My 2 coins on the « social graph » polemic

by Christian on 23 septembre, 2007

Cà chauffe pas mal en ce moment à propos de l’expression « social graph ».
Utilisée en Mai 2007 dernier par Mark Zuckerberg lors de la présenation de la plate-forme Facebook. Ce terme caractérise le « social network » selon Facebook. Puis l’expression a « incubé » pendant l’été pour se propager fin août avec des premières polémiques dans les blogs anglo-saxons au début de ce mois de Septembre.

La bascule de « social network vers » « social graph » en a perturbé plus d’un, à commencer par Dave winer qui ouvre le feu dans sa note « How to avoid sounding like an monkey ». Puis Scoble lui a répondu dans sa note « Dave Winer says I sound like a monkey », dans laquelle il précise que « social network » et « social graph », ne désignent pas la même chose.

Si je porte un intérêt à cette polémique, c’est parce que derrière, en filigrane, le web sémantique montre le bout de son nez.


En effet, l’intérêt de parler d’un « social graph » est énorme car il pointe immédiatement du doigt sur ce qui fait problème dans certains social networks où le modèle de représentation des données utilisé est l’arbre (voir ici pour un aperçu de la distinction entre arbre et graphe). Au sommet de chaque arbre, il y a un « friend ». Et la mise côte-à-côte de ces arbres me donne la forêt de mes amis ; c’est basiquement çà qui constitue mon « social network ».

Mais ce modèle a immédiatement des limites car, pour aller jusqu’à une feuille de cette forêt, je suis obligé de passer par le chemin qu’impose le modèle de données, à savoir : la forêt, l’arbre, le tronc, la branche et la feuille.
Et si je veux que toute cette forêt s’organise autour de la feuille qui m’intéresse ? Impossible quand on reste sur le schéma de l’arbre qu’utilise les réseaux sociaux. De plus, les liens entre les différents éléments de mon réseau social ne sont pas typés, ce qui le rend plutôt pauvre quand il s’agit de faire travailler « le modèle ».

Bien sûr, vous me voyez venir, RDF étant une représentation des données qui s’appuie sur des graphes typés (directed graphs), on imagine facilement les vertus d’un réseau social qui s’appuie sur la norme RDF du Web Sémantique.

Sans que Facebook n’ait à ma connaissance communiqué sur l’utiliation à venir de RDF dans leur service, quelques initiatives pour exporter les données de Faceboook en RDF commencent à voir le jour, après tout FOAF existe depuis un certain temps maintenant.
Regardons maintenant la cartographie des principaux réseaux sociaux utilisés de par le monde :

Il est évident qu’un tel morcellement géographique va avoir tendance à se résorber. Et, dans ce processus de concentration des acteurs, on peut penser que celui qui proposera son réseau social en s’appuyant sur des données modélisées selon des graphes – et non des arbres – va pouvoir imposer plus facilement sa plate-forme de réseau social (si l’on admet que l’on peut faire plus de chose avec des données en RDF).
Pour rattrapper son retard dans les réseaux sociaux par rapport à FaceBoook , Google va prochainement modifier ses APis afin de pouvoir offrir la possibilité agréger les activités tracées des utilisations de leurs services en ligne (Gmail, Google Aps, Reader, etc.) pour chaque compte Google.
Si donc l’on met la polémique autour des expressions « social network » et « social graph » en regard de l’annonce que fera vraisemblablement Google le 5 novembre prochain concernant ses nouvelles APIs, on peut dessiner deux approches génériques qui vont s’affronter :

  • FaceBook et sa plate forme qui met en avant un graphe social (top down) : l’utilisateur renseigne une plateforme dédiée et structurée qui permet une propagation virale au sein du réseau.
  • Google qui propose des agrégations automatiques des traces d’activités rattachées à un profil utilisateur (bottom up) : pratiquement aucun effort pour l’utilisateur mais structuration très faible.

La stratégie de Google en matière de réseau sociaux reste donc inchangée : l’incompétence présumée de l’utilisateur (terme employé par Google pour justifier son manque d’intérêt au Web Sémantique) se traduit par un refus d’investir dans des solutions proposant une forte structuration des données.

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