19 Sep 2008, 11:25
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Un bon placement

Un article d’Eric Aeschimann dans le blog 24 heures Philo de Noudelmann souligne bien le sentiment que l’on peut avoir à constater l’effondrement du système financier américain de ces derniers mois, et qui s’accélère ces jours-ci.

Je dis américain car on présente souvent la finance comme un système global, complexe et compliqué, qui s’étend sur toute la surface du monde, y compris au ciel des paradis (fiscaux s’entend) . S’il y a une finance internationale, anonyme et apatride, il n’en reste pas moins que ce sont les états qui, tel les chirurgiens de la finance, “injectent” aujourd’hui des liquidités (ne par se laisser leurrer par le vocabulaire puisque les liquidités en question représentent des centaines de milliards de dollars quand même). Car quand çà va mal, le système sait retrouver pied sur le terrain national où il a ses racines afin de trouver l’argent public pour éponger les dettes et régler l’ardoise.

Mais peut-être que la situation n’est pas celle d’un sauvetage comme on voudrait nous le faire croire, mais bien celle d’un chantage comme on en a déjà connu lors du  krach d’octobre 1987 où, après plusieurs années de politique libérale, on aurait pu croire que la page était tournée et que cette idée farfelue d’un gouvernement qui ne gouverne pas, en laissant les clés de la nation aux marchés, était révolue. Il n’en fut rien, comme le souligne Aeschimann :

La chute des cours était certes le signe d’un dysfonctionnement; mais celui-ci fut transformé en un ultimatum aux pouvoirs publics: aide-nous ou nous mourrons tous. A l’époque, un rédacteur en chef d’un quotidien financier exprimait le chantage sous la forme d’une séduisante équation : crise financière = crise économique = crise sociale = crise politique = crise diplomatique = crise militaire. (Et il fallait entendre l’excitation dans la voix, derrière le ton faussement grave.) En somme, si l’on ne renflouait pas immédiatement les agents financiers, la guerre était à nos portes. Le souvenir de la Deuxième Guerre mondiale était complaisamment agité: 39 était contenu dans 29, etc.

“Too big to fail”, “si je meurs on y passera tous”. N’est-il pas là le vrai terrorisme ? Mais qu’ils meurent et qu’ils explosent, et que la purge se fasse car, comme le dit Aeschimann : “Qui se souvient des banques mortes ? ”

Alors aujourd’hui ma banque ma appelé et celui qui s’est présenté comme mon “conseiller financier personnel” m’a dit que j’avais beaucoup trop d’argent sur mon compte et qu’il fallait le placer. “Certainement”, lui ai-je répondu. “Très bien, a-t-il repris tout excité, savez vous quel placement vous allez faire ? Où allez-vous mettre vos liquidités ?”.

“Dans ton c** !”.

Alors ça, c’est de la vrai auto-régulation ! 😉

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Quand je pense que j’ai passé ma semaine à conseiller ton blog à mes élèves et qu’ils vont tomber sur ce billet. J’imagine déjà les réactions la semaine prochaine. J’imagine déjà les phrases “peut-on citer les propos (notamment finaux) de Christian Fauré dans une dissertation ?”

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@Olivier : par souci pour tes élèves je me suis auto-régulé tu vois, plus de grossièretés mais des “*” 🙂

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“Qui se souvient des banques mortes ? ”

Sans doute ceux qui y avaient placé leur argent…

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@ Edgar : si l’on parle des banques d’affaires, sûr que certains sont “rincés” comme on dit. Mais qui aujourd’hui peut me dire le bien qu’apporte ces organisations qui, contrairement aux banques classiques de dépôts, semblent être en dehors de toute contrainte, jouissant même de notations AAA de la part des agences de notations après avoir titrisé des crédits pourris ?

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S’il ne s’agit que de banques d’affaires, ok. Sauf que certaines de ces banques sont débitrices de banques de dépôts, qui pourraient souffrir de leur disparition (raisonnement retenu pour AIG). Donc le soutien à ces banques peut être nécessaire, en même temps il est parfaitement révoltant…

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