Une nouvelle façon de faire du Business

Internet, c’est une nouvelle façon de faire du Business, c’est le B2B, c’est aussi le B2C. Mais internet, c’est aussi et surtout un formidable outil de mesure. Car nos activités sont tracés dans la mémoire du réseau.
C’est parce que nous laissons de plus en plus de traces sur le réseau que l’on peut nous suivre “à la trace”. Et c’est parce qu’on nous suit à la trace qu’une nouvelle façon de faire du business est possible. Ce n’est pas parce que le Business utilise et passe par le réseau qu’il change : c’est plutôt parce que nous passons tous de plus en plus sur le réseau que le Business change.

La stratégie de Google est ne pas faire payer les utilisateurs mais les annonceurs et le marketing, qui eux payent les informations sur les utilisateurs.
L’audience ne se mesure pas en taux d’écoute comme à la radio où à la télévision. Mais en fréquence de consultation et de click. Ah ! Le click… Le click c’est l’unité atomique de notre stimulus d’homme de réseaux techniques. C’est l’unité atomique de l’expression de notre désir, notre volonté, notre curiosité.

Internet n’est autre que la constitution d’un lieu unique de la mémoire. Ce qu’il offre d’unique, c’est l’unicité de son protocole d’accès. C’est un même support de mémoire pour tous. Avec le téléphone, chacun peut s’adresser à tous mais rien ne reste, il n’y a aucune trace des échanges (les écoutes ou les répondeurs ne sont que des traces exceptionnelles, provisoires ou discrètes). Alors qu’avec Internet les échanges sont tracés à double sens :
– d’abord en tant qu’éléments signalétiques : heures de connexions, parcours sur le réseau, statistiques de fréquentations, etc.. Tous ceux là sont des “logs” , ceux des protocoles.
– puis il y a les inscriptions orthothétiques, comme notre correspondance, nos textes, nos photos, nos vidéos, etc.

Tout les efforts de Google vont dans le même sens : enregistrer et indexer toutes les traces. Et pour ce faire, il faut que ceux qui accèdent au réseau le fassent en utilisant les services gratuits de Google. Dans cette nouvelle logique, dans cette nouvelle façon de faire du business, l’objectif premier est d’avoir le plus d’utilisateurs. Et c’est d’autant plus facile si ces utilisateurs ne payent pas les services qui lui sont proposés.

La scission entre deux types d’industries est en train de s’accentuer : entre l’industrie qui vend ses produits ou ses services aux particuliers et celle qui offre ses produits ou ces services aux particuliers. Celle qui offre ses services achète notre mémoire pour la revendre aux industries qui vendent leurs services ou produits.
Radio et télévisions connaissent cette faon de faire du Business, mais ne sont pas de taille pour lutter dans l’arène du réseau de mémoire technologique que constitue Internet. Car ils n’offrent aux annonceurs que du temps de conscience, alors que les Google et consorts offrent des enregistrements de comportement. Il y a similarité mais pas identité.

C’est une véritable gigantomachie qui s’installe, et c’est Google qui en est la figure de proue. Chez Microsoft, les gens ont compris que le business model de Google était une machine de guerre redoutable , les meilleurs quittent Redmond pour Mountain View. Car comment continuer à vendre des services que d’autres vont offrir ?

La stratégie de Google ? Indexer et stocker d’avantage. Alors que l’industrie qui vend ses produits réduit ses stocks de façon optimale et s’échine à faire du Juste-à-temps. Google, elle (la firme, pas seulement le moteur de recherche), passe son temps à tout stocker. Google veut truster la maîtrise des supports de mémoires, via internet, et en y ajoutant la numérisation des livres.

Très bien mais, tout cela, est-ce inquiétant ? Est ce inquiétant de disposer d’un support de mémoire décuplant nos pratiques ? Est ce gênant d’être suivi à la trace pour analyser ses comportements ? Cela ne permettra-t-il pas de proposer de nouveaux services accompagnées de nouvelles pratiques ? Si mes comportements, mes cheminements sur le réseau sont enregistrés et étudiés, cela me plaît. J’aime être pris en compte, c’est une manière de participer. Mais pas toujours, je ne souhaite pas être transparent dans mes pratiques. Et comme beaucoup, je n’aime pas être observé à mes dépends. Je veux pouvoir choisir de participer ou pas, selon mes pratiques et mes humeurs.
C’est là que la tension se fait entre Google et moi : mon choix de participer ou non, ne lui plaît pas beaucoup. Elle interpréterait un refus de participer comme une perte de stockage – et donc de revenu potentiel. Nous avons besoin du moteur de recherche de Google pour nous exprimer et pouvoir nous adresser à tous, et pour çà il faut être indexé, c’est à dire consultable et visible. Mais nous n’avons pas besoin de Google pour qu’il nous retrouve sur le réseau quand nous nous parons de pseudonymes.

Mais Google arrivera bientôt à diminuer notre sentiment de violation de la vie privée. Comment ? En la banalisant. Si j’ai quelque chose de très intime que je souhaite cacher et que je m’aperçois que beaucoup de personnes en parlent et laissent des traces sur le réseau, j’aurais beaucoup moins de résistance à participer ouvertement sur le réseau, et moi aussi je laisserai ma trace. C’est à dire que je participerai à la constitution d’un support de mémoire collective. Il y a une agrégation de mémoire sans précédent. En ce sens là, il y a moins de singularités. Je ne crois pas que la “synchronisation des consciences” provoque une misère symbolique. Je ne crois pas qu’elle détruise notre narcissisme primordial. Je crois seulement qu’elle accélère le temps. Pas seulement grâce à la rapidité des communications, mais grâce à la participation de tous à la constitution du réseau technologique de mémoire commune.
Entre les industries de mémoire et les industrie de vente il va y avoir d’énormes tensions. Celles qui seront les plus dépendantes aux industries de mémoires sont celles qui vendent des produits ou services qui ne sont pas nécessaires, et qui doivent donc être provoqués par le désir.

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