1 Fév 2009, 11:08
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L’éthique, parlons-en !

Une série d’entretiens vidéos sur l’éthique, notamment celui avec Bernard Stiegler.

L’entretien est divisé en plusieurs parties :

(repéré par Bertrand Keller)

Cela s’ajoute à la page sur les enregistrements de Bernard Stiegler.

Difficile de commenter ce post après avoir savourer les vidéos de ce Philosophe que je ne connaissais pas. La première chose qui me vient à l’esprit est “Merci Christian pour les différents liens”.

Ensuite, je me risque..
Etre “éthique” requiert un grand courage. Bernard parle de prophètes.. Ce qui me frappe moi, c’est notre besoin de “faire émerger” l’homme providentiel, celui qui va nous sauver, nous guider !!
On a l’exemple récent d’Obama pour les USA. Nous avons eu Monsieur le Général Charles De Gaulle en France..
En fait, ce besoin de trouver le ‘sauveteur’ est une manière de ne pas prendre ses responsabilités et de manquer de courage à mon avis.
La solution est en chacun de nous, il est étrange d’avoir besoin d’un révélateur pour la libérer.. Quelqu’un qui se risque à notre place, un leader..

Finalement, être un mouton est bien plus confortable, ça évite de trop réfléchir..

Merci encore Christian, ça fait du bien de sortir le nez du guidon parfois 😉

[Reply]

Petit texte sur l’ethique et la religion. Si l’individu peut être ethique sans religion, peut-on en dire autant des sociétés ?
Et alors dans nos sociétés en pertes de foi, quel relai trouver pour la diffusion de l’éthique ?

Société Humaine sans Dieu?
Résultats des recherches empiriques du profil social des athéistes et chrétiens
Par Andreas Püttman

« On ne doit pas croire en Dieu pour être une personne étique » déclare Jon Worth dans un interview avec le magazine Cicero. Qui voudrait le contredire ? Mais tout de même, cet homme avait il besoin d’utiliser contre la foi l’espace publicitaire des bus londoniens ? S’il est indéniable que c’est en effet le cas pour l’individu, ce ne l’est pas lorsqu’appliqué à toute la population et peut mener à une certaine confusion. Dans son livre apparut en 1992, « la gauche après le socialisme», Joschka Fischer -en tant qu’apologiste de la foi involontaire- était déjà revenu à la vieille vision : l’étique qui n’est pas basée sur le pouvoir plus profond et normatif d’une religion d’autorité (…) trouvera difficile de survivre dans une société et de perdurer. L’étique responsable sans fondements religieux ne marche tout simplement pas». En mars 2005, l’homme politique allemand de gauche Gregor Bysi était encore plus clair en s’adressant à l’académie luthérienne de Tutzing : « même en tant que non croyant je crains une société sans Dieu ». L’institut de sondage allemand à Allensbach indique que trois quart des dirigeants allemands dans l’économie, la politique et l’administration soutiennent cette affirmation : « lorsque les liens religieux s’affaiblissent dans une société, les valeurs importantes et les normes se perdent également » ; seulement 22% pensent autrement.
En fait la croyance religieuse et sa mise en pratique ne sont pas une part séparée de la vie, mais agissent –consciemment ou inconsciemment- sur la vie personnelle dans toutes ses dimensions. Comme membre de la famille, ami ou partner, père ou mère, employé, membre du club ou voisin, comme sujet économique et comme citoyen. La croyance religieuse influe sur nos pensées, sentiments et actions, coutumes et morale, conscience ou inconscience des valeurs, sur la consommation et les décisions de vote. (…)

Visions mondiales et morales de l’athéisme

Les résultats de la recherche sociale empirique sur les profiles des citoyens sans dénomination religieuse ou explicitement athéistes n’était pas très flatteurs. Les athéistes sont en moyenne plus matérialistes, égoïstes et hédonistes. Un sondage représentatif pour l’analyse « Media 2005 » d’Allensbach a demandé à des jeunes allemands entre 14 et 29 ans « ce qui est important dans la vie ». Les jeunes qui admettent être « religieux » citèrent les valeurs suivantes plus souvent que les athéistes: bonne éducation complète (72/55%), formation continue (69/54%), justice sociale (69/52%), aider ceux qui en ont besoin (69/46%), avoir des enfants, (69/42%), être responsable (43/26%), se poser la question du sens de la vie (45/19%), expérience de la nature (38/22%), et participation active en politique (14/7%). Deux réponses voyaient les athéistes se profiler en tête : salaire élevé (49/37%), et s’amuser et profiter de la vie (76/67%).
(…)
Aux Etats-Unis, les membres des églises et des synagogues déclaraient plus souvent que les non-membres qu’ils donnaient de l’argent à des fins charitables (80/55%) et se lançaient dans le bénévolat (51/33%). Et 89 % des gens qui disaient avoir une foi profonde considéraient qu’il est très important d’aider les personnes en ayant besoin, par rapport à seulement 52% des personnes qui ne croient pas.
(…)
Déjà rien que la reconnaissance des normes étiques découvre un fossé. Selon un sondage d’Allensbach de mai 2005, 50% des paroissiens réguliers par rapport a seulement 32 % des personnes sans confession reconnaissent « des standards clairs de ce qui est bien et mal ». « Ils sont applicables à tous les êtres humains sans exception», contre : « il ne peut y avoir de standard absolu pour le bien ou le mal, cela dépend toujours des circonstances ». Alors que 49% de la population des non confessionnels soutenait cette opinion, seulement 18% des paroissiens réguliers de l’église catholique et 29% de l’église luthérienne partageaient cette opinion.
(…)
44% des athéistes pensent que “Ce que nous expérimentons comme étant le mal, est le résultat d’un système injuste dans lequel nous vivons », contre 12% de croyants. « Le soi-disant Mal est en réalité une agression dont nous avons besoin pour se réaliser dans la vie » croit un tiers des athéistes, mais seulement un cinquième des croyants. A travers ces deux formes de disculpation morale-politique et psychologique, on prépare le terrain pour l’insatisfaction envers les autres, les hommes politiques, le « système » ou la société.
(…)

Moins de frustration, de drogues, de divorces et de suicides, meilleure vie sexuelle

N’est ce pas d’abord la macrostructure de la société, et non pas la microstructure des conditions de vie personnelle en famille, à l’école ou au travail qui radicalisent les jeunes politiquement? La foi chrétienne est alors vraiment une source pour maitriser sa survie personnelle et par là est un élément de satisfaction politique. Elle offre l’espoir, le confort et le sens à la vie, et par ses traditions profondément enracinées contribue à l’orientation sociale. Les familles chrétiennes montrent une plus grande stabilité émotionnelle, plus de culture – ceci a été prouvé par le « baromètre des générations 2006 » – il y a moins de fractures lors de leur socialisation, leur conformité aux normes est forte, leur foi dans leur propre futur est plus distinctive, leur attitude envers la vocation et la description de leur propre santé est plus positive, et la maladie d’amour « n’a pas lieu souvent », ce qui veut dire que les relations sont prises plus sérieusement, et sont sans doute plus fidèles. En bref : « l’attitude envers la vie est plus positive » (Gerhardt Schmidtchen, recherche sur la jeunesse). En Allemagne de l’Ouest aussi bien qu’à l’Est selon Allensbach, les croyants sont plus libres dans leur style de vie que les non confessionnels, malgré les commandement et règles soi-disant suffocantes.
Le mensuel « Psychology today » avait déjà annoncé il y a dix ans que la foi en un Dieu bon va de pair avec un degré plus élevé de santé psychologique, permet une meilleure gestion du stress, de la peine, du deuil et des crises existentielles et raccourcit le temps de guérison. « Les croyants consomment beaucoup moins de drogues et d’alcool que les non croyants, commettent moins de suicides, ont un taux de divorce plus bas, et, peut-être étonnant, ont une meilleure vie sexuelle ». Le taux de divorces des participants réguliers à la messe aux Etats-Unis par exemple est maintenant à 18%, au lieu des 34% de ceux qui sont éloignés de l’Eglise. Comment Jon Worth a eu l’idée de connecter son appel « cesser de vous inquiétez, profiter de votre vie » tout en se détournant de Dieu, en face de tous ces rapports, peut seulement être expliqué par le fait qu’il n’a pas bien fait sa recherche et a confondu les clichés sur la foi avec la réalité.

La version complète de ce texte et l’interview avec Jon Worth (en allemand) est à trouver sur les liens suivants : http://www.cicero.de/97.php?item=3376 et sur “Man muss nicht an Gott glauben, um ein ethischer Mensch zu sein”

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Merci phyrezo : tu as la palme du commentaire le plus long 😉

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