Le PAQS : Plan Assurance Qualité Sémantique

Sans redéfinir ce qu’est un Plan Assurance Qualité (PAQ), on peut en retenir qu’il s’agit d’écrire et de tracer ce que l’on fait, et ce que l’on dit dans le cadre d’un projet pour s’assurer de la qualité et de la conformité de ce que produit le projet.

Un support de mémoire en quelque sorte.
Ces écritures d’un PAQ donnent lieu à beaucoup, énormément même, de documents. Et dans ces documents, on s’y perd. C’est pourtant en apparence très structuré, mais c’est un vrai labyrinthe car l’accès y est pensé selon les paradigmes du papier et non selon ceux des supports numériques.

Ecrire avec des documents sous Word, même avec des numéros de pages et des nomenclature de nommage de fichiers à rallonge ce n’est pas vraiment écrire au sens numérique.
L’écriture numérique est active, l’écriture sur support papier est passive. Un PAQ est, de fait, souvent plus subi qu’autre chose car son écriture n’est pas pensée selon le paradigme du numérique. Le PAQ devient alors de la “paperasse” dont les administrateurs sont souvent les “personnes du troisième âge” des SSII (pour la maîtrise d’oeuvre) et des cabinets de conseils (pour l’assistance à la maîtrise d’ouvrage).

Ce qu’il faudrait, c’est que cette expertise des senior dans le PAQ permette la réalisation d’un outil pour ne plus se contenter d’être un acte pieux et religieux comme peuvent l’être les dix commandements du PAQ.

Pourquoi donc n’y a-t-il pas de logiciel dédié pour instrumenter la vie et la réalisation d’un Plan Assurance Qualité ? Pourquoi un Content Management System avec un système de workflow, et couplé à une vision calendaire, le tout indexé par un moteur de recherche ne serait-il pas utilisé ?

Je verrai bien une petite modélisation en RDF du domaine plan assurance qualité, avec un moteur d’inférence pour faire des propagations d’état et des interfaces web de consultation et d’écriture. Rajoutons même un peu de Jasper pour générer des états et des rapports.
Cà deviendrait peut-être agréable piloter un projet avec un outil de PAQ sémantique ; en tout cas cela aurait peut-être une première vertu qui serait de limiter l’entropie de la production documentaire. N’avez-vous pas remarqué que moins on comprend, plus on produit des documents dans la vie d’un projet (mail et Word en tête) ?

Faisons maintenant un peu de “Business Fiction” :

Si les petits gars de Mondeca se sortaient le doigt (je plaisante, hein?), ils pourraient nous faire çà - le PAQS - en quelques semaines et inonder le marché de la gestion de projet. Dans un an ils se font racheter par Microsoft qui créé le logiciel “Microsoft Semantic Project”, le compagnon idéal de “Microsoft Project”, version Qualité et Pilotage.

A moins que Google ne prenne le géant de Redmond de vitesse, dans le rachat de Mondeca, pour faire du PAQS un outil libre, en ligne, de gestion de projet. Ainsi après le mail, le calendrier, le traitement de texte, le tableur et le keynote, Google fait de “Google Semantic Project” le fer de lance de sa stratégie de pénétration du marché des entreprises, un des derniers lieux où il n’inquiétait pas encore Microsoft.

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    5 Responses to “Le PAQS : Plan Assurance Qualité Sémantique”

    1. Guillaume GROSJEAN Says:

      C’est drôle, mais en lisant le début du texte je pensais justement, tiens, on devrait pouvoir faire ce type de produit avec ITM, plein de sens et de bonnes pratiques ;-)

      nous laisserons donc Mondeca (Gilles, Jean ???) poser la prochaine pierre des commentaires

    2. jean delahousse Says:

      C’est drôle mais on vient juste de finir l’intégration de Jasper. Christian, quand tu veux pour faire une modélisation d’ontologie du plan assurance qualité ensemble et faire un pilote sur un de tes projets

    3. Christian Says:

      Bien joué Jean, maintenant c’est à moi de me “sortir le doigt”, c’est çà ? ;-)

    4. Guillaume GROSJEAN Says:

      c’est positif néanmoins ;-)

    5. le bateleur Says:

      Cela fait plus de 20 ans que je lis avec intérêt tout ce qui a trait à cette écriture qui serait plus dynamique que la pensée elle-même.

      Etrange l’humain qui cherche à réduire l’humain.

      ————————La Qualité Totale … totalitaire

      Tous les chemins mènent au profit, à condition de les tordre dans le
      bon sens pour les y aider un peu.
      L’un des plus surs, qui permet de renverser les valeurs respectives de
      la finance et de l’acte de produire, est l’industrialisation.

      Nul n’est besoin d’expliquer en détail comment on discipline le geste
      pour qu’il s’intègre à une première série d’automatismes, puis,
      lorsque son originalité, sa variabilité (sa richesse d’expression) ont
      été suffisamment réduites et qu’il est devenu lui-même réductible à
      une machine, comment on le remplace définitivement par une idée
      devenue « programme », ce dernier autorisant, une production d’objets
      en partie virtuels, puisque tous identiques, avec une participation
      minimale de la main.

      Bien sur, de temps à autres, des oppositions, parfois tout à fait
      légitimes (y compris du point de vue du résultat global pour l’homme),
      s’expriment face à cette exclusion, cette disqualification de l’humain
      du lieu où apparaissent les biens qui lui sont pourtant destinés.
      (Seuls subsistant les « créateurs de moules » nommés « concepteurs »)
      Mais contre elles, les numériseurs d’humanité disposent d’une arme
      terriblement efficace, elle aussi attachée au monde des idées, celle
      qu’ils ont forgée à partir d’un mot possédant originairement deux
      versants (comme tout ce qui décrit finement le réel) et qu’ils ont
      réduit à une définition à la sécheresse toute mathématique :
      Qualité : (AFNOR*) « Aptitude d’un produit (ou d’un service) à
      satisfaire les besoins exprimés ou non du client »

      Muni d’un tel mot, ce qui est produit n’a plus d’existence « en soi »
      un tonneau n’est plus un tonneau, mais un ensemble de « fonctions »
      satisfaisants à un certain nombre de Normes.

      Le reste est connu de tous.

      Illich rapporte que dès la reconnaissance par le gouvernement mexicain
      des « Normes pour un habitat décent » il fallait raser dans le pays
      environ la moitié des maisons. Alors même que seule une partie infime
      de la population était en mesure d’accéder aux « HLM » Construites,
      elles, en conformité avec les dites normes.
      Le marché de l’immobilier s’en trouva conforté et régulé, mais
      entraîna l’apparition de bidonvilles gigantesques, correspondant pour
      une partie importante des mexicains à une dégradation considérable de
      la « qualité » réelle celle-là, de la vie quotidienne.

      L’industrie des biens matériels a ainsi colonisé l’ensemble des
      savoir-faires de la quasi-totalité de l’humanité, au grand
      contentement de ceux, en particulier les classes dirigeantes, qui ont
      peu de goût pour le contact de la main et du réel chaotique (*).
      Désormais, seul celui qui se dit « artiste » peut encore, sous
      certaines réserves, produire en se servant de ses habiletés, et songer
      à vendre le résultat.
      Il est à remarquer d’ailleurs que, même dans le domaine de l’art, la
      main déchoit et l’acte créateur consiste très souvent bien davantage
      en la production d’une idée qu’en la rencontre de la chair de
      l’artiste et d’une matière travaillée dans sa profondeur et sa durée.

      Le sort de la main étant ainsi réglé le profit, à la recherche de
      nouveaux espaces, se tourne à présent vers d’autres lieux.
      C’est ainsi que l’on peut entendre parler depuis quelques années déjà
      de « capitalisme cognitif » ou, plus précisément « d’industrialisation
      de l’enseignement » (pour ne pas dire, de la pensée)

      Comme pour le champ du « matériel » , dans celui des activités
      intellectuelles de l’homme (au service de la production ou des
      loisirs) sont présentés les moyens censés « aider à améliorer » par
      la voie de la rationalisation, les conditions de productions.
      (Les Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication et
      leurs « machines logicielles »y jouent un rôle clé)

      Ici aussi il s’agit, dans un premier temps « d’épauler » et dans une
      seconde phase de remplacer purement et simplement l’agent humain, le
      vendeur, le journaliste, l’enseignant voir même le chercheur.
      Encore une fois, ce seront les Normes et le principe de « Qualité »
      qui serviront à entrer par exemple dans l’école, la salle de classe,
      imposant des attendus précis et calibrés en terme de « compétences à
      acquérir » « socle minimum de connaissances » ou même « savoir-faire »
      voire « savoir être » répertoriés, à la sortie de …

      (…)

      —————————-
      Connaissez vous réellement le projet que vous … servez

      Luc Comeau-Montasse

      du fagot des Nombreux

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