Jacques Sapir sur les impasses de la politique économique européenne

by Christian on 25 septembre, 2012

Une vidéo signalée par Claude dans laquelle Jacques Sapir résume l’ensemble des points qu’il développe et explique dans ses publications et les médias depuis le début de l’année.

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bruno septembre 25, 2012 à 6:49

Sapir est un eurosceptique depuis toujours. Mais plus interessant, que trouves-tu de pertinent dans sa position et ses arguments ? Est-ce que tu partages tous ses points, par exemple sur le budget fédéral ? Connais-tu des avis différents (lesquels) ?

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bruno septembre 25, 2012 à 6:53

Bref je me demande pourquoi tu postes cette video, et pourquoi maintenant (elle date de janvier), sachant que tu connais un minimum les positions eurolandaises que j’expose sur Conscience Sociale et les reseaux sociaux depuis longtemps.

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Christian septembre 26, 2012 à 10:04

Il me semble clair dans les impasses qu’il énonce.

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Dominique De Vito septembre 28, 2012 à 7:05

Les faits/opinions de Jacques Sapir peuvent se ranger dans 2 catégories:
1) l’euro est un non-sens économique
qui pourrait quand même survivre avec
2) une véritable nation européenne.

Personnellement, j’adhère au fait que l’euro est un non-sens économique, et qu’il n’existe pas de nation européenne.

2) A propos du fait qu’il n’existe pas de nation européenne, je conseille la lecture du livre « Le coup d’Etat invisible » de Jean-Claude Barreau (1999). JC Barreau précise le caractère non démocratique du fonctionnement de l’Europe [A]. Et fait assez amusant, il cite notamment une présentation, en mai 1998 (lors d’une session de la fondation Marc Bloch, lors d’une conférence à la Sorbonne), de Joseph Pini, jeune agrégé de droit à la faculté d’Aix-en-Provence, détaillant un parallèle entre le système européen et le fonctionnement de l’ex-URSS !
Mais JC Barreau consacre, aussi, de nombreuses pages de ce livre au fait qu’il n’existe pas de nation européenne. Un de ses arguments principaux étant qu’une nation est constitutive d’un attachement affectif ; or, il n’existe aucun attachement affectif vis-à-vis de Bruxelles [B].

Un complément de ce livre est son prédécesseur « la France va-t-elle disparaitre ? » (1997). Dans ces 2 livres, il combat moults d’idées reçues sur l’Europe. Il est intéressant de noter, par exemple, que nombre de succès de l’Europe n’ont pas été produits par Bruxelles, mais par l’association d’Etats-Nation en Europe (soit une autre forme d’organisation de l’Europe que Bruxelles and co): EADS, Arianespace…
Par ailleurs, dans « Le coup d’Etat invisible », il fait une démonstration intéressante que l’Europe, ce n’est pas la paix (contrairement à l’ultime argument des européistes acharnés). C’est même le contraire. C’est la paix qui a permis de créer l’Europe et pas le contraire !

1) de nombreux économistes ont pointé du doigt (pour certains, il y a des années déjà) que l’euro, étant une zone monétaire NON-optimale, des problèmes économiques allaient nécessairement surgir, et secouer l’édifice européen. Jacques Sapir indique bien cela, sans employer le terme économique de « zone monétaire NON-optimale », mais il s’agit bien de cela. Evidemment, nos politiques étaient prévenu, mais n’ont rien fait ou anticipé (un révélateur en est que sortir de la zone euro est un scénario totalement absent des traités européens, alors que, lors des derniers siècles, le monde a connu des dizaines d’éclatement d’union monétaire). Et d’une certaine manière, on assiste au retour de l’importance des questions économiques sur les faits politiques qui ont produit une Europe qui a poussé « hors sol », comme on dit en Agriculture.

[A] ces derniers années, d’autres personnes sont arrivées aux mêmes conclusions.
Christophe Deloire (dans son livre « Circus politicus ») semble partager des points communs avec JC Barreau: « Circus politicus révèle les dessous d’un véritable « putsch démocratique », une tentative de neutralisation du suffrage universel par une superclasse qui oriente la décision publique. Il montre comment le Pouvoir a capitulé devant les puissances financières. Il dévoile les stratégies de double discours et d’hypocrisie française entre Paris et Bruxelles. Histoires, anecdotes, preuves, documents… tout dans ce livre tend à démontrer que les Indignés ont raison de réclamer une « vraie démocratie » ! Entrons dans ce Circus politicus où le peuple est jugé dangereux et la démocratie archaïque. Nous voici dans les réunions ultra secrètes des Conseils européens où tout se joue, dans les coulisses, dans de mystérieux clubs d’influence où les banquiers américains expliquent la vie à nos politiques, dans les officines et les bureaux d’agents secrets…
La France est sous la tutelle d’un pouvoir aveugle. La souveraineté, nationale ou européenne, n’est plus qu’une image pieuse entretenue par des « idiots utiles ». Une enquête inédite, iconoclaste qui fait surgir une réalité qu’il vaudrait mieux affronter plutôt que de la nier.  »

[B] certes, pour une taille sensiblement équivalente, les USA réussissent à créer ce lien affectif qui manque entre habitants de différents pays d’Europe. Mais il ne faut pas oublier qu’ils parlent la même langue, et ont une histoire commune, et ne pas oublier aussi que ce lien affectatif est sans cesse entretenu quotidiennement à travers les diverses manifestations publiques (sans compter la production hollywoodienne pléthorique à ce sujet), qui sont impossibles en Europe, sans décaler le personnel politique européen de gauche ou de centre-gauche vers la droite !

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Dominique De Vito septembre 30, 2012 à 9:08

« Zone euro : l’union monétaire est rompue » nous dit Jean-Luc Gréau: http://bit.ly/TK1TjW
soit une autre vidéo intéressante qui illustre les problèmes économiques actuels de la zone euro.

On peut résumer les points de M. Gréau comme suit:
– une des hypothèses actuellement discutées en privé, dans les sphères concernées, est celle de la désintégration de l’euro
– les conditions d’emprunt des agents économiques privés/publics accusent une divergence, entre pays européens, depuis 2008
– les dettes publiques ont été renationalisées : les banques émis par un pays ne sont plus souscrites que par les banques de ce pays
– l’épargne des classes moyennes des pays du sud migre vers les pays du nord, tandis que ces pays du nord garantissent la dette des pays du sud
– retrait stratégique des banques françaises et allemandes du marché du crédit de la zone européenne sud : on ne prête plus aux pays du sud
– les dirigeants politiques ne veulent pas reconnaitre cette situation et s’accrochent à une survie de l’euro

Bref, M. Gréau indique que l’euro continue à jouer son rôle comme monnaie d’échange, mais la zone euro, en tant que zone économique intégrée, bat de plus en plus de l’aile.

Certains économistes disent volontiers que c’est lié au fait que l’euro est un non-sens économique (cf. Jacques Sapir, entre autres) et que les soubresauts de la chute « surprise » de Lehman Brothers ont invité tout le monde à reconsidérer la situation économique, et donc, ont fait sortir ces agents économiques de l’illusion économique européenne du début des années 2000, et les inviter au bilan.

Un autre fait intéressant, qui pourrait être ajouté à la liste de M. Gréau, pour faire le bilan de la zone euro, est l’action de la BCE. Selon l’analyse du seul économiste que je connais qui décortique le bilan de la BCE, les banques déposent leurs sous à la BCE et par ailleurs, la BCE s’est engagée dans un vaste plan de prêt aux banques européennes. En d’autres termes, selon cet économiste, le marché financier européen est totalement bloqué : les établissements financiers européens ne se font plus confiance (car la réalité est que nombre d’entre eux sont bcp plus mal en point que reconnus dans la sphère publique [A], et donc, une méfiance globable régne entre acteurs économiques). De ce fait, l’économiste qualifie la zone euro d’€-URSS, avec une instance centrale gérant la circulation des sous entre agents économiques, faute d’une circulation bcp plus fluide de ces sous, comme cela peut se faire avec des agents économiques sains.

[A] un seul exemple: Dexia, ayant très bien réussi les stress tests en juin 2011, et déclarée en faillité 3 mois plus tard !

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Dominique De Vito octobre 4, 2012 à 3:17

Allez, un petit dernier pour la route:
« Le triangle des « impossibles promesses» : pourquoi l’Euro s’autodétruit, et détruit l’Europe avec »
http://blog.turgot.org/index.php?post/Selgin-MPS2

Je ne comprends pas tout 😉 mais l’article est plutôt pas mal (même s’il manque de clarté sur certains points).

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