Shots that changed my life (33)

by Christian on 10 avril, 2011

Somewhere, 2010, USA, de Sofia Coppola.

Quel titre que « Somewhere » pour ce film de Sofia Coppola quand on sait que son cinéma cherche à filmer le vide et le flottement de l’âme. Ici le « somewhere » est « quelque part », c’est-à-dire « on ne sait pas vraiment où ».

Sofia Coppola a un sens de la métaphore exceptionnel, comme dans cette scène clé où le personnage principal, un acteur célèbre, qui commence à sentir l’angoisse du vide de son existence, va se faire faire un masque pour un tournage. Il devra ainsi rester trois quart d’heure avec une sorte de plâtre recouvert sur le visage, à l’exception des narines pour respirer.

Le voilà comme emmuré vivant, sans pouvoir entendre, voir, ni parler ; juste respirer par les narines. Faire face à son propre vide, quelle torture et qu’elle angoisse pour, enfin, ré-ouvrir les yeux et se découvrir grimé en veillard, comme si la vie avait défilé en un claquement de doigt.

La bande son est exceptionnelle jusque dans les détails, le travail de sur-expositon de l’image fait merveille et rajoute à la sensation de flottement. Une grande leçon de cinéma et d’art.

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claude avril 14, 2011 à 11:58

Voyant l’image clé, j’ai cru au départ qu’il s’agissait de « After hours » de Scorcese : autre scène où le protagoniste est entièrement recouvert de platre. Totalement traumatisant, même si cela le sauve au final. (http://2.bp.blogspot.com/_JvpwUz1nl4A/TP_lJFYczWI/AAAAAAAADS8/lxtO08nFv4U/s400/After%2Bhours1.JPG)

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