Navigation et requêtage dans le web de données

 

Le visage d’un web des données n’est pas le même selon qu’on le conçoit dans une logique de navigation ou de requêtage.

Dans une logique de navigation il y a une prédominance de la notion parcours, de trajet, de cheminement, etc..

Dans une logique de requêtage il y a une prédominance de l’action a distance. Contrairement à la navigation qui nous embarque au coeur du web de données, la requête agit à distance.

[Le bateau pour la navigation, le boomerang pour la requête]

Dans la navigation, il y a la prédominance d’une architecture orientée lecture. L’écriture que produit quand même la navigation est son journal de navigation, c’est à dire l’historique des traces de la navigation numérique.

Avec la logique de la requête, l’acte performatif met l’emphase sur l’écriture. Dans la navigation il faut lire pour écrire, là où dans la requête il faut écrire pour lire.

Dans la dimension “navigation”, il y a un primat du choix au sens où le client va choisir parmi les propositions du serveur pour faire avancer sa navigation.

Dans la dimension “requête”, il n’y a pas de choix parmi des propositions mais construction par le client lui même de la question qui va déterminer le changement d’état de l’application.

Ces deux approches induisent des contraintes et donc des résolutions différentes. Dans la navigation on va chercher à avoir des logiques d’affordance avec des efforts sur la conception des messages qui sont envoyés au client par le serveur, alors que dans l’approche par requête on fera des efforts sur la construction des requêtes par le client lui même.

Dans les deux cas, l’objectif est de pouvoir accéder aux données sans avoir de connaissances préalables du corpus de données. Dans la navigation l’intelligence est dans le message, dans la requête elle s’exerce non plus dans l’entre deux du message mais dans un accord a priori entre le modèle de donnée et les normes de requêtage.

Langage de requête, modèle de données et format des messages : trois dimensions d’une architecture logicielle avec lesquelles il faut composer. Cette note fait écho à celle sur le sens et les enjeux des modèles de stockage et d’accès aux données, et elle me permettra de faire la transition vers la question de l’affordance dans les architectures hypermédias que je vais essayer d’instruire.

Il y a un paradoxe entre le sens de données (d’un problème) — qui sont intangibles, sauf à refuser d’en tenir compte et réfuter la problématique, qui se prêtent (sic) seulement à être le support d’une construction, d’un raisonnement — et le sens de données ouvertes à l’appropriation, avec toute liberté d’en user, de les détourner ou même les détruire, au sens de la propriété privée, abolissant tout regard du donateur sur le don.

[Reply]

[…] Au-delà de s’annoncer pour certains comme une « révolution », le web de donnée introduit surtout une nouvelle façon d’accéder au web : là où le navigateur permet de parcourir le web, il s’agit pour le web de donnée de requêter celui-ci, et donc de formuler de façon active ce qu’on veut y récupérer. Pour montrer cette distinction, Christian Fauré a introduit la riche métaphore du bateau et du boomerang. […]

[…] Au-delà de s’annoncer pour certains comme une « révolution », le web de donnée introduit surtout une nouvelle façon d’accéder au web : là où le navigateur permet de parcourir le web, il s’agit pour le web de donnée de requêter celui-ci, et donc de formuler de façon active ce qu’on veut y récupérer. Pour montrer cette distinction, Christian Fauré a introduit la riche métaphore du bateau et du boomerang. […]

 

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