Le SaaS est-il toxique pour les SSII ?

by Christian on 25 octobre, 2007

C’est un thème récurrent que j’ai moi même évoqué. En effet, une solution en mode SaaS propose une « désintermédiation » dans laquelle les Intégrateurs de systèmes sont une des principales sources d’économie du modèle économique.

Si l’on compare à froid une solution on premise (installée) avec une solution SaaS, « il n’y a pas photo » comme on dit. Le McKinsey Quarterly du mois de Mai de cette année estime que le TCO (coût total d’acquisition) d’une solution de CRM pour 200 utilisateurs est de 2, 238 Million de dollars pour le Software on premise alors qu’il n’est que de 1,640 Millions de dollars pour le Software as a Service.
Vu sous cette angle, on ne donne pas cher de l’évolution du chiffre d’affaire des SSII qui vendent des jours hommes pour l’intégration et la tierce maintenance applicative des logiciels. Et effectivement on en arrive rapidement à la conclusion que le SaaS va étouffer les SSII.

Mais pas tout de suite, et voilà pourquoi :

  1. On oublie très vite dans ces analyses de cabinets à la moquette épaisse qu’il y a des données à migrer ! Même si un client passe d’une solution on premise à une solution SaaS, il va bien falloir faire la migration des données. Et le chantier est certainement plus complexe que de passer d’une base de données à une autre au sein de son système d’information. Passer d’un modèle conceptuel de données riche et complexe a quelque chose de beaucoup plus simple est en fait très compliqué.
  2. Le degré de paramétrage des solutions SaaS n’est pas du même niveau que ce qui est proposé par les logiciels/progiciels classiques (en tout cas pour l’instant), il va donc falloir simplifier les processus et les services en passant en mode SaaS. Ce n’est plus au logiciel à s’adapter à l’entreprise mais à l’entreprise à s’adapter au logiciel, surtout pour des services qui s’appuient sur des processus standardisés et pour lesquels il n’y a pas d’avantage compétitif pour l’entreprise. Il y a donc une vague re-ingeneering des processus qui va impacter toute l’organisation et va donner du travail au consutlants.

Bien sûr, il y a plusieurs cas de figures où cette logique de la migration des données et d’engineering des processus n’est pas cruciale :

  • si c’est pour mettre en place des solutions Web Office ou Office 2.0.
  • si c’est pour mettre en place de nouveaux usages collaboratif et participatifs : Blogs, Wiki.
  • si l’entreprise est de taille modeste et qu’elle a peu de données à migrer.
  • si la solutions SaaS choisie traite de nouvelles pratiques comme par exemple les offres RH sur la gestion du capital humain ou le recrutement.
  • c’est également moins sensible dans les processus où l’historique des données n’est pas critique.

C’est, in fine, la stratégie d’une SSII sur son offre de service pour accompagner la tendance qui fera que le SaaS sera pour elle soit une menace, soit une opportunité.

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bal octobre 26, 2007 à 12:14

Le grenelle des mots. C’est drôle de constaster sur des blogs perso, l’importation de termes « prestigieux » utilisés par des journalistes du JT dans la masse de vocabulaire plus courant voire familier. Par rapport à l’objectif qui est d’être lu par le plus de monde possible, je me demande bien à quoi çà sert, si ce n’est pour apporter une touche de snobisme à un sujet des plus austère ?

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Christian octobre 26, 2007 à 2:08

Il doit falloir s’ennuyer atrocement pour prendre le temps de faire ce type de commentaire anonyme 🙂

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Salmon juin 7, 2012 à 7:41

Une SSII comme toute autre entreprise doit donner des réponses aux problèmes de ses clients et non essayer de convaincre des clients d’acheter ses produits ou services.
Cet article a été écrit il y a presque 5 ans déjà! Les solutions SaaS se sont multipliées et n’ont pas vraiment fait de mal aux SSII…

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