C’était hier le deuxième anniversaire du mouvement Occupy Wall Street. La photo du journal Le Monde (Reuters/Joshua Lott) est assez symptomatique : on y voit les employés de la Bank of India regarder passer la manifestation du mouvement Occupy Wall Street, le 17 septembre à New York.

Le mouvement Occupy a hérité de l’inconsistance du mouvement européen des Indignés : symptôme d’une opposition sans proposition.

Dans la tradition militante et syndicaliste, “occuper” a toujours désigné une activité d’occupation du système de production afin de mettre en place un rapport de force pour faire passer des revendications. Or, contrairement à ce qu’indique son nom, ce n’est absolument pas le cas pour le mouvement Occupy : c’est un mouvement qui n’occupe rien, ne paralyse rien et ne gêne personne si ce n’est quelques automobilistes.

“Occupy Wall Street” visait le lieu symbolique de la finance ; mais plus grand chose ne se passe à Wall Street : les transactions financières ont lieu à quelques centaines de mètres dans des data centers qui n’ont nullement été dérangé même au plus fort de la médiatisation du mouvement. En terme de “perturbation”, on est ici à des années lumières des effets d’un wikileaks ou des révélations des lanceurs de d’alertes.

Le mouvement Occupy n’occupe rien parce qu’il ne dérange personne et finalement ne propose rien, si ce n’est de dire que “nous sommes les 99% !”.


Ce n’est donc pas un mouvement d’occupation mais bien plutôt un squat. Le squat (de l’anglais to squat, s’accroupir) est en effet l’occupation d’un lieu laissé vacant. Le principe du Squat, c’est qu’il ne dérange pas en occupant ce qui est laissé vide ou inutilisé.

La tendance au squat du mouvement Occupy se manifeste d’abord par un défaut de propositions que nous avons analysé lors de l’académie d’été d’épineuil le Fleuriel (dont le titre était précisément “Occupy Epineuil le Fleuriel”)  comme un défaut de pensée.

Nous pensons en effet que l’inefficience de ce mouvement est largement imputable aux proposition théoriques de ceux qui ont influencé ce mouvement ; le premier d’entre eux est certainement Noam Chomsky, coqueluche intellectuelle du mouvement.

Le côté “homme de gauche” de Chomsky est assurément sympathique, et souvent on peut être d’accord avec lui ; mais il n’en reste pas moins que ses positions politiques, sont fortement déterminées par ses positions philosophiques que ne connaissent absolument pas militants des mouvements des Indignés ou de Occupy ; or celles-ci sont la racine même de l’incapacité propositionnelle de ces mouvements, de ce qui fait que ces occupations ne sont rien d’autre que des squats.

Aujourd’hui, le pire danger pour ce qui reste du mouvement Occupy n’est pas la finance, mais d’abord les thèses philosophiques de Chomsky.