L’évangile de Judas

by Christian on 3 mai, 2006

Les premiers temps de la chrétienté connurent une trentaine d’évangiles (les bonnes paroles). Dans la constitution de son orthodoxie, la chrétienté n’en retint que quatre. Ceux de Marc, Matthieu, Luc et Jean.
Pourquoi quatre, et pourquoi ceux-là ?


Plusieurs hypothèses ont été faites :

  • c’était les plus simple à diffuser : ils racontaient l’histoire de la vie de Jésus
  • c’était les plus connus et les plus populaires
  • elles correspondaient à une volonté politique, celle de distinguer la chrétienté des juifs.
    Mais une chose semble être sûre, c’est les romains qui arrêtèrent Jésus, et c’est sur une croix romaine qu’il fut crucifié.
    Et pendant que Judas endosse la figure du Juif félon et du traître, la chrétienté peut se constituer et se développer au sein même de l’empire. En faisant de Judas un bouc émissaire, le christianisme condamne les juifs pour se sauver lui-même de la persécution romaine.
    ***

    Mais voilà qu’un manuscrit est retrouvé dans une grotte en haute Egypte dans les années 70.

    Il s’agit d’un évangile selon Judas.

    ***

    Irénée, premier évêque de Lyon (entre 130 et 202 après J.-C.) avait fait allusion à cet évangile en parlant des gnostiques, ces chrétiens qui espéraient la révélation d’un secret pour s’extraire de leur prison charnelle pour retourner au royaume des cieux. Il écrit à leur propos :

    Ils produisent une fiction de genre historique, qu’ils nomment l’Evangile de Judas.

    Le texte de cet évangile retrouvé présente un judas très différent de la figure du traître possédé par Satan tel qu’il est présenté dans l’évangile de Jean. Il est présenté non plus comme un traître, mais comme l’âpotre le plus proche de Jésus, celui seul qui ait vraiment compris son message, ce qu’il fit en livrant Jésus aux romains pour qu’il puisse, in fine, se délivrer de son corps.

    ***

    Je ne souhaite pas ici entrer dans un débat théologique, mais voudrait attirer l’attention sur le rôle du support de mémoire que joue le manuscrit retrouvé dans cette grotte égyptienne. Illustrant ainsi qu’il n’y a pas de connaissance ni de mémoire sans supports (de connaissance et de mémoire). Ainsi, en écrivant contre les gnostiques, Irénée est devenu la principale source de connaissance du courant gnostique.

    La question qui habitait Irénée est celle de l’autorité, car pour les gnostique le rapport à Dieu se faisait sans la médiation d’une institution et donc d’une église. L’autorité passe-t-elle par l’enseignement oral ou par l’écriture ? Irénée, d’une part en écrivant et d’autre part en selectionnant les quatre évangiles que retiendra l’orthodoxie chrétienne, se prononce pour une autorité de l’écriture au détriment d’une tradition orale, voire secrête.
    Pourtant, en lisant ce qu’écrit Pierre Hadot, on pourrait penser que Irénée conserve toute son autorité à l’oralité dans la filiation entre les représentant de l’église :

    Pour Irénée, la tradition vient bien des Apôtres, mais ce n’est pas une tradition secrète : elle est conservée au grand jour dans les différentes Églises, grâce à la succession légitime des évêques que les Apôtres ont choisis eux-mêmes pour enseigner à leur place. Il est relativement facile, aux yeux d’Irénée, d’établir les listes de ces successions épiscopales, à partir des Apôtres, dans chaque Église et tout spécialement dans l’Église de Rome. (Encyclopædia Universalis)

    Mais la toute la différence pointe dans l’expression : « établir des listes de ces successions ». Car pas de liste sans écriture.

    ***

    La question de l’enseignement esotérique de Jésus, telle qu’elle se pose après la découverte de l’évangile de judas, est troublante.

    Pères de l’église et historiens ont niés l’existence d’un enseignement ésotérique pratiqué par Jésus. Mais, en pratique, toutes les religions de cette époque avaient un enseignement ésotérique, comme d’ailleurs la plupart des écoles philosophiques, et un ami à moi rajouterait que c’était également le cas pour les écoles d’art martiaux en asie.
    Ce que met l’évangile de Judas sur la table, c’est donc la question de l’enseignement ésotérique de Jésus. Et le personnage de Judas est, à lui seul, l’incarnation de cette enseignement puisqu’il est écrit que Jésus dit à Judas : “Step away from the others and I shall tell you the mysteries of the kingdom. »

    Or, par définition, l’enseignement ésotérique n’est pas censé laisser de traces. Et si l’on en sait quelque chose, ce n’est que parce qu’une personne externe fait des commentaires écrits sur l’enseignement ésotérique. C’est ainsi, par exemple, que des bribes d’informations nous sont parvenues de l’enseignement ésotérique de la secte pythagoricienne. C’était également le cas pour les gnostiques puisque nous connaissions l’existence de leurs thèses et de leur textes grâce aux seuls écrits de Irénée.

    Avec la découverte de cet évangile de Judas, c’est une contradiction qui apparaît : comment un texte d’influence gnostique, et qui souligne l’importance d’un enseignement secret et ésotérique a -t-il pu être écrit ? Non seulement écrit, mais également conservé, puisque placé dans une grotte, vraisemblablement pour lui éviter d’être détruit par les expéditions orthodoxes.

    ***
    Comment comprendre que des personnages clés de notre histoire culturelle et religieuse n’aient produit que des enseignements oraux ? Que ce soit Jésus ou Socrate, nous n’avons pas une ligne d’eux. Et pourtant nous n’écrivons presque que pour ne parler d’eux, comme si cette absence d’écriture appelait l’écriture.

    C’est peut-être que ces figures emblématiques ne cherchaient pas à faire autorité, seul ceux qui ont écrit sur eux on voulu instaurer une autorité. L’histoire se faisant ainsi autour des textes, écrits pour instaurer ou perpétuer une autorité. C’est à dire, in fine, constittuer une mémoire.

    Ce qu’a de passionnant la décourverte de cet évangile, c’est qu’il va bousculer notre mémoire collective. Et déjà le pape, autorité suprême de l’église, a du se prononcer sur cette découverte en n’ayant pas d’autre choix que de condamner ce texte hérétique.

    Voir la page du livre sur Amazon

Print Friendly
Signaler sur Twitter

{ 10 comments… read them below or add one }

Christophe octobre 27, 2006 à 8:24

Cette lecture, ô combien intéressante, me semble avoir une certaine proximité culturelle avec les cours de l’université populaire de Michel Onfray.
J’ai par ailleurs, comme à mon habitude, effectué ma prise de note à l’aide d’une sémacarte. Cette ébauche (http://neocogit.blogspirit.com/archive/2006/05/03/contre-histoire-de-la-philosophie.html) se situe avant l’ére chrétienne, mais il est vrai que la pure et simple disparition des évangiles apocryphes est à mon sens un véritable hold-up de connaissances.

Répondre

Sandrine juillet 20, 2007 à 3:50

Bonjour, très intéressant ce que vous dites dans votre article. Je n’avais pas encore fait attention aux propos d’Irénée mais je crois que je viens et vais continuer d’y rémedier dès à présent. La partie de votre article qui m’a le plus marquée est la suivante:
« Pères de l’église et historiens ont niés l’existence d’un enseignement ésotérique pratiqué par Jésus. Mais, en pratique, toutes les religions de cette époque avaient un enseignement ésotérique, comme d’ailleurs la plupart des écoles philosophiques, et un ami à moi rajouterait que c’était également le cas pour les écoles d’art martiaux en asie.
Ce que met l’évangile de Judas sur la table, c’est donc la question de l’enseignement ésotérique de Jésus. Et le personnage de Judas est, à lui seul, l’incarnation de cette enseignement puisqu’il est écrit que Jésus dit à Judas : “Step away from the others and I shall tell you the mysteries of the kingdom.” »
En effet, cela m’a rappelé une thèse à laquelle j’ai récemment fait face, celle de Jean Pataut dans une conférence intitulée « Eglise de Jean, eglise de Pierre ». Conférence aucours de laquelle il nous montre deux aspects de l’église. L’église ésotérique, visible par tout le monde et l’église ésotérique souvent cachée voir même nié ou pluotot renié notamment dans le catholicisme. Votre article m’a également fait pensé au processus inversion de l’église. Judas apparaît ainsi comme l’église (« la bonne », celle du christ) qui, a cause d’un problème d’interprétation devient la « mauvaise » église, l’église satanique. Voici les liens nécessaires pour visionner les conférences:
-église de Jean, eglise de Pierre: http://www.baglis.tv/weblog/fiches/Eglise%20de%20Jean,%20Eglise%20de%20Pierre.html

– l’église inversée: http://www.baglis.tv/weblog/fiches/L'Eglise%20invers%E9e.html

Répondre

Christian juillet 20, 2007 à 7:33

Quel beau commentaire.
Et merci pour les liens.

Répondre

Serge Cazelais mai 5, 2008 à 10:41

Bonjour,

Même s’il ne fait plus la une des médias, l’Évangile de Judas fait toujours l’objet de recherches dans les milieux académiques. Le sujet vous intéresse-t-il encore ?

Dès le premier mois suivant la publication de cet évangile par National Geo, de nombreux spécialiste de la langue copte et historiens des religions, spécialistes de la gnose ont commencé à douter sérieusement de l’interprétation quasiment invraisemblable de l’Évangile de Judas qu’avait publié le populaire magazine américain. Faute de pouvoir consulter le papyrus, la majorité des spécialistes attendaient. Depuis, la chose est faite : Les photos sont disponibles et disons que ça regarde mal…

Tenez-vous bien parce qu’un virage à 180 degrés est en train de se faire quant à l’interprétation de cet évangile. National Geographic et son équipe s’est trompé et Judas est une figure mauvaise dans l’Évangile de Judas et non pas le disciple modèle qui obéit à son maître, ni l’initié qui reçoit la révélation de l’enseignement ésotérique ! Je fais le tour des blogs et des forums depuis quelques jours et je réalise à quel point le public s’intéresse à cette découverte, mais aussi à quel point les contresens de National Geo et de leur équipe ont donné naissance à des interprétations qui, malheureusement, ne trouvent aucun support dans le papyrus copte. National Geo va publier dans les prochains jours une 2e édition, revue et corrigée, mais je doute qu’un battage médiatique de grande envergure vienne informer le public…

Le texte garde tout de même son intérêt, puisqu’il s’agit d’une critique virulente de la théologie sacrificielle de ce qui devient peu à peu de Christianisme proto-orthodoxe, mais malheureusement, l’idée d’un Judas initié et obéissant et d’un Jésus qui demande quasiment le suicide assisté pour être libéré de son corps n’a rien à voir avec le contenu véritable de l’Évangile de Judas.

Lorsque Jésus dit à Judas «Step away from the others», il lui révèle effectivement les mystère du Royaume, mais c’est pour lui dire qu’il n’y a aucune part pour lui dans ce Royaume ! National Geo traduisait : «It is possible for you to reach it, but you will grieve agreat deal» (en français «il est possible pour toi d’y aller, mais tu gémiras beaucoup») Or, ce qui est écrit dans le texte copte est assez différent. Je vous le traduit en français : «Éloigne-toi des autres et je te révèlerai les mystères du Royaume, non pas afin que (oukh hina) tu y ailles, mais afin que tu gémisses beaucoup». Comment expliquer une telle erreur ? La liste de contressens (par exemple, traduire une négation par une affirmation, changement sémantique, sens inexistant de certains mots, ajouts de mots, etc…) est assez considérable et trop longue pour être donnée ici.

Cette remise des pendules à l’heure n’enlève cependant rien au fait qu’il y a eu une très grande tradition fondée sur l’enseignement voilé (ou ésotérique) de Jésus pendant au moins les quatre premiers siècle de notre ère. Ça, c’est bien connu et bien documenté. Mais il faut toutefois réajuster ce contre sens – qui de plus, ne fait aucun sens dans le contexte de la gnose des premiers siècle. Depuis quand la libération de l’esprit passe-t-elle par le suicide assisté ? Le sacrifice humain est-il considéré comme moyen de salut dans la gnose ? C’est de ça qu’il s’agit avec l’interprétation du National Geo (qui était un monopole, ne l’oublions pas – la communauté scientifique n’avait pas accès au papyrus…) Ils nous disent que Judas surpassa les autres en sacrifiant l’homme qui revêt Jésus. Ce surpassement, nous ont-ils expliqué, était à l’honneur de Judas. Or, le contexte dans le papyrus indique que c’est la colère qui incite Judas à agir ainsi et qu’il est sous l’emprise du destin duquel il n’arrive pas à se libérer. Ça change alors vraiment le sens (mais avouons qu’un tel sens n’aurait pas été payant pour le populaire magazine américain, ni d’intérêt pour les médias de masse.)

Quant à Irénée de Lyon, il est bien connu qu’il a caricaturé certains aspects de la gnose qu’il dénonçait afin de la rendre moins sympathique à ses lecteurs. Ce que vous dites est cependant bien intéressant au sujet de ce paradoxe que des textes ésotérique – comme l’Évangile de Thomas découvert à Nag Hammadi qui en est un, lui – aient été mis par écrit et soient redécouverts. Enfin, si je puis me permettre, lorsque vous dites que les Pères de l’Église ont nié l’existence d’un enseignement ésotérique de Jésus, je vous invite à aller les relire… Notamment, relisez Clément d’Alexandrie ! Je vous en cite un extrait :

«Tout ce qui se montre à travers un voile fait apparaître la vérité plus grande et plus auguste, comme ces fruits qui transparaissent sous l’eau, ou ces formes sous des voiles qui leur associent la beauté d’autres reflets. Car un éclairage vif est fait pour la critique et, en outre, les choses évidentes ne peuvent être comprises que d’une façon. Mais il est possible de tirer plusieurs relations de sens, comme nous le faisons, de ce qui est dit à mots couverts. Dans ces conditions, l’homme inexpérimenté et ignorant se trompe, mais le gnostique comprend.»
Stromate V, 56, 5 à 57, 1

Je pense aussi à Origène qui parle à pleine pages de la lecture ésotérique des la Bible et qui prétend que les discordances et les contradictions sont là afin d’éloigner le non-initié et qu’elles servent de porte d’entrée à la lecture spirituelle (ou ésotérique.)

Il y a toute une tradition (malheureusement méconnue) chez les Pères de l’Église au sujet de cet enseignement ésotérique de Jésus.

Si vous permettez, je vous envoie à mon blog, j’en parlais déjà le 8 mars dernier de ces contresens du National Geo. Maintenant que tout est confirmé et qu’il vont publier une nouvelle édition, je donne de nouveaux détails et je vous envoie aussi à un article du professeur Birger Pearson :

http://www.sergecazelais.com/blogue/index.php?2008/03/08/52-l-evangile-de-judas-un-sujet-qui-fait-et-qui-fera-jaser

http://www.sergecazelais.com/blogue/index.php?2008/05/03/57-evangile-de-judas-apres-le-congres-d-houston

http://www.sergecazelais.com/blogue/index.php?2008/05/04/58-birger-pearson-denonce-l-interpretation-du-national-geographic

Si vous avez des questions à ce sujet, laissez-les moi sur mon blog – en laissant aussi une adresse de courriel, et je prendrai le temps d’y répondre.

Cordialement.

Serge Cazelais

Répondre

Christian mai 6, 2008 à 9:04

Merci pour ce commentaire plus que consistant Serge.

Répondre

Seraphin EDOU août 3, 2008 à 11:58

De quel côté te places-tu Serge ? De ceux qui croient comme le dit l’Ecriture en Jean 21:25 ou ceux qui recherchent une collection de faits concernant Jésus et qui sont prêts à croire tout ce que leur dira ?

Jésus a enseigné ses disciples au grand jour tout en prenant ses disciples à part pour leur expliquer les choses concernant le Royaume de Dieu. Est-ce là l’ésotérisme ?
Cessons de croire tout ce qui contribue à nous détacher de la Foi véritable pour nous amener dans la subjectivité mystique et ésotérique où domine l’ange de lumière,satan lui-même.

Répondre

Eric de SCHEPPER-GRANIER janvier 4, 2009 à 8:57

Bonjour,
Les églises chrétiennes actuelles (Orthodoxe, Catholique-romaine ainsi que les diverses églises réformées issues de la Réforme luthérienne et calviniste) ne sont que des sectes qui ont réussi; si vous me permettez l’expression. Il en va d’ailleurs ainsi pour toutes les religions qui ont pignon sur rue…
Pour ce qui me concerne, je pense que les Gnostiques étaient plus près de la vérité (si tant est qu’il y en ait une!) de l’enseignement de Jésus que le furent et le sont les tenants de Paul de Tarse qui institutionnalisa une église chrétienne qui acheva d’aboutir sur le Vatican (…) et le Papisme oh! combien coupé des premiers chrétiens et de la Parole. Un prêtre catholique-romain, qui fut excommunié pour cette belle phrase, déclara cette vérité: « Jésus annonça le Royaume, mais c’est l’Eglise qui est venue »…
Qui sont les hérétiques?
Ceux qui pointent le doigt vers les uns ou ces « uns » qui reçoivent l’insulte?
Qui fut le malfrat?
Judas qui embrassa Jésus ou Pierre qui le renia?
Qui furent les démons?
Les Cathares sur le bûcher ou ceux qui allumèrent le bûcher?
A des églises confites de superstitions et de foi de charbonnier, je préfère encore la gnose.
Et à la Ligue des Ducs de Guise, ou à l’Opus Dei, je préfère encore le bûcher.

E. de Schepper-Granier

Répondre

Christian janvier 5, 2009 à 12:36

“Jésus annonça le Royaume, mais c’est l’Eglise qui est venue”…
C’est tout l’enjeu que reprend le documentaire « L’apocalypse », passé sur Arte fin 2008 qui remet cette note au goût du jour.

Répondre

Serge Cazelais janvier 29, 2009 à 6:41

Pour E. de Schepper-Granier,

Vous dites «Pour ce qui me concerne, je pense que les Gnostiques étaient plus près de la vérité (si tant est qu’il y en ait une!) de l’enseignement de Jésus que le furent et le sont les tenants de Paul de Tarse qui institutionnalisa une église chrétienne…»

La piste est intéressante, très intéressante même.

Un détail : Les gnostiques se réclamaient de Paul, les textes de Nag Hammadi le citent avec autorité et le qualifient de «Grand apôtre». Le gnostique Valentin se prétendait héritier de la tradition paulinienne et de ce que je connais des textes, Paul est définitivement à l’avant plan de la théologie «gnostique».

Ce qui me semble, et qui ressort de plusieurs travaux récents c’est que ce sont les églises modernes qui ne sont pas pauliniennes du tout, tout en prétendant l’être. Plutôt que Paul lui-même, peut-être que c’est la lecture que nous en faisons qui est déficiente? Une lecture orientée par une tradition qui nous empêche de le lire adéquatement. Si vous avez une base en grec ancien, lisez-le directement en grec, pas de blague, vous ne le reconnaîtrez pas.

Salutations.

SC

Répondre

Eric de SCHEPPER-GRANIER juillet 29, 2009 à 4:35

Je ne pense pas que toutes les tendances gnostiques adulaient « le nouveau converti » du chemin de Damas… Et je ne crois pas non plus que P. de Tarse peut être présenté comme un maître penseur du gnosticisme.
Quoiqu’il en fut, Paul est bien l’architecte de « l’Eglise qui est venue » et non point celui du « Royaume »! Et la Papauté doit une fière chandelle à ce personnage… Entre autres.
Maintenant, Monsieur Cazelais, je fais faire comme vous le suggérez: relire Paul. Mais hélas pas dans le texte; je ne lis pas le grec ancien, ni moderne.
Bien à vous.
E. de S-G.

Répondre

Leave a Comment

{ 1 trackback }

Previous post:

Next post: