Un mythe sur les responsabilités dans le processus d’adoption des nouvelles technologies

by Christian on 9 septembre, 2006

On accable bien souvent les organisations (quelles soient privés ou publiques) de ne pas utiliser et mettre en oeuvre les principes du web et les normes du web sémantique. Je reprends une note de Got, qui reprenait lui-même une de mes propres notes, afin d’éclairer la discussion à partir de retours d’expérience.

Mes expériences récentes, au sein d’une grande entreprise de services informatique, montrent que les clients avec lesquels j’ai pu échanger et discuter sont tous intéressés et ont envie de mettre de mettre du web sémantique dans leur SI. Et quant ils trouvent une opportunité pour faire un prototype, ils le font ( et acceptent d’en payer la réalisation).

Je n’ai perdu qu’une seule affaire en proposant des solutions se basant sur le web sémantique. En revanche, je vais très certainement en gagner deux nouvelles, pour un montant global avoisinant un demi million €. Cette situation m’invite à penser qu’il a un mythe du client-qui-ne-suit-pas-l’innovation.

C’est du côté des prestataires de conseils et de services informatiques qu’il faut chercher le frein essentiel à la mise en oeuvre des normes et des préconisations du W3C. Car plus on monte dans la hiérarchie et l’ancienneté du personnel des SSII et des cabinets de conseil, moins on connaît le web sémantique.
Il est même possible qu’à mon niveau hiérarchique je sois le seul manager de mon employeur qui connaisse le sujet. Or, si les managers ne connaissent pas le sujet, cela veut dire qu’une proposition faite à un client n’a aucune chance de s’appuyer sur l’utilisation des normes en question. Strictement aucune.

Inutile donc de croire que c’est le client qui refuse le web sémantique : on ne le lui propose même pas !

Pour l’instant, et a titre uniquement professionnel, ce désert du côté de l’offre m’arrange, car il n’y a pas de concurrence. Mais il est regrettable, pour les consultants et les ingénieurs qui ont envie de travailler sur ces sujets techniques, d’être dépendant d’un management techniquement inculte. Or ce constant paralyse la prise de décisions et l’innovation : on aime parler de l’innovation mais on n’aime pas trop en faire.

Côté formation des jeunes ingénieurs, la situation peut évoluer rapidement, mais mon constat est plutôt très décevant. Je vois énormément de jeunes ingénieurs qui … n’aiment pas la technique ! La compétition que se livrent les écoles d’ingénieurs est, de mon point de vue, désastreuse. Elles veulent former des managers et non plus des ingénieurs. Ceux qui sortent de ces écoles sont désaffectés et ne savent pratiquer que la simulation (même s’il y a toujours de brillantes exceptions).

Mais il y a aussi une défaillance dans le recrutement des jeunes consultants qui est à imputer aux employeurs que sont les prestataires. Par exemple, si l’on m’impose de ne recruter que des profils sortant de Polytechnique ou de Centrale, je ne vais trouver aucun profil intéressant. Alors que par ailleurs j’en connais un formidable qui a à la fois une formation universitaire plus que significative et, en plus, une pratique des normes du web sémantique, mais que je ne peux pas recruter.

Voilà, j’espère avoir réparti un peu les responsabilités concernant la lenteur du processus d’adoption des normes du web sémantique au sein des organisations.

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