21 Sep 2008, 4:42
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Conférence de Stiegler à la fête de l’humanité 2008

Hélas un simple audio avec des images mais qui a le mérite d’exister (en attendant une vraie version video ? )

Bon alors là c’est définitif, mes doutes sont fondés : tu es bien de gauche, et tu as basculé dans la révolution aigrie, car ce ne sont pas les soubresauts idéologiques du XIXe qui vont permettre le contrôle du XXIe.
Il faut vraiment que tu lises les Netocrates, tu es en plein dedans, mais tu “crois” encore, il me semble, à un humanisme. Or c’est un concept obsolète dans un monde qui privilégie (enfin!) l’information et non le capital (son contrôle idéologique quelconque).
Attention, de l’utopisme nostalgique à l’obscurantisme, les fils se touchent, ils sont nombreux ceux qui croient qu’on peut encore faire machine arrière (cette bonne blague! avec le paradigme informationnaliste que tu soutiens dans le moindre de tes posts!)
J’espère que ma réaction est modérée et ne sera pas censurée 😉

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@Blondin: Stiegler fait référence à Marx et à Freud, mais il ne garde que la crème chez Freud (la philosophie) et ne s’appesantit pas sur les errances (la thérapeutique) et voit toutes les limites de Marx en parlant de tout ce que Marx n’aurait jamais pu imaginer. Je doute que tu aies écouté la conférence, car la tournure d’esprit de Stiegler y est particulièrement intéressante, il fait applaudir les valeurs de la bourgeoisie à un parterre de la fête de l’huma, se permet de dire que le PC a perdu sa capacité à réfléchir et explique qu’il ne faut pas détruire le capitalisme mais le sauver du désastre. De plus il oppose l’existence à la subsistance, c’est à dire qu’il refuse de traiter les humains comme des tubes digestifs, ce qui l’oppose autant à M.G. Buffet, à F. Hollande qu’à O. Besancenot ou à N. Sarkozy, tous tellement perdus qu’ils ne voient pas ce qu’on peut faire d’un être humain en dehors de le gaver comme une oie… De ce point de vue, il rejoint la pensée de droite digne (Aron…) autant que la gauche un peu paria d’un Deleuze.

Il faut faire attention aux raccourcis intellectuels : que la route de l’enfer soit pavée de bonnes intentions est un fait, et que vouloir le bien d’autrui malgré lui soit une abomination, c’est un fait aussi.
En revanche le problème n’est pas l’humanisme, le fait de vouloir “vivre ensemble”, qui est ce qui nous distingue des bêtes. Le problème c’est au contraire l’enfermement dans la jouissance triste, l’état de consommateur. Je ne sais pas si je suis d’accord avec tout ce que Stiegler peut raconter (j’ai une espèce d’allergie à la psychanalyse) mais je trouve ce qu’il raconte ici extrêmement stimulant.

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Le commentaire de Blondin démontre justement l’incompréhension de ceux qui font de l’information une matière première, faisant oublier toute une série d’acteurs et surtout la place de la technique.
Faire de l’humanisme, un concept obsolète c’est justement s’inscrire dans l’inhumanité en privilégiant la seule habileté informationnelle face à des facultés cognitives. De la même manière, le procédé qui consiste à dire que tous les anciens concepts sont dépassés en mettant tout le monde dans le même panier de la nostalgie passéiste est bien le symptôme de cette idéologie paradoxale qui consiste à considérer que toutes les idéologies sont dépassées tout en proposant des mécanismes de pensée qui en font elle-même une idéologie aveuglée. La phrase de René Char convient parfaitement : ‘Le passé n’éclairant plus l’avenir, l’esprit marche dans les ténèbres”
Cela mériterait de plus amples développement mais voilà ma première réponse à chaud.

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@ Blondin : Il y a de gros contre-sens sur les propos de Stiegler, tout comme sur le fait que je soutienne un paradigme informationnaliste

@ Jean-No et Olivier : merci pour vos précisions.

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Je pense qu’il y a erreur en voyant dans l’aboutissement de la société du spectacle la marchandisation de la conscience. Ou plutôt c’est tellement vrai que cela en marque justement le dépassement. Ainsi, et je rejoins à moitié Blondin dans l’idée que le focus économique change, l’objectif social ne serait plus forcément l’exploitation de la rareté mais celle de l’échange. C’est à dire qu’en voulant exploiter la conscience, en considérant les employés comme un “capital humain”, on éclate le capitalisme. La conscience devient alors valeur puisque le consommateur n’est plus un acheteur mais un usager, la propriété ne devenant plus qu’un service comme un autre. Le capitalisme c’est la considération que la propriété concerne uniquement sa dimension de souveraineté, ce qui est une contre-vérité comme on le voit de plus en plus.
Quant au “prolétaire” il est lié à l’idée de “salarié”. Le problème c’est que dans le salariat il y a déjà l’idée de l’alliénation du travail dans sa décorrélation à l’ensemble de la société. Ce qui se constate assez facilement par exemple avec le débat entre les journalistes et les bloggeurs o`u les uns fonctionnent en “profession” tandis que les autres doivetn servir. Le travail c’est l’activité qui sert. Le consumérisme n’est absolument pas en cause (et on le retrouve même à la fête de l’huma), le media de masse n’est pas frocément pertinent par rapport à l’économie de la “long tail”. Ainsi l’aboutissement du consumérisme ce n’est pas la publicité du coca quand on veut pas de coca sur TF1 mais la publicité du coca uniquement quand on est susceptible de vouloir du coca, en fait quand le coca nous sert. Alors évidemment ce genre de choses mérite d’être mesuré et nécessite, pour fonctionner, une politique hygiéniste, on en est loin.

Nous vivons une période révolutionnaire et nous courrons bien des risques. Pour autant TF1 et son temps de cerveau disponible représente justement l’industrie vouée à échouer si les gouvernements continuent de ne serait-ce que faire semblant d’être libéraux. Petit à petit les voiles tombent pourtant et que ce soit à doite comme à gauche (le PC continue de prôner un capitalisme d’état sur une économie de la production industrielle) de nombreuses positions anti-libérales sont en train d’être prises pour mettre des freins à cette révolution. Nous verrons bien à quoi tout cela aboutit mais je pense que les craintes de Stiegler ne sont pas vraiment d’actualité. Je ne crois pas à une fin de la société, elle se reconstruit c’est tout. Le viol n’est par exemple pas interdit sous prétexte qu’il serait pulsionnel, mais parce qu’il y a bien quelqu’un qui souffre, quelqu’un qui est dominé. Des systèmes de domination on en a connu à travers l’histoire et de nombreux. La révolution française n’a pas eu lieu pour définir ce qu’est l’humanité mais à cause d’une crise de la domination. Celle du capitalisme tout autant. Le viol n’est pas un horizon et cette sorte de référence à une Sodome moderne, à une sorte d’apocalypse obligée, ne me semble pas pertinente et encore moins constructive. La nationalisation ne peut plus être une alternative parce que la Nation ne correspond plus à une socialisation et c’est là que réside les problématiques les plus urgentes (mais pas les plus grandes) parce que peut justement aboutir à des réactions violentes et à des guerres. On remarque qu’actuellement les gouvernements usent à nouveau du nationalisme et à toutes les sauces pour justifier leur existence alors que leur légitimité est en question. C’est très grave je crois.

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