L’homme au magnétophone

by Christian on 2 août, 2012

Autour de 1970, Jean-Jacques Abrahams, qui suit une analyse depuis une quinzaine d’année, se rend à une de ses séances hebdomadaires avec un magnétophone.

Il a bien l’intention de demander des comptes à son analyste et d’en découdre.

Nous disposons de l’enregistrement de la scène (réelle donc) : L’homme au magnétophone (audio : 24 min)

Cet enregistrement fut commenté par Deleuze dans un de ses cours, reprenant les reproches qu’il faisait à la psychanalyse (cf. L’anti Oedipe), il faudrait aujourd’hui non seulement le réécouter mais également en refaire le commentaire.

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Mens août 5, 2012 à 10:36

Incroyable !
Personne n’a repris cette histoire en théâtre ?
Deleuze en 80, parlait de déshonneur, d’indignité de la psychanalyse… à Avignon, en juillet Robert Cantarella relisait Deleuze. Un délice intellectuel pour sa propre pensée…

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Christian août 6, 2012 à 8:21

C’est vrai qu’une adaptation au théâtre est la première chose à laquelle on pense en l’écoutant.

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edgar août 27, 2012 à 11:58

Qu’est-ce que cet enregistrement raconte sur la psychanalyse ? Rien.
La psychanalyse fonctionne sur une relation duale. Introduire un magnétophone rompt cette relation en introduisant des tiers à la discussion. cela fait de la séance autre chose, effectivement un film ou une pièce de théatre. C’est probablement pour cela que le psychiatre a probablement voulu interrompre dès le début, à raison.
Je ne cherche pas, écrivant cela, à écrire que le psychiatre en question était bon. Visiblement Abrahams a été avec lui de 14 à 28 ans, ce qui paraît fou.
Pour juger de ce qui se passait, Abrahams n’avait qu’à écrire, ou raconter, à tous, ce qui s’était passé. Avec son magnétophone, il transforme le récit d’une analyse ratée, qu’il ne fait pas , en procès à huis clos. C’est spectaculaire en effet, mais à mes yeux cela ne signifie rien pour ou contre la psychanalyse.

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Sarro Philippe août 30, 2012 à 8:38

Pour parler d’autre choses en cette rentrée:
« Les milliardaires furent les prolétaires de la posthumanité. »

Ainsi commence le roman (dont on dit que c’est celui de la rentrée littéraire) La Théorie de l’information d’Aurélien Bellanger chez Gallimard. Dont le héros fictif Pascal Ertanger est directement inspiré de l’histoire de Xavier Niel.
A noter que le portrait de l’auteur, Aurélien Bellanger, est peint sur un des murs de la fameuse Demeure du chaos du spécialiste d’art contemporain Thierry Ehrmann cet autre milliardaire qui s’est aussi enrichi par l’intermédiaire du minitel rose.
La 4ième de couverture est lisible à l’adresse ci-dessous
http://livre.fnac.com/a4198019/Aurelien-Bellanger-La-theorie-de-l-information

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L. Vian septembre 11, 2012 à 10:24

Je pense, contrairement à ce qu’avance Edgar, que ce document a une authentique valeur à charge contre la psychanalyse. Les problèmes qu’il tente d’exorciser ne tiennent pas de son cas particulier, mais sont bien des constantes de la pratique psychanalytique :
– Le prix excessif
– La durée (idem, et en corrélation avec le premier point)
– La projection par l’analyste de troubles personnels sur le patient : c’est au moins un risque permanent, qui est censé être écarté par la nécessité pour tout psychanalyste d’être au préalable … psychanalysé !

Et s’il s’agit d’un huis clos (qui n’a rien d’un procès, cependant), c’est sans doute parce que le mal qu’Abrahams essaye de tuer à la racine s’est bâti sur ce huis clos.

Je termine en mentionnant un livre à mon tour, mais sur le sujet original. « Le crépuscule d’une idole » de Michel Onfray, qui dissèque impitoyablement le « mythe » freudien, contient justement des passages importants sur les problèmes dénoncés par Abrahams.

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edgar septembre 13, 2012 à 8:38

M. Vian : rien de ce que vous écrivez n’est en rapport avec cet enregistrement.
Je ne suis pas spécialiste mais un psy n’est pas psychanalysé préalablement – comme s’il s’agissait d’un lavage de cerveau – mais bien parallèlement à son exercice.

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