The Goat – Buster Keaton – USA (1921)
Le surnom de « Buster », nous rappelle son biographe David Robinson, lui fut donné par le grand magicien Houdini, qui a ses débuts travaillait avec la famille Keaton dans les spectacles. En voyant le petit Joseph dégringoler les escaliers un jour, et s’en relever miraculeusement indemne, Houdini s’était exclamé : « That’s some buster! » (« Çà, c’est de la chute ! »). Le surnom resta.
A ce surnom est venu s’en accoler un autre : « l’homme qui ne rit jamais ». C’est que, selon l’aveu même de Keaton :
« plus je devenais sérieux, plus je faisais rire les gens. Et donc quand je suis passé au cinéma, c’était devenu automatique, je ne m’en rendais même plus compte ».
Une autre caractéristique que l’on associe Keaton est son goût pour les machines, et plus précisément les locomotives, que l’on retrouve dans le titre de son chef d’oeuvre « Le mécano de la Général » (1927). Il était par ailleurs un grand amateur de la question et, encore aujourd’hui, sa reconstitution de la Général à partir de trois veille locomotives est saluée. Lui-même reconnaissait le plaisir qu’il avait de marier humour et locomotive :
« Si vous me donnez une locomotive et des choses comme çà pour jouer avec, en général, je trouverai toujours une façon de les utiliser pour faire rire. »
The Goat est un court métrage qui n’est pas le meilleur de Keaton, ni non plus le plus connu. Seulement voilà, il y a un plan qui est proprement sidérant, on a beau le voir et le revoir : c’est toujours le même stupéfaction qui nous saisit. On a là un concentré de Keaton en quelques secondes :
- c’est du cinéma. Avec un plan unique qui fait écho à l’entrée en gare de la Ciotat.
- il y a une locomotive
- Keaton apparaît de nulle part, et pourtant il était déjà là, depuis le début de la scène, avec son visage de marbre.
C’est un humour sidérant.
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