Filmer c’est faire une sélection, et Derrida fait remarquer que le documentaire réalisé sur lui, par une équipe américaine, pendant une période de quelques semaines, va donner une image très partielle de sa vie.
De ce documentaire, au moment où il est tourné, Derrida ne sait rien, si ce n’est qu’il apparaîtra à l’écran. Du montage, du commentaire, et tout ce qui sera retenu, il ignore tout. Et, une fois le documentaire fini, il lui survivra, il « vivra sa vie » comme on dit.
Mais, pendant le tournage, Derrida pense à ceux qui verront les images alors qu’il ne sera plus.
Derrida étant mort, d’où nous parle-t-il ? Il est dans une position orthothétique forte : du film, Derrida nous parle, il nous considère et s’adresse à nous.
De la à considérer que plus c’est orthothétique, plus c’est spectral …
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