Un jour sans lendemain ?

Donc voilà, l’émission “Du jour au lendemain” d’Alain Veinstein ne sera pas reconduite à la rentrée sur France Culture.

QuignardVeinstein

[Alain Veinstein avec Pascal Quignard]

Cela faisait 29 ans que cette émission existait, et 25 ans que je l’écoutais, pratiquement tous les soirs. Avec le passage au Podcast, je n’ai plus jamais manqué une seule émission, que pourtant je continuais à écouter le soir car il faut un régime d’attention particulier pour l’entendre. Cette émission bien nommée terminait ainsi ma journée et m’ouvrait des horizons inconnus avant que je ne bascule dans les rêves.  more »

La césure chez Quignard

Dans Les Désarçonnés, le style de Quignard est proche de celui des Petits Traités : beaucoup de chapitres en chiffres romains (qu’on ne sait plus lire quand il commence à y avoir des C et des L), un texte parsemé d’astérisques (*) qui l’interrompent régulièrement, paragraphes et phrases isolés, parfois un chapitre qui fait une phrase.

L’art du découpage, et notamment dans l’utilisation des astérisques, m’a vraiment impressionné. Ils procurent une légèreté formidable dans la lecture ; c’est un peu comme si chacune de leur apparition nous disait :

“Ne t’inquiète pas de garder en mémoire ce que tu viens de lire pour apprécier la suite”.

Alors on continue, soulagé, en faisant confiance à l’auteur. more »

30 Août 2012, 4:01
Défaut:
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“La théorie de l’information”, d’Aurélien Bellanger

Je viens de finir le livre d’Aurélien Bellanger, “La théorie de l’information“. Je devrais plutôt dire “d’en finir avec” car je n’ai pas pu le finir.

En un premier sens, l’ennui profond dans lequel vous plonge l’oeuvre fait formidablement écho à une vision informationnelle du monde : tout est information dans ce livre, il n’y a aucune thèse, aucune psychologie, aucun vécu, et le personnage que l’on suit des années 80 à nos jours n’est qu’un prétexte auquel on se désintéresse très vite.
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L’arrière saison

Le titre et la couverture de ce roman n’avaient pourtant rien qui puisse m’attirer. Tout laissait transparaître un romanesque autrichien “fleur bleue” que je ne goûte guère. On m’avait même dit, en me conseillant l’ouvrage, “qu’il ne s’y passait rien” mais, pourtant, que sa lecture était envoûtante et prenante.

Comme la personne qui me le conseilla était toutefois digne de confiance, j’achetai le livre il y a maintenant plus d’un an. Depuis, il était resté dans mon bureau et, chaque fois que mon regard croisait la couverture, je le prenais en main en le retournant pour lire une fois de plus la quatrième de couverture qui précisait qu’il s’agissait là d’un chef d’oeuvre inégalé aux yeux de Nietzsche. Aux réticences que j’éprouve vis-à-vis de la littérature romanesque s’ajoutaient l’épaisseur de l’ouvrage avec ses 650 pages. more »