Ecrire pour soi, sous mac

Si les pratiques de publication se sont massifiées avec le web participatif, il y toujours le moment de l’intimité de l’écriture. Certains d’entre-vous utilisent peut-être des solutions en ligne, y compris pour des textes qui n’ont pas vocation à être publiés, du moins pas dans l’immédiat. Quand à moi, j’ai besoin d’une bonne vieille solution installée sur mon ordinateur lorsqu’il s’agit d’écrire pour soi, en l’occurrence sous mac.

Voici donc quelques logiciels que j’ai utilisé et, pour certains, que je continue d’utiliser :

  • Microsoft Office 2008 : Je ne vais pas dire du mal de Office pour Mac car c’est un très bon produit. Il paraît même qu’il est meilleur que la version pour Windows. Mais son côté “je peux tout faire inutile d’aller voir ailleurs” ne me convient pas car, sur chaque fonctionnalité on peut trouver un logiciel spécifique qui le fait mieux. Au final je n’ai jamais considéré Office comme un outil pour écrire, juste un outil bureautique.
  • Pages : Pages est le “word” d’Apple, je ne l’utilise que pour produire rapidement des documents qui doivent être un peu plus “léchés” en réutilisant les “templates” qui existent en standard. Ce n’est pas un logiciel d’écriture mais plutôt un outil de publication pour des plaquettes marketing ou des cartes d’invitation d’anniversaire pour les enfants.
  • Omni Outliner : Des logiciels pour écrire, ce n’est pas simplement des éditeurs de texte, ce sont des outils qui assistent l’écriture depuis la prise de note. En la matière, je suis en grand amateur d’outliners. Le meilleur que je connaisse est Omni Outliner d’Omnigroup : des fonctionnalités de tous les côtés, le tout dans une interface respectant à 100% les principes ergonomiques d’Apple. Le danger de cet outil est qu’il faut savoir s’arrêter car la tentation de tout écrire dans l’outliner peut causer des tords au moment de l’export, on n’est pas sur des formats standards.

L’interface d’Omni Outliner :

  • DevonThink : Je n’ai pas passé beaucoup de temps sur DevonThink qui relève plus de la catégorie “Personal Information Management”. C’est un Finder amélioré, couplé à un outliner qui est surtout adapté pour constituer des dossiers sur un sujet (avec hyperliens, textes, images, etc.) mais pas pour l’écriture à proprement parler.
  • TinderBox : Une mention spéciale pour TinderBox qui est, je dois l’avouer, le logiciel qui m’avait fait switcher sous Mac en 2004, et je continue à l’utiliser en permanence. C’est à la fois le meilleur et le pire outil pour écrire et organiser ses textes.

Le meilleur, car le principe est simple et efficace : on créé des notes auxquelles on peut ajouter toutes les métadonnées que l’on veut, sans limitations. On peut ensuite créé des agents avec des scripts qui vont travailler sur l’ensemble des notes pour effectuer diverses tâches (un mini-web sémantique en local mais hélas qui n’utilise par les standards) et tout peut être relié à tout. Tinderbox propose également des interfaces graphiques qui en mettent plein la vue.

Le pire, car il utilise un langage de script propriétaire et a une interface utilisateur et des raccourcis clavier qui vont à l’encontre du bon sens. La courbe d’apprentissage est énorme et ce n’est pas un logiciel pour tout le monde, d’autant plus qu’il est très cher (229 $).

J’avais demandé à Mark Bernstein, le créateur du logiciel, s’il prévoyait une version web en ligne de son outil, ce qui pour moi est une évidence tant l’outil est puissant et repose sur les paradigmes du web. Il m’avait répondu que non car la puissance de calcul nécessitée par les agents était trop puissante. Il ne m’a pas vraiment convaincu.

Une vidéo de démonstration de Tinderbox :

  • Ulysses : Avec Ulysses on entre dans la catégorie des logiciels d’écriture dit “créatifs” de type scénario, roman ou essais. C’est le premier logiciel que j’ai essayé qui soit un atelier d’écriture. L’interface respecte les standards apple comme toute application Cocoa native.

Il y a des découpages par chapitres ou parties, plusieurs fenêtres permettent de voir la même partie à des endroits différents, des marqueurs permettent de définir le statut d’une partie (premier jet, brouillon, finalisé) et on retrouve la possibilité d’écrire sur un écran tout noir ou seul le texte apparaît, ce afin de favoriser la concentration dans l’écriture.

Les auteurs de ce logiciel ont mis l’accès sur l’accompagnement à l’écriture et laissant volontairement de côté tout ce qui est mise en forme (on peut faire du Latex).

Une petite video de démonstration d’Ulysses :

  • Scrivener : Il reprend toutes les bonnes idées d’Ulysses, en rendant à mon sens l’outil plus simple d’utilisation. Il est moins “intégriste” et autorise de la mise en forme, utilise une arborescence au lieu d’onglets pour les différentes parties du texte, ce qui le rend plus pratique pour les textes comprenant de nombreux paragraphes. Enfin, il est nettement plus intéressant dans ses mécanismes d’export ; en quelques clics on peut agréger toutes les parties d’un texte en précisant quelles règles de mise en pages on veut. Je l’utilise beaucoup en ce moment et en suis très satisfait, surtout lorsqu’il s’agit d’écrire des textes de plusieurs dizaines de pages.

Une capture d’écran de Scrivener :

Une dernière référence avec Evernote, car écrire c’est aussi prendre des notes. Je me sers de plus en plus d’Evernote qui me permet de prendre des notes écrites, des photos et surtout des  enregistrements audio directement depuis mon iPhone, puis de les sychroniser avec le site web et sous mac (il existe une version sur pratiquement toutes les plateformes).

*

Il y a sans doute bien d’autres solutions que vous utilisez. Partagez votre expérience : comment et avec quoi écrivez-vous ?

Enfin, comme je commence également à regarder du côté des logiciels bibliographiques, je suis preneur de vos retours sur certaines de ces solutions : EndNote, RefWorks, Zotero,  Bookends et Sente.

22 comments.

  1. Quand il s’agit d’écrire véritablement, mon application préférée est WriteRoom qui nous plonge dans un environnement ultra-minimal : texte vert sur fond noir (configurable) et rien d’autre. Plus de Dock, plus de menu, plus d’icône, plus d’interférence, juste un écran noir (très reposant pour l’oeil) et l’écriture.


  2. Oui, cette fonction existe dans Ulysses et Scrivener. Je l’utilise peu car çà m’angoisse !


  3. L’angoisse de la page blanche ?


  4. oui, sûrement :-)


  5. Excellent, je me rends compte que je suis très oldschool, n’utilisant quasiment qu’OpenOffice.

    Et ceux qui n’ont pas de mac, Christian ?


  6. [...] Christian Fauré ouvre le capot de son mac pour nous parler des logiciels d’écriture qu&#8217…. En utiliseriez-vous d’autres (pas nécessairement sous mac d’ailleurs) ? [...]


  7. @ Hubert : “Et ceux qui n’ont pas de mac ?”
    Ben il faut en acheter un :-) , sinon leurs retours sous Microsoft sont aussi les bienvenues bien sûr.

    Sinon, désolé de t’avoir donné un coup de vieux avec ton OpenOffice ;-)


  8. Des outils que j’utilise aussi avec bonheur et auxquels j’ajoute :

    - Textedit que j’utilise souvent en classe pour son extrême simplicité avec mes élèves

    - WriteRoom qui sublime la moindre lettre

    - Doomi, une application air qui gère une mini-liste de tâches

    Depuis que j’ai découvert la version Pro d’Omnioutliner, je ne la “quitte” plus, quoiqu’effectivement, à l’export, elle réserve quelques surprises entre “non-mac-users” … hélas …


  9. d’accord avec toi Christian, parce que l’éclatement des outils est symbolique de notre rapport différent à l’écriture : Word pour la prose longue dans un ouvrage structuré, je suis trop habitué pour passer à Open Office

    moi aussi calepin de prise de notes quasi toujours ouvert, y compris en accompagnement du travail en cours, j’utilise iOrganise (mais je n’ai pas d’iPhone!)

    jamais été très convaincu par Ulysses & Co, qui me paraissent beaucoup trop normer d’avance les formes et registres d’écriture

    par contre, à pousser ton approche, constat que le “temps” d’écriture directement sur Firefox (donc sur blogs ou direct sur mon site) concurrence allègrement le temps Word - ce n’est pas une remarque gratuite : dans ma liberté d’écriture, compte beaucoup le sentiment d’écrire sur serveur, et pas sur mon disque dur ou pour mon imprimante - avec préférence pour spip


  10. Tiens !

    Je viens également de découvrir Evernote et c’est mon outil fétiche du moment. Il m’aide à m’organiser (à la fois pour les tâches persos et les tâches pros) et je m’en sers surtout comme base de connaissance. Sa synchronisation sur le web est excellente.

    Il a remplacé le bloc-notes Google que j’utilisais déjà en remplacement de Keynote.

    En revanche … je n’ai pas migré les écrits “intimes” sur ce support yet. J’utilse toujours le Bloc-notes Google, mais sans en être très heureux.

    Je pense que (la beauté de) l’interface compte énormément pour écrire, et je soupçonne que Mac est le plus fort de ce coté.

    Etant enfin en train d’hésiter sur le renouvellement de ma machine perso (un PC portable avec Ubuntu ou bien un Mac ??), ton article m’interpelle doublement.

    Je vais de ce pas en copier le contenu dans Evernote, merci !


  11. @ Christelle : je ne connaissais pas Doomi. Et pour ce qui est Reminder j’utilise plutôt “Remenber the Milk” pour son intégration à Gmail

    @ François : d’accord avec toi sur la part croissante d’écriture sur serveur (je dois être à 75% sur Ordi et 25% en ligne). Y a plus d’adrénaline à écrire directement en ligne. Mais d’un autre côté quand on publie un texte rédigé sur ORdi il y a un bon gros shoot d’adrénaline que l’on calme en faisant des rafraichissement permanents sur la page de stats du serveur.

    @ Nico : seul défaut d’Evernote, son encodage audio qui hérite des capacités de l’iPhone et la limite des 5 mins par enregistrement. Autre point très intéressant avec Evernote sous iPhone : il taggue les notes en utilisant la geolocalisation comme le rappelle Claude Le Berre


  12. @Hubert : Evernote fonctionne sous windows.
    Et sinon, toujours sous win, voir Keynote, parfait pour organiser un texte avec hiérarchisation, onglets et hyperliens. Le logiciel (opensource) n’est plus développé mais toutes les fonctions sont là. Et on peut exporter en rtf. Si vous ne connaissez pas, c’est à installer et tester de toute urgence… http://www.framasoft.net/article990.html


  13. Ajouter comme calepin TextWrangler, outre la puissance de son outil de recherche/remplacement, de sa comparaison de fichiers et ses facilités de transcodage.
    http://www.barebones.com/


  14. Bonjour,
    Désolé de faire de la pub, mais je serais évidemment tenté d’ajouter à tout cela un bon dictionnaire - par exemple le Petit Robert ? Ou bien, pour l’anglais, le nouveau CD-ROM du Grand Robert & Collins ?
    En attendant le Grand Robert Mac, prochainement disponible…
    Les dictionnaires sur Mac ne courent pas les rues, profitons-en !


  15. J’apprécie beaucoup la logique de fonctionnement d’un logiciel comme Scrivener, très adapté, pour moi, à la conception de textes longs et structurés, qui font appel à beaucoup de documentation (synthèse documentaire, enquête…).

    Le logiciel est utile dans la première phase de récolte et de classement de la documentation, comme première étape d’organisation du texte à venir.

    Au moment de la rédaction, on dispose à tout moment de cette documentation “sous la main”, ce qui est pratique, efficace, fait gagner du temps par économie de manipulation du clavier et de la souris.

    C’est plus qu’une aide à l’écriture. Les possibilité d’import et de classement des documents en font un véritable outil d’aide à la conception.


  16. [...] Voir aussi NeoMem dans la même veine : http://www.neomem.org Une liste sous Mac : http://www.christian-faure.net/2008/09/14/ecrire-pour-soi-sous-mac/ En connaissez-vous d’autres tout autant sinon plus pratiques pour Mac et PC ? dans [...]


  17. @Christian: un (des seuls) défaut majeur d’Evernote pour moi est la prise en compte des accents: chercher “Réunions” ne listera pas les notes contenant “Reunions”. C’est très pénible et oblige, si on veut être exhaustif, à faire de gros Find/Replace.

    Autres features discrètes d’Evernote:

    - possibilité de “ranger” les tags (tags imbriques) via un simple drag and drop
    - possibilité (dans les v2.2, pas présent pour l’instant dans la 3.0 beta à mon grand regret) de faire des hyperliens entre les notes.

    Ce logiciel a vraiment égayé mes 2 dernières semaines de boulot !!


  18. Pour l’édition de texte, Celtx est vraiment bien conçu, complet et open source. C’est un outil de conception de scripts, de scénarii, de storyboards, etc., mais au final je m’en sert pour des textes simples.


  19. je découvre par hasard de multiples logiciels dont je n’avais pas seulement idée… mais la mac-linuxienne que je suis reste un peu sur sa faim : quid des équivalents pour Linux ?


  20. Dans le genre Scrivener, il existe également Writer’s Café 2 (http://www.writerscafe.co.uk/) qui existe en version Mac, Windows et Linux.


  21. Sans oublier Mellel (http://www.redlers.com/), un excellent traitement de texte, bien plus souple et puissant (et fiable) que Word. Le mode plein écran est aussi proposé, mais noir sur fond blanc (pour ceux que les fonds noirs angoissent).


  22. [...] manuelalivro2008-11-13 - Netbooks – Good Geek’dm for Writers saved by PinkCoffeeDog2008-11-12 - Ecrire pour soi, sous mac saved by wattssr602008-11-07 - Einsatzgebiete saved by drthomasho2008-11-06 - Searching for [...]


Post a comment.