27 Oct 2011, 9:29
Défaut
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Tous les mêmes (on y voit rien)

On distingue plus facilement deux visages humains que deux gueules d’animaux : qui saurait distinguer la gueule d’un ours blanc de celle d’un autre ours blanc ? Il y a bien des différences, mais notre oeil ne s’est pas fait ; il faut par exemple avoir eu un chien de race « cocker » pour être capable de distinguer nettement tous les autres cockers entre-eux. Ainsi l’oeil se sera fait sur le visage de cette race de chien.

Il semble évident que tous les visages ont des traits caractéristiques qui font que nous ne les confondons pas. Pierre peut ressembler à Paul mais on distingue quand même les deux visages, et il est d’ailleurs rare de se tromper de prénom puis de s’excuser en disant « pardon, je me suis trompé de visage » : c’est toujours sur les noms que l’on veut bien se tromper, pas sur les visages.

Il y a pourtant une forte confusion lorsqu’il s’agit de distinguer des visages de différentes origines humaines. Combien de fois n’a t-on entendu que les noirs se ressemblent tous, qu’il est impossible de distinguer un japonais d’un autre japonais, ou que les chinois sont tous les mêmes ?

Dès que l’on sort du panel des visages avec lequel s’est formée notre capacité de reconnaissance des visages, nous n’y voyons plus rien.

Vous regardez un film irakien et tous les personnages masculins vous semblent être interprétés par Saddam Hussein, un film turc et il vous semble que c’est l’employé du kebab du coin qui joue le rôle principal. Et puis il y a ce film chinois où vous avez perdu pied, ayant du mal à associer un rôle fixe à chaque visage apparaissant à l’écran. Heureusement que le jeu des acteurs, les décors et les costumes sont là pour épauler notre discernement.

Il en va des visages comme de toutes choses. Au début, on y voir rien et on ne distingue pas grand chose. La curiosité aidant, l’oeil se fait et c’est à chaque fois un nouveau monde qui apparaît.

De même pour l’alphabet, les préjugés, la météo… on ne s’en rends pas compte tant qu’on baigne dedans !
Et, tout à fait d’accord avec la conclusion, la curiosité permet de sortir de bien des ornières 😉

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C’est je pense principalement une histoire de mémoire : tant que ma mémoire n’est pas remplie par une donnée ou un ensemble de données plus précises qui me permettront de distinguer Saddam de ses compatriotes, je verrai toujours ce que ma mémoire va projeter, soit donc saddam fortement imprimé dans les médias mondiaux. On ne voit pas, c’est notre mémoire qui à partir des données visuelles partielles, va immédiatement projeter quelque chose de plus tangibles déjà présent dans la mémoire. C’est aussi la raison pour laquelle, parfois on aura “l’impression” de reconnaitre quelqu’un dans la rue (projection rapide de la mémoire) et à re-regarder, on identifiera bien que cette personne est autre. J’avais essayé de parler de cela dans mon article : http://www.incident.net/users/cld/wordpress/2006/12/07/incident/

Comment parfois, lorsque l’on connait peu quelqu’un, on focalise sur des points particuliers (un nez, un bouton, etc.), et comment ensuite, à force de voir cette personne, on cesse de la voir, et on la reconnait tout simplement.

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Bien d’accord avec toi Claude, et merci pour ton article.

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