L’information non-structurée

by Christian on 17 juillet, 2005

L’information non structurée, c’est celle de tous les documents sur support numérique qui ne peuvent être utilisés que par l’homme. En résumé, des documents textes et multimédias. Il paraîtrait que ce type de document représente, dans les entreprises, jusqu’à 85% des informations. Sur le web on doit frôler les 100 %

Mais c’est un non-sens que de parler d’information non structurée. Ces documents sont généralement écrits ou produits par des hommes. Et si l’on devait parler d’information non structurée, nous devrions en conclure que les hommes sont des producteurs d’informations non-structurées. De là à conclure que ces informations n’ont pas de sens, et que les hommes produisent du non-sens, il n’y a qu’un pas. Il y a, en fait, un entrelacement de deux questions : la question de la structure et celle de la signification. Et l’on confond généralement structure et signification.

Pourquoi, dans les technologies de l’information, parle-t-on toujours de structure et de modèle conceptuel de données ? Par ce que le calcul induit par l’informatique s’appuie sur des logiques de relation formelles (et d’intégrité devrais-je rajouter). C’est pour cela que nos bases de données sont relationnelles. Et si ,dans ce cas, on parle « d’information structurée » c’est que l’on sait comment l’on va interagir avec ces données (on connaît le langage que l’on va utiliser, la façon de les stocker et comment on va les administrer). Ici, on sait calculer.
Quand on parle « d’information non-structurée », c’est que la logique formelle de manipulation des données nous échappe. Pourquoi ? Tout simplement parce que la signification des données (des mots, des images, et des sons) relève de leur usage. Dans ce cas on ne sait plus calculer. Le calcul est ce qui échappe à l’usage et à la pratique.

Ce qui perverti la question c’est la croyance selon laquelle, s’il y a un sens à un document, c’est précisément qu’il y a une certaine structure. Or Wittgenstein a montré que la signification(ie. des mots) c’était l’usage. Ce qui a du sens, c’est ce qui provient et est porté par l’usage. Ainsi peut-on comprendre et apprendre la signification d’un mot par l’usage qui en est fait.
In fine, il faudrait donc plutôt dire que s’il y a un sens à un document, ce n’est pas tant parce qu’il a une certaine structure, mais c’est parce qu’il est le fruit d’une certaine pratique.

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