20 Juin 2013, 4:21
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Comment savoir rapidement ce qu’on ignore ?

Sur France Culture, chez A. Veinstein, l’auteur et  libraire Olivier renault disait qu’il avait tendance, quand il rentrait dans une librairie qu’il ne connaissait pas, à chercher d’abord des livres qu’il connaissait et qu’il appréciait particulièrement.

Si ces livres de référence ne sont pas présents, c’est une grande partie du crédit accordé à la librairie qui risque de faire défaut.

Je crois que nous faisons tous çà. Nous avons tendance à aller dans le rayon que nous connaissons, voir ce qui s’y trouve – si les oeuvres qui font référence à nos yeux sont bien présentes – pour, à partir de là, se faire un avis sur l’intérêt général de la librairie.

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Sur le paradigme indiciaire de Ginzburg (2)

Voici la suite de la note sur les racines du paradigme indiciaire de Ginzburg (1).

Avec Platon, les arts de la conjecture – qui permettent de remonter des effets aux causes en naviguant le long du fleuve du plausible –  furent écrasés par ce désir fou pour une connaissance apodictique (qui présente un caractère d’universalité et de nécessité absolue : une proposition apodictique est nécessairement vraie, où que vous soyez) dont la géométrie est l’emblème. L’induction et l’inférence sont suspectes, elles apparaissent comme hors de la rationalité qui doit procéder par déduction et maîtriser l’enchaînement en cascade des raisonnements vrais.

 

Pour Ginzburg, il est clair que la science Galiléenne du XVII° siècle, avec son paradigme scientifique est en rupture avec ce qu’il appelle les disciplines indiciaires (médecine comprise) :

“Il s’agit de disciplines  éminemment qualitatives, qui ont pour objets des cas, des situations et des documents individuels, en tant qu’individuels, et c’est précisément pour ce motif qu’elles atteignenent des résultats qui conservent une marge aléatoire irréductible.” p. 250

“De ce qui est individuel on ne peut pas parler (individum est inefabile)”, dit la devise scolastique : voilà les disciplines indiciaires marquée de leur défaut de scientificité (cf. Le caractère “probable” des sciences historiques selon M. Bloch, Apologie pour l’histoire ou Métier d’historien, 1967, pp/ 52-67). more »

Sur le paradigme indiciaire de Ginzburg (1)

L’année dernière, je présentais les résultats d’un travail sur la figure du dieu grec Hermès.

Le sujet était si riche qu’il avait fallu que je fasse des choix. Je me souviens notamment d’avoir choisi de ne pas développer un des aspects pourtant ô combien important : il s’agit de la question des traces comme indices.

Or c’est un sujet qui a été génialement traité par Carlo Ginzburg dans son article : “Traces. Racines d’un paradigme indiciaire” et, si je l’avais évoqué, je n’aurais pas eu le temps de rentrer dans les détails.

Dans les détails, je vais à présent y rentrer, et pour deux raisons :

  1. d’abord parce qu’il y a toujours des personnes qui ne connaissent pas cet article ;

  2. ensuite parce que je souhaite faire le lien entre les hypothèses de Ginzburg et un autre thème qui me semble déterminant et sur lequel j’aurai l’occasion de revenir l’été prochain, toujours dans le cadre de l’académie d’été de l’école de philosophie d’Épineuil le Fleuriel. more »