Une image peut en cacher une autre

by Christian on 5 juillet, 2009

Au grand palais se tenait l’exposition « Une image peut en cacher une autre » qui rassemble un nombre important de peintures et sculptures qui offrent cette particularité de proposer différents niveaux de lecture.

Il y a plusieurs catégories dans ce domaine :

  • d’une part des formes cachées dans un ensemble pictural (une tête dans les nuages, dans la silhouette d’une montagne, etc.)
  • une accumulation de petites formes qui en constituent une plus grande : les images composites.
  • les anamorphoses, qui déforment une image pour ne la rendre visible qu’à partir du secret d’une perspective qui en fournie la clé.
  • une image qui porte en elle une multiplicité de lectures
  • les illusions d’optique et autres jeux de perspectives faussées.

Le catalogue de l’exposition (qui est remarquable) précise que :

« Alberti situe l’origine de l’art dans la reconnaissance de figures dans les formes irrégulières de la nature, et dans le désir de les imiter en accentuant la ressemblance (De statua). La tradition de l’image accidentelle est reprise et élevée par Léonard de Vinci au statut de méthode artistique destinée à « stimuler l’esprit d’invention ».

Deux catégories m’intéressent particulièrement dans cette liste : celle des formes cachées et celle des images à multiple lecture. Commençons par les peintures contenant des formes cachées, avec une citation de Léonard qui écrit, dans son Traité de la peinture :

« Si tu regardes des murs souillés de beaucoup de taches, ou faits de pierres multicolores, avec l’idée d’imaginer quelque scène, tu y trouveras l’analogie de paysages au décor de montagnes, rivières, rochers, arbres, plaines, larges vallées et collines de toute sorte. Tu pourras y voir aussi des batailles et des figures aux gestes vifs et d’étranges visages et costumes et une infinité de choses, que tu pourras ramener à une forme nette et compléter. »

Et Léonard d’étendre son argumentation à la musique :

« Et il en va de ces murs et couleurs comme du son des cloches ; dans leurs battements tu trouveras tous les sons et les mots que tu voudras imaginer. » Traité de la Peinture, Trad. André Chastel,  p332, ed. Berger Levrault.

Chacun a fait cette expérience décrite par Léonard, celle de voir une forme se détacher dans les nuages. C’est une expérience universelle que je place volontiers à la racine de l’activité de représentation figurée. Et les peintures rupestres sont, je crois, issues de notre faculté à percevoir et à distinguer des images là où elles n’y sont pas explicites. Ainsi, les hommes préhistoriques ont dessiné sur les parois ce qu’ils y ont vu à la lumière de leurs torches. Et cette explication précède toute explication qui pose le pourquoi ( dire par exemple que c’est un rituel chamanique )des peintures rupestres et non le comment.

L’enseignement de ces visions doubles ou mulitiples du même est que le « voir pur » n’existe pas, nous projetons et interprétons toujours le visible (mais aussi les autres sens) à partir de notre vécu et notre mémoire (les rétentions secondaires). On ne voit une tête de lion dans les nuages que si l’on a déjà vu une tête de lion et si l’on sait à quoi ressemble une tête de lion.

Certaines images sont des cas d’école pour mettre en évidence ce phénomène, c’est le cas de la figure du canard-lapin, popularisée par le psychologue américain Joseph Jastrow et reprise par Wittgenstein dans ses Recherches Philosophiques.

Voici l’image historique du canard lapin :


Celle reproduite par Wittgenstein dans son ouvrage :


Et, enfin, une version plus récente :

On retrouve dans ces phénomènes perceptifs la formulation de deux idées fortes de la phénoménologie :

  • d’une part, comme je l’ai déjà souligné, le réel pur n’existe pas. Il y a toujours une sur-interprétation dans ce que l’on voit et ce que l’on perçoit. (cf.  » je n’entends pas des sensations auditives mais la chanson de la cantatrice » dans les recherches logiques de Husserl). C’est également ce que souligne Léonard en parlant des « murs souillés par beaucoup de taches » dans lequel l’imagination dessine des paysages.
  • d’autre part, on ne perçoit les choses que selon un certain angle (en référence aux variations eidétiques husserliennes) : par exemple je ne vois pas un cube mais toujours une face ou un aspect du cube.

L’exemple du canard lapin est comme une mise à plat (une spatialisation comme j’y ferai référencement ci-après) d’une figure à plusieurs dimensions dont les différents aspects se seraient comme fondus entre eux. Les deux figures sont bien là, sous nos yeux, mais on ne peux en saisir qu’une seule à la fois, tout comme je ne peux regarder qu’un aspect du cube à la fois. Mais, si je dois tourner le cube pour en voir les multiples facettes, avec le canard-lapin je dois procéder à un changement de figure mentalement, en faisant une « mise au point » cognitive. Ce processus est intéressant en ce qu’il montre une « forme d’instrumentalisation » de notre œil : on agit sur notre oeil comme si l’on réglait la focale d’un objectif photographique pour faire apparaître des mises au point sur images qui étaient cachées, occultées.

Il faut faire une « mise au point » pour passer du canard au lapin, et inversement. Il y a un effort cognitif à faire. Effort qui, parfois, ne suffit pas, puisqu’il est possible de ne pas arriver à voir la multiplicité des figures qui se cachent dans une image. L’exercice est amusant, mais aussi fatiguant. De là à penser,  comme je le montrerai avec Platon, que l’exercice est vain, il n’y a qu’un pas : va donc pour le temps d’une exposition au grand palais, mais pas plus !

Cette mise au point consiste, par exemple, à projeter un schème de lapin sur l’image pour voir apparaître l’animal. D’ailleurs, il est très dur de voir les multiples images si l’on ne donne aucune indice. Dans l’image qui suit, si vous ne la connaissez pas et que je ne vous dis pas ce qu’il faut y voir, vous aurez beaucoup de mal à trouver les deux images quelle contient.


Et, même lorsqu’on a vu les deux images, passer de l’une à l’autre nécessite toujours un effort.

Il y a de fortes similarités entre ces expériences visuelles et la pensée pharmacologique. Toutes deux donnent à voir le multiple dans l’un, non sans parfois nous surprendre, voire nous stupéfier. L’expérience est plus surprenante encore quand on se rend compte que c’est chacun de nous qui projetons cette multiplicité. Il y a potentiellement autant de réalités que d’individus, chacun se « faisant son film ». Du coup, cette situation et ces expériences peuvent donner le vertige car il n’est pas aisé de se maintenir dans cet entre-deux de la perception sans éprouver un malaise similaire à celui que nous pouvons ressentir dans les transports lorsque certains repères de notre déplacement dans l’espace nous échappent.

Il faut en effet reconnaître qu’il est toujours délicat de souligner qu’une même chose peut être, ou produire, une chose et son contraire sans passer pour quelqu’un qui fait du relativisme ou qui « noie le poisson ». La pensée pharmacologique n’apparaît la plupart du temps que comme inopérante, on n’en retient que l’ambiguïté et le trouble dans lequel elle nous jette, et rapidement on essaye de s’en extirper comme s’il s’agissait d’un mauvais tour provoqué par une illusion d’optique (catégorie dans laquelle je place volontiers Dali dont les oeuvres m’amusent mais sans plus).

Le discours pharmacologique, parce qu’il compose au lieu d’opposer, relève d’une conception de l’un et du multiple qui a très tôt été condamné, et même taxé d’immaturité, en ce qu’il ne produit que de la perplexité qui :

  • soit rend inopérant, tétanise la pensée ou l’action ;
  • soit éloigne de la vérité.

Ainsi Platon peut-il dire à propos du discours pharmacologie (qui compose l’un et le multiple au lieu de les opposer) :

« Tu cites là, Protarque, les merveilles que tout le monde ressasse au sujet de l’un et du multiple et auxquelles il est presque universellement convenu qu’on ne doit plus toucher, oppositions que l’on estime enfantines, faciles, et ne servant qu’a entraver gravement les discussions » Philèbe 14 d.

Chez Platon les choses ne se jouent pas dans le champ de la perception, comme avec les images cachées qui nous occupent, mais dans celui du discours. Mais cela relève in fine de la même critique qu’il adresse aux arts de la représentation sensible. Ainsi précise-t-il, dans un des passages les plus comiques de son oeuvre :

« Nous pouvons dire, je crois, que cette identité de l’un et du multiple manifestée par le discours se renouvelle en toute occasion, à propos de toute assertion qu’on ait jamais pu ou puisse jamais émettre, autrefois comme aujourd’jui. Elle ne peut pas plus avoir de fin qu’elle n’a eu de commencement ; c’est, au contraire, à mon avis, quelque chose d’éternel et d’inveillissable, inhérent à l’essence même du discours humain.
Sitôt qu’un jeune y goûte pour la première fois, aussi fier que s’il eût découvert un trésor de sagesse, il exulte de plaisir, il jouit de ne laisser en repos aucun argument, tantôt ramassant et brassant tout en un, tantôt, au contraire, développant et détaillant, se jetant lui-même le premier et plus que tout autre en perplexités et y entraînant tous ceux qui l’entourent, qu’ils soient plus jeunes, plus vieux ou du même âge que lui, n’épargnant ni père ni mère ni quiconque le peut entendre, non seulement des hommes, mais, je dirais presque des bêtes, puisqu’il ne ferait même pas grâce à un barbare s’il pouvait seulement avoir un interprète. » Philèbe, 15 d. – 16 a.

On retrouve le même son de cloche dans la République :

« Tu n’es pas sans avoir remarqué, je pense, que les adolescents qui ont une fois goûté à la dialectique en abusent et s’en font un jeu, qu’ils ne s’en servent que pour contredire, qu’à l’exemple de ceux qui les confondent, ils confondent les autres à leur tour, et que, semblables à de jeunes chiens, ils prennent plaisir à tirailler et à déchirer avec le raisonnement tous ceux qui les approchent. » République, 539 b.

Et également dans le Phédon :

 » Dès lors, c’est surtout à ceux dont le temps se passe à raisonner pour et contre qu’il arrive, tu le sais bien, de s’imaginer enfin que, parvenus au comble de la sagesse, ils sont les seuls à avoir reconnu qu’il n’existe, dans les choses pas plus que dans les raisonnements, rien de rien qui soit sain ni davantage stable .. » Phédon 90 c.

Chez Platon donc, jeux d’adolescents, sophistique et scepticisme se rejoignent en ce que tous se prennent les pieds dans le tapis de l’un et du multiple sans arriver jusqu’au sol immuable et stable des idées. Tout est fait pour sortir du discours de l’ambiguïté dans lequel on s’empêtre et, du coup, rien n’est fait pour laisser une place au jeu des apparences, aux illusions, et plus généralement à une pensée pharmacologique (avec l’exception du Phèdre)

La question demeure donc pour nous : comment diffuser une pensée pharmacologique qui reste opérante sans susciter des mécanismes de refoulement ?

Il me semble que Stiegler à déjà répondu à cette question lorsqu’il a posé les trois rétentions. Ainsi, dans la pensée pharmacologique, l’effort que nous avons souligné précédemment, vient du fait qu’il faut imposer et sélectionner une rétention secondaire pour modifier la rétention primaire qui surgit de la rétention tertiaire. Par exemple, je vois le canard parce que j’ai une rétention secondaire du canard, en mémoire, sur laquelle je m’appuie pour voir ce canard (la rétention primaire) inscrit dans ce dessin (la rétention tertiaire).

Comme la richesse des rétentions secondaires est proportionnelle au vécu, on peut comprendre pourquoi les enfants ont plus de mal à voir plusieurs figures dans un dessin : d »une part ils n’ont pas le catalogue de rétentions de références dont dispose un adulte (mes enfants de 4 et 6 ans n’ont pas accroché à cette succession d’oeuvres protéiformes), d’autre part ils n’ont pas une forte capacité à spatialiser.

C’est donc une maîtrise des rétention secondaires, qui passe par les rétention tertiaires, qu’il faut enseigner. Cela nous conduit directement aux techniques de soi et à la sphère de l’otium. Tout comme on instrumentalise son oeil en voulant faire apparaître une image plutôt qu’une autre, il faut s’entraîner à instrumentaliser l’usage de sa mémoire (ses rétentions secondaires) via les rétentions tertiaires pour s’individuer. Tout comme le professeur de mathématique commence par tracer un cercle au tableau pour enseigner ce qu’est un cercle, il faut s’entrainer à spatialiser notre vécu (en écrivant, dessinant, programmant, etc.).

Les oeuvres exposées au grand palais sont toutes des spatialisations d’un vécu pharmacologique. Transmettre ces techniques de spatialisation est la mission première de tout enseignement (et on comprend l’importance que leur donne Léonard dans son ouvrage d’enseignement de la peinture). Il ne s’agit donc pas de délivrer des informations, mais plutôt d’enseigner des techniques d’apprentissage (c’est ce qui distingue un bon enseignant d’un mauvais : entre celui qui veut transmettre des informations et celui qui veut transmettre des techniques d’apprentissage).

Ce détour par l’enseignement pour insister sur le fait qu’un discours pharmacologique ne pourra pas se diffuser dans les sphères financières, politiques, environnementale, économiques, etc. si il n’y a pas eu d’entraînement et de formation au préalable. Et l’exercice proposé le temps d’une d’exposition, dans un musée, ne sera pas élargi à l’ensemble des moments de notre vie.

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Carole_F juillet 5, 2009 à 11:56

Je viens justement d’écouter Alain Berthoz sur la manipulation spatiale des points de vue et sa théorie spatiale de l’empathie, et l’importance de donner les moyens aux enfants d’apprendre à changer les points de vue. http://tinyurl.com/qemnoh
Cela résonne …

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Jean-no juillet 6, 2009 à 9:57

Il existe en poche (points) une ancienne mais bonne référence sur le sujet de la perception : l’oeil qui pense, par R. Shepard. Ce n’est pas un ouvrage philosophique mais il essaie d’établir, par déduction, le fonctionnement de notre vision.

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Frédéric Zgud juillet 8, 2009 à 6:11

S’il n’existe qu’une réalité, il existe autant d’instruments pour y accéder, pour la percevoir qu’il existe d’entités sensibles (d’individus). Les yeux, les nerfs, les cortex ne sont que la partie hardware*. Le logiciel tournant dessus est propre à chacun et dépend effectivement de son histoire : la façon dont il aura eu besoin de distinguer les choses**, l’ensemble de sa mémoire (encore accessible) (rétention secondaire)… De ce fait, il n’est pas étonnant de voir autant de points de vues sur une même chose.

Sur le goût des adolescents pour la dialectique, je me souviens avoir lu des choses intéressantes chez Piaget, qui en avait décodé les mécanismes. L’adolescence est l’âge où le cerveau acquiert de nouvelles capacités à raisonner, après avoir digéré jusque là un ensemble d’autres concepts. Il est capable de manipuler les idées par elles-mêmes sans forcément avoir besoin de cas concrets. Une sorte de couche d’abstraction supplémentaire. Piaget décrit alors les ados face à ces capacités nouvelles comme au volant d’une formule 1 en ayant uniquement un permis 2 roues.

——
* : et leur fonctionnement n’est déjà pas universel et dépend en particulier de mécanismes hormonaux, donc varient selon le sexe (en gros) de l’individu.

** : on ne sait reconnaitre (car distinguer) des choses que si on a appris à le faire, pour en avoir eu besoin. C’est le cas très classique des membres d’ethnies (blancs, noirs, jaunes…) ayant évolué dans un milieu clos qui sont parfaitement capable de distinguer les individus de leur ethnie mais très mal eux des autres ethnies. Les critères qu’ils ont développés pour distinguer deux individus (couleur des yeux, couleur ou forme des cheveux pour les blancs, par exemple) ne fonctionnent pas ou mal sur les autres (chez les africains ou asiatiques).

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Christian juillet 8, 2009 à 8:41

@ Carole : tu me fais penser à mon prof de math qui nous disait : « vous ne raisonnez pas : vous résonnez ! » (sous-entendu « comme des cloches »)

@ Jean-no : bien vu, et merci pour la référence

@ Frédéric Zgud : j’ai beaucoup aimé votre commentaire qui se fraye un chemin intelligent dans la transdisciplinarité : psychologie, chimie, biologie, neurologie.

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Saloua juillet 16, 2009 à 10:48

Bonjour,

je suis extremement touchee par la lecture de cet article, tant il est suberbement ecrit et construit, et tant il fait resonner mes propres experiences mentales de visualisation et spatialisation.
Je voulais simplement ajouter un bemol au fait que les enfants accederaient moins facilement a cette ‘spatialisation’ conceptuelle: j’ai par exemple des souvenirs tres anciens de la visualisation de l’espace de la maison dans laquelle mes parents ont demenage quand j’avais 3 ans. J’ai tres souvent joue, dans mon enfance (et je peux encore le faire aujourd’hui) a passer de la visualisation premiere que j’ai eu de cette maison, qui me faisait peur, a la visualisation plus tardive, quotidienne, et inoffensive. Preuve qu’un enfant accede a cette spatialisation mentale, qui n’est pas forcement liee pour moi a un catalogue de retentions acquises, mais bien simplement a des emotions.

Je me suis souvent demandee quels etaient les elements tangibles qui me permettaient de savoir si je me trouvais dans la representation primordiale de cette maison, ou dans l’autre representation, et, tout comme le canard et le lapin, absolument rien de permet de les distinguer objectivement. Pas meme l’angle de la ‘camera’.

Une autre experience, qui la encore remonte a mon enfance, consiste a garder en ma memoire l’impression que j’ai d’une ville dans laquelle je me deplace pour la premiere fois (cela fontionne aussi avec un appartement, un lieu en general). Immanquablement, et ce depuis tres longtemps, chaque ville, rue, lieu, que je visite pour la premiere fois a une couleur / un ressenti visuel qui est tres different de celui que je vais acquerir par la suite lorsque j’aurais fait connaissance avec ce lieu. Il me semble que dans le premier cas, mon ignorance de la ‘geographie’, a savoir du contexte spatial (mais aussi emotionnel) dans lequel il se place, me fait l’apprehender d’une maniere differente de celle que j’acquiers quand j’ai pu repositionner ce lieu dans un ensemble plus vaste. Garder ces petits instantanes de visions premieres, et les juxtaposer a mes visions quotidiennes est, depuis mon enfance, une source de jeux frequents, et une maniere de palper des emotions qui n’auraient jamais ete conscientes sans cette juxtaposition.

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Christian juillet 17, 2009 à 11:11

Merci pour ce commentaire Saloua.
Vous évoquez les « premières impressions », et le rôle qu’y jouent les émotions. Ce qui complète admirablement la note.

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Jacques Marleau septembre 12, 2014 à 6:14

J’ai trouvé très éclairants et instructifs les propos tenus dans cet article, particulièrement dans la première moitié.

J’ai moi-même observé une toile improvisée par mon épouse sur une période de dix ans, une peinture de style intuitif dans sa réalisation, expérience concluante pour sa conceptrice et qui lui a révélé la façon de peindre qu’elle allait adopter par la suite, d’où le nom de « Révélation» qu’elle a donné à cette toile.

Les observations répétées de ma part d’un agrandissement de cette petite huile m’a permis d’y dégager nombre de formes à l’allure de figures humaines ou animales que je considère très réalistes, ce que j’ai voulu partager avec tous en concevant un site web très élaboré et rempli d’animations pour bien faire percevoir ce que moi-même j’ai perçu pendant toutes ces années, surtout à la faveur de regards furtifs répétés vers cette reproduction agrandie de ce tableau.

Fait inusité: cette toile se regarde des quatre côtés à la perpendiculaire et révèle quantité de figures (que j’ai même appelées des personnages auxquels j’ai donné des noms tant la quantité était importante (plus de 175) et que j’ai répertorié dans la partie Modulations de mon site pour quiconque ne voudrait pas parcourir la cinquantaine de pages web (qui elles-mêmes se déroulent sur plusieurs pages) où j’y fais découvrir progressivement et pédagogiquement les formes tour à tour, en contexte, circonscrites ou dégagées. Autre fait à noter: ces nombreux extraits illustrant des figures que je vois clairement sont imbriquées ou amalgamées les unes dans les autres, s’empruntant mutuellement des portions pour se constituer elles-mêmes. Ce que je présente de façon plus statique culmine vers des séquences filmées où l’on visualise le tout de façon plus dynamique et en synthèse.

Sont-ce des projections de mon esprit tel que le suggèrent plusieurs passages de votre article? J’opterais pour une autre interprétation, car les figures dégagées, je le répète, sont d’un grand réalisme, ce que vous serez à même de constater vous-même si vous faites une exploration sérieuse de ce site.

Pour ce faire, il faudra cliquer sur les boutons en bas de page pour passer d’une page à l’autre en sus des menus menant aux grands axes du site, passer son curseur de souris ou cliquer sur les nombreuses photos ou illustrations extraites de cette toile énigmatique qui révèlent d’autres images et finalement, tirer vos propres conclusions. Un plan du site donne une description succincte de chaque page du site. J’ai intitulé celui-ci: «Révélation: une toile mystérieuse». À vous de «voir» ce que j’ai voulu vous «dévoiler ou révéler». Les Anglais diraient plutôt «uncover» Perception et réalité. Deux pôles de ce que nous tâchons d’appréhender dans nos expériences au quotidien.

Voilà mon humble contribution à vos réflexions. Puissiez-vous y trouver quelques éléments pour alimenter encore cette discussion ouverte. Merci de nous permettre ces commentaires personnels.

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