? Quel point particulier, entre tant d’inconnus, proposeras-tu à ta recherche ? Et à supposer que tu tombes par hasard sur le bon, à quoi le reconnaîtras-tu, puisque tu ne le connais pas ?
Socrate – Je vois ce que tu veux dire Ménon. Quel beau sujet de dispute sophistique tu nous apporte là ! C’est la théorie selon laquelle on ne peut chercher ni ce que l’on connaît ni ce qu’on ne connaît pas : ce qu’on connaît, parce que, le connaissant, on n’a pas besoin de le chercher ; ce qu’on ne connaît pas, parce que qu’on ne sait même pas ce que l’on doit chercher »
Platon,
Ménon (80d-e)

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Platon, mémoire et grammatisation

Dans le phèdre 274c-275b, Platon évoque une légende égyptienne où l’on voit que la mémoire doit se cultiver indépendamment des artifices que sont l’écriture et l’alphabet. Platon est méfiant quant à cette « grammatisation ». more »