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La mutation du statut de l’oeuvre

Le piratage est un phénomène qui touche les produits les plus « visibles ». Les Hits dans la musique et les blockbusters dans le cinéma, les Harry Potter dans l’édition (mais dans une très moindre mesure ) et les Half Life dans les jeux video. Le piratage touche beaucoup moins les productions et les oeuvres qui ne sont pas portés par la publicité et le marketing.

Tout en haut, les produits les ayant les plus grandes capacités commerciales et tout en bas ceux qui ne sont pas accompagnés par des efforts de promotions.
Le piratage joue le rôle d’un
régulateur : la tendance est clairement à ne pas payer pour obtenir ce que tout le monde écoute, voit ou lit.
Mais si on ne paye pas, il n’en reste pas moins que l’on peut les « consommer ». S’ils n’atteignent pas notre porte-feuille, ils atteignent notre cerveau : les produits culturels n’ont jamais été autant « consommés ».

La règle qui se met en place est la suivante : plus on promeut, moins on vend (proportionnellement et à partir d’un certain point), mais plus votre produit est consommé (vu, entendu, lu). La conséquence est que ceux qui produisent ces oeuvres vont devoir trouver de nouvelles sources de bénéfice. Autres que l’achat du produit.

Ce mécanisme va modifier une certaine partie des produits culturels : une majorité se retrouvant sur un marché en profonde dégradation, la tendance est alors à muter l’oeuvre en support de promotion pour un autre produit qu’elle même. L’oeuvre ne se présente plus, elle représente et elle promeut.

Avant :

promotion -> produit acheté

Après :

promotion -> oeuvre de promotion 1 -> … ->oeuvre de promotion n -> produits achetés

Au final, les oeuvres piratés vont se transformer en oeuvres de promotion qui vont constituer tout un rhizome visant à capter « le temps de cerveau disponible ».

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