Les questions relatives à l’ouverture des données sont importantes. Pourtant ce n’est pas là le plus important car, si c’est nécessaire, ce n’est peut-être pas suffisant.

Il faut souligner que l’enjeu, au travers de l’ouverture des données, qu’elles soient d’origine publique (institutions et puissance publique) ou privée (organisations et entreprises), l’enjeu, disais-je, n’est pas tant d’exposer ses données mais plutôt son métier, parfois même son coeur d’activité.

Exposer ses données sans saisir que l’enjeu est d’exposer son activité, c’est ne pas comprendre qu’il s’agit de passer d’une logique dissociée à une logique associée et donc d’embrasser les opportunités des technologies relationnelles. On peut, par exemple, exposer ses données et continuer à travailler comme si de rien n’était, comme avant. Cela serait fort dommage, et je suis convaincu qu’il faut un peu plus que çà.

Si je fais cette remarque c’est parce cela a peu de sens d’exposer ses données juste … pour les exposer. On ne demande pas aux organisations d’exposer leur données pour jouer les inquisiteurs ou faire du “datajournalism”, même si certains en font leur fer de lance sur cette question.

It was hard but one us had to go

On leur demande cela pour qu’ils puissent nous mettre dans la boucle de leur activité pour créer un écosystème et un milieu associé (le web of data) dans lequel les données peuvent produire des externalités positives.

( Remarque au passage : “Raw data now!”, scandait Tim Berners Lee.  Je veux bien, mais les données brutes cela ne veut rien dire, une donnée n’est jamais brute, elle a toujours une forme et un format comme me l’a rappelé à juste titre Alain Pierrot. )

Je dis çà pour ceux qui seraient tentés de nous donner des données en pâture, avec une forte probabilité que ce soit des “junk data”. Nous voulons bien plus que des données quand nous parlons d’une économie de la contribution : nous voulons, et pouvons, changer les modèles de ceux qui les produisent et choisissent de les exposer.