Les méthodes agiles à grande échelle

by Christian on 9 novembre, 2014

L’agile se met en oeuvre d’abord avec de petites équipes pour que les principes d’auto-ajustement puissent jouer (management visuel, co-localisation des équipes, interactions fréquentes lors de rituels, etc.).

Mais quid de l’extension des démarches agiles à grande échelle ? Cette question, c’est d’abord celle des équipes qui pratiquent l’agile et dont la demande est souvent : « aidez-nous à faire basculer notre management en mode agile ».

En effet, au début vécues comme des zones franches et d’expérimentation puis, fortes d’un succès évident, les pratiques agiles cherchent à étendre leur zone d’influence et à se généraliser pour aller au-delà d’un simple projet : à des projets de projets, des programmes et – pourquoi pas – jusqu’à l’ensemble des opérations (y compris l’exercice de budgétisation avec les démarches beyond budgeting).

Dans la présentation suivante (remarquée par Erwan), Bernd Shiffer présente une dizaine de méthodologies et de frameworks pour accompagner l’agile à grande échelle, à savoir :

  • SAFe : Scaled Agile Framework
  • DAD : Disciplined Agile Delivery
  • EBMgt : Evidence Based Management
  • ETF : Enterprise Transition Framework
  • LeSS : Large Scaled Scrum
  • SA@S : Scaled Agile @ Spotify
  • ScALeD : Scaled Agile Lean Development
  • PDFbyR : Product Develpment Flow by Reinertsen

Tous ces frameworks sont intéressants, mais ma préférence va à l’approche de Reinertsen, présentée dans Principles of Product Development Flow.

Flow

Par certains aspects, ce livre (que m’avait fait découvrir Dimitri) fait un peu décalé par rapport à la littérature « agile » ; peu de schémas didactiques, peu de concessions dans le style et surtout une approche très « scientifique ». En fait, on pourrait dire qu’il s’agit  de l’Ethique de Spinoza du Lean Development.

Plusieurs raisons font que ma préférence va à cette approche : la dimension scientifique et quantitative qu’il véhicule, l’effort d’argumentation et d’exposition, et enfin le fait qu’il s’agisse de principes et non d’une simple check-list à plaquer sur n’importe quelle situation.

A vrai dire, ce livre prône une certaine manière de mesurer la valeur du travail dans des contextes à part importante de créativité, comme le développement logiciel (on n’est donc pas dans le Lean Manufacturing qui s’efforce de gommer toute incertitude). Les enjeux économiques sont nettement plus marqués que dans certains autres frameworks qui sont souvent des schémas d’organisation.

Mais si l’approche de Reinertsen est beaucoup plus universelle, c’est aussi parce qu’elle ne donne pas de recette immédiate pour effectivement passer à l’échelle ; ce n’est donc pas un guide à suivre pas à pas pour ceux qui recherchent des recettes et faire des Quick-Wins.

Par contre, c’est un formidable outil pour caler scientifiquement une transformation agile à grande échelle si l’on n’oublie pas qu’il faut y rajouter de la matière psychologique et sociale pour qu’une transformation ait du corps et puisse s’incarner.

 

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