Entre vous et moi

by Christian on 11 septembre, 2005

Vous n’êtes pas moi ; entre vous et moi il y a une distance. Pour vous percevoir, j’ai besoin d’une médiation. Cette médiation est toujours technique et organique.
Nous ne voyons pas la même chose. Ce qui nous différentie c’est la mémoire, et nous n’avons pas la même mémoire. Nous ne voyons qu’à travers le filtre de notre mémoire. Entre vous et moi il y a ma mémoire, nos mémoires :

« Ce que vous lisez de ce que j’écris n’est pas ce que j’écris, c’est ce que vous lisez de ce que j’écris : la réalité de vos « perceptions externes », de ce que vous percevez de mes écritures, ce ne sont pas mes écritures, ce sont les productions de votre flux de conscience que vous engendrez à partir de mes écritures. » Bernard Stiegler, La technique et le temps, T2, P226.

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soto mai 14, 2007 à 2:30

Il existe, selon moi, un point de vue à la fois distinct et complémentaire à celui que vous présentez, et auquel je souscris aussi :

Nous partageons une communauté, une identité mémorielle à la fois évolutivo-biologique et historico-culturelle. Il est aussi possible d’envisager l’im-médiat de la con-science, comme « un défaut qu’il faut » dirait l’autre 😉
La « rétention » n’est-elle pas in fine la métaphore formelle et communicable d’un processus vivant auto-régulateur, oserais-je, auto-poétique ?!

Mais sur quoi, et c’est le piège, assiera-t-on la distinction que vous posez d’emblé ?! Peut-on penser le diachronique sans immédiatement et implicitement induire le synchronique ?!

Je peux éprouver une compassion immédiate pour un qui est déjà passé ou encore à l’autre bout de la planète et que je ne connaitrais peut-être jamais. L’absence évoque en réaction la présence et ainsi, nous portons en nous et en silence l’ensemble de la vie et de l’humanité. Et c’est un grand mystère : car « je » est aussi un autre.

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