Google se dote d’une organisation pour faire pression sur la politique du gouvernement américain.
Je n’oppose pas le politique et la technique, pas plus que je ne pense que ce sont deux choses séparées, qui n’ont rien en commun et rien à voir. Les techniques offrent de nouvelles perspectives qui présagent souvent des révolutions dans la prise du pouvoir. Evolutions techniques et crises politiques vont de pair.
La question des techniques et des technologies est au coeur des enjeux politiques. Si les hommes politiques ne prennent pas la question technique à la hauteur des enjeux qu’elle porte, c’est la catastrophe. Un président qui ne sait pas ce qu’est une souris en informatique, c’est une catastrophe. On en rit bien, mais on en frémit aussi.
L’acte de Google, en créant son PAC (political action committee), peut être interprété soit comme :
- un acte citoyen visant à protéger les informations de ses utilisateurs.
- un acte de propriétaire visant à maintenir le droit de ne pas divulguer à qui que soit les informations collectées, ni d’en dévoiler l’utilisation qui en est faite.
Quoiqu’il en soit, c’est le pouvoir politique qui se trouve dépassé dans la course aux technologies de contrôle. Car Google veut bien modifier ses pratiques d’indexation en Chine mais pas donner ses informations collectées au gouvernement américain.
La façon qu’a Google de faire résonner notre monde contemporain (poids économique, audience, nouveaux services, programmes de numérisation, et maintenant action de lobbying politique) est caractéristique de la crisis que nous vivons.
Chacun se dit : mais que va-t-il se passer ? Les choses ne peuvent plus être mêmes ! En moins de dix ans, ce que nous croyions savoir de la nature de l’homme est devenu flou, caduque et dépassé.
Il est normal que le politique, le vivre-ensemble, entre en résonance lorsque les avancées techniques changent la donne. Il était prévisible que le gouvernement américain tente de mettre la main sur les informations détenues par Google, et il est normal que Google freine des quatre fers.
Je crois qu’aucun des deux ne perdra, il y aura un accord, une entente, dont nous ne saurons probablement pas le contenu. A moins d’une révolution politique bien sûr.
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