Enregistrement de la conférence Education et formation de l’attention, prononcée par Bernard Stiegler le 5 juin 2010 au Musée Ecole d’Epineuil le Fleuriel :
Voici les vidéos de la séance sur les techniques de soi d’aujourd’hui.
Hélas, j’ai eu un petit souci avec mon caméscope de poche et je n’ai pu enregistrer l’intervention du comédien Robin Renucci, membre de l’association, qui fut vraiment remarquable. Mais heureusement une autre vidéo sera disponible très bientôt sur le site d’Ars Industrialis.
La semaine dernière, le « secrétariat d’état chargé de la prospective et de l’économie numérique » a publié une consultation publique qui s’inscrit dans le cadre du grand emprunt, décidé par le président de la république. Il s’agit d’une consultation qui s’adresse à tout le monde (on peut télécharger la consultation sur le site ministériel de la prospective), et même le simple citoyen peut y répondre.
Maintenant que l’état a annoncé qu’il souhaitait investir plusieurs milliards sur l’économie numérique, ne reste donc plus qu’à connaître les modalités de cet investissement. On sait qu’environ 75% des budgets investis par l’état le seront sous forme de prêts (remboursement avec intérêt à la clé) et 25% sous forme d’avance remboursable ou de subvention. De plus, les structures de partenariat public-privé sont de mise pour constituer des « filières industrielles » dans l’économie du numérique.
Filières industrielles, grand emprunt, partenariats public-privé, modèles d’affaire à inventer, structures juridiques et montages financier à imaginer, etc. Si certains pensaient que le grand emprunt serait simple, je crois qu’ils vont être douchés. On a à faire à ce que De Gaulle appelait un « machin » (expression qui aurait été utilisé en septembre 1960 à propos de l’ONU), un « machin numérique » en l’occurrence. Continued…
Au XIII° siècle, souligne Edwin O.Reischauer dans le premier tome de son Histoire du Japon et des Japonais, la vie politique japonaise avait de quoi dérouter :
« l’empereur se trouvait sous la dépendance d’un ancien empereur retiré et sous celle des Fujiwara qui contrôlaient en sous-main un cabinet fantoche manipulé de l’extérieur par le shogun qui n’était lui-même que l’homme de paille d’un régent Hojo …! » p.68
Et Reischauer poursuit :
» La conduite des affaires paraissait confiée à une série de doublure dont aucune ne détenait la réalité du pouvoir. L’observateur le plus perspicace aurait pu se représenter la vie politique japonaise comme un jeu de paravents ou comme un interminable emboîtement de personnages gigognes. »
La plupart des débats sur le rôle et la présence des bibliothèques sur web s’est jusqu’à présent concentré fortement sur les enjeux de numérisation des fonds et sur son corolaire de diffusion des oeuvres numériques. Autre thème, mais dans une moindre mesure (surtout à l’échelle du grand public) : la mise en ligne des catalogues et la disponibilité des métadonnées des institutions qui les gèrent. Ces questions sont importantes, mais j’aimerais en proposer une troisième, qui s’appuie sur l’exposition des métadonnées, et constitue à mes yeux la clé de voute pour une stratégie des bibliothèques sur le web. Continued…
Je viens de faire l’acquisition d’un écran supplémentaire pour travailler avec deux écrans grâce au système du bureau étendu. Mais les choses ne sont pas aussi simple que je l’avais imaginé.
Dans un premier temps, j’ai affiché sur l’écran supplémentaire tout ce qui était « message communicationnel » : réseaux sociaux, messagerie électronique, instant messaging. Cette configuration, que j’appelle la configuration du « veilleur de nuit », place le dispositif des écrans dans une configuration de surveillance. Mais c’est un mode relativement passif qui peut rapidement devenir abrutissant tant il se rapproche d’un mode télévisuel.
Finalement, je me suis dit que les systèmes de notifications dans l’écran principal convenaient très bien et qu’il n’y avait pas lieu de réserver mon deuxième écran à cela. Restait donc à trouver un nouvel usage pour ce deuxième écran.
AL Gore dans son bureau avec 3 écrans. Manifestement, il fait de la surveillance
Certains managers laissent des traces : leurs politiques et leurs pratiques managériales ne sont pas vouées à l’oubli. A côté de ceux-là, il y a bien sûr des managers pour lesquels une des critiques, jadis faîte dans les Cahiers du Cinéma à propos de Claude Lelouch, conviendrait certainement :
« Souvenez vous bien de ce nom, vous n’en entendrez plus jamais parler ! »
Mais laissons de côté le troupeau des managers anonymes emportés par le fleuve Léthé, le fleuve de l’oubli, pour nous intéresser à ceux qui laissent des traces. Pour cela je propose trois exemples des traces managériales : Continued…
La séance d’Ars Industrialis d’hier m’a appris quelque chose de surprenant.
Selon Patrick Viveret, JFK aurait été assassiné car il avait commencé à toucher au mécanisme de fabrication de la monnaie. Son administration avait en effet commencé à introduire la possibilité pour le gouvernement, via le fameux ordre exécutif 11110, de produire de la monnaie, ce qui allait à terme priver la FED de sa prérogative de prêter de l’argent avec intérêt au gouvernement (la FED n’est pas un organisme public, c’est un regroupement privé de banques).
Dans ce scénario, son Vice Président Lyndon B.Johnson, n’était sûrement pas innocent. Lui qui, alors qu’il prêtait serment dans l’avion, s’empressa de remettre les choses dans l’ordre avant même que l’avion n’atterrisse.
Viveret rappelle également que Lincoln fut assassiné pour les même raisons, à cause de sa volonté de maîtriser la création de la monnaie.
Fabrication de la monnaie : « Touche pas au grisbi ! »