Cette citation de William Marx dans sa Vie du lettré, page 63 :
« Contrairement à un lieu trop commun, on ne dévore pas les livres : ils vous dévorent, vous vampirisent, se nourrissent de votre être et de votre énergie, vous coupent du monde, vous transportent dans le leur, mangent votre espace et votre temps, débordent de vos étagères, raccourcissent vos nuits et vos journées, rétrécissent votre maison et votre appartement, vous ruinent tout en vous enrichissant, vous font leur quand vous croyez les faire vôtre. »
On pourrait penser que les formats numériques nous affranchissent de cette emprise du livre. Que nenni : les disques durs débordent, les lieuses sont pleines, les tweets s’entassent et l’on est toujours un Sisyphe quand il faut perpétuellement vider son agrégateur de fils RSS qui ne cesse de se remplir.
Ce n’est pas seulement le format qui nous dévore, c’est la lecture.
Signaler sur TwitterAutres notes similaires :
- La relation client-fournisseur est une relation intéressante au moins en ce sens qu’elle constitue une démonstration de la nécessité de prendre en considération la question de la connaissance dans l’entreprise. Cela est valable aussi bien dans la relation entre deux entreprises qu’entre deux services, ou départements, d’une même entreprise. Au coeur de cette relation il [...]......
- Pourquoi des moteurs de recherche ? Pour trouver de l’information, me diriez-vous. Certes. Mais surtout pour trouver rapidement de l’information. On comprend mieux l’importance de cette proposition lorsque l’on s’aperçoit qu’il est plus rapide de faire la recherche d’un mot sur la totalité du Web que de faire la même recherche dans le document texte [...]......
- Imaginez que vous êtes prestataire ou consultant chez un client. Vous n’avez pas le droit de travailler avec votre ordinateur, on vous en fournit un ; Vous n’avez qu’un accès limité au web ; Oubliez tous les sites de réseaux sociaux et n’espérez pas accéder à un service google autre que le moteur de recherche [...]......


{ 5 comments… read them below or add one }
Et la lecture des images aussi ? Oui, certainement …
Dans quelle mesure, cette gloutonnerie était-elle synonyme d’un caractère de possession ? Ou peut-être n’avons nous pas appris à gérer le vide, le rien.
Gérer le vide n’est pas la spécialité du lettré qui a besoin de son cabinet, de ses livres et de ses oeuvres. Ce qui n’est pas le cas du sage dont la figure n’est déjà plus celle du lettré.
Bon allez une autre boîte
Un post qui m’interesse, merci a vous !