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><channel><title>Christian Fauré &#187; prolétarisation</title> <atom:link href="http://www.christian-faure.net/tag/proletarisation/feed/" rel="self" type="application/rss+xml" /><link>http://www.christian-faure.net</link> <description>Hypomnemata : supports de mémoire</description> <lastBuildDate>Wed, 08 Feb 2012 13:01:47 +0000</lastBuildDate> <language>fr</language> <sy:updatePeriod>hourly</sy:updatePeriod> <sy:updateFrequency>1</sy:updateFrequency> <generator>http://wordpress.org/?v=3.3.1</generator> <item><title>Le travail en perruque à l&#8217;heure du numérique</title><link>http://www.christian-faure.net/2011/03/14/le-travail-en-perruque-a-lheure-du-numerique/</link> <comments>http://www.christian-faure.net/2011/03/14/le-travail-en-perruque-a-lheure-du-numerique/#comments</comments> <pubDate>Mon, 14 Mar 2011 16:38:48 +0000</pubDate> <dc:creator>Christian</dc:creator> <category><![CDATA[Défaut]]></category> <category><![CDATA[économie]]></category> <category><![CDATA[contribution]]></category> <category><![CDATA[prolétarisation]]></category> <category><![CDATA[travail]]></category><guid
isPermaLink="false">http://www.christian-faure.net/?p=2083</guid> <description><![CDATA[En m&#8217;appuyant sur les travaux de Michel Anteby et de Michel de Certeau, je vais tenter de montrer que l&#8217;évolution des pratiques de la &#171;&#160;perruque&#160;&#187;, notamment dans le contexte numérique, peut donner de précieuses informations sur l&#8217;émergence d&#8217;une économie de la contribution. Le travail en perruque Outre le pastiche du coiffeur que désigne le plus [...]
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style="text-align: justify;">En  m&#8217;appuyant sur les travaux de <a
href="http://drfd.hbs.edu/fit/public/facultyInfo.do?facInfo=ovr&amp;facEmId=manteby" onclick="pageTracker._trackPageview('/outgoing/drfd.hbs.edu/fit/public/facultyInfo.do?facInfo=ovr_amp_facEmId=manteby&amp;referer=');">Michel Anteby</a> et de <a
href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Michel_de_Certeau" onclick="pageTracker._trackPageview('/outgoing/fr.wikipedia.org/wiki/Michel_de_Certeau?referer=');">Michel de Certeau</a>, je  vais tenter de montrer que l&#8217;évolution des pratiques de la &laquo;&nbsp;perruque&nbsp;&raquo;,  notamment dans le contexte numérique, peut donner de précieuses  informations sur l&#8217;émergence d&#8217;une économie de la contribution.</p><h2 style="text-align: justify;">Le travail en perruque</h2><p
style="text-align: justify;">Outre  le pastiche du coiffeur que désigne le plus couramment le terme de perruque, le mot désigne également une forme de détournement  dans l’utilisation des biens ou de l’outil de production de  l’entreprise.</p><p
style="text-align: justify;">La perruque peut être définie comme :</p><blockquote><p>“L&#8217;utilisation  de matériaux et d’outils par un travailleur sur le lieu de  l’entreprise, pendant le temps de travail, dans but de fabriquer ou de  transformer un objet en dehors de la production de l’entreprise” (R.  Kosmann, La pérruque où le travail masqué. Renault, Histoire 11(juin),  Société d’histoire du groupe Renault, Boulogne Billancourt, 20-27)<br
/> Il  existe de nombreuses variantes du terme de “perruque” : “bricoles”,  “pinailles”,  “bousilles”, “pendilles” en France ; “homers”, “government  job” aux États-Unis ; “fidding” ou “pilfering” en Angleterre (Michel  Anteby, <a
href="http://www.people.hbs.edu/manteby/SocioduTravail.pdf" onclick="pageTracker._trackPageview('/outgoing/www.people.hbs.edu/manteby/SocioduTravail.pdf?referer=');">La “perruque” en usine : approche d’une pratique marginale, illégale et fuyante (PDF)</a>. Revue Sociologie du travail, 2003, vol. 45, no 4 pp. 455-456).</p></blockquote><p
style="text-align: justify;">Du  vol caractérisé aux petits arrangements sans conséquences, il y a toute  une palette de formes de travail en perruque dont <strong>les contours sont  fuyants</strong>, l’activité étant d’ailleurs comparée à du <strong>braconnage</strong>. Mais la  qualification qui revient le plus souvent pour caractériser le travail  en perruque est celui de “<strong>détournement”</strong>.<span
id="more-2083"></span></p><h2 style="text-align: justify;">La perruque comme pratique de détournement</h2><p
style="text-align: justify;"><a
href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Michel_de_Certeau" onclick="pageTracker._trackPageview('/outgoing/fr.wikipedia.org/wiki/Michel_de_Certeau?referer=');">Michel de Certeau</a>, dans l’ouvrage <a
href="http://www.amazon.fr/Linvention-quotidien-faire-Michel-Certeau/dp/2070325768/ref=sr_1_1?ie=UTF8&amp;s=books&amp;qid=1299768624&amp;sr=8-1" onclick="pageTracker._trackPageview('/outgoing/www.amazon.fr/Linvention-quotidien-faire-Michel-Certeau/dp/2070325768/ref=sr_1_1?ie=UTF8_amp_s=books_amp_qid=1299768624_amp_sr=8-1&amp;referer=');">L’invention du quotidien</a> (vol 1. arts de faire),  convoque cette forme de détournement dans le milieu du travail en y  voyant le signe de pratiques sociales qui échappent au contrôle et à la  gestion en manifestant une réelle créativité qui fait perdurer dans le  monde de l’entreprise les “modèles opératoires d’une culture populaire” :</p><blockquote><p>“Ce  phénomène [la perruque] se généralise partout, même si les cadres le  pénalisent ou “ferment les yeux” pour n’en rien savoir. Accusé de voler,  de récupérer du matériel à son profit et d’utiliser les machines pour  son propre compte, le travailleur qui “fait la perruque”<strong> soustrait à  l’usine du temps</strong> (plutôt que des biens, car il n’utilise que des restes), en vue d’un <strong>travail libre, créatif et précisément sans profit</strong>.</p><p>Sur  les lieux mêmes où règne la machine qu’il doit servir, il ruse pour <strong>le  plaisir d’inventer des produits gratuits destinés seulement à signifier par son oeuvre un savoir-faire propre</strong> et à répondre par une dépense  à des solidarités ouvrières ou familiales. Avec la complicité d’autres  travailleurs (qui font ainsi échec à la concurrence fomentée entre eux  par l’usine) , il réalise des “coups” dans le champs de l’ordre établi.” (pp. 45, c’est moi qui souligne et qui mets en page).</p></blockquote><p
style="text-align: justify;">Il y a beaucoup de choses qui sont dites par de Certeau dans ce passage :</p><ul
style="text-align: justify;"><li>Ce  qui est soustrait à l’entreprise est ramené au <strong>temps</strong>. En travaillant à  la perruque, le travailleur se dégage <strong>un temps pour soi.</strong></li><li>Ce travail est ensuite qualifié de<strong> libre</strong>. Libre au sens où ce n’est pas un travail <em>sous contrainte</em> ou <em>sous contrat</em>.</li><li>Il  est également <strong>créatif</strong> : sans être une pratique artistique (bien que des  exemples d’oeuvres d’art réalisées en perruque existent) il y a  cependant  un caractère éminemment “oeuvré” des pièces produites en  perruque. <em>“Les termes d’imagination, de savoir-faire, de culture  ouvrière et de “chef d’oeuvre” (avec ses connotations de compagnonnage  )”</em> sont convoqués (Michel Anteby, p 458). Les travailleurs sont reconnus  dans leur compétence et l’expression de “mains d’or” est parfois  attribuée à certains d’entre eux.</li><li>Le  travail à la perruque est également <strong>dégagé de toute finalité de profit</strong> il ne s’inscrit pas dans la logique de l’économie marchande et de la  propriété. Le seul “propre” de la perruque est le savoir-faire qui  manifeste la singularité du travailleur dont les produits gratuits sont  destinés <em>“à signifier par son oeuvre un savoir-faire propre&nbsp;&raquo;</em>.</li><li>Enfin,  dernier aspect, et non des moindres, sur lequel nous reviendrons : le  travail à la perruque s’insère dans <strong>un tissu relationnel et social</strong> d’échanges et de solidarité.</li></ul><p
style="text-align: justify;">Bien  qu’étant présentée comme une pratique à la marge, la perruque n’est  pourtant pas à la périphérie de l’entreprise : <strong>elle a lieu en son coeur</strong>.  Et le détournement dont elle témoigne semble irriguer tout un  territoire où se joue <strong>des logiques d’individuation psychiques et  collectives</strong>.</p><p
style="text-align: justify;">La perruque relève pleinement d’une <strong>conception déprolétarisante du travail</strong> :  ici le travail est libre, non assujetti à des logiques marchandes, et  participe à une économie relationnelle et sociale forte. La perruque est <em> un détournement du temps de travail prolétarisant vers un temps de  travail déprolétarisant</em></p><h2 style="text-align: justify;">Un travail social</h2><p
style="text-align: justify;">Si la perruque est un “travail pour soi”, c’est aussi un travail  social, pour des collègues, des proches et de la famille, dans une  logique non-marchande que Michel de Certeau n’hésite pas à qualifier de  “modèle opératoire d’une culture populaire”.</p><p
style="text-align: justify;">Sans  aller jusqu’à parler de “culture populaire”, M. Anteby souligne tout du  moins l’importance de la logique collective dans ce qui nous  apparaissait tout d’abord comme une pratique individuelle, un “travail  pour soi”, ou pour son propre compte :</p><blockquote><p>“Ce  qui pouvait donc être dépeint comme une pratique individuelle et  déviante semble [...] s’apparenter à une pratique plus collective et  tissée autour d’une somme de complicités.” (p. 466)</p></blockquote><p
style="text-align: justify;">Et M. Anteby de citer un témoignage de Alain F., cadre, administration :</p><blockquote><p>“Ces  trucs parallèles [les perruques] sont aussi pour la hiérarchie une  façon de réguler un petit peu les choses&#8230; C’est aussi important à mon  sens, ce n’est pas … enfin le bénéfice n’est pas forcément qu’au niveau  de la pièce, il est aussi dans la relation … qui est créée entre eux …”</p></blockquote><p
style="text-align: justify;">Situation  étrange dans laquelle <strong>c’est le recours à ce qui est officiellement  interdit qui régule l’organisation industrielle</strong>. Et pour cause : la  perruque est le ciment d’une individuation psychique et collective dans  le travail ; sans perruque le travail devient simple emploi. Les fils de  cette perruque tissent les relations d’individuation au travers des  ouvrages réalisés en perruque que l’on offre par exemple lors de départs  à la retraite.</p><p
style="text-align: justify;">Si  la perruque est à la fois le poison que condamne et dénonce  officiellement l’entreprise, c’est aussi un remède à des situation que  l’organisation du travail prolétarisant et les logiques d’économie  marchande ne peuvent pas juguler.</p><h2 style="text-align: justify;">La stratégie du lieu propre</h2><p
style="text-align: justify;">Nous  avons vu comment la perruque, dans son détournement, instaure des  logiques qui relèvent d’une économie de la contribution, bien  qu&#8217;officieuse et informelle, au sein d’un environnement industriel. Nous  avons vu également à quel point l’organisation industrielle du travail,  soumise à l’économie marchande et consumériste, et bien qu’étant  clairement distincte de la logique contributive, avait pourtant recours à  cette dernière comme mécanisme de régulation. Il ne faut donc pas  chercher  à les opposer mais plutôt à <strong>les distinguer pour dégager la  manière dont ils composent</strong>.</p><p
style="text-align: justify;">Pour distinguer et articuler ces deux logiques, restons chez Michel de Certeau en convoquant<strong> la distinction qu’il fait entre stratégie et tactique</strong>, en  ayant en tête que notre hypothèse de travail suppose que la première  relève d’une économie productiviste et consumériste, et la seconde d’une  économie contributive :</p><blockquote><p>“J’appelle stratégie  le calcul (ou la manipulation) des rapports de forces qui devient  possible à partir du moment ou un sujet de vouloir et de pouvoir (une  entreprise, une armée, une cité, une institution scientifique) est <strong>isolable</strong>.</p><p>Elle postule un lieu susceptible d’être circonscrit comme un propre  et d’<strong>être la base d’où gérer les relations avec une extériorité de  cibles ou de menaces </strong>(les clients ou les concurrents, les ennemis, la  campagne autour de la ville, les objectifs et objets de la recherche,  etc.)</p><p>Comme dans le management,<strong> toute rationalisation “stratégique” s’attache d’abord à distinguer d’un “environnement”, un “propre”,  c’est-à-dire le lieu du pouvoir et du vouloir propres</strong>. Geste Cartésien,  si l’on veut : circonscrire un propre dans un monde ensorcelé par les  pouvoirs invisibles de l’Autre. Geste de la modernité scientifique,  politique, ou militaire.” (p. 59, c’est moi qui souligne et qui mets en  page)</p></blockquote><p
style="text-align: justify;">On reconnaît, au travers de cette description, <strong>la représentation d’une organisation centralisée du travail</strong>, privilégiant le “top-down”,  qui étouffe l’émergence de nouvelles pratiques et reconnaît comme  étranger à son périmètre de contrôle les pratiques de perruque et en même temps les  potentialités qu’elle recèlent.</p><p
style="text-align: justify;">Ce  lieu propre, isolable et circonscrit, il faut reconnaître que les  Systèmes d’Information des entreprises en sont l’illustration avec la <em>“ligne Maginot”</em> qu’ils essayent de construire en y engloutissant tout  leur budget, bien souvent à perte.</p><p
style="text-align: justify;">On doit même aller plus loin dans l’analyse de cette césure entre un lieu approprié et un autre, tel que nous le propose M. de Certeau que je cite ci-après (p.60, c’est moi qui souligne et qui mets en page) :</p><blockquote><ol><li><strong>Le “propre” est une victoire du lieu sur le temps</strong>.  Il permet de capitaliser des avantages acquis, de préparer des  expansions futures et de se donner ainsi <strong>une indépendance par rapport à a  variabilité des circonstances</strong>. C’est <strong>une maîtrise du temps par la fondation d’un lieu autonome</strong>.</li><li>C’est aussi <strong>une maîtrise des lieux par la vue</strong>. La partition de l’espace permet <strong>une pratique panoptique</strong> à partir d’un lieu d’où le regard transforme les forces étrangères en  objets qu’on peut observer et mesurer, contrôler donc et “inclure” dans  sa vision. Voir (loin), ce sera également prévoir, <strong>devancer le temps par la lecture d’un espace</strong>.</li><li>Il serait légitime de définir le pouvoir du savoir  par cette capacité de transformer les incertitudes de l’histoire en  espaces lisibles. Mais il serait plus exact de reconnaître dans ces  “stratégies” un type spécifique de savoir, celui que soutient et  détermine le pouvoir de se donner un lieu propre[...]. Autrement dit, <strong>un  pouvoir est le préalable de ce savoir, et non pas seulement son effet  où son attribut</strong>. Il en permet et commande les caractéristiques. Il s’y produit.</li></ol></blockquote><p
style="text-align: justify;">Dans  ce type de configuration, les changements sont : soit décidés, soit  subits, au risque d’un effondrement. C’est d’ailleurs le destin de toute  organisation centrale et centralisée que de s’effondrer, rongée par une  complexité croissante de paramètres qu’elle ne parvient plus à  contrôler et qui la rendent aveugle.</p><h2 style="text-align: justify;">L’auto-organisation des tactiques</h2><p
style="text-align: justify;">Face aux stratégies M. de Certeau distingue les tactiques que nous associons au travail à la perruque :</p><blockquote><p>“<strong>J’appelle tactique l’action calculée que détermine l’absence d’un propre</strong>. Alors aucune délimitation de l’extériorité de lui fournit la condition d’un autonomie. <strong>La tactique n’a pour lieu que celui de l’autre</strong>.</p><p>Elle n’a pas le moyen de se tenir en elle-même, à distance, dans une position de retrait, de prévision et de rassemblement de soi  :  elle est mouvement<em> “ à l’intérieur du champs de vision de l&#8217;ennemi”</em>,  comme le disait Von Bulow, et dans l’espace contrôlé par lui.</p><p>Elle n’a donc pas la possibilité de se donner un projet global  ni de totaliser l’adversaire dans un espace distinct, visible et  objectivable. <strong>Elle fait du coup par coup</strong>. Elle profite des “occasions”  et en dépend, <strong>sans base où stocker des bénéfices</strong>, augmenter un propre et prévoir des sorties.</p><p><strong>Ce  qu’elle gagne ne se garde pas</strong>. Ce non-lieu lui permet sans doute la  mobilité, mais dans une docilité aux aléas du temps, pour saisir au vol  les possibilités qu’offre un instant.</p><p>Il lui faut utiliser, vigilante,<strong> les failles que les conjonctures particulières oeuvrent dans la surveillance du pouvoir propriétaire</strong>. Elle y braconne, Elle y créé des surprises. Il lui est possible d’être là où on ne l’attend pas. <strong>Elle est ruse</strong>.&nbsp;&raquo; (p.60-61, c’est moi qui souligne et qui mets en page)</p></blockquote><p
style="text-align: justify;">Bien évidemment, cette ruse fait référence à la <em>mètis</em> des grecs, telle que l’ont éclairé Détienne et Vernant, et que j’ai moi-même réutilisé en parlant de <a
href="../2008/09/06/la-metis-de-google/">la mètis de Google</a>.</p><p
style="text-align: justify;">A  la stabilité de la stratégie qui est conçue, planifiée puis appliquée,  se distingue la métastabilité et la mobilité des tactiques, toujours à  l’affût du <strong>moment opportun </strong>(le kairos  grec) mais “sans base où stocker les bénéfices”. C’est pourtant ce qui  va changer avec le numérique :<strong> le nouveau milieu technologique va être  investi par la logique du travail déprolétarisant qui subsistait dans  les usines sous les traits de la perruque</strong>.</p><p
style="text-align: justify;">L’absence de propre  qui caractérise la tactique à l’oeuvre dans le travail en perruque  selon de Certeau ne tient plus. Au détournement de la perruque fait  désormais écho un autre détournement : celui qui se joue dans les réseaux de  communication distribués avec internet. Ce <em>no man’s land</em> de la propriété, ce <strong>lieu public</strong>, va devenir le lieu en propre  (bien qu’informe et non centralisé) d’où va émerger des économies  contributives au premier rang desquelles l’ “économie du libre”.</p><h2 style="text-align: justify;">Le travail et la perruque à l’heure du numérique</h2><p
style="text-align: justify;">Ainsi  donc, le contexte qui est celui de Michel de Certeau reste <strong>celui de la  fin des années 70</strong>. Il ne pouvait pas prendre en considération le poids  actuel de l’informatique, des réseaux, et du numérique au sens large  dans nos environnement de travail et dans la société.</p><p
style="text-align: justify;">Quelques exemples donneront immédiatement à voir les nouvelles pratiques de perruque numérique :</p><ul
style="text-align: justify;"><li>téléphoner à des proches aux frais de l’entreprise ;</li><li>imprimer des documents personnels avec les imprimante du lieu de travail ;</li><li>utiliser la connexion internet de l&#8217;entreprise à des fins personnelles ;</li><li>etc.</li></ul><p
style="text-align: justify;">Jusque  là rien de bien nouveau : à nouvelles technologies, nouvelles formes  perruques. Mais que dire, par exemple, de l’approche qui consiste à<strong> utiliser ses propres biens pour travailler</strong> : travailler avec son propre  ordinateur portable, utiliser son smartphone, travailler depuis son  propre domicile en télétravail, etc. En matière de numérique donc, et  comme le disait Eric Schmidt, puisque <em>“innovation comes from the consumer market”</em>, il semble que l’on assiste à des pratiques de <strong>perruques numériques inversées</strong> : ce n’est plus l’employé qui fait la perruque, c’est lui qui se fait <em>“perruquer”</em>.</p><p
style="text-align: justify;">Il  ne faut pas en déduire pour autant que, dans ce retournement, le  travailleur serait systématiquement perdant. En effet, la plupart de ces  nombreuses pratiques sont volontaires et souvent contractuelles (nos  outils de travail numérique personnels sont souvent plus “riches” que  les outils proposés par l’entreprise). On quitte donc le domaine de la  perruque et du champs lexical de la ruse et du détournement en passant  par <strong>une forme de perruque “institutionnalisé” par certaines entreprises</strong> : les tactiques et les phénomènes d’auto-organisation qui se  manifestent dans la perruque sont identifiées par la stratégie de  l’entreprise qui cherche à présent à les intégrer progressivement et explicitement en son sein.</p><p
style="text-align: justify;">C’est  le cas chez Google quand l’entreprise décide de rajouter dans le  contrat de travail des ingénieurs le droit de s’investir dans <strong>des  projets personnels à hauteur de 20% de son temps de travail</strong> (il y a  aurait beaucoup plus à dire sur les conditions effectives d’application  de ce droit qui, de plus, ne s’applique qu’aux cadres de l&#8217;ingénierie).  En agissant de la sorte, Google officialise et rend légal le travail à  la perruque qui n’était jusqu’alors que pratique officieuse de  détournement du temps de travail.</p><p
style="text-align: justify;">“Folie  !”, dirait le manager rationaliste et productiviste qui n’y verrait  qu’une perte de productivité  de 20% assurée. Et pourtant, personne  n’ira prétendre que les ingénieurs de Google sont 20% moins efficaces  qu’ailleurs.</p><p
style="text-align: justify;">La  réalité est que Google, tout comme d’autres entreprises moins  médiatisées, cherche à mettre en place une organisation du travail qui  favorise la créativité, l’investissement personnel au travail au travers  de phénomènes d’auto-organisation qui ne sont donc pas explicités et  planifiée en amont (top-down en opposition à l’innovation ascendante).</p><h2 style="text-align: justify;">Conclusions</h2><p
style="text-align: justify;">L’économie  de la contribution s’est trouvée <strong>un lieu propre dans le numérique et  avec internet comme réseau décentré</strong>, et c’est la raison pour laquelle  ses logiques contributives, qui ne s’exprimaient auparavant que dans  l’ombre du travail à la perruque, <strong>se sont effectivement manifestées dans  l’économie du logiciel libre</strong>.</p><p
style="text-align: justify;">Accorder 20 % du temps de travail du salarié pour qu&#8217;il s’investisse dans un  travail pour soi tout en étant dans le périmètre de l&#8217;entreprise (ce n&#8217;est des jours de RTT) c&#8217;est faire composer la stratégie de l&#8217;entreprise avec les  tactiques de la perruque. Une entreprise sans ce travail libre au coeur même de la  logique du travail planifié <strong>ne pourvoit que des emplois, certainement  pas du travail</strong>.</p><p
style="text-align: justify;">La  généralisation de telles pratiques à tous les salariés dans tous les  secteurs pose de multiples problèmes car, pour l’instant c’est une  faible partie des salariées, chercheurs et ingénieurs dans des  industries innovantes qui peuvent en jouir. Comment pourrait se décliner  une telle pratique pour les caissiers de supermarché ? Et pour des  sociétés de services qui vendent du jour*homme ? Et d’ailleurs, <strong>n’y a t  il pas plus désastreux pour le travail que d&#8217;en parler exclusivement en terme de jour*homme ?</strong></p><p
style="text-align: justify;">L’enjeu  en vaut la chandelle s’il s’agit d’<strong>arrêter le gâchis de ces logiques  exclusives de l’emploi </strong>qui prolétarisent en masse et nous empêchent de  travailler. Il y a des thérapies, des dosages et des équilibres à mettre en place, cela s&#8217;appelle une<strong> pharmacologie du travail.</strong></p> <span
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href="http://www.kokopelli.asso.fr/" onclick="pageTracker._trackPageview('/outgoing/www.kokopelli.asso.fr/?referer=');">Kokopelli</a>, association qui produit et distribue  des semances potagères bio de variétés anciennes, fait l&#8217;ouverture du  documentaire <a
href="http://www.solutionslocales-lefilm.com/accueil" onclick="pageTracker._trackPageview('/outgoing/www.solutionslocales-lefilm.com/accueil?referer=');">&laquo;&nbsp;Solutions locales pour un désordre global&nbsp;&raquo;</a> de <a
href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Coline_Serreau" onclick="pageTracker._trackPageview('/outgoing/fr.wikipedia.org/wiki/Coline_Serreau?referer=');">Coline  Serreau</a>. Il va poser ce qui constitue les prémices de la thèse qui est  défendue par la réalisatrice :</p><blockquote><p>&laquo;&nbsp;Qu&#8217;est-ce que c&#8217;est la première  guerre mondiale en fait ? C&#8217;est l&#8217;éradication de la paysannerie  franco-germanique qui se fait massacrer au front, des millions de  paysans sont morts !&nbsp;&raquo;</p></blockquote><p><img
class="aligncenter" title="Dominique Guillet" src="http://www.confortique-news.com/mambots/content/smoothgallery/cache/images/stories/thematiques/decouverte/201005_serreau/550x320-201005_serreau_06.jpg" alt="Dominique Guillet" width="407" height="236" /></p><p>Puis il poursuit :</p><blockquote><p>&laquo;&nbsp;Et donc, cette entreprise de dé-paysannerie a  été parachevée par le deuxième guerre mondiale. Et viens se greffer, par  dessus tout cela, la synthèse de l&#8217;amoniaque qui permet de faire des  bombes et qui après permet de faire des fetilisants de synthèse.  Ensuite, l&#8217;invention du gaz moutarde qui va donner quoi ? Eh bien tous  les insecticides, qui sont des gaz de combats. Puis, avec le pla,  Marshall de 1947, les États Unis arrivent avec leur tracteurs qui sont  la suite logique des tanks.<br
/> Donc, en fait, l&#8217;agriculture occidentale est une agriculture de guerre.&nbsp;&raquo;</p></blockquote><p>Ce propos est ensuite souligné par celui d&#8217;<a
href="http://www.solutionslocales-lefilm.com/personnages/ana-primavesi" onclick="pageTracker._trackPageview('/outgoing/www.solutionslocales-lefilm.com/personnages/ana-primavesi?referer=');">Ana Primavesi</a>, ingénieur agronome, docteur, professeur en gestion des sols de l’université de Santa Maria:<span
id="more-1906"></span></p><blockquote><p>&laquo;&nbsp;Cette  agriculture occidentale est un pacte, une alliance entre deux parties.  Le deal était entre l&#8217;agriculture et l&#8217;industrie qui, après la seconde  guerre mondiale, avati d&#8217;énomres stocks de poison sur les bras, qui  devaient soit-disant &laquo;&nbsp;tuer des ennemis&nbsp;&raquo; mais, une fois la guerre finie,  il n&#8217;y avait plus d&#8217;ennemis à tuer.</p></blockquote><p><img
class="aligncenter" title="Anna Primavesi" src="http://www.cinemotions.com/scripts/slider/image_sorties_id.php?id_image=631041" alt="Anna Primavesi" width="400" height="250" />Elle poursuit :</p><blockquote><p>Alors [...] on a eu  une idée fantastique . On a dit : l&#8217;agriculture n&#8217;achète presque rien à  l&#8217;industrie, de temps en temps un petit tracteur, mais rien quoi &#8230;  Alors on va faire comme çà, on va paser un accord : l&#8217;agriculture  achètera des machines puissantes, des engrais chimiques, des pesticides,  le tout provenant de l&#8217;industrie. L&#8217;industrie empochera les bénéfices,  l&#8217;agriculture sera déficitaire, mais le gouvernement va détourner une  partie des impôts pour subventionner et renflouer l&#8217;agriculture.&nbsp;&raquo; &laquo;&nbsp;</p></blockquote><p>La <a
href="http://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9volution_verte" onclick="pageTracker._trackPageview('/outgoing/fr.wikipedia.org/wiki/R_C3_A9volution_verte?referer=');">&laquo;&nbsp;révolution verte&nbsp;&raquo;</a> est l&#8217;expression douteuse qui désigne le bond  technologique de l&#8217;agriculture pendant la période 1945-1970, grâce aux  progrès scientifiques de la première partie du 20° siècle. Elle a été  largement diffusé dans le monde jusqu&#8217;à <strong>modifier radicalement le visage de  la paysannerie mondiale</strong> et, par voie de conséquence, l&#8217;ensemble des  ressources naturelles.</p><p>En se lançant à la conquête  de l&#8217;agriculture, en faisant de l&#8217;agriculture un marché industriel, <strong>cette industrie dont les racines plongent dans une économie de guerre</strong> va  défigurer pays et paysans. Cette défiguration repose sur un <strong>processus de dissociation systématique de l&#8217;économie du vivant</strong>.</p><p><em>[Dans  son fond cette politique industrielle est profondément pétrie de la  métaphysique occidentale et de l'hégémonie de son schème hylémorphique, il faut être ainsi aveuglé par cette pensée pour en arriver à croire que la terre n'est qu'un substrat, de la matière morte et inerte.]</em></p><p>Il  s&#8217;agit d&#8217;une dissociation en ce sens que la démarche consiste à briser  les liens économiques et écologiques. Les processus naturels sont niés et  détruits dans l&#8217;objectif d&#8217;y <strong>substituer l&#8217;utilisation des produits de  l&#8217;industrie</strong>. Les milieux qui étaient <strong>naturellement associés</strong> sont décomposées pour être ensuite  recomposés artificiellement dans un <strong>milieu industriel dissocié</strong>.</p><p>Ce  milieu industriel dissocié qui s&#8217;est mis en place n&#8217;a cessé de se  généraliser en tendant à <strong>privatiser les ressources naturelles</strong> en y substituant  des ressources artificielles, notamment avec le <a
href="http://www.boursorama.com/forum-jossie44-monsanto-la-semence-a-scandales-371183388-1" onclick="pageTracker._trackPageview('/outgoing/www.boursorama.com/forum-jossie44-monsanto-la-semence-a-scandales-371183388-1?referer=');">scandale des semences</a>.</p><p>Cette agriculture intensive et  industrielle a <strong>une production qui n&#8217;est pas saine</strong>, qui est toujours  toxique, même si c&#8217;est à des degrés divers et même parfois infinitésimaux. <strong>Pourquoi produire des plantes ( mais la question vaut aussi pour les  animaux) malades ?</strong> Cela se comprend aisément : plus les plantes sont en  mauvaise santé durant le cycle de leur exploitation, plus il faudra  utiliser les services et les produits de l&#8217;industrie chimique et  agro-alimentaire pour <strong>les maintenir en vie</strong>, sous perfusion.</p><p>L&#8217;ensemble  de ces actions visant à maintenir le vivant malade induit en même temps une <strong>augmentation du nombre de  transactions</strong> qui fait mécaniquement <strong>augmenter le PIB </strong>d&#8217;un pays. De là à  interpréter <strong>le PIB comme une mesure indiquant le degré d&#8217;intoxication  d&#8217;une nation</strong>, il n&#8217;y a qu&#8217;un pas. Un pas que l&#8217;on peut franchir  lorsqu&#8217;un intervenant du documentaire de Coline Serreau explique que :</p><blockquote><p>.. une  rivière en bonne santé n&#8217;est pas valorisée en économie, elle ne représente  aucune richesse. Mais commencez par la polluer puis essayer  de réparer l&#8217;irréparable et vous observerez que tout cela a augmenté  sensiblement le PIB. (citations de mémoire).</p></blockquote><p>Face à de tels exemples, on comprend  l&#8217;importance et l&#8217;enjeu de <strong>la réforme du PIB</strong>. Indicateur qui est devenu  un instrument de mesure qui ne valorise essentiellement que l&#8217;ensemble  des transactions d&#8217;une industrie qui fonctionne de manière quasi  exclusive sur le mode de la dissociation. (Extrapolons  :  occupez-vous de vos parents et vous ne produisez aucune richesse, mais  mettez-les en maison de repos et vous augmentez le PIB, pareil pour vos  enfants quand vous les faites garder voire même quand vous les mettez  devant la télévision.)</p><p>En ce qui concerne l&#8217;agriculture, le  résultat est là : on a beau voir de beaux champs à perte de vue, <strong>symboles  photogéniques</strong> de la modernité agricole mais, ce qu&#8217;il faut voir, c&#8217;est <strong>en  réalité un désert stérile, un paysage mortifié et à l&#8217;agonie</strong>.</p><p
style="text-align: center;"><a
title="In The Middle Of My Chest by Martin Gommel, on Flickr" href="http://www.flickr.com/photos/kwerfeldein/1375226714/" onclick="pageTracker._trackPageview('/outgoing/www.flickr.com/photos/kwerfeldein/1375226714/?referer=');"><img
class="aligncenter" src="http://farm2.static.flickr.com/1028/1375226714_92c14ac7be.jpg" alt="In The Middle Of My Chest" width="500" height="323" /></a></p><p>La terre  est morte, elle ne respire plus car <strong>toute sa diversité micro-biologique a  été éradiquée à coup de labours et d&#8217;intrants toxiques</strong>. Même les blés  que l&#8217;on voit de nos propres yeux ne sont que des morts vivants. Car  tout a été fait et organisé pour que rien ne pousse et rien de croisse  sans le recours à l&#8217;industrie de l&#8217;intensivité : de la graine  génétiquement modifiée et brevetée jusqu&#8217;à la récolte en passant par les pesticides,  herbicides et engrais. <strong>Toute l&#8217;agriculture se fait en réalité  &laquo;&nbsp;hors-sol&nbsp;&raquo; car la terre a été tuée</strong>. Il s&#8217;agit d&#8217;un <em>terracide</em> dont toute  l&#8217;écologie environnementale et alimentaire paye quotidiennement son  tribut économique et environnemental.</p><p>Sans surprise, mais avec  encore plus de tristesse, on constate que <strong>ce que le capitalisme  productiviste et consumériste fait à notre psychique</strong> (cf. la baisse  tendancielle de l&#8217;énergie libidinale, la débandade généralisé et le  malaise dans lequel nous sommes),<strong> il le fait aussi en même temps, dans une même tendance, à nos terres</strong>. A la  prolétarisation du <strong>travailleur</strong> (perte de savoir-faire) , puis à celle du <strong> consommateur</strong> (perte de savoir-vivre) fait écho celle de l&#8217;<strong>agriculteur</strong> et  du <strong>paysan</strong>, devenus exploitants agricole, c&#8217;est à dire qu&#8217;on en a fait <strong> les agents de leur propre déchéance</strong>.</p><p>En France, les premières et  les plus grandes victimes de cette prolétarisation sont d&#8217;abord et  majoritairement les exploitants agricoles regroupés sous le syndicat <strong> FNSEA</strong>. On y trouve de plus en plus<strong> des hommes qui sont devenus  dangereux car endettés jusqu&#8217;au cou et empêtrés dans un système  aberrant</strong>, soutenu par la politique agricole commune dont il sont à la  fois les agents et les premières victimes. Quel système pernicieux !</p><p>Si  le <strong>diagnostic</strong> est une chose importante et première, il doit toutefois  conduire à des <strong>thérapeutiques et des thérapies</strong>, et notamment conduire à des processus de  reconversion qui offrent de nouvelles perspectives. Le documentaire de  Coline Serreau, qui m&#8217;a ici servi de prétexte, en donne. La réalisatrice  en fait un résumé dans un cours entretien vidéo :</p><p><object
classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" width="480" height="385" codebase="http://download.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=6,0,40,0"><param
name="allowFullScreen" value="true" /><param
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type="application/x-shockwave-flash" width="480" height="385" src="http://www.youtube.com/v/Etp2_-eqVKU?fs=1&amp;hl=en_US" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true"></embed></object></p><p>Il  faut donc reconstruire nos pays et notre paysannerie et trouver des  passerelles pour offrir des solutions non seulement à <strong>ceux qui sont  devenus bien malgré eux des paysans prolétarisés</strong> mais également à<strong> ceux  qui souhaitent se reconvertir dans la paysannerie</strong>. Si la question de la  paysannerie est plus que jamais une question d&#8217;avenir, c&#8217;est aussi parce  qu&#8217;<strong>il ne s&#8217;agit pas de revenir mille ans en arrière en niant les  progrès accomplis</strong> : il y a nécessairement un avenir industriel et  technologique à la question agricole, mais elle ne peut pas passer par  des pratiques qui nous inscrivent dans la <a
href="http://www.christian-faure.net/2009/04/15/pour-en-finir-avec-la-mecroissance/">mécroissance</a> <strong>sous prétexte de  maintenir des rentes de situations industrielles héritées d&#8217;une  industrie qui est en guerre contre l&#8217;humanité et la terre entière depuis  près d&#8217;un siècle.</strong></p><p>je signale que l<a
href="http://www.amazon.fr/gp/product/B003TRI4TK/ref=s9_simh_gw_p74_d0_i1?pf_rd_m=A1X6FK5RDHNB96&amp;pf_rd_s=center-1&amp;pf_rd_r=1EQCYFY9YPTR0MBK719C&amp;pf_rd_t=101&amp;pf_rd_p=463375513&amp;pf_rd_i=405320" onclick="pageTracker._trackPageview('/outgoing/www.amazon.fr/gp/product/B003TRI4TK/ref=s9_simh_gw_p74_d0_i1?pf_rd_m=A1X6FK5RDHNB96_amp_pf_rd_s=center-1_amp_pf_rd_r=1EQCYFY9YPTR0MBK719C_amp_pf_rd_t=101_amp_pf_rd_p=463375513_amp_pf_rd_i=405320&amp;referer=');">e documentaire de Coline  Serreau est en vente dès le 2 Novembre 2010</a>, et que ce n&#8217;est pas qu&#8217;un  produit de consommation, comme vous l&#8217;aurez sans doute compris (même si j&#8217;ai par ailleurs quelques réserves qui ne sont pas opportunes de développer ici et maintenant)</p><p><img
class="alignnone" title="Solutions locales pour un désordre global" src="http://ecx.images-amazon.com/images/I/41hUxUlKcpL._SS500_.jpg" alt="Solutions locales pour un désordre global" width="500" height="500" /></p> <span
class="post-twitter" ><a
href="http://twitter.com/home?status=Chez%20%40ChristianFaure%20%3A%20%22Prol%C3%A9tarisation%20paysanne%20et%20terracide%22%20http%3A%2F%2Ftinyurl.com%2F36gxy74" title="Signaler sur Twitter" rel="nofollow" onclick="pageTracker._trackPageview('/outgoing/twitter.com/home?status=Chez_20_40ChristianFaure_20_3A_20_22Prol_C3_A9tarisation_20paysanne_20et_20terracide_22_20http_3A_2F_2Ftinyurl.com_2F36gxy74&amp;referer=');">Signaler sur Twitter</a></span><p>Related posts:<ol><li><a
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isPermaLink="false">http://www.christian-faure.net/?p=1792</guid> <description><![CDATA[Entendre et lire André Pochon m’a été très utile pour comprendre la situation paysanne et agricole en Europe et surtout en France. Bien connu dans le monde de l’écologie et de l’agriculture, ce paysan aujourd’hui retraité n’est pourtant pas connu du grand public, surtout si l’on quitte le milieu agricole et paysan. André Pochon s’est [...]
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href="http://www.google.com/url?q=http%3A%2F%2Ffr.wikipedia.org%2Fwiki%2FAndr%25C3%25A9_Pochon&amp;sa=D&amp;sntz=1&amp;usg=AFQjCNFb5ggviMABK__M6o8XXiewkMTUEQ" onclick="pageTracker._trackPageview('/outgoing/www.google.com/url?q=http_3A_2F_2Ffr.wikipedia.org_2Fwiki_2FAndr_25C3_25A9_Pochon_amp_sa=D_amp_sntz=1_amp_usg=AFQjCNFb5ggviMABK_M6o8XXiewkMTUEQ&amp;referer=');">André Pochon</a> m’a été très utile pour comprendre la situation paysanne et agricole en Europe et surtout en France. Bien connu dans le monde de l’écologie et de l’agriculture, ce paysan aujourd’hui retraité n’est pourtant pas connu du grand public, surtout si l’on quitte le milieu agricole et paysan.</p><p
style="text-align: center;"><img
class="aligncenter" title="André Pochon" src="http://sosbiodiversite.files.wordpress.com/2009/03/dede_pochon_ouestfrance_.jpg" alt="" width="501" height="333" /></p><p><span
id="more-1792"></span>André Pochon s’est surtout fait connaître lors de la publication de son livre <a
href="http://www.google.com/url?q=http%3A%2F%2Fwww.amazon.fr%2Fprairie-temporaire-base-tr%25C3%25A8fle-blanc%2Fdp%2F2906992240%2Fref%3Dsr_1_1%3Fie%3DUTF8%26s%3Dbooks%26qid%3D1279708905%26sr%3D8-1&amp;sa=D&amp;sntz=1&amp;usg=AFQjCNG8qtOM_y-Atrf4OdWzKRhS1fF7FA" onclick="pageTracker._trackPageview('/outgoing/www.google.com/url?q=http_3A_2F_2Fwww.amazon.fr_2Fprairie-temporaire-base-tr_25C3_25A8fle-blanc_2Fdp_2F2906992240_2Fref_3Dsr_1_1_3Fie_3DUTF8_26s_3Dbooks_26qid_3D1279708905_26sr_3D8-1_amp_sa=D_amp_sntz=1_amp_usg=AFQjCNG8qtOM_y-Atrf4OdWzKRhS1fF7FA&amp;referer=');">La prairie temporaire à base de trèfle blanc</a>, 1996 (4° Ed. épuisé) et a donné son nom à la “méthode Pochon” qui fut souligné en son temps (en 1981) par Maurice Le Lannou, membre de l’Institut  et de l’Académie des sciences politiques et morales qui écrivit :</p><blockquote><p>“ J’ai trouvé dans ce petit ouvrage, mais transposé à la moderne, toute l’éthique rurale qui faisait le fonds des vieilles <em>Géorgiques</em>.”</p></blockquote><p>Cette <a
href="http://www.google.com/url?q=http%3A%2F%2Fwww.aveniragricole.net%2Fsite%2Findex%2Findex.php%3Fpage%3Dinformation%26ss_page%3Darticle%26iid%3D1497&amp;sa=D&amp;sntz=1&amp;usg=AFQjCNGxSF3L79gXreJ5Qb2sVy8lgjfn7Q" onclick="pageTracker._trackPageview('/outgoing/www.google.com/url?q=http_3A_2F_2Fwww.aveniragricole.net_2Fsite_2Findex_2Findex.php_3Fpage_3Dinformation_26ss_page_3Darticle_26iid_3D1497_amp_sa=D_amp_sntz=1_amp_usg=AFQjCNGxSF3L79gXreJ5Qb2sVy8lgjfn7Q&amp;referer=');">méthode</a> est un condensé de bon sens et d’application des règles élémentaires de l’agronomie puisqu’elle consiste à construire un <strong>équilibre entre les ressources naturelles présentes sur le territoire</strong> : d’une part en minimisant l’apport de ressources externes et d’autre part en minimisant la pollution des ressources environnementales.</p><p
style="text-align: center;"><img
class="aligncenter" title="trèfle blanc" src="http://luxe.campagne.free.fr/images/trefle-blanc.jpg" alt="" width="370" height="370" /></p><p>Ainsi le <a
href="http://www.google.com/url?q=http%3A%2F%2Ffr.wikipedia.org%2Fwiki%2FTr%25C3%25A8fle_blanc&amp;sa=D&amp;sntz=1&amp;usg=AFQjCNEN4t1jqGbfLic4jV-P4jB-nX83Gg" onclick="pageTracker._trackPageview('/outgoing/www.google.com/url?q=http_3A_2F_2Ffr.wikipedia.org_2Fwiki_2FTr_25C3_25A8fle_blanc_amp_sa=D_amp_sntz=1_amp_usg=AFQjCNEN4t1jqGbfLic4jV-P4jB-nX83Gg&amp;referer=');">trèfle blanc </a>est utilisé comme moyen naturel d’apport de d’azote à la prairie, sans avoir à ajouter d’engrais azoté. Les vaches qui paissent sur ces prairies naturelles et riches produisent viande et lait de qualité. Le lait, quant à lui, est utilisé pour nourrir les porcs (“le porc pendu au pis de la vache”) en veillant à ce que ceux-ci soient élevés sur de la paille car cela donnera du fumier (et non du lisier) qui sera lui-même réutilisé comme engrais naturel.</p><p>Cette économie agricole a clairement démontré, chiffres à l’appuie, quelle était tout à la fois <strong>respectueuse de l’environnement</strong>, qu’elle demandait <strong>moins d’effort et de travail </strong>et qu’elle était financièrement<strong> plus avantageuse</strong> pour l’exploitant.</p><p>Alors pourquoi cette approche de l’agriculture n’est-elle pas plus développée en France ?</p><p>Ici comme dans beaucoup d’autres domaines on retrouve les mêmes tendances :</p><ul><li>la mise en place d’<strong>une industrie qui dissocie l’existant </strong>: le signal de départ sera le maïs hybride américain des années 70 qui peut dès lors pousser au nord de la Loire. On commence alors à faire pousser des cultures qui ne sont pas associées de manière natives au territoire qu’elles intègrent et qui deviennent également <strong>la base de tout un système agricole</strong>. Par la suite, c’est toute la logique de la <strong>culture hors sol</strong>, le comble du modèle dissocié, qui va se développer de manière frénétique : les semences, les engrais et les pesticides qui doivent être achetés aux industries agro-chimiques, les animaux qui sont élevés en batteries sans voir la lumière du jour, notamment dans les porcheries industrielles bretonnes. De plus, la nécessité de s’approvisionner en maïs et soja américain, et non plus à partir de la production fourragère locale, met toute l’agriculture française dans une dépendance critique vis-à-vis de la production américaine.</li><li> <strong>un marketing qui fait tourner les têtes</strong> : cela a commencé avec le mais hybride américain, repris par l’INRA qui n’a pas résisté à la pression marketing qui a fait dire à l’un des dirigeants de l’époque qu’il promouvait et développait la culture de maïs hybride pour “faire comme les américains”. (Dans le monde des systèmes d’informations c’est également la même chose : quand j’avais demandé à un ancien DSI pourquoi il avait lancé un grand chantier SAP, il m’avait répondu que “à l’époque, si tu n’avais pas de chantier SAP tu étais un <em>has been</em>.”)</li></ul><p>Mais pourtant, cette agriculture intensive et contre-nature devient <strong>manifestement insupportable</strong> : vache folle, pollution de l’air et des eaux, algues vertes, appauvrissement et érosion des sols qui favorisent inondations et glissements de terrain, farines animales, nombre de cancers en explosion, etc.</p><p>Comment ce système peut-il perdurer ?</p><p>Essentiellement parce qu’il y a des rentes de situation et des lobbies importants :</p><ul><li>des rentes de situations dont bénéficie l’industrie agro-chimique qui fera tout pour gagner un maximum d’argent et ce quelques soient les externalités négatives que leur modèle d’affaire induit sur les populations et les territoires.</li><li>des lobbies importants, qui n’ont cessé de faire pression sur les élus et au niveau de Bruxelles pour freiner l’adoption de mesures en faveur de l’agriculture durable, notamment dans le cadre des différentes réformes de la PAC. Au premier rang de ces groupes de pression se trouve la FNSEA, le syndicat agricole majoritaire qui défend bec et ongles l’intérêt des agriculteurs productivistes qui développent le modèle d’agriculture dissocié. On a là à faire à une <strong>véritable mafia corporatiste française</strong> qui devra un jour être tenue responsable de la destruction massive du territoire et des problèmes de santé qui en découlent.</li></ul><p>Mais, fondamentalement, cette situation n’est devenue possible et tenable que parce qu’il y a <strong>une prolétarisation, une perte de savoir, aussi bien des paysans agriculteurs que des consommateurs.</strong></p><ul><li>une<strong> prolétarisation des paysans</strong>, parce que la quasi totalité des enseignements agricoles en France ne font que promouvoir l’agriculture intensive sans même présenter les alternatives aux jeunes agriculteurs en formation. Aucun esprit critique n’est inculqué au niveau de l’enseignement et de la formation. Une fois lancés dans le cercle vicieux du productivisme dissocié, pris à la gorge par l’endettement, il n’ont plus la possibilité de faire marche arrière. De plus, la plupart des paysans ne sont plus maître à bord de leur exploitation, leur production et leur mode de production sont dictés par les dérives de la PAC qui en a fait des esclaves qui ne peuvent que cautionner le système qui pourtant les mène à leur perte.</li><li>une <strong>prolétarisation des consommateurs eux-mêmes</strong>, savamment orchestrée et entretenue par l’industrie agro-chimique, qui ne connaissent pas ou mal la situation de la paysannerie française, et ne savent pas ce qu’ils mangent et ce qu’ils achètent.</li></ul><p>Il ne s’agit pas ici de condamner le maïs hybride ni même les OGM en soi, mais plutôt le système industriel qui s’est développé sans retenue, sans porter conséquence au <strong>phénomène de passage aux limites</strong> insoutenable dans lequel il nous a placé.</p><p>Le seul moyen de faire tomber ces industries de rentes qui ne vivent essentiellement que des externalités négatives que chacun d’entre nous doit payer quotidiennement par notre santé et par notre porte-feuille (rien que 450 € par foyer et par an pour la PAC) passe par <strong>des logiques de dé-prolétarisation</strong> : le consommateur doit reprendre goût et connaissance de ce qu’il mange et du territoire dans lequel il vit, tout comme les paysans doivent être sensibilisés à la situation dans laquelle ils se sont mis, trop souvent malgré eux.</p> <span
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isPermaLink="false">http://www.christian-faure.net/?p=1651</guid> <description><![CDATA[C&#8217;était hier soir, à la Maison de la Culture de Malakoff. Pas tellement de Socrate ni de Hackers dans cette intervention, mais plutôt un bouquet de réflexions et de remarques autour de la figure de l&#8217;amateur avec les problématiques de prolétarisation en embuscade : Une question sur l&#8217;autodidacte : Une question sur les partis politiques [...]
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class="alignnone" title="Stiegler" src="http://www.christian-faure.net/wp-images/socrateetleshackers1.jpg" alt="" width="478" height="359" /></a></p><p>Une question sur l&#8217;autodidacte :</p><p><a
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class="alignnone" title="stiegler" src="http://www.christian-faure.net/wp-images/socrateetleshackers2.jpg" alt="" width="478" height="359" /></a></p><p>Une question sur les partis politiques et leurs &laquo;&nbsp;permanents&nbsp;&raquo;, puis une discussion autour de l&#8217;<a
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isPermaLink="false">http://www.christian-faure.net/?p=1030</guid> <description><![CDATA[Didier Girard, sur Application Servers , fait une remarque intéressante à propos de ma note sur la prolétarisation dans les société informatiques : Dans certaines branches, l&#8217;opensource est un des vecteurs de la prolétarisation, je pense en particulier au monde java. Il y a quelques années lorsque nous devions développer une application java nous devions [...]
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id="b95t" title="Application Servers" href="http://www.application-servers.com/post/2009/03/15/La-proleacutetarisation-dans-les-socieacuteteacutes-informatiques" onclick="pageTracker._trackPageview('/outgoing/www.application-servers.com/post/2009/03/15/La-proleacutetarisation-dans-les-socieacuteteacutes-informatiques?referer=');">Application Servers</a> , fait une remarque intéressante à propos de ma note sur la <a
id="nc7u" title="prolétarisation dans les société informatiques" href="../2009/03/14/la-proletarisation-dans-les-societes-informatiques/">prolétarisation dans les société informatiques</a> :</p><blockquote><p>Dans certaines branches, l&#8217;opensource est un des vecteurs de la prolétarisation, je pense en particulier au monde java. Il y a quelques années lorsque nous devions développer une application java nous devions tout faire : coder un struts, coder un spring, coder un hibernate, coder un maven&#8230; Ce n&#8217;était pas très productif pour nos clients mais par contre c&#8217;était très formateur pour nous, ingénieurs.<br
/> Maintenant ce n&#8217;est plus le cas, les projets démarrent, les &laquo;&nbsp;architectes&nbsp;&raquo; assemblent deux ou trois frameworks et le tour est joué. La conséquence est moins réjouissante, ces &laquo;&nbsp;architectes&nbsp;&raquo; ne sont plus capables de coder un framework, tout juste sont-ils capables d&#8217;en comprendre le fonctionnement. Encore quelques années et je vais m&#8217;ennuyer ferme lorsque je recevrai un candidat pour un entretien d&#8217;embauche&#8230;</p></blockquote><p>J&#8217;ai côtoyé des ingénieurs dans la plupart des industries : chimie (SNPE, Isochem, Saint Gobain), mécanique et électronique (Renault, PSA, EADS). Ainsi, les plus anciens se plaignent toujours que l&#8217;évolution des techniques fait &laquo;&nbsp;perdre de vue&nbsp;&raquo; le fonctionnement général de l&#8217;objet technique. Dans l&#8217;automobile, par exemple, certains des ingénieurs qui travaillaient sur plan n&#8217;ont pas pu se faire au travail assisté par ordinateur en CAO, ils ne &laquo;&nbsp;voyait plus&nbsp;&raquo; la voiture. Le constat est souvent le même, et on pourrait le résumer avec la remarque que nous faisait un des mes professeurs de mathématique :</p><blockquote><p>Avec ces calculettes vous ne savez plus calculer.  De mon temps, il faillait faire un effort pour compter. Aujourd&#8217;hui vous rentrez une fonction et çà vous fait toute l&#8217;étude, çà vous dessine même la courbe. Ces machines vous rendent idiots !</p></blockquote><p>La perte de connaissances et de savoir faire est donc une composante intrinsèque de l&#8217;évolution des techniques et des technologies, y compris dans les technologies open source de l&#8217;informatique. C&#8217;était déjà perçu par Platon qui pointait du doigt les techniques d&#8217;écriture qui externalisaient la mémoire (Stiegler souligne à ce propos que le premier discours sur le prolétariat remonte à Platon).<br
/> <span
id="more-1030"></span><br
/> Cela dit, et pour revenir sur le terrain de l&#8217;informatique, je pense qu&#8217;il faut appréhender tout ça <strong>à partir du modèle en couche</strong>. Ainsi, le jeune ingénieur travaille généralement au niveau d&#8217;une couche qui correspond à l&#8217;état de sédimentation et de maturité de la technologie sur laquelle il travaille. Dans l&#8217;exemple de Didier Girard, le développeur ne va pas faire de l&#8217;assembleur, pas plus qu&#8217;il ne va re-développer un framework ; il va partir de la couche la plus haute qui masque la complexité des couches inférieures. Et c&#8217;est une chose heureuse car il faudrait 10 ans à un ingénieur pour arriver au niveau d&#8217;un Didier en Java !</p><p>Mais l&#8217;ingénieur qui utilise un framework, sans être lui-même capable d&#8217;en développer un, n&#8217;est pas pour autant prolétarisé, car il doit développer de nouvelles compétences er de nouveaux savoir-faire sur des couches supérieures. Est prolétarisé celui qui n&#8217;a pas su trouver sa place dans l&#8217;évolution des techniques. Je peux donc dire qu&#8217;entre le jeune ingénieur et Didier, c&#8217;est bien Didier qui est le plus menacé par le risque de prolétarisation, d&#8217;ailleurs il le pressent lui-même en écrivant :</p><blockquote><p>&laquo;&nbsp;encore quelques années et je vais m&#8217;ennuyer ferme&#8230;&nbsp;&raquo;.</p></blockquote><p>je dis que Didier est le plus menacé de prolétarisation car, contrairement au jeune ingénieur, <strong>il a quelque chose à perdre</strong> &#8211; un savoir et des connaissances &#8211; en ce sens qu&#8217;il risque de ne plus pouvoir les exercer.</p><p>Si je reviens maintenant au modèle en couche, on ne peut donc pas connaître sur le bout des doigts tous les protocoles de chaque couche, mais <strong>on doit à minima connaître les interfaces</strong> en tant que lieu d&#8217;échange entre chaque couche, car c&#8217;est à partir de là que la possibilité d&#8217;un regard critique s&#8217;exerce.</p><p>Cela dit, je crois qu&#8217;aujourd&#8217;hui le débat en matière de prolétarisation (perte de connaissance et de savoir faire qui permet de s&#8217;individuer, de se réaliser) n&#8217;est plus au niveau du débat logiciel propriétaire versus logiciel libre. Il se cristallise sutout autour des données. L&#8217;enjeu est moins l&#8217;<em>open source</em> que l&#8217;<em>open data</em>, pour aller dans le sens du commentaire de David Larlet sur la même note qui parle de &nbsp;&raquo; Sociétés de Service en Données Libres&nbsp;&raquo;.</p><p>Ce débat se jouera bien sûr autour des plate-formes web, du software as a Service et du Cloud Computing.</p> <span
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href="http://twitter.com/home?status=Chez%20%40ChristianFaure%20%3A%20%22R%C3%A9ponse%20%C3%A0%20une%20objection%20sur%20%22la%20prol%C3%A9tarisation%20dans%20les%20soci%C3%A9t%C3%A9s%20informatiques%22%22%20http%3A%2F%2Ftinyurl.com%2Fy8eertu" title="Signaler sur Twitter" rel="nofollow" onclick="pageTracker._trackPageview('/outgoing/twitter.com/home?status=Chez_20_40ChristianFaure_20_3A_20_22R_C3_A9ponse_20_C3_A0_20une_20objection_20sur_20_22la_20prol_C3_A9tarisation_20dans_20les_20soci_C3_A9t_C3_A9s_20informatiques_22_22_20http_3A_2F_2Ftinyurl.com_2Fy8eertu&amp;referer=');">Signaler sur Twitter</a></span><p>Related posts:<ol><li><a
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isPermaLink="false">http://www.christian-faure.net/?p=1025</guid> <description><![CDATA[Par prolétarisation, j&#8217;entends le processus qui conduit à la perte de connaissance critique et de savoir-faire. Bernard Stiegler a clairement expliqué ce processus en rappelant qu&#8217;un prolétaire n&#8217;était pas nécessairement un pauvre (Alan Greenspan est un prolétaire qui a été le patron de la réserve fédérale américaine pendant vingt ans). Prolétarisation ne veut pas dire [...]
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class="alignleft" style="margin: 10px;" title="Chaplin" src="http://www.imaginaryyear.com/raccoon/images/filmclub/2008/modern_times-09.jpg" alt="" width="339" height="254" /></p><p
style="text-align: left;">Par prolétarisation, j&#8217;entends le processus qui conduit à la perte de connaissance critique et de savoir-faire. Bernard Stiegler a clairement expliqué ce processus en rappelant qu&#8217;<strong>un prolétaire n&#8217;était pas nécessairement un pauvre</strong> (<a
id="jdf5" title="Alan Greenspan est un prolétaire" href="http://www.youtube.com/watch?v=55-A1-D3MR0&amp;feature=related" onclick="pageTracker._trackPageview('/outgoing/www.youtube.com/watch?v=55-A1-D3MR0_amp_feature=related&amp;referer=');">Alan Greenspan est un prolétaire</a> qui a été le patron de la réserve fédérale américaine pendant vingt ans). Prolétarisation ne veut pas dire la même chose que paupérisation, même si l&#8217;un entraîne souvent l&#8217;autre.</p><p>Au début de la phase d&#8217;industrialisation, <strong>le prolétaire est celui qui a vu son savoir-faire passer dans la machine</strong>. En conséquence de quoi on ne l&#8217;a plus payé pour son savoir faire mais pour sa simple force de travail qui ne le distinguait dès lors plus d&#8217;un autre travailleur, et donc pouvait être mis en concurrence permanente.</p><p>C&#8217;est quelque chose que l&#8217;on peut constater : dans tout marché, dans la mesure où il s&#8217;industrialise, il y a une prolétarisation non seulement des utilisateurs et des consommateurs mais <strong>également de ceux qui font partie de la chaîne de conception et d&#8217;ingénierie</strong>. Aujourd&#8217;hui un garagiste ne répare plus les voitures : il branche une machine à diagnostic et vous indique le module à changer si son appareillage ne peut faire la réparation en réinitialisant le module incriminé.</p><p>Le marché de l&#8217;informatique et des technologies de l&#8217;information (Editeurs, DSI, SSII, Intégrateurs) n&#8217;échappe pas à cette tendance. ll est étonnant de voir que les ingénieurs qui ont participé à la conception des machines, puis des ordinateurs et enfin des logiciels sont eux aussi dans une phase active de prolétarisation. Ils participent à la mise en place d&#8217;un système technique qui prolétarise les utilisateurs de ces dispositifs, <strong>avant de les prolétariser eux mêmes en retour</strong>.<span
id="more-1025"></span></p><div
style="text-align: center;">*</div><p
style="text-align: left;">Confronté à la baisse tendancielle du taux de profit, une entreprise du secteur de l&#8217;informatique est condamné à étendre son marché : soit en augmentant le nombre de clients, soit en vendant plus (ou plus cher) chez chaque client.</p><p>C&#8217;est dans ce contexte que le marketing intervient pour optimiser le positionnement de l&#8217;entreprise sur un marché concurrentiel. Et, comme tout marché, le marché de l&#8217;informatique est façonné par le marketing. Façonné à un point où <strong>l&#8217;organisation et les départements des SSII et des intégrateurs est calqué sur le découpage des parts de marché des grands acteurs du logiciel</strong> : il y a le département Oracle, SAP, Microsoft, IBM et parfois, au fond du couloir à gauche, une plus petite équipe Open Source.</p><p
style="text-align: center;"><img
class="aligncenter" title="Marketing" src="http://newton.typepad.com/content/images/2007/04/10/buythis.jpg" alt="" width="483" height="302" /></p><p
style="text-align: left;">Si l&#8217;on considère le marché de l&#8217;informatique de gestion &#8211; et notamment celui des grandes entreprises &#8211; la prolétarisation est arrivé à un paroxysme. Signe de cette tendance, une spécialisation accrue des compétences qui est due à la complexification des systèmes d&#8217;une part, et au morcellement des applications déclinées par chaque vendeur de logiciel d&#8217;autre part (le spécialiste Weblogic ne sera pas à l&#8217;aise sur Websphere et inversement, pareil pour les bases de données, les EAI, etc.).</p><p>Pour chaque typologie de logiciel, la société de services informatique va devoir choisir les éditeurs avec lesquels elle souhaite travailler, car on ne peut maintenir des compétences sur tous les produits.</p><p>Situation à laquelle il faut rajouter la multiplicité des langages, où l&#8217;on voit chaque développeur plus ou moins limité par le spectre des solutions qui entrent dans le périmètre du langage qu&#8217;il maîtrise.</p><p>Ce qui se perd &#8211; dans le contexte que je viens de survoler rapidement &#8211; c&#8217;est le savoir-faire et la connaissance critique. Et cela est d&#8217;autant plus vrai du point de vue de l&#8217;architecte qui doit penser l&#8217;articulation entre des composants du système d&#8217;information.</p><p>Or ne peut pas être architecte (que ce soit de l&#8217;architecture réseau, applicative ou même de l&#8217;architecture des données) en étant incapable de porter un <strong>regard critique</strong>. Cela passe nécessairement par la capacité à discuter et à émettre des avis critiques, ce que ne sont pas capables de faire les experts techniques maîtrisant les solution d&#8217;un seul éditeur de logiciel.</p><div
style="text-align: center;">*</div><p
style="text-align: left;">je suis particulièrement sensible à cette situation car, n&#8217;étant pas un &laquo;&nbsp;informaticien expert&nbsp;&raquo;, je me nourris de l&#8217;expérience des autres, des discussions et des échanges que je peux avoir avec les meilleurs d&#8217;entre eux (laurent, gautier, aurélien, bruno, yves-marie, etc.). <strong>Je suis</strong> <strong>comme le canari dans une mine de charbon qui prévient le manque d&#8217;oxygène</strong> : si je n&#8217;ai pas de répondant, c&#8217;est qu&#8217;il y a un affaissement de la capacité critique autour de moi.</p><p>La situation serait devenue pourtant bien pire si le web n&#8217;était pas là. Car les discussions et les échanges sont décuplées par le réseau qui est un espace participatif car chacun peut prendre la parole.<br
/> Mais<strong> il y a encore des informaticiens qui n&#8217;utilisent pas le web</strong>. Chose surprenante car les discussions techniques sur l&#8217;informatique sont très présentes sur le web. Je dis &laquo;&nbsp;n&#8217;utilisent pas le web&nbsp;&raquo; en ce sens que si un problème technique est posé, ils restent prisonniers de leur propre expérience, éventuellement de quelques collègues, mais n&#8217;ont pas le réflexe de mener des recherches approfondies et une réelle investigation sur le web (j&#8217;en avais fait l&#8217;exercice à propos des <a
id="dht_" title="URIs déréférençables" href="../2008/11/02/quest-ce-quune-uri-dereferencable/">URIs déréférençables</a> ).</p><div
style="text-align: center;">*</div><p
style="text-align: left;">Cela n&#8217;étonnera personne si j&#8217;affirme que <strong>c&#8217;est dans le domaine du logiciel libre qu&#8217;il y a le plus d&#8217;échanges et de discussions</strong>, c&#8217;est aussi là que les regards critiques s&#8217;exercent le plus car le mouvement repose sur une économie de la contribution dans laquelle chacun progresse parce que la communauté progresse. C&#8217;est également là que les standards sont les plus <strong>implémentés</strong> et les plus <strong>éprouvés</strong>.</p><p
style="text-align: left;">Les informaticiens qui participent &#8211; ou on été élevé &#8211; à l&#8217;open source, sont toujours les meilleurs, même lorsqu&#8217;il s&#8217;agit d&#8217;aller mettre leur nez dans des solutions propriétaires : précisément parce qu&#8217;ils exercent un regard critique qui leur donne une hauteur que ne peut que difficilement développer quelqu&#8217;un qui reste dans les limites d&#8217;une solution propriétaire (quand ça va mal sur un projet SAP il n&#8217;est pas rare qu&#8217;un architecte &laquo;&nbsp;open source&nbsp;&raquo; arrive en renfort). &laquo;&nbsp;Meilleur&nbsp;&raquo; ne veut pas ici nécessairement dire  &laquo;&nbsp;techniquement plus compétent&nbsp;&raquo;, cela veut aussi dire plus <strong>autonome</strong>, plus <strong>entreprenant</strong>, plus <strong>curieux</strong>. Bref, plus <a
id="nqag" title="passionné" href="http://www.biologeek.com/conferences,django,python/lelitisme-de-la-curiosite/" onclick="pageTracker._trackPageview('/outgoing/www.biologeek.com/conferences_django_python/lelitisme-de-la-curiosite/?referer=');">passionné</a>.</p><p
style="text-align: left;">Le mouvement Open Source est un véritable antidote à la prolétarisation de l&#8217;informatique. Mais cela ne doit pas être pour autant compris comme étant une invitation a imposer de l&#8217;Open Source partout, car le remède administré à trop forte dose deviendrait vite un poison.</p><p>Quoi qu&#8217;il en soit, &laquo;&nbsp;l&#8217;ingénieur open source&nbsp;&raquo; fait peur au marché et au management des grandes SSII : précisément parce qu&#8217;<strong>il a un savoir-savoir faire qui peut tout remettre en cause</strong>, notamment des choix commerciaux ou une stratégie marketing. C&#8217;est un peu celui qui n&#8217;est pas facilement &laquo;&nbsp;manageable&nbsp;&raquo; parce qu&#8217;il est singulier. Et si beaucoup de profils &laquo;&nbsp;professionnels&nbsp;&raquo; de l&#8217;informatique se ressemblent, c&#8217;est parce que ce sont des &laquo;&nbsp;ressources&nbsp;&raquo; interchangeables et prolétarisées, qui n&#8217;ont pas la singularité des ingénieurs open source.</p><p>Or manager et tirer tout le profit de ces passionnés qui participent au développement du métier est un enjeu majeur pour toutes les SSII, qu&#8217;elles n&#8217;exploitent que très mal. Il est toujours plus facile d&#8217;avoir une stratégie d&#8217;allégeance inconditionnelle aux pressions du marketing des éditeurs de logiciels que de <strong>développer sa propre vision en faisant confiance à ceux qui sont encore capables de porter un regard critique sur les technologies</strong>.</p><p>C&#8217;est parce que l&#8217;intelligence technique &#8211; qui au sens strict du terme s&#8217;appelle<em> le génie</em> &#8211; est sacrifiée à une vision exclusivement mercantile et court-termiste du métier que l&#8217;on se retrouve avec une population d&#8217;informaticiens prolétarisés.</p><div
style="text-align: center;">*</div><p
style="text-align: left;">Il y a un manque chronique d&#8217;architectes ou de développeurs de talent dans les grandes SSII, non pas qu&#8217;ils n&#8217;existent pas, mais ils sont trop peu nombreux en proportion de la masse salariale. je repense à <a
id="bo.e" title="Yves Marie Pondaven" href="http://blog.pondaven.net/" onclick="pageTracker._trackPageview('/outgoing/blog.pondaven.net/?referer=');">Yves Marie Pondaven</a> qui me parlait de <a
id="btqq" title="jean Paul Figer" href="http://www.figer.com/" onclick="pageTracker._trackPageview('/outgoing/www.figer.com/?referer=');">Jean Paul Figer</a> , figure emblématique de Capgemini, qui peut arriver sur un grand projet de plusieurs millions d&#8217;euros à la dérive et dire en substance :</p><blockquote
style="text-align: left;"><p>&laquo;&nbsp;je vous refais tout pour deux fois moins cher et deux fois plus vite, mais on fera comme je dirai&nbsp;&raquo;.</p></blockquote><p
style="text-align: left;">Combien sont capable de dire çà à des grands clients ? Combien d&#8217;entre-nous sont capables de dire à un client :</p><blockquote
style="text-align: left;"><p>&laquo;&nbsp;la solution que vous demandez et la façon dont vous voulez qu&#8217;elle soit réalisée relève d&#8217;une profonde erreur d&#8217;appréciation&nbsp;&raquo;</p></blockquote><p
style="text-align: left;">Mais, si c&#8217;est si dur à dire à un client, c&#8217;est parce que <strong>la prolétarisation des informaticiens touche aussi celle des entreprises clientes</strong> qui sont devenues des consommatrices de solutions packagées par le marketing des éditeurs.  Les départements informatiques, dans leur grande majorité, ont perdu tout sens critique depuis que leur culture technique repose dans le meilleur des cas sur la lecture hebdomadaire de <a
id="kd-8" title="01 Informatique" href="http://www.01net.com/" onclick="pageTracker._trackPageview('/outgoing/www.01net.com/?referer=');">01 Informatique</a> ses dix dernières années.</p><p>Aussi quand vous êtes en face du client qui vous dit, fier de lui et avec l&#8217;oeil qui pétille &laquo;&nbsp;Je veux de la SOA avec un bon gros serveur d&#8217;application qui crache du SOAP avec un ESB et du MDM&nbsp;&raquo;, que faut-il faire ? On se dit que c&#8217;est trop tard, et trop risqué de revenir en arrière ou d&#8217;émettre des doutes, et on lui dit &laquo;&nbsp;mais bien sûr, je vois que vous êtes un connaisseur, on va vous faire un beau projet <strong>&laquo;&nbsp;state of the art&nbsp;&raquo;</strong> &#8230; sachant que l&#8217;on va droit dans le <strong>&laquo;&nbsp;state of the art failure&nbsp;&raquo;</strong>.</p> <span
class="post-twitter" ><a
href="http://twitter.com/home?status=Chez%20%40ChristianFaure%20%3A%20%22La%20prol%C3%A9tarisation%20dans%20les%20soci%C3%A9t%C3%A9s%20informatiques%22%20http%3A%2F%2Ftinyurl.com%2Fyhz2psw" title="Signaler sur Twitter" rel="nofollow" onclick="pageTracker._trackPageview('/outgoing/twitter.com/home?status=Chez_20_40ChristianFaure_20_3A_20_22La_20prol_C3_A9tarisation_20dans_20les_20soci_C3_A9t_C3_A9s_20informatiques_22_20http_3A_2F_2Ftinyurl.com_2Fyhz2psw&amp;referer=');">Signaler sur Twitter</a></span><p>Related posts:<ol><li><a
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isPermaLink="false">http://www.christian-faure.net/2008/02/13/proletarisation-dans-la-genealogie-des-ssii/</guid> <description><![CDATA[Le processus de prolétarisation qu&#8217;il m&#8217;arrive d&#8217;évoquer dans certaines réunions est généralement mal compris. On confond prolétarisation et paupérisation. Or, un pauvre n&#8217;est pas nécessairement un prolétaire même si, statistiquement, la corrélation est forte. Un prolétaire, comme je l&#8217;ai déjà précisé (en emboîtant le pas des travaux de Bernard Stiegler), est celui qui se fait [...]
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/> On confond <em>prolétarisation</em> et <em>paupérisation</em>. Or, <strong>un pauvre n&#8217;est pas nécessairement un prolétaire</strong> même si, statistiquement, la corrélation est forte.</p><p><span
id="more-413"></span>Un prolétaire, comme je l&#8217;ai déjà précisé (en emboîtant le pas des travaux de Bernard Stiegler), est <strong>celui qui se fait déposséder de ses connaissances et de son savoir faire</strong>, soit parce qu&#8217;ils sont passés dans la machine-outil, soit parce qu&#8217;ils ont été modélisé dans l&#8217;algorithme d&#8217;un logiciel.<br
/> Ainsi dépossédé, on ne peut plus, pour des raisons économiques, continuer à exercer son activité et, par voie de conséquence, <strong>on ne peut plus se réaliser ou trouver du plaisir dans son travail</strong>.<br
/> Autrement dit, on ne peut plus s&#8217;individuer.</p><p><strong>Soyons attentif à ce processus de prolétarisation dans le cadre des sociétés de services en informatique</strong>, les SSII, et on constate qu&#8217;il y est très présent.</p><p>Tout d&#8217;abord, si vous travaillez dans ce milieu, vous avez très certainement entendu parlé de &laquo;&nbsp;produits sur étagère&nbsp;&raquo;, qui est l&#8217;expression consacrée indiquant que <strong>les entreprises arrêtent de faire des développements logiciels spécifiques pour répondre à leur besoin</strong>. En lieu et place ils achètent des licences de produits logiciels tout packagés ( Rq : j&#8217;exclue volontairement les solutions Open Source de mon propos car elles échappent, tout du moins en partie, à la prolétarisation que j&#8217;évoque).</p><p>Ainsi, <strong>les années 90 (et jusqu&#8217;en 2007) ont été les années des éditeurs</strong> qui proposaient des logiciels déjà développés pour répondre aux besoins des entreprises.<br
/> Face à cette tendance, les prestataires de services informatiques (tout comme les informaticiens salariés des entreprises utilisatrices) se sont vu dépossédés de la possibilité d&#8217;exercer pleinement leur savoir faire.  De moins en moins de développements ; la plupart des informaticiens ont du <strong>restreindre leur périmètre d&#8217;intervention sur les phases d&#8217;installation, de paramétrage et de maintenance</strong>.</p><p>Il faut bien comprendre <strong>qu&#8217;il n&#8217;y a pas de prolétarisation de masse sans marketing</strong>. C&#8217;est donc tout naturellement que le marketing des éditeurs a commencé à connaître ses heures de gloire dès les années 90, et encore jusqu&#8217;à aujourd&#8217;hui, même si je pense que fondamentalement une page a été tournée.</p><p>L&#8217;emprise du marketing des éditeurs de logiciels a été telle que <strong>les départements et l&#8217;organisation des SSII se sont alignés sur leurs concepts</strong>. Ainsi vous retrouvez dans telle équipe ceux qui font du logiciel de Gestion de Contenu (ECM), dans une autre ceux qui font de l&#8217;Architecture Orientée Service,  là ceux qui font du Business Process Management (BPM), ici ceux qui font de la Gestion d&#8217;identité, etc.<br
/> Le phénomène arrive à son paroxysme lorsque des équipes sont carrément dédiées à un Editeur de progiciel intégré comme par exemple Oracle ou SAP, reléguées qu&#8217;elles sont à un simple rôle de sous-traitant d&#8217;éditeur.<br
/> Mais le <em>summum</em> est atteint avec la constitution de <strong>filiales communes entre SSII et éditeurs</strong>, comme par exemple entre Accenture et Microsoft qui a donné naissance à Avanade.</p><p>Toujours est-il que la prolétarisation qui s&#8217;en est suivie a finalement donnée <strong>une sale image de marque à ces entreprises de prestation informatique</strong>. Qui n&#8217;a pas entendu parlé de ces SSI comme des <q>vendeurs de viandes</q> ?</p><p>De toute façon, les jeux étaient fait dès l&#8217;instant où, pour garder des parts de marché, ces entreprises ont du <strong>s&#8217;arrimer à la locomotive du marketing des éditeurs, elle même avalisé par les cabinets de marketing technologiques</strong> que sont les Gartner, Forrester et autres IDC.</p><p>Si l&#8217;on continu à décrire le contexte général des forces qui s&#8217;exercent sur les grandes SSII, il faut rajouter qu&#8217;elles ont été introduites en bourse. Or, les actionnaires, surtout s&#8217;ils sont animés par la spéculation et les enjeux à court terme comme certains fonds de pensions américains, <strong>n&#8217;ont que faire du montant du chiffre d&#8217;affaire réalisé, seul la marge et le bénéfice a de la valeur à leur yeux</strong>.</p><p>Voilà donc nos SSII pris au piège d&#8217;une activité prolétarisée &#8211; qui donc génère de moins en moins de cash et de bénéfices &#8211; et contraintes à présent à s&#8217;engager vers des activités dégageant plus de marges.</p><p>La voie de l&#8217;offshore qui a été bien souvent choisie est une illusion car elle ne fait que reproduire la prolétarisation dans un autre contexte : <strong>il s&#8217;agit juste de gagner du temps</strong>.</p><p>Dans la désintermédiation annoncée par les solutions en mode SaaS, les grandes SSII vont devoir prendre des décisions pour se re-configurer, <strong>re-designer leur activité</strong> qui n&#8217;a cessé de se prolétariser ces dernières années.</p><p>En l&#8217;occurrence, <strong>on ne pourra pas se contenter de refaire <q>on the cloud</q> ce que l&#8217;on faisait <q>on premises</q> </strong>: il faudra être plus imaginatif pour conquérir ce <em>golden field</em>, comme on dit dans le marketing.</p><p><img
title="Golden Field" src="http://www.christian-faure.net/wp-images/GoldenField.jpg" /></p> <span
class="post-twitter" ><a
href="http://twitter.com/home?status=Chez%20%40ChristianFaure%20%3A%20%22Prol%C3%A9tarisation%20dans%20la%20g%C3%A9n%C3%A9alogie%20des%20SSII%22%20http%3A%2F%2Ftinyurl.com%2F3xuw9h" title="Signaler sur Twitter" rel="nofollow" onclick="pageTracker._trackPageview('/outgoing/twitter.com/home?status=Chez_20_40ChristianFaure_20_3A_20_22Prol_C3_A9tarisation_20dans_20la_20g_C3_A9n_C3_A9alogie_20des_20SSII_22_20http_3A_2F_2Ftinyurl.com_2F3xuw9h&amp;referer=');">Signaler sur Twitter</a></span><p>Related posts:<ol><li><a
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isPermaLink="false">http://www.christian-faure.net/2006/06/25/proltarisation-informatique/</guid> <description><![CDATA[Il faut commencer par rappeler ce qu&#8217;est un prolétaire. Pour avoir posé la question autour de moi, peu de personnes connaissent le terme. Généralement le prolétaire est assimilé à un pauvre, qui vend sa force de travail pour gagner juste assez d&#8217;argent jusqu&#8217;au lendemain, condamné ainsi à un cercle vicieux, sans espoir de voir un [...]
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/> <span
id="more-90"></span><br
/> Cette compréhension du terme prolétaire, sans être fausse, ne dit pas tout. En fait, elle ne dit pas l&#8217;essentiel :<br
/> <strong>Un prolétaire est celui  qui a été privé de l&#8217;exercice d&#8217;un savoir-faire, d&#8217;une connaissance.</strong><br
/> Sans cet exercice, sans cette pratique, il ne peut s&#8217;individuer ; il est en permanence dépossédé de son savoir-faire. C&#8217;est ce qui c&#8217;est passé lors de l&#8217;apparition du travail à la chaîne, dans l&#8217;introduction de la machine-outil et aujourd&#8217;hui dans l&#8217;informatisation des entreprises.</p><p>L&#8217;ERP (Enterprise Resource Planning), ou le progiciel, est l&#8217;application informatique qui cristallise la prolétarisation informatique à laquelle nous assistons depuis plusieurs années.</p><ul><li>Prenez un excellent acheteur, il n&#8217;acceptera jamais de travailler avec du SAP, ou tout autre progiciel. Un mauvais acheteur n&#8217;aura pas le choix et ne pourra pas refuser le poste.</li></ul><ul><li>Idem dans le cadre de la Gestion de la Relation Client : ceux qui sont les meilleurs n&#8217;utiliseront pas un progiciel de  gestion de la relation client. Ils s&#8217;organiseront différemment, peut être toujours avec des solutions informatiques, mais différemment.</li></ul><ul><li>Dans le domaine de la comptabilité et du contrôle de gestion, j&#8217;ai toujours vu les acteurs avoir leur classeur Excel en double comptabilité, d&#8217;une part parce qu&#8217;ils ne font pas confiance au progiciel déployé au sein de leur entreprise, d&#8217;autre part parce qu&#8217;ils ont la sensation de mieux faire et de mieux comprendre leur métier avec un simple tableur.</li></ul><p>Je n&#8217;ai aucun plaisir à mettre en place un ERP chez un client, tout comme je n&#8217;ai aucun plaisir à utiliser un ERP. Je suis aussi persuadé que ceux qui cherchent des leviers pour motiver leurs salariés devraient regarder à deux fois les coûts cachés d&#8217;un ERP, car ce sont de véritables machines à briser le désir qui figent le développement de connaissances et de savoir-faire dans lesquels chacun peut et veut s&#8217;individuer.</p><p>J&#8217;invite chaque entreprise à reconsidérer le statut et le rôle de l&#8217;informatisation dans son organisation. Plus l&#8217;entreprise est jeune et de petite taille, plus cela est possible. Cela sera plus lent dans les grandes organisations. En effet on croit généralement que les enjeux des grandes entreprises exigent ces ERP, mais c&#8217;est totalement faux : on peut faire mieux, pour beaucoup moins cher et de manière beaucoup plus passionnante.<br
/> La prolétarisation de nos activités n&#8217;a rien de nécessaire, c&#8217;est juste une voie dans laquelle nous engagent ceux qui ne comprennent rien à la technique. Ainsi Michel Bon (ancien président de France Telecom) dira-t-il  lors d&#8217;une conférence à Dauphine :</p><blockquote><p> « La technique, moi, je n’en ai rien à foutre ».</p></blockquote> <span
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href="http://twitter.com/home?status=Chez%20%40ChristianFaure%20%3A%20%22Prol%26%23233%3Btarisation%20informatique%22%20http%3A%2F%2Ftinyurl.com%2Fyhy6dps" title="Signaler sur Twitter" rel="nofollow" onclick="pageTracker._trackPageview('/outgoing/twitter.com/home?status=Chez_20_40ChristianFaure_20_3A_20_22Prol_26_23233_3Btarisation_20informatique_22_20http_3A_2F_2Ftinyurl.com_2Fyhy6dps&amp;referer=');">Signaler sur Twitter</a></span><p>Related posts:<ol><li><a
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isPermaLink="false">http://www.christian-faure.net/index.php/2005/11/06/quoi-de-neuf-dans-lentreprise/</guid> <description><![CDATA[L&#8217;entreprise n&#8217;est pas, pour Stiegler, l&#8217;entit&#233; par laquelle une r&#233;ponse &#224; la mis&#232;re symbolique peut &#234;tre apport&#233;e. Essentiellement parce qu&#8217;elle cherche &#224; obtenir des retours sur investissement le plus rapidement possible. Seul l&#8217;Etat et des organisations supranationales peuvent investir sur le long terme. Mais il faut bien voir que la mis&#232;re symbolique est aussi pr&#233;sente [...]
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/> Mais il faut bien voir que la mis&#232;re symbolique est aussi pr&#233;sente au sein m&#234;me de l&#8217;entreprise. Quels sont les m&#233;canismes en place dans l&#8217;entreprise ?</p><ul><li>Il y a une prol&#233;tarisation de l&#8217;immense majorit&#233; des employ&#233;s. Elle est majoritairement port&#233;e par les technologies de l&#8217;information et de la communication. Il y a une d&#233;possession des savoir-faire des employ&#233;s. D&#8217;abord les savoir-faire remplac&#233;s par la machine, puis ceux par l&#8217;informatisation des entreprises.</li><li>Il y a une tertiairisation des activit&#233;s. Et celle-ci am&#232;ne avec elle une d&#233;responsabilisation qui vise &#224; diluer le processus de prise de d&#233;cision. La d&#233;cision elle-m&#234;me est devenu un processus.</li><li>Les processus impliquent des proc&#233;dures et ces proc&#233;dures impliquent des r&#232;gles de comportement. Or, il n&#8217;y a plus de pratiques possibles parce qu&#8217;il n&#8217;y a plus d&#8217;espace libre constitu&#233; par l&#8217;absence de proc&#233;dures.</li><li>L&#8217;encerclement est rendu op&#233;ratoire par une autre syst&#232;me, celui du syst&#232;me d&#8217;information. Tout les savoir-faire reposant sur une proc&#233;dure peuvent &#234;tre pris en charge par le syst&#232;me d&#8217;information, et ce tant qu&#8217;une d&#233;cision humaine n&#8217;est pas n&#233;cessaire.</li><li>L&#224; o&#249; le processus rencontre le syst&#232;me d&#8217;information, il y a risque de perte d&#8217;individuation des employ&#233;s.</li></ul><p>Mais que risque l&#8217;entreprise ? Tout simplement le manque de motivation et l&#8217;absence de participation des salari&#233;s.</p><p>Il y a une automatisation, une autonomie, en terme simondien une individuation, des syst&#232;mes d&#8217;information. C&#8217;est la raison pour laquelle des entreprises se constituent &#224; pr&#233;sent sur la base m&#234;me du syst&#232;me d&#8217;information. Avant, il y avait l&#8217;entreprise puis l&#8217;informatisation de l&#8217;entreprise ; aujourd&#8217;hui il peut y avoir le syst&#232;me d&#8217;information puis l&#8217;entreprise qui se cr&#233;&#233;e sur la base de ce syst&#232;me. Ce que l&#8217;entreprise propose, c&#8217;est l&#8217;utilisation de son syst&#232;me d&#8217;information. Dans un premier temps, ces services &#233;taient gratuits, et  certains le sont rest&#233; comme Google, trouvant leur ressources financi&#232;res dans les annonceurs et le marketing.</p><p>La tendance est claire : l&#8217;utilisation des syst&#232;mes d&#8217;information a vocation &#224; ne pas &#234;tre un service payant pour les particuliers et les consommateurs, pour peu que vous y donniez des informations, que vous en fassiez un support privil&#233;gi&#233; de vos activit&#233;s. Les consommateurs deviennent des &laquo;&nbsp;knowledge workers&nbsp;&raquo; non r&#233;mun&#233;r&#233;s des soci&#233;t&#233;s internet telles eBay, Amazon ou Google.</p><p>Mais au sein des entreprises, comment vivent les employ&#233;s ? Il changent de poste tout les trois ou quatre ans, ces changements  prouvent l&#8217;interchangeabilit&#233; de certaines fonctions. Les salari&#233;s quittent l&#8217;entreprise, ils cessent toute participation. Il ne s&#8217;y investissent plus par ce qu&#8217;ils ne peuvent plus s&#8217;y r&#233;aliser.<br
/> Il s&#8217;instaure une fracture et une prol&#233;tarisation croissante des classes hi&#233;rarchiques moyennes de l&#8217;entreprise, celle-ci se manifeste par la diminution des niveaux hi&#233;rarchique. Deux profils &#233;mergent : ceux qui sont prol&#233;taris&#233;s et qui repr&#233;sentent la quasi-totalit&#233; des personnes, et une classe de haut dirigeants. Un peu &#224; l&#8217;image de ce qui se ressent dans le secteur automobile : le march&#233; tend &#224; se d&#233;chirer entre les voitures tr&#232;s bas de gamme et peu ch&#232;res, et &#224; l&#8217;extr&#234;me un petit march&#233; pour des voitures tr&#232;s haut de gamme.<br
/> Les entreprises actuelles balayent progressivement la composante hi&#233;rarchique pour y substituer un r&#233;seau dont l&#8217;&#233;pine dorsale est le syst&#232;me d&#8217;information. Face &#224; ce constat, comment anticiper, et comment le d&#233;sir peut-il rena&#238;tre, et avec lui la participation ?</p> <span
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href="http://twitter.com/home?status=Chez%20%40ChristianFaure%20%3A%20%22Quoi%20de%20neuf%20dans%20l%27entreprise%20%3F%22%20http%3A%2F%2Ftinyurl.com%2Fybmoaqt" title="Signaler sur Twitter" rel="nofollow" onclick="pageTracker._trackPageview('/outgoing/twitter.com/home?status=Chez_20_40ChristianFaure_20_3A_20_22Quoi_20de_20neuf_20dans_20l_27entreprise_20_3F_22_20http_3A_2F_2Ftinyurl.com_2Fybmoaqt&amp;referer=');">Signaler sur Twitter</a></span><p>Related posts:<ol><li><a
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