L’économie consumériste et frauduleuse

by Christian on 22 février, 2013

Shakespeare – Something Is Rotten in the State of Denmark.

rotten
Lasagnes de boeuf à la viande de cheval, un tiers des poissons vendus avec un étiquetage frauduleux aux Etats-Unis, les mécanismes des subprimes dans la finance spéculative, le dopage dans le sport, scandales des médicaments, etc. Chacun allongera cette liste à partir des secteurs qu’il connaît le mieux.

Aujourd’hui l’économie consumériste fonctionne très largement grâce à la fraude ; nous sommes en fait passés d’une économie consumériste à une économie consumériste et frauduleuse.

Il y a tromperie sur toutes les marchandises comme sur tous les services, à des degrés divers : de l’omission au mensonge, en passant par l’occultation.

On s’en rend encore plus compte quand on doit expliquer l’économie à des enfants dans la vie de tous les jours pour les déniaiser face à l’avalanche de messages que cette économie frauduleuse diffuse. Messages qui sont antinomiques avec les valeurs que les enfants entendent dans le milieu familial ou à l’école (quand ces deux lieux n’ont pas eux-mêmes été corrompus).

Chaque jour, la confiance que nous plaçons dans le système économique, ainsi qu’à notre capacité de le gérer et de le contrôler, s’érode et s’amenuise comme la banquise.

Il nous faut trouver des relais non pas de croissance mais de confiance.

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karl février 22, 2013 à 4:17

À noter que comme j’ai cliqué depuis twitter, le message se retrouve avec un « ?utm_source=feedburner&utm_medium=twitter&utm_campaign=Feed%3A+christian-faure%2FwMuM+(Blog) » ce qui colle bien avec ce billet.

En fait, deux questions :

* Pourquoi on achète/consomme ?
* Pourquoi on vend ?
* Pourquoi on produit ?

Et surtout comment s’articulent ces trois questions, il y a 4000 ans, 2000 ans, 100 ans, 50 ans, maintenant ?

La distance entre l’acheteur et le producteur avec les intermédiaires de vente (lié à cela notre obsession de la traçabilité pour pallier à notre distance du producteur et donc de la relation immédiate de confiance). Empoisonnez sa famille est toujours plus difficile que d’empoisonner un inconnu de l’autre côté de la terre.

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Pascal février 22, 2013 à 11:38

Tout cet édifice pour continuer a prospérer sur les fondements posés par la modernité a dû chercher un second souffle qu’il a trouvé en recourant au crédit massif dans tous les domaines pour entretenir l’illusion de sa viabilité quand il est structurellement, je dirais même consubstantiellement, conçu pour générer des dysfonctionnements relevant de la malhonnêteté profonde : la fraude ! Le recours au crédit à la consommation (les subprimes), au crédit social (l’exploitation des populations ), crédit environnemental (pillage des ressources naturelles et pollution de la terre et des airs, dérèglement du climat), crédit démographique (la terre peut accueillir (héberger) et nourrir neuf milliards d’habitants : peut-être, mais à quel prix humain ? dans quelle promiscuité ?)

Toute cette débauche de réussite à crédit relève en fait de la fraude, de l’abus de confiance. Nous sommes comme une femme qui découvre qu’elle s’est trop volontiers laissée séduire par un frimeur qui avait emprunté la belle voiture de papa … payée avec un crédit revolving !! 🙂

On dit que le deuil comporte sept phases : le choc ; le déni ; la colère et le marchandage ; la tristesse ; la résignation ; l’acceptation ; la reconstruction …

Demain je visionnerai la 5e leçon de la saion 2012-2013 sur pharmakon.fr ! Pour un retour aux sources … dans les eaux du baptême !

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Umbrecht Bernard février 23, 2013 à 10:23

J’aurais plutôt tendance à dire que la fraude et le fraudeur font partie du système. En France la répression des fraudes a été réorganisée avec la vague néolibérale. La toxicité ne vient-elle pas d’abord de la financiarisation ? Qui touche dans le cas présent y compris le système coopératif. L’es établissements Spanghero appartiennent en effet à une coopérative

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