Après la publication de Littérature du code et la lecture des commentaires à cette note, je me suis demandé s’il y avait des pratiques d’écriture qui évoluaient en s’imprégnant des pratiques du code.

On connaît tous cette pratique qui consiste à écrire, par exemple :

<troll>
Là je dis n’importe quoi
</troll>

Une XMLisation ou HTMLisation des pratiques d’écriture.
Ce qui va dans le sens des commentaires du niveau “humeur” que j’évoquais dans la note précédemment citée. Mais là, c’est l’inverse, puisqu’une syntaxe de programmation s’est invitée dans l’écrit.
Comme si le code pouvait retranscrire une forme de prosodie du discours, une intonation que les techniques d’écritures traditionnelle n’arrivait pas à exprimer aussi rapidement.

Et puis, aujourd’hui, je vois un tweet de Danny Ayers ou l’on peut lire :

twitter: danja: google to me to dave pawson’s notes, disable-output-escaping=”yes”, sorted.”

Enfin, “lire” est un bien grand mot.
Bien sûr, je ne comprends pas la signification du message. Mais j’y vois un étrange mélange d’écriture orthothétique et de code. Comme une phrase mutante.

De deux chose l’une :

  • soit on a affaire à un jargon technique et corporatiste, comme peut l’être le louchebem des bouchers. C’est à dire à quelque chose d’anecdotique.
  • soit, au contraire, on a affaire à une tendance qui confirme la trace d’une évolution de nos techniques d’écriture.

Je crois qu’en écrivant pour des machines, notre écriture s’en trouve changée. D’ici plusieurs dizaines d’années, peut-être que le texte que vous êtes en train de lire à cet instant paraîtra verbeux et maladroit au regard d’une écriture à venir qui aurait embrassée le charme et les pratiques du code.

<précision>
Je distingue cette écriture mutante du style SMS, qui est autre chose.
</précision>