Le code et l’écriture

Après la publication de Littérature du code et la lecture des commentaires à cette note, je me suis demandé s’il y avait des pratiques d’écriture qui évoluaient en s’imprégnant des pratiques du code.

On connaît tous cette pratique qui consiste à écrire, par exemple :

<troll>
Là je dis n’importe quoi
</troll>

Une XMLisation ou HTMLisation des pratiques d’écriture.
Ce qui va dans le sens des commentaires du niveau “humeur” que j’évoquais dans la note précédemment citée. Mais là, c’est l’inverse, puisqu’une syntaxe de programmation s’est invitée dans l’écrit.
Comme si le code pouvait retranscrire une forme de prosodie du discours, une intonation que les techniques d’écritures traditionnelle n’arrivait pas à exprimer aussi rapidement.

Et puis, aujourd’hui, je vois un tweet de Danny Ayers ou l’on peut lire :

twitter: danja: google to me to dave pawson’s notes, disable-output-escaping=”yes”, sorted.”

Enfin, “lire” est un bien grand mot.
Bien sûr, je ne comprends pas la signification du message. Mais j’y vois un étrange mélange d’écriture orthothétique et de code. Comme une phrase mutante.

De deux chose l’une :

  • soit on a affaire à un jargon technique et corporatiste, comme peut l’être le louchebem des bouchers. C’est à dire à quelque chose d’anecdotique.
  • soit, au contraire, on a affaire à une tendance qui confirme la trace d’une évolution de nos techniques d’écriture.

Je crois qu’en écrivant pour des machines, notre écriture s’en trouve changée. D’ici plusieurs dizaines d’années, peut-être que le texte que vous êtes en train de lire à cet instant paraîtra verbeux et maladroit au regard d’une écriture à venir qui aurait embrassée le charme et les pratiques du code.

<précision>
Je distingue cette écriture mutante du style SMS, qui est autre chose.
</précision>

#!/usr/bin/perl

APPEAL:

listen (please, please);

open yourself, wide;
join (you, me),
connect (us,together),

tell me.

do something if distressed;

@dawn, dance;
@evening, sing;
read (books,$poems,stories) until peaceful;
study if able;

write me if-you-please;

sort your feelings, reset goals, seek (friends, family, anyone);

do*not*die (like this)
if sin abounds;

keys (hidden), open (locks, doors), tell secrets;
do not, I-beg-you, close them, yet.

accept (yourself, changes),
bind (grief, despair);

require truth, goodness if-you-will, each moment;

select (always), length(of-days)

# listen (a perl poem)
# Sharon Hopkins
# rev. June 19, 1995

[Reply]

Merci Jean.
Quelqu un d autre a t il des poèmes en java, python, C, Javascript, ruby, erlang, scala, IO, etc., histoire de constituer une anthologie de la poesie en code 🙂

[Reply]

Ça m’a rappelé un article qui pourrait t’intéresser : “La programmation : une forme de poésie ?”, http://www.interdisciplines.org/defispublicationweb/papers/4

[Reply]

[…] Publié dans veille Christian Fauré » Blog Archive » Le code et l’écriture  Annotated […]

hors mis le fait que seul les “codeur” pourront comprendre un tel langage.
Ou à la rigueur, les accros du net et des forums (profil plutôt Geek).

[Reply]

Le CodeWork est un mouvement emblématique de cette pratique: https://en.wikipedia.org/wiki/Codework
Un site qui montre des exemples http://www.sourcecodepoetry.com/

[Reply]

 

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