La réalité du marché immobilier en France

by Christian on 30 avril, 2010

Alors qu’on entend depuis quelques mois que le marché immobilier reprend et que le montant des transactions moyennes seraient revenu, à quelques pour-cents près, à son niveau d’il y a deux ans, il est particulièrement intéressant d’entendre Henry Buzy-Cazaux, président de l’École Supérieure des Professions Immobilières, tenir un discours beaucoup plus critique et qui relève moins du « speech act » et de la parole propagandiste à laquelle nous ont habitué les professionnels de l’immobilier.

Voilà en substance ce qu’il dit :

  • il faut d’abord regarder le nombre des transactions. Or celui ci a chuté de 30% ( de 800 000 transactions à 600 000 transactions selon les chiffres des notaires).
  • le marché se fait aujourd’hui sur deux segments : d’une part les petites surfaces et d’autre part sur les prestations de luxe.
  • l’essentiel du marché des habitations dites familiales (entre 3 et 5 pièces) est au point mort.
  • au-delà de 250 000 € certains professionnels indiquent que les ventes sont pratiquement inexistantes
  • les investisseurs et les promoteurs ont laissé de côté ce qui faisait le gros du marché, c’est à dire les appartements familiaux. A un point que les nouveaux appartements de 4 pièces sont scindés en 2 pièces pour pouvoir être écoulés.
  • le ménage familial moyen ne peut plus acheter.

Étonnant de voir comment, petit à petit, tous les marchés se fracturent de la même manière : un marché de masse sur les plus petits prix, et un marché de luxe marginal en nombre mais significatif en volume. Et au milieu, une espèce en voix de disparition, la famille.

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Immobilier-danger avril 30, 2010 à 4:00

Effectivement c’est rare de voir un « officiel » de la communication immobilière dire si clairement les choses. Pourtant rien n’a changé depuis plusieurs mois/années, il n’y a que les professionnels qui font miroiter le contraire dans les médias… Il faut bien qu’ils sauvent comme ils peuvent leur business !

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Hubert Guillaud avril 30, 2010 à 10:17

Franc, mais pas surprenant. Un léger calcul depuis le salaire moyen arrive très vite au même constat : la limite des 250 000 euros d’emprunt. Au milieu, tout est en train de disparaître.

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Phyrezo mai 1, 2010 à 12:58

Quid de Paris ? Le marché semble hyper tendu, en particuliers sur les 3/4 pièces.

Par contre les premiers étages ne s’écoulent toujours pas…

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Christian mai 1, 2010 à 12:01

Sur Paris il faut aligner 10 k€ de revenu net par mois plus apport significatif pour décrocher un … 2/3 pièces 🙁

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Shonagon mai 3, 2010 à 11:56

En vacances dans une vielle maison de campagne plutôt mal faite mais bien plus grande en superficie que notre logement parisien. C’est drôle je me suis fait la même réflexion la semaine dernière. On ne construit plus beaucoup de grandes superficies et on tronçonne les grandes surfaces existantes. C’est naze. Comme tu dis ça rend la question du logement bien difficile pour les familles telles qu’elles ont plutôt tendance à se structurer (couple avec ou sans enfants) . Mais en plus ça exclut les vieux, les marginaux de la famille, limite les partages d’espaces de vie et toutes les expériences possibles afférentes (notamment pour les jeunes, enfants et ados) et favorise ainsi grandement le conformisme de vie. J’ai vu qu’il y avait des nouveaux projets immobiliers avec mise en commun de certaines pièces dans des immeubles. C’est intéressant comme démarche mais ne se résout pas la tendance à l’exclusion qu’induit les limitations d’espace.

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