On s’enregistre ?

Je n’ai pas réussi à donner corps et fluidité à cette note. Je la présente dans son déchirement, telle quelle.


Il y a toujours une forme de rejet – ou tout de moins de réticencelorsque l’on est enregistré.

  • Pourtant,  une fois  enregistrée, ce n’est plus votre voix ou votre image que l’on perçoit. C’est toujours l’enregistrement de vous, mais pas vous-même.

L’enregistrement s’impose avec la force du réel : si je vois une photo du président de la république faisant un jogging, alors je suis immédiatement convaincu qu’il fait du footing, tout comme si j’avais vu, de mes yeux vu.

Mais les choses changent.

  • Il y a actuellement un mouvement d’enregistrement particulièrement massif : chacun s’inscrit numériquement et met sur le réseau ses enregistrements.
  • Mais proportionnellement, il n’y a que peu d’enregistrements de soi parmi la masse des enregistrements en ligne.

C’est pourtant ceux-là qui sont les plus importants : ceux où l’on parle de soi et où l’on se montre. Mais sans être là, sans notre présence, puisque ce ne sont que des enregistrements.

  • En mettant (ou en acceptant la mise de) ces enregistrement à l’index, sur le réseau, on prend en retour conscience d’un changement.

Ce changement se manifeste quand on passe plus de temps à sélectionner et à faire des choix : que montrer de moi ? Démarre alors la constitution d’un avatar (un moi numérique) dont les facettes représentent l’ensemble des inscriptions de soi.

  • On s’inscrit et dans cette inscription on se transforme en retour.
  • Ceux qui s’écrivent ou s’enregistrent sont en train de s’individuer : nous nous individuons. Nous changeons et nous nous transformons.

S’écrire et s’enregistrer, c’est se donner une image de soi dans l’acte éditorial d’une auto-publication. Être le rédacteur en chef de son existence : s’afficher à la une, se donner des ordres du jour, se demander d’être plus exigent, se donner des thèmes à traiter et des sujets à aborder, etc.

L’humanité de demain.

  • Ceux qui acceptent l’enregistrement, leur présence numérique sur le réseau, ceux-là sont entrés dans une phase majeure de l’évolution de l’humanité.
  • Car l’homme, çà n’existe pas, il s’invente en chemin sur le sentier de l’écriture de soi.

Quand on prend une image de vous, c’est un peu comme si une pièce du puzzle de votre identité vous avait été enlevé. Et alors ? N’est-ce pas le meilleur moyen de sortir de sa coquille que de donner un peu du Je pour participer au Nous ?

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