Internet ? Circulez, y a rien de bon

by Christian on 9 juin, 2009

Michael Lynton, patron de Sony Pictures Entertainment, a eu sa petite heure de gloire il y a quelques semaines. Vous en avez sûrement entendu parler, c’est en effet celui qui a déclaré :

« Je suis un gars qui n’a rien vu de bon sortir de l’internet »

Assurément, cette déclaration est à ranger parmi les déclaration de dirigeants qui, a force de prendre la parole à droite et à gauche, finissent par dire des vérités et à faire tomber les masques : souvenons-nous de la déclaration de Patrick LeLay de TF1 nous rappelant la vérité sur son business à propos du « temps de cerveau disponible ».

Que reproche donc Michael Lynton à l’internet ? Pour nous l’expliquer, il doit faire appel à des métaphores. On commence à avoir l’habitude. En effet, il n’est pas une industrie de rente qui nous rappelle aux bonnes vieilles pratiques dans la « vraie vie », et des règles qui la régissent, pour nous faire comprendre à quel point le web est « nuisible ». Le reproche, et la métaphore qui va avec, sont donc les suivants :

« L’internet a créé cette idée que chacun peut avoir ce qu’il veut, quand il veut. [la métaphore arrive pour que l’on comprenne bien] C’est comme si les magasins de Madison Avenue étaient ouverts 24 heures par jour. Ils [qui est ce « ils » ?] se sentent autorisés et disent « donnez le moi maintenant ! », et si vous ne le leur donnez pas gratuitement, ils le volent. »

Étonnant de voir comment une industrie qui matraque les consommateurs pour provoquer des comportements pulsionnels d’achat en vient à se plaindre en constatant ces mêmes comportements pulsionnels vis à vis de ses produits.

« Mais ce sont des sauvages ! », pourrait dire Michael Lynton. A quoi je lui répondrai : « Non, ce sont TES sauvages ».

Filant toujours la métaphore des transports, chère à nos censeurs du web, Michael Lynton poursuit en disant :

« C’est comme si l’on construisait des autoroutes sans limitations de vitesses ou sans permis de conduire : nous avons besoin de règle sur la route. »

Décidément, plus le capitalisme de l’automobile est en crise, plus on va nous le resservir en modèle pour nous expliquer comment on doit utiliser internet.

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Olivier Ertzscheid juin 10, 2009 à 12:24

en plus il a une bonne tête de vainqueur 🙂
(oui je sais, s’attaquer au physique c’est mal)

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Lully juin 10, 2009 à 8:34

Justement, je pensais proposer des heures d’ouverture pour les sites web des services publics !

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Christian juin 10, 2009 à 8:54

@ Olivier : au début j’avais écrit qu’il avait une « tête de winner », je vois que l’on a les mêmes penchants 🙂

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Wadael juin 10, 2009 à 10:18

Je suis d’accord avec Olivier Ertzscheid.
J’ajoute que le monsieur a une grande gueule, au point que cela ressemble à du ‘toshoppage.

Dématérialiser c’est bien pour la planète, et pour la place gagnée dans nos domiciles de nantis mais bon, évidemment dès que ça rentre dans un ordi. ça peut être copié.

Encore une sommité de notre monde développé qui ne comprends pas que pour les autres, ceux qui sont dans le troupeau, acheter du loisir cela vient bien après le logement, la nourriture et les factures de base.

Finalement, le MBA, cela ne forme pas l’esprit.

J’en rajoute, parce que c’est lui qui a commencé à écrire des co*ries mais, quelle activité a t’il exercé pour autant développer sa machoire ??

(Rions un peu en attendant la mort)

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imath juin 10, 2009 à 12:34

Adaptation !! Adaptation !! Adaptation !!

les nostalgiques des temps anciens s’ils restent à la tête des entreprises risquent fort de prendre de mauvais choix!

Internet est là, et c’est tant mieux! L’accélération, le partage, l’instantanéité, la disponibilité doivent ne pas être obstruées par ces nostalgiques (qui en plus nous gouvernent, chantent, font des films…)

Refuser cette évolution c’est s’isoler et mourir 😉

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alanjazz juin 13, 2009 à 8:26

« Refuser cette évolution c’est s’isoler et mourir  »

Cela est bien vrai.

Mais en attendant que ces dinosaures là disparaissent, leurs actions n’en sont pas moins pour autant néfastes, et j’ai du mal lorsque j’entends leurs propos ( obsolète, ridicule, tout ce qu’on veut) d’en rire.

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