« Best of » Google Apps Premier Edition

by Christian on 4 mai, 2009

Capgemini est le plus grand partenaire de référence de Google dans le monde de l’entreprise. Alors, comme je fais beaucoup de Google ces derniers mois, il m’arrive parfois d’être surpris par les réactions des entreprises lorsqu’il s’agit de mettre en oeuvre Google Apps Premier Edition.

Par exemple Gmail, dans sa version dédiée aux entreprises, offre 25GB de stockage là où la plupart des entreprises offrent en moyenne 500 MB à leur utilisateurs. On pourrait penser que c’est une bonne nouvelle, et bien pas forcément lorsqu’on vous répond :

« 25 GB c’est quand même beaucoup. Vous comprenez, les utilisateurs pourraient s’y habituer. On les connaît, plus vous leur en donnez et plus ils en demandent »

Toujours en restant avec les solutions de Google pour l’entreprise ; vous pensez qu’offrir une solution bureautique collaborative simple et séduisante est un atout ? Détrompez vous :

 » Mais alors tout le monde peut créer un site de partage ? Ou partager un document sans en demander l’autorisation ? C’est pas très bien vu dans notre culture vous savez … »

Gmail et Google Site offrent des thèmes qui permettent d’avoir une interface graphique qui sort de l’ordinaire. Vous voyez çà comme un plus ? Attendez de voir les nanas de la communicaiton qui débarquent pour vous dire :

 » Mais c’est pas possiiiiible, il faut absolument que les chartes graphiques du groupe s’appliquent à l’interface utilisateur. C’est I-M-P-É-R-A-T-I-F ! »

Avec les pages personnalisables de Google Start Page, les utilisateurs peuvent composer eux-mêmes leur page de démarrage, leurs liens vers leurs outils, etc. Çà devrait les rendre plus productifs, non ? Que nenni :

« Mais c’est le grand n’importe quoi : il faut une page de démarrage corporate qui s’applique à tout le monde, c’est la politique du groupe ! »

Les widgets offrent également un peu de tout, chacun peut choisir parmi tout un catalogue disponible. Une bonne chose ? Manqué :

 » Mais attendez, je vois un widget qui offre un calendrier de femmes en maillots de bain ! C’est contraire à toutes les règles de déontologie de l’entreprise ! »

Sachant que celui qui vous dis çà a un accès à internet et à des images bien plus osées ; quand il n’a pas lui-même dans son bureau un calendrier Aubade ou Pirreli.

Puis viens le moment de discuter avec le monsieur de la sécurité, forcément quand on parle cloud computing :

« Est ce que votre solution accepte le SMTPS, est-ce que l’encryptage est assuré, est-ce qu’on peut mettre en place des politiques de sécurité pour l’envoi des email, etc. »

Je réponds « Oui, mais vous utilisez déjà tout cela dans votre système actuel ? »
–  » Non, mais c’est obligatoire »
– « Ah bon .. »

Ou encore tel autre qui est très intéressé par Google Apps mais qui souhaiterait que je lui

« mette à disposition un environnement de test pour essayer la solution avant de prendre une décision ».

Allons-donc, je vais de ce pas reproduire l’infrastructure de Google pour que l’essai se fasse dans de bonnes conditions…

*

Derrière toutes ces réactions il y a en filigrane la peur d’ouvrir le web aux employés, la peur de les lâcher dans la nature, qu’ils accèdent à des informations erronées, ou moralement répréhensibles, qu’ils passent leur temps à surfer au détriment de leur travail et, peut-être même … qu’ils prennent du plaisir à travailler avec des outils web et sur le web, qui sait ?

Prendre du plaisir au travail, mon dieu, mais c’est tout sauf corporate çà !

Enfin, malgré ces quelques anecdotes, l’offre Google pour l’entreprise se porte très bien et elle ne va cesser d’attirer les entreprises pour deux raisons très simples :

  • çà coûte beaucoup moins cher pour les entreprises qui cherchent en ce moment à réduire leurs coûts ;
  • et çà permet d’avoir de nouvelles manières de travailler, n’en déplaisent à ceux qui voudraient maîtriser et contraindre le comportement des employés.

D’ailleurs, les entreprises qui témoignent de leur choix Google Apps le disent :

C’est pas cher et c’est innovant. Euh..je vous ai dit que c’était pas cher ?

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{ 3 comments… read them below or add one }

Johan Mathe mai 4, 2009 à 11:29

Excellent ! Un article rafraichissant, et un bon coup de gueule, j’adore !

A bientot !

Johan

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imath mai 5, 2009 à 10:55

Ahahah! c’est très franco-français ce type de réaction ! J’ai moi-même essayé de faire utiliser google apps pour un département de mon entreprise et me suis heurté à ce genre d’objection fausse barbe !
Dans le même style, on m’a interdit la mise en place d’un serveur linux avec pour justificatif hallucinant : « windows est plus sécurisé que Linux et est plus évolutif »..
Eh oui, rien que cela !!
Petit indice : je bosse dans une petite entreprise qui chaque jour dépose des factures dans vos boîtes aux lettres.. Avec l’ouverture totale du marché annoncée prochainement mais surtout la substitution liée à l’utilisation croissante des nouvelles techniques de mise en relation, il serait temps qu’on optimise.. et qu’accessoirement on propose des solutions réellement innovantes en matière de work flow et de gestion du document..

Merci pour ce post rafraîchissant 😉
++

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claude mai 7, 2009 à 2:55

Encore heureux qu’il y ait des freins, car on ne transpose pas un outil pour la masse, dans des environnements spécifiques, sans qu’il y ait de frein. Microsoft souffre de devoir fournir une seule version d’OS pour des millions d’utilisateurs qui ont des usages différents de cet outil. Alors pourquoi être surpris de l’accueil difficile d’une suite logicielle faite pour la masse dans un environnement « corporate ». Et ce n’est pas, je pense, franco-français… Ce n’est pas parce que google crée des solutions innovantes et bon marché par économie d’échelle qu’il faut absolument se précipiter dessus. Il y a quelques jours, slashdot annonçait que l’US Air Force allait disposer d’une version XP ultra sécurisée. Mettre en place google dans une entreprise est une entreprise sociologique très intéressante, mais il faut peut-être cesser de voir la normalisation des outils comme la meilleure, aussi innovants et pertinents que soient ces outils pour les avertis qui les utilisent.

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