Le gouvernement du délire

by Christian on 27 avril, 2009

L’enfant Nicolas ne comprend la politique que comme un acte performatif. Il prend l’opinion à partie en proférant des lois, de nouvelles lois. Peu importe qu’elles ne soient pas applicables ou liberticides (HADOPI), qu’elle fassent doublon avec les lois existantes (pénalisation des bandes mafieuses). L’essentiel consiste dans l’effet d’annonce, dans le dire performatif d’une volonté qui, hélas, délire.

Une des thèses de Deleuze  dans L’Anti Oedipe était que l’on ne délire pas sur ce qui est familier : on ne délire pas sur sa mère ou sur ses amis. On délire sur les races, les territoires, etc.

Dans son cours de 1980, Gilles Deleuze dit :

« Une des choses fortes il me semble, vraiment là, c’est presque ce qui maintenant me plaît le plus quand je repense à « L’anti-Œdipe », une des choses fortes de « L’anti-Œdipe », à mon avis et ça, ça devrait pouvoir rester, c’est l’idée que le délire est immédiatement investissement d’un champ social historique »

C’est parce que Nicolas délire dans tous ses propos, que j’hallucine quand je l’entends, et pas simplement parce qu’il parle mal le français. Et comme il délire le champ social historique, comme disait Deleuze, il manque du même coup systématiquement d’acuité sociale et historique.

Déjà, sur des sujets relatifs à certains comportements criminels, Nicolas produisait des délires en affirmant le plus sérieusement du monde que la pédophilie, c’est génétique (« J’inclinerais, pour ma part, à penser qu’on naît pédophile »). Propos qui n’ont pas manqué de choquer ceux qui ne partagent pas ce délire.

Le problème du délire est qu’il est incapable de résoudre une crise ; d’ailleurs Nicolas n’a jamais rien résolu,  il n’a fait qu’empirer les sujets et les dossiers dont il a eu la charge ( budget, finance, intérieur, etc.). De fait, il est sans cesse condamné à faire de la surenchère dans ses délires pour ne jamais être tenu responsable de son bilan.

C’est un peu la stratégie du nénuphar : au bout d’un moment le nénuphar sur lequel il se tient s’enfonce, alors il est obligé d’en sauter sur un autre, qui va à son tour s’enfoncer sous l’eau, etc.

Mais le problème est que cet homme nous dirige…

J’en appelle aux députés de la majorité : libérez-vous…et libérez-nous !

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  • { 7 comments… read them below or add one }

    OlivierAuber avril 27, 2009 à 10:40

    C’est dit et bien dit.
    BTW l’appel pour le revenu de vie est en ligne depuis 24 heures. Est-ce que Ars Industrialis voudrait s’y associer ou en faire l’écho?

    Répondre

    Christian avril 27, 2009 à 10:51

    Lien ?

    Répondre

    imath avril 28, 2009 à 12:33

    La stratégie du nénuphar ! Génial :)

    Répondre

    Rolex avril 28, 2009 à 1:27

    Le soir du « non » au référendum sur le traité de constitution européenne, au lieu de dire « je démissionne, j’ai échoué » ou « fait chier », le président de l’UMP – le petit Nicolas – a engueulé tout le parti pour cette campagne désastreuse. Et c’était si bien fait que tout le monde a marché, que tout le monde avait complètement oublié que le responsable de la campagne du « oui », missionné par le président de la République, c’était lui. Quelques mois plus tôt, lorsque le « non » a commencé à avoir du succès dans les sondages, il s’était fait porter pâle tout en restant présent grâce ou à cause de ses problèmes conjugaux, en couverture de Paris Match.
    Devant autant de culot et de mauvaise foi on pourrait être admiratif, mais je suis plutôt inquiet, parce que personne n’a moufté. Pas un journal n’a appuyé cette histoire, pas un député UMP engueulé ne s’est rebellé, le tour de passe-passe a fonctionné.
    Or un fou, un inconscient, quelqu’un d’incapable de faire face à ses responsabilités ou à ses erreurs, ça n’est pas grave du tout. Le monde en est plein.
    Par contre un fou que les gens suivent comme le joueur de flûte de Hamelin, c’est autrement angoissant.

    Répondre

    bituur esztreym avril 28, 2009 à 7:46
    Aurélien Pelletier avril 28, 2009 à 11:07

    Contre la stratégie du nénuphar, une seule solution, la pédagogie du platane! Dommage qu’on morfle avec lui.

    Répondre

    OlivierAuber avril 29, 2009 à 12:59

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