Je suis un spiritualo-matérialiste

by Christian on 4 février, 2013

raphael

Je suis un matérialiste au sens où, par exemple,  je suis convaincu que ce que l’on appelle une maladie mentale ou psychique présuppose une certaine configuration du biologique.

Je crois  par exemple que certains sont joyeux parce qu’ils sont cablés d’une certaine manière, et d’autres dépressifs parce qu’ils le sont différemment. Je crois donc que les troubles psychiques – et plus généralement comportementaux – expriment des troubles biologiques.

Au sens strict, il n’y a pas de “maladie psychique ou sociale”, il n’y a que des maladies du corps, de l’individu biologique.

De plus, sans parler exclusivement de pathologie graves, je crois également que s’engager dans les ordres, faire polytechnique, ou encore devenir entrepreneur, tout cela répond toujours à une configuration du biologique ; tout ce qui caractérise un individu (humeur, comportement, choix de vie, etc.) est inscrit quelque part dans son corps.

Pour autant, je ne dis pas que tout s’explique par le biologique, que tout provient de lui et que donc toutes les théories – notamment psychiques et sociales – ne seraient que de vaines paroles. Mon matérialisme n’est pas un biologisme.

Je crois que le vécu d’un individu psychique, et notamment dans ce qui se passe dans le langage, provoque des configurations biologiques : on peut rendre malade un individu avec des mots, on peut aussi le guérir avec mots.

Il s’agit d’une position spiritualo-matérialiste selon laquelle c’est à partir du vivant, du biologique, que les idées naissent. Et que, en retour, les idées peuvent reconfigurer l’individu vivant dans son corps.

Je crois que ce matérialisme spirituel était la position de Freud quand il abandonna les recherches en neurologie (manque d’argent, balbutiement de la discipline, …, ?) pour fonder la psychanalyse : aller vers l’une n’était pas remettre en question l’autre. C’était poursuivre le matérialisme dans le psychisme grâce à la médiation du langage.

Je crois aux « idées » et aux « concepts », mais pas au « monde des idées et des concepts ». C’est peut-être çà la force et la singularité de la psychanalyse dans l’histoire de la philosophie.

Print Friendly
Signaler sur Twitter

{ 2 comments… read them below or add one }

chug février 4, 2013 à 10:13

Je viens de lire votre post, apres avoir vu il y a peu ce documentaire sur Fabienne Verdier…vous devriez reconnaitre le souffle dont vous parlez avec d’autres mots

http://pluzz.francetv.fr/videos/empreintes_,76343364.html

Répondre

Christian février 5, 2013 à 5:36

Merci, je vais regarder çà

Répondre

Leave a Comment

{ 1 trackback }

Previous post:

Next post: