Généalogie du consultant

by Christian on 4 juin, 2007

« Être payé pour faire ce qu’on aime », voilà la devise du consultant.

Le premier consultant de l’histoire est Simonide de Céos, celui dont la légende raconte qu’il se faisait rémunérer pour chanter ses poèmes.

Le premier consultant était un poète et, accidentellement, il fut aussi celui qui inventa l’art de la mémoire.

  • La mémoire est la première affaire du consultant.
  • La mémoire est la matière de son art.
  • Les consultants ont produit quelque chose dans l’histoire : ils ont oeuvré à la spatialisation du temps en inscrivant le flux de la conscience sur des supports ; des hypomnemata, des supports de mémoire.
  • Quand une entreprise fait appel à un consultant, c’est souvent pour constituer ou reconstituer une mémoire à l’entreprise.
  • Le terme de mémoire n’a rien de poussiéreux : c’est notre capacité à évoluer qui s’y joue en permanence.
  • Une archive n’est pas quelque chose qui doit être compris comme un simple lieu de stockage, c’est la limite grandissante et existante de notre capacité de mémoire.
  • Notre capacité de mémoire est notre ascenseur génétique, le moteur de l’évolution de notre espèce.
  • Sous nos yeux et au bout de nos main : les ramifications organiques de notre mémoire.
    Il n’y aura jamais assez de place pour les archives, cela devrait être le premier budget d’un état aujourd’hui, c’est plus que jamais notre trésor.
    L’archive comme lifelog d’un peuple.
  • Avec le numérique, l’archive doit tendre à recueuillir en « temps réel » touttes ces spatialisations du temps.
    C’est dans les archives que nous nous écrivons collectivement, et que nous nous inventons.
  • Le consultant travaille à la constitution d’une mémoire de l’organisation, c’est à dire à sa conscience.
  • Il travaille quasi exclusivement avec les plus grandes organisations car ces dernières doivent assumer des enjeux qui sont proportionnels à la hauteur de leur chiffre d’affaire. Ces enjeux sont en permanence mis à mal par l’inconsistance inhérente aux grandes compagnies.
  • La quête du sens pour résister au vide, à son absurdité.
  • Y a t il beaucoup de charlatans dans le monde du conseil ?
  • Dans les organisations de consultants, il n’y a pas beaucoup de consultants. C’est parce que le chiffre d’affaire que font les cabinets de conseil reposent sur des prestations industrialisées et automatisées que le nombre de consultants est, en fait, très faible.
  • Le conseil est souvent fade et sans saveur dans l’industrie du conseil ; cela ressemble parfois à la grande distribution du prêt à penser.
  • Il y a peu de passion dans les grandes organisations de conseil. Or, un bon consultant est toujours, et avant tout, un passionné.
  • « Être payé pour faire ce qu’on aime », voilà la devise du consultant.
  • Le consultant n’est pas nécessairement un geek , même si tous les deux aiment ce qu’ils font.
  • La devise du geek pourrait être : « Faire les choses pour le plaisir ».
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Claude Le Berre avril 3, 2008 à 3:03

Pas de dates sur tes articles, c’est dommage.
Je retombe sur celui-ci. J’ai pas bien compris le lien entre consultant et memoire, sauf quand le consultant évidemment est consulté pour aider à la « capitalisation des savoirs » de l’entreprise. Singulier donc qu’on dasse appel à quelqu’un d’extérieur pour les savoirs de l’entreprise. Ce qui porte sur la mémoire est plus intéressant, certains « aphorismes » sont à garder, d’autres peut-être trop expéditif.

C’est dans les archives que nous nous écrivons collectivement, et que nous nous inventons : une archive n’a de sens et n’est opérative que lorsqu’elle peut être « instrumentalisée ». D’où l’intérêt de mettre en place des outils et methodes d’indexations qui permette d’instrumentaliser, réutiliser ces archives. Sinon, les archives ne sont que poussière. Tu oublies aussi de mentionner que l’excès d’archive tue l’archive et aussi que l’archive est malheureusement oublie : on ne peut pas se souvenir de tout, sinon on serait bien incapable de démeler l’utilse du superfu.

Un consultant qui est payé pour faire ce qu’il aime a bien de la chance 😉 N’oublions, meme si je ne connais pas cette fonction de l’intérieur, que le consultant va se mettre au service de logiques qui ne sont pas obligatoirement les siennes. Dans consultant, il me semble qu’il y a « mission ». Et mission, ça fait un peu militaire … ou du tout moins : soldat. Donc, soldat de quoi ? Pas seulement soldat de son propre plaisir j’imagine, mais aussi, instrument.

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Christian avril 3, 2008 à 7:12

Moi je vois une date de publication d’article, juste avant les commentaires (mais c’est peut-être parce que je suis administrateur). et sinon les dates sont toujours dans l’URL. Mais tu as raison cela devrait être visible immédiatement sous le titre de la note.

Le rapport entre consultant et mémoire réside dans le fait qu’il a des techniques de mémoire et qu’il vend la pratique qu’il a de ses techniques de mémoire (exemple Simonide, puis les sophistes). Et ce n’est pas un hasard si Simonide se faisait payer pour glorifier la mémoire des vainqueurs aux jeux olympique. Dans la même veine, les sophistes se faisaient payer pour enseigner.

Après, il est vrai qu’il y a pléthore de gens qui ont le titre de consultant, y compris les « soldats » que tu évoques, mais pour moi ce ne sont pas des consultants mais des « missionnaires » ou des « mercenaires ».

Cà fait toujours plaisir d’avoir les meilleurs lecteurs, çà re-cadre tout de suite 🙂

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