Le kaléidoscope ontologique

by Christian on 15 juin, 2007

Il existe un logiciel du groupe SIMILE dont on n’entend peu parler, et pour cause puisqu’il ne sert à rien. Ce logiciel c’est Welkin.

Welkin propose la vision dynamique d’une ontologie au format RDF. Utilisez-le, essayez le, et vous vous poserez certainement la question : à quoi çà sert ? A rien en fait, en tout cas a priori.

Mais, tout en reconnaissant que cet outil ne servait à rien, je n’arrêtais pas de l’utiliser. Pourquoi donc ?
Pourquoi être irrésistiblement attiré par quelque chose dont on reconnaît l’inutilité ?

Peut-être Welkin serait-il une forme de kaléidoscope ontologique : un kaléidoscope c’est beau et çà ne sert à rien. Qui passerait une demi-heure à regarder un kaléidoscope ? C’était pourtant mon cas avec Welkin.

Deux hypothèses :

  • il y a un certain plaisir à manier la souris sur un modèle de connaissance représenté graphiquement et dynamiquement. Comme le chat a sa pelote de laine, le knowledge worker a sa pelote RDF.
  • il y a un sentiment d’étrangeté à voir cette pelote de connaissance, tel un astronaute regardant la terre vue de l’espace pour la première fois. Là ou la terre est objectivée dans toute son envergure pour l’astronaute, l’ontologie est objectivé dans sa totalité spatialisée avec Welkin.

Mais il y a un autre facteur qui m’est apparu, c’est que mon intérêt, dans l’utilisation de Welkin, venait également en partie du fait que je connaissais l’ontologie. J’en connaissais le coprs, son corpus, puisque c’est moi qui l’avait faite.

Je retiens donc de cette petite expérience, qu’il est très important de jouer et d’essayer des logiciels avec ses propres données. C’est vraiment là que l’intérêt du logiciel prend tout son sens.

La preuve avec Welkin : on passe du temps sur un logiciel qui ne sert à rien, mais pour lequel on éprouve un intérêt inattendu dès lors qu’il s’agit de ses propres données.

Bien sûr c’est l’inattendu qui ici mériterait investigation. Car cet inattendu c’est un peu le nouveau visage du même : c’est notre corpus mais vu différemment, sous un autre angle, comme une nouvelle vue de l’esprit.

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