11 Août 2011, 3:27
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A propos de Melancholia, de Lars von Trier

C’est le grand retour des astres et du cosmos. Après la métaphysique naïve de « Tree of life », c’est au tour de Lars von Trier de faire référence aux astres et aux planètes dans son dernier film, Melancholia.


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22 Mai 2011, 9:55
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Shots that changed my life (34)

La Pianiste (Die Klavierspielerin), 2001, film franco-autrichien réalisé par Michael Haneke,.

Isabelle Huppert est froide et distante. Dans cette séquence composée en quatre plans, lors d’une audition, elle va être submergée par la prestation au piano de son futur élève, interprété par Benoit Magimel. more »

10 Avr 2011, 11:11
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Shots that changed my life (33)

Somewhere, 2010, USA, de Sofia Coppola.

Quel titre que “Somewhere” pour ce film de Sofia Coppola quand on sait que son cinéma cherche à filmer le vide et le flottement de l’âme. Ici le “somewhere” est “quelque part”, c’est-à-dire “on ne sait pas vraiment où”.

Sofia Coppola a un sens de la métaphore exceptionnel, comme dans cette scène clé où le personnage principal, un acteur célèbre, qui commence à sentir l’angoisse du vide de son existence, va se faire faire un masque pour un tournage. Il devra ainsi rester trois quart d’heure avec une sorte de plâtre recouvert sur le visage, à l’exception des narines pour respirer.

Le voilà comme emmuré vivant, sans pouvoir entendre, voir, ni parler ; juste respirer par les narines. Faire face à son propre vide, quelle torture et qu’elle angoisse pour, enfin, ré-ouvrir les yeux et se découvrir grimé en veillard, comme si la vie avait défilé en un claquement de doigt.

La bande son est exceptionnelle jusque dans les détails, le travail de sur-expositon de l’image fait merveille et rajoute à la sensation de flottement. Une grande leçon de cinéma et d’art.

22 Mar 2011, 11:02
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Shots that changed my life (32)

Le filmeur, de Alain Cavalier, 2005, France.

Avec sa petite camera numérique, Alain Cavalier a quitté le monde de la production cinématographique classique depuis longtemps.

Ce qui le motive, c’est de pouvoir retenir et enregistrer tous les moments de la vie dans son journal vidéo, et notamment certains moments magiques comme celui-ci :

20 Jan 2011, 1:42
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Shots that changed my life (31)

Copie conforme de Abbas Kiarostami (Fr-It-Iran, 2010).

C’est le meilleur film que j’ai vu en 2010.

On se demandait si Kiarostami réussirait la transposition de son cinéma en Europe : travailler avec des acteurs professionnels pour la première fois, dans une autre langue, dans un autre pays, etc.

La réponse est magistrale : l’Italie et la Toscane sont presque “palpables des yeux”, les thèmes de la copie, de l’original, du désir et du couple, sont inscrits dans une histoire à double interprétation, ambivalente et stupéfiante. On passe de l’Italien au Français puis à l’Anglais avec une magie qui doit beaucoup à une Juliette Binoche à couper le souffle (prix d’interprétation à Cannes).

J’aurais pu choisir de nombreux passages du film, mais je retiens finalement le dernier plan qui rappelle avec maestro que le cinéma, et a fortiori le cinéma de Kiarostami, est un travail de composition.

11 Avr 2010, 12:19
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Shots that changed my life (29)

Je t’aime, Je t’aime. Alain Resnais, France, 1968.

Claude Ridder (immense et incommensurable Claude Rich) a été choisi par les scientifiques du gouvernement français parce qu’il vient de sortir miraculeusement indemne d’une tentative de suicide. Quel meilleur sujet que quelqu’un qui souhaite mourir pour être le cobaye d’une expérience de voyage dans le temps qui n’avait jusqu’alors été tentée que sur des souris ?

Je t’aime, je t’aime est donc un film fantastique qui s’attaque à un des sujets les plus ambitieux qui soit en la matière : le voyage dans le temps. Mais chez Resnais, le temps c’est d’abord la mémoire, et c’est pourquoi le héros doit, durant l’expérience :

“être absolument passif, mais capable de mémoire… un dormeur éveillé”

C’est la raison pour laquelle le film est construit autour de 160 séquences qui se télescopent et sont montées comme autant de connexions mémorielles de la vie du personnage principal.

On attend toujours de ce genre de film la scène qui va propulser le héros dans le temps : quelle machine ? quel dispositif ? quels effets spéciaux ? Resnais signe avec cette scène un grand moment du montage cinématographique : le passage est confondant de banalité, point de tunnel spatio-temporel kitch, mais des aller-retours et des collages répétitifs de séquences vécues dans lesquels les incidents et les connexions nous plongent dans l’intimité d’une mémoire singulière.

On ne sort pas indemne de cette œuvre maîtresse.

19 Mar 2010, 12:04
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Shots that changed my life(28)

Au travers des Oliviers Abbas Kiarostami, Iran, 1994

Il s’agit de la dernière séquence du film. Je me souviens encore de la première fois où j’ai vu le film, je n’arrêtais pas de me dire :

Non, il ne va pas le faire ! Il ne va pas oser !?

Et bien si, il l’a fait : un plan avec une profondeur de champ qui va jusqu’à l’horizon dans lequel on suit les deux personnages, réduits à de petits points blancs dans la campagne.

Euphorique.

19 Fév 2010, 12:36
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Il faut être aveugle pour voir

Godard raconte dans un entretien fimé au Fersnoy en 2004 que “la machine à écrire a été inventé pour les aveugles”. Ce n’est pas tout à fait exact, même s’il est vrai qu’il y a eu parmi les premières machines à écrire certaines qui ont été construites pour les aveugles.

Mais l’image est assez forte pour être remarquable : il faut être aveugle pour écrire.

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6 Fév 2010, 2:37
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Shots that changed my life (27)

Les statues meurent aussi, France, 1953, Alain Resnais & Chris Marker

C’est assez exceptionnel de retrouver ces deux réalisateurs aux manettes de ce court métrage documentaire de 30 min qui commence ainsi : « Quand les hommes sont morts, ils entrent dans l’histoire. Quand les statues sont mortes, elles entrent dans l’art. Cette botanique de la mort, c’est ce que nous appelons la culture. »

C’est de la destinée de l’art et de la culture noire africaine dont il question avec, dans cette séquence, une fulgurance qui brosse sans concession des décennies du choc culturel afrique noire / occident blanc.

Tout l’art du documentaire à partir d’images d’archives est condensé dans ces quelques minutes. more »

22 Déc 2009, 1:01
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A propos d’Avatar, de James Cameron

J’ai donc vu, avec mes lunettes 3D, le dernier film de James Cameron, Avatar.
Un mot sur la 3D : certes cela marche à peu près, et plus ou moins bien selon les scènes. On retiendra la meilleure scène 3D comme étant celle du début où les marines sortent de leur scaphandre d’hibernation : nous sommes dans le vaisseau spacial, et ce plan sur les sarcophages alignés le long d’un tunnel en perspective d’ou émergent les marines engourdis qui flottent (car encore en apesanteur) est pour moi la meilleure scène 3D. Pour le reste, la 3D ne m’a pas impressionné.
Mais le pire est certainement le rendu des couleurs. Dès que vous avez chaussé les lunettes 3D, c’est autre chose que le relief qui vous saute aux yeux : c’est la destruction de toute la palette chromatique. Le blanc n’existe plus, il devient grisâtre. Le rouge vire à l’orange, et le bleu des corps des Nav’i a du mal à ne pas virer au vert-crapeau. Ces lunettes 3D forment un filtre verdâtre, voire jaune pisseux, qui vous prive d’apprécier le travail des coloristes et des graphistes.