Un article du Monde (qui a proposé ces derniers mois de très bons articles sur le cloud computing) Lilian Alemagna rapporte un début de polémique suite à une sur-interprétation dans un article du Times des résultats des travaux de recherche de l’Université de Harvard. Alex Wissner-Gross qui semble-t-il était à l’origine de l’étude à Harvard déclare :

“Le Times nous a attribué à tort le chiffre de 7 grammes de CO2 émis par requête Google. Dans notre étude, nous nous sommes concentrés exclusivement sur l’ensemble des sites Internet et nous avons constaté, qu’en moyenne, une visite sur un site traditionnel émet 20 grammes de CO2 par seconde.”

Ce chiffre de 20 grammes de CO2 doit en fait énormément varier selon que l’on charge la page d’accueil de Google qui fait quelques kilo-octets ou d’autres pages plus lourdes.

Petite perle au passage, repérée par Yves Marie Pondaven : dans la page des résultats de Google, faîtes un “clic droit” puis “afficher l’image” du logo de Google et vous devriez voir l’image du logo de Google mais cette fois-ci dans sa totalité. Ce qui en dit long sur la stratégie du moteur de recherche pour faire converger “liste de résultats” et” liste de course ou d’achat”.

Mais revenons à nos consommation de de CO2 selon la taille des pages web. Nous en parlions entre collègues aujourd’hui, et j’ai mesuré la taille de quelques pages. Ce qui donne :

  • pour la page d’accueil de Google :
Total HTTP Requests: 2
Total Size: 11460 bytes

Object type Size (bytes) Download @ 56K (seconds) Download @ T1 (seconds)
HTML: 2902 0.78 0.22
HTML Images: 8558 1.91 0.25
CSS Images: 0 0.00 0.00
Total Images: 8558 1.91 0.25
Javascript: 0 0.00 0.00
CSS: 0 0.00 0.00
Multimedia: 0 0.00 0.00
Other: 0 0.00 0.00

  • pour la page d’accueil de mon blog :
Total HTTP Requests: 16
Total Size: 427463 bytes

Object type Size (bytes) Download @ 56K (seconds) Download @ T1 (seconds)
HTML: 36066 7.39 0.39
HTML Images: 348749 71.11 3.45
CSS Images: 0 0.00 0.00
Total Images: 348749 71.11 3.45
Javascript: 37074 8.39 1.20
CSS: 5574 1.51 0.43
Multimedia: 0 0.00 0.00
Other: 0 0.00 0.00

  • pour la page d’accueil du Monde :
Total HTTP Requests: 152
Total Size: 1822661 bytes

Object type Size (bytes) Download @ 56K (seconds) Download @ T1 (seconds)
HTML: 62393 12.63 0.53
HTML Images: 1686942 352.20 24.94
CSS Images: 21167 13.82 9.71
Total Images: 1708109 366.02 34.65
Javascript: 33198 10.02 3.58
CSS: 16992 4.39 1.09
Multimedia: 1969 0.59 0.21
Other: 0 0.00 0.00

Chaque site n’a donc pas la même politique énergétique, si tant est qu’il y en ait une en la matière car il faudrait déjà y être sensibilisé. Mais quand je vois que Got ou Manue changent le design de leur site avec un fond noir pour économiser de l’énergie sur les écrans qui les consultent, on peut penser qu’une responsabilité et une sensibilité à ces questions écologiques des technologies de l’information se diffusent de plus en plus largement.

Toujours est-il que, dans leur blog Officiel, les gens de Google ont très vite réagi à cette article du Times en précisant qu’une requête moyenne sur leur moteur de recherche emettrait en fait 0,2 g de CO2. Ce qui permet également à Google de rappeler son slogan en la matière :

In the time it takes to do a Google search, your own personal computer will use more energy than Google uses to answer your query.

De la même manière, et j’y insiste à chaque fois lorsqu’une entreprise bascule sur les infrastructures de Google, il y a un fort impact sur le bilan énergétique de l’entreprise ainsi que sur la responsabilité de l’entreprise dans la maîtrise de son impact environnemental. Il ne faut pas voir que l’intérêt immédiat du faible coût dans les solutions de Google, mais également les externalités positives.

Quoiqu’il en soit, les choses se complexifient car les logiques de confidentialité et de maîtrise des données vont parfois à l’encontre des valeurs nécessairement écologiques du cloud computing : tentons de faire composer les deux pour trouver de nouvelles alternatives sans les opposer de manière stérile. Cela passe selon moi par l’architecture du hardware, du software et du dataware qui doit intégrer des dimensions écologiques pour apporter de nouvelles valeurs aux systèmes d’informations.