19 Mai 2020, 8:05
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“Wicked Problems”, les problèmes fourbes du Design

En 1973, le professeur de Conception et de Planification (Design) Horst Rittel (1930-1990) publie le papier « Dilemna in a general  theory of planning » dans lequel il formule la notion de « wicked problems », qui pourrait se traduire en français par problèmes malicieux ou vicieux.

Ces problèmes ont ceci de malicieux qu’ils ne se prêtent pas à une résolution au sens ou l’on pourrait résoudre un problème de mathématique ou d’ingénierie simple. Pour le dire différemment, il y a déjà un problème interne dans la formulation du problème, une forme d’incomplétude et d’ouverture qui change radicalement la manière dont on peut y faire face. 

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Le bonheur au travail – Au delà du Bullshit

A l’invitation des organisateurs de Devoxx 2019, j’ai eu le plaisir de faire la conférence d’ouverture devant un public essentiellement constitué de développeurs.

J’ai convoqué les travaux de David Graeber, Matthew Crawford et surtout présenté le thème le plus important qui est le processus de prolétarisation tel qu’il a été proposé par Bernard Stiegler sur la base des travaux de Marx.

Il y a quantité d’autres conférences techniques de grande qualité à voir la chaîne Youtube de Devoxx.

Thermodynamique de l’Agile

Ce qui va être dit dans cette vidéo résulte avant tout d’un processus de pensée bien connu qu’est l’analogie. Permettez-moi donc d’être en mode “analogique” à l’heure du “digital”, en appliquant des lois de la thermodynamique aux façons de travailler en mode Agile.

 

15 Sep 2017, 9:30
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Donner à voir les tendances techniques

Il s’agit d’une intervention faite cet été, autour de la différence entre les tendances techniques et les faits techniques, dans la perspective de produire une cartographie des tendances.

Un travail en cours sur lequel j’aurai l’occasion de revenir dans les prochains mois.

 

 

La question du temps dans les architectures digitales

Conférence donnée à l’USI 2017

Demain, dans vos agendas

agenda

N’y a t-il pas là un paradoxe : dans nos activités et nos projets, des comités se réunissent selon une fréquence calendaire qui est cosmique, or en quoi est-ce pertinent de se caler sur le mouvement des astres pour décider de la date et de la fréquence des réunions de ces comités ? Pourquoi caler arbitrairement un comité de pilotage tous les lundi de chaque semaine si l’activité à piloter n’en a réellement besoin que tous les 10 jours ? Et probablement que cette fréquence peut elle-même varier. Le fait qu’une réunion de comité se fasse la journée, quand le soleil brille, et pendant les heures de travail, cela chacun en comprendra la pertinence. Mais pourquoi caler ces réunions sur ce découpage du temps que représente le calendrier : la journée, la semaine, le mois, etc.? more »

26 Avr 2017, 9:21
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La nouvelle éthique technologique

Voici la vidéo de mon intervention à Devoxx faite à l’invitation des organisateurs que je remercie :

Ainsi parlait vraiment Zarathoustra

Retour sur la figure de Zarathoustra lors de l’Académie d’été 2016 d’Ars Industrialis :

Credo sur l’ombre des Lumières

Le mouvement des Lumières visait à s’émanciper de toutes les  formes d’autorités qui s’imposaient aux XVII° siècle : autorité religieuse, corporatiste, monarchique, etc.

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L’émancipation s’est produite via un discours qui érigeait un mur entre l’invidivu et la société (savante, religieuse, royale, etc.) et qui cherchait à fonder la raison et les savoirs sur les seules bases de l’autonomie de l’individu, en rejetant l’autorité sociale et en mettant en doute systématiquement toutes les représentations du réel (des formes d’interprétations fallacieuses). 

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Bien à l’abri dans l’intériorité de son esprit, l’homme des Lumières produisait une forme d’autisme à son environnement politique pour mieux l’ignorer et le disqualifier. La déclaration d’indépendance des Etats Unis d’Amérique et la Déclaration des droits de l’homme ont fini de concrétiser les espoirs des Lumières et de libérer le peuple ( de la couronne d’Angleterre et de celle de France).

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Aujourd’hui encore, tous les jours, nous sommes et restons les héritiers de cette conception des Lumières qui reste notre arme de prédilection contre toute forme d’autorité extérieure au moi.  En même temps, nous en payons un lourd tribu parce que le contexte historique n’est plus le même, ce tribu se manifeste essentiellement sur deux axes : more »

Les pieds et les mains dans le processus d’hominisation

En Afrique du Sud, dans les grottes de Rising Star, des fouilles menées en 2015 par l’anthropologue Lee Berger et son équipe ont découvert des restes d’une espèce inconnue du genre humain, baptisée Homo Naledi.

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La découverte est importante car cet Homo Naledi pourrait être un des chaînons manquants du passage de l’australopithèque aux premiers représentant de la lignée homo, en premier lieu Homo Habilis.

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A la fin du documentaire L’aube de l’humanité, Lee Berger retient deux éléments de son travail de fouilles et des premières analyses des ossements d’Homo Naledi.

Tout d’abord, la première surprise vient du fait qu’Homo Naledi présente à la fois des caractéristiques Homo mais aussi et en même temps des caractéristiques d’australopithèque. Plus précisément les mains, les pieds et les dents sont incontestablement du genre Homo, mais tout le reste, y compris le cerveau, a des caractéristiques beaucoup plus anciennes.

Pour Michel Burnet, rapporte l’excellent Hervé Morin, “on se trouve face à une situation classique en paléontologie humaine, d’évolution dite en mosaïque  : des individus qui présentent un mélange de caractères modernes et archaïques, avec différentes parties du squelette semblant appartenir à des âges évolutifs distincts”.

Ce qui fait dire en substance à Lee Berger, en fin du documentaire cité :

“C’est comme si l’humanité était venue de l’extérieur. Comme si le processus d’hominisation avait commencé par l’extérieur, par les membres en contact et en interaction avec l’environnement : main, pied, dents.”

Autre conclusion de l’anthropologue : la vision que l’on a de la lignée de l’espèce humaine devrait être complètement renversée. Ainsi, nous ne serions par une espèce qui se serait petit à petit débarrassée de certaines caractéristiques plus archaïques ; l’espèce humaine n’est pas le résultat d’une soustraction, c’est plutôt le résultat d’une addition. Et Lee Berger de préciser en faisant une métaphore :

” L’image de l’arbre pour représenter l’évolution des espèces avec l’homme moderne tout en haut des branches devrait en fait être inversée. Il faut plutôt la voir comme de nombreux ruisseaux qui se rejoignent pour former un fleuve.

Le fleuve de l’humanité s’est nourri de nombreuses espèces et sous-genres qui ne sont pas disparues mais que nous continuons à porter en nous.