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><channel><title>Christian Fauré &#187; économie</title> <atom:link href="http://www.christian-faure.net/tag/economie/feed/" rel="self" type="application/rss+xml" /><link>http://www.christian-faure.net</link> <description>Hypomnemata : supports de mémoire</description> <lastBuildDate>Wed, 08 Feb 2012 13:01:47 +0000</lastBuildDate> <language>fr</language> <sy:updatePeriod>hourly</sy:updatePeriod> <sy:updateFrequency>1</sy:updateFrequency> <generator>http://wordpress.org/?v=3.3.1</generator> <item><title>A propos de &#171;&#160;La fabrique de l&#8217;homme endetté&#160;&#187;, de Maurizio Lazzarato</title><link>http://www.christian-faure.net/2011/12/28/a-propos-de-la-fabrique-de-lhomme-endette-de-maurizio-lazzarato/</link> <comments>http://www.christian-faure.net/2011/12/28/a-propos-de-la-fabrique-de-lhomme-endette-de-maurizio-lazzarato/#comments</comments> <pubDate>Wed, 28 Dec 2011 16:50:04 +0000</pubDate> <dc:creator>Christian</dc:creator> <category><![CDATA[Défaut]]></category> <category><![CDATA[économie]]></category> <category><![CDATA[contribution]]></category> <category><![CDATA[Lazzarato]]></category> <category><![CDATA[Politique]]></category><guid
isPermaLink="false">http://www.christian-faure.net/?p=2521</guid> <description><![CDATA[Avec La Fabrique de l’homme endetté, Maurizio Lazzarato cherche à qualifier le lieu le plus opportun à partir duquel la lutte des classes se joue et s’articule de la manière la plus actuelle. A partir du texte Nietzschéen de la deuxième dissertation de la Généalogie de la Morale, Lazzarato caractérise l’épopée humaine depuis la diffusion du [...]
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style="text-align: justify;">Avec <a
href="http://www.amazon.fr/fabrique-lhomme-endett%C3%A9-condition-n%C3%A9olib%C3%A9rale/dp/2354800967" onclick="pageTracker._trackPageview('/outgoing/www.amazon.fr/fabrique-lhomme-endett_C3_A9-condition-n_C3_A9olib_C3_A9rale/dp/2354800967?referer=');">La Fabrique de l’homme endetté</a>, <a
href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Maurizio_Lazzarato" onclick="pageTracker._trackPageview('/outgoing/fr.wikipedia.org/wiki/Maurizio_Lazzarato?referer=');">Maurizio Lazzarato</a> cherche à qualifier le lieu le plus opportun à partir duquel la lutte des classes se joue et s’articule de la manière la plus actuelle.</p><div
id="attachment_2522" class="wp-caption aligncenter" style="width: 361px"> <a
href="http://www.christian-faure.net/?attachment_id=2522" rel="attachment wp-att-2522"><img
class=" wp-image-2522" title="lazzarato" src="http://www.christian-faure.net/wp-content/uploads/lazzarato-300x300.jpg" alt="" width="361" height="361" /></a><p
class="wp-caption-text">La superbe illustration de couverture est de C. K. Wilde</p></div><p
style="text-align: justify;"> A partir du texte Nietzschéen de <a
href="http://fr.wikipedia.org/wiki/G%C3%A9n%C3%A9alogie_de_la_morale#2e_dissertation_:_.C2.AB_La_faute_et_la_mauvaise_conscience_et_ce_qui_les_rassemble_.C2.BB" onclick="pageTracker._trackPageview('/outgoing/fr.wikipedia.org/wiki/G_C3_A9n_C3_A9alogie_de_la_morale_2e_dissertation_.C2.AB_La_faute_et_la_mauvaise_conscience_et_ce_qui_les_rassemble_.C2.BB?referer=');">la deuxième dissertation de la Généalogie de la Morale</a>, Lazzarato caractérise l’épopée humaine depuis la diffusion du christianisme comme étant celle de <strong>la fabrique de l’homme endetté</strong>. Il faut, nous dit-il, oublier les oppositions patron/ouvrier, maître/esclave, capitalisme financier/capitalisme industriel, etc. et ouvrir les yeux sur <strong>les mécanismes de domination qui s’exercent actuellement de manière débridée</strong>.<span
id="more-2521"></span></p><p
style="text-align: justify;">L’exercice est très intéressant et l’argumentaire qui articule Nietzsche &#8211; Foucault &#8211; Deleuze &#8211; Guattari est très séduisant dans la manière dont il décrit le processus par lequel nous avons <strong>intériorisé</strong> le fait d’être endettés et toujours redevable.</p><p>Sans renier l’intérêt et le mérite de ce petit texte limpide et stimulant (c’était déjà le cas avec &laquo;&nbsp;Le Gouvernement des inégalités&nbsp;&raquo;, <a
href="http://www.christian-faure.net/2009/03/22/du-gouvernement-des-inegalites-a-la-necessite-dune-nouvelle-economie-politique/">à propos duquel j’avais fait une note</a>), je ferai toutefois les remarques ci-après.</p><p>Tout d’abord je n’enlèverai pour ainsi dire rien à ce qui est écrit.</p><p
style="text-align: justify;">Deux choses me gênent cependant, comme des manques ou une forme de partialité qui émergent à la lecture du texte. D’abord une forme de <strong>procès à charge contre toutes les figures de la dette</strong> ; la dette « c’est très mal », c’est un instrument de domination redoutable inventé par les créanciers. Mais à trop vouloir coller à sa thèse, on ressent une forme d’injustice à l’encontre de la dette. S’endetter, n’est-ce pas aussi un moyen efficace pour <strong>investir</strong> ?</p><p
style="text-align: justify;">Trop occupé à démasquer les affres de la dette, Lazzarato ne prend pas la peine de souligner qu’<strong>il peut y avoir de bonnes dettes</strong>. Il ne précise également pas qu’une dette ne devient un vrai problème que quand celui qui la contracte n’a <strong>plus de crédit</strong>. C’est d’ailleurs ce qui se passe pour les dettes souveraines européennes : le phénomène de la dette ne devient un problème que lorsque qu’on ne fait plus crédit à un pays et à son gouvernement.</p><p>Si le discours sur &laquo;&nbsp;la Fabrique de l’homme endetté&nbsp;&raquo; est pertinent, il atteint ses limites en ne s’avançant pas plus dans l’<strong>analyse pharmacologique de la dette</strong>, faute de ne pas avoir souligné l’<strong>ambivalence de la dette</strong> (qui peut, je le rappelle, être bonne et positive) : le bébé est ainsi jeté avec l’eau du bain.</p><p>Ensuite vient la question de la « lutte des classes ». Comment nier qu’une telle lutte des classes existe lorsque même l’homme d’affaire américain Warren Buffet affirme que :</p><blockquote><p
style="text-align: justify;">&laquo;&nbsp;Il y a une lutte des classes aux Etats-Unis, bien sûr, mais c&#8217;est ma classe, la classe des riches qui mène la lutte. Et nous gagnons.&nbsp;&raquo;</p></blockquote><p
style="text-align: justify;">Je reste toutefois méfiant sur le concept de « lutte des classes », un <strong>vrai concept savonnette</strong> : il semble facile à appréhender mais vous glisse systématiquement entre les doigts. Méfiant, également, parce que <strong>c&#8217;est un concept d’opposition</strong> (et non de composition) et ne peut déboucher que sur ce qu’il contient en germe : le conflit, la lutte et la mise à jour d’<strong>oppositions irréductibles</strong> (c’est eux ou c’est nous).</p><p
style="text-align: justify;">En faisant uniquement une <strong>pharmacologie négative de la dette</strong>, le geste de Lazzarato n’arrive à produire qu’une injonction à la lutte sans aucune autre alternative qui motive.</p><p>Je me pose donc la question suivante : en <strong>se battant « contre »</strong> ne fait-on pas le jeu d’une situation d’opposition que l’on dénonce par ailleurs puisque tout système de domination est un système d’opposition ? N’est-il pas temps de <strong>se battre « pour »</strong> ? Par exemple pour une <a
href="http://www.google.fr/search?q=%C3%A9conomie+de+la+contribution" onclick="pageTracker._trackPageview('/outgoing/www.google.fr/search?q=_C3_A9conomie+de+la+contribution&amp;referer=');">économie de la contribution</a> ?</p><p>Ce qui m&#8217;amène à remarquer que le problème de « la-gauche-qui-veut-entrer-en-lutte&nbsp;&raquo;, c’est son adhésion aveugle au primat des logiques d’opposition et <strong>sa mécompréhension corollaire des logiques de composition</strong>. C’est que les logiques de composition sont trop souvent, et à tort, assimilées à des logiques de <em>compromission</em>. Or cette équivoque freine systématiquement le <strong>caractère opératoire</strong> des concepts mis à avant, comme ici le concept d’<strong>homme endetté</strong>.</p><p>Quoiqu’il en soit, « La fabrique de l’homme endetté » est assurément un livre à lire, il contient par ailleurs quelques charges bienvenues sur le <strong>capitalisme cognitif et son « économie de la connaissance »</strong>.</p> <span
class="post-twitter" ><a
href="http://twitter.com/home?status=Chez%20%40ChristianFaure%20%3A%20%22A%20propos%20de%20%22La%20fabrique%20de%20l%27homme%20endett%C3%A9%22%2C%20de%20Maurizio%20Lazzarato%22%20http%3A%2F%2Ftinyurl.com%2Fcun97da" title="Signaler sur Twitter" rel="nofollow" onclick="pageTracker._trackPageview('/outgoing/twitter.com/home?status=Chez_20_40ChristianFaure_20_3A_20_22A_20propos_20de_20_22La_20fabrique_20de_20l_27homme_20endett_C3_A9_22_2C_20de_20Maurizio_20Lazzarato_22_20http_3A_2F_2Ftinyurl.com_2Fcun97da&amp;referer=');">Signaler sur Twitter</a></span><p>Related posts:<ol><li><a
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isPermaLink="false">http://www.christian-faure.net/?p=2512</guid> <description><![CDATA[Quatre vidéos choisies de la rencontre au théâtre de la colline du 10 Décembre 2011 : &#160; Introduction de Bernard Stiegler (30min) Réponse et discussion suite à l&#8217;intervention de Paul Jorion (20min) Intervention de Franck Cormerais (26min) Discussion en fin de séance (23 min) Vous pouvez visionner l&#8217;ensemble des vidéos et de la séance sur [...]
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class="aligncenter size-full wp-image-2514" title="jorion" src="http://www.christian-faure.net/wp-content/uploads/jorion.jpg" alt="" width="493" height="361" /></a></p><p>&nbsp;</p><ul><li><a
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href="http://arsindustrialis.org/" onclick="pageTracker._trackPageview('/outgoing/arsindustrialis.org/?referer=');">Ars Industrialis</a>.</p> <span
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href="http://twitter.com/home?status=Chez%20%40ChristianFaure%20%3A%20%22Morceaux%20choisis%20de%20la%20s%C3%A9ance%20publique%20Ars%20Industrialis%20avec%20Paul%20Jorion%22%20http%3A%2F%2Ftinyurl.com%2F7q4pjjc" title="Signaler sur Twitter" rel="nofollow" onclick="pageTracker._trackPageview('/outgoing/twitter.com/home?status=Chez_20_40ChristianFaure_20_3A_20_22Morceaux_20choisis_20de_20la_20s_C3_A9ance_20publique_20Ars_20Industrialis_20avec_20Paul_20Jorion_22_20http_3A_2F_2Ftinyurl.com_2F7q4pjjc&amp;referer=');">Signaler sur Twitter</a></span><p>Related posts:<ol><li><a
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isPermaLink="false">http://www.christian-faure.net/?p=2083</guid> <description><![CDATA[En m&#8217;appuyant sur les travaux de Michel Anteby et de Michel de Certeau, je vais tenter de montrer que l&#8217;évolution des pratiques de la &#171;&#160;perruque&#160;&#187;, notamment dans le contexte numérique, peut donner de précieuses informations sur l&#8217;émergence d&#8217;une économie de la contribution. Le travail en perruque Outre le pastiche du coiffeur que désigne le plus [...]
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style="text-align: justify;">En  m&#8217;appuyant sur les travaux de <a
href="http://drfd.hbs.edu/fit/public/facultyInfo.do?facInfo=ovr&amp;facEmId=manteby" onclick="pageTracker._trackPageview('/outgoing/drfd.hbs.edu/fit/public/facultyInfo.do?facInfo=ovr_amp_facEmId=manteby&amp;referer=');">Michel Anteby</a> et de <a
href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Michel_de_Certeau" onclick="pageTracker._trackPageview('/outgoing/fr.wikipedia.org/wiki/Michel_de_Certeau?referer=');">Michel de Certeau</a>, je  vais tenter de montrer que l&#8217;évolution des pratiques de la &laquo;&nbsp;perruque&nbsp;&raquo;,  notamment dans le contexte numérique, peut donner de précieuses  informations sur l&#8217;émergence d&#8217;une économie de la contribution.</p><h2 style="text-align: justify;">Le travail en perruque</h2><p
style="text-align: justify;">Outre  le pastiche du coiffeur que désigne le plus couramment le terme de perruque, le mot désigne également une forme de détournement  dans l’utilisation des biens ou de l’outil de production de  l’entreprise.</p><p
style="text-align: justify;">La perruque peut être définie comme :</p><blockquote><p>“L&#8217;utilisation  de matériaux et d’outils par un travailleur sur le lieu de  l’entreprise, pendant le temps de travail, dans but de fabriquer ou de  transformer un objet en dehors de la production de l’entreprise” (R.  Kosmann, La pérruque où le travail masqué. Renault, Histoire 11(juin),  Société d’histoire du groupe Renault, Boulogne Billancourt, 20-27)<br
/> Il  existe de nombreuses variantes du terme de “perruque” : “bricoles”,  “pinailles”,  “bousilles”, “pendilles” en France ; “homers”, “government  job” aux États-Unis ; “fidding” ou “pilfering” en Angleterre (Michel  Anteby, <a
href="http://www.people.hbs.edu/manteby/SocioduTravail.pdf" onclick="pageTracker._trackPageview('/outgoing/www.people.hbs.edu/manteby/SocioduTravail.pdf?referer=');">La “perruque” en usine : approche d’une pratique marginale, illégale et fuyante (PDF)</a>. Revue Sociologie du travail, 2003, vol. 45, no 4 pp. 455-456).</p></blockquote><p
style="text-align: justify;">Du  vol caractérisé aux petits arrangements sans conséquences, il y a toute  une palette de formes de travail en perruque dont <strong>les contours sont  fuyants</strong>, l’activité étant d’ailleurs comparée à du <strong>braconnage</strong>. Mais la  qualification qui revient le plus souvent pour caractériser le travail  en perruque est celui de “<strong>détournement”</strong>.<span
id="more-2083"></span></p><h2 style="text-align: justify;">La perruque comme pratique de détournement</h2><p
style="text-align: justify;"><a
href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Michel_de_Certeau" onclick="pageTracker._trackPageview('/outgoing/fr.wikipedia.org/wiki/Michel_de_Certeau?referer=');">Michel de Certeau</a>, dans l’ouvrage <a
href="http://www.amazon.fr/Linvention-quotidien-faire-Michel-Certeau/dp/2070325768/ref=sr_1_1?ie=UTF8&amp;s=books&amp;qid=1299768624&amp;sr=8-1" onclick="pageTracker._trackPageview('/outgoing/www.amazon.fr/Linvention-quotidien-faire-Michel-Certeau/dp/2070325768/ref=sr_1_1?ie=UTF8_amp_s=books_amp_qid=1299768624_amp_sr=8-1&amp;referer=');">L’invention du quotidien</a> (vol 1. arts de faire),  convoque cette forme de détournement dans le milieu du travail en y  voyant le signe de pratiques sociales qui échappent au contrôle et à la  gestion en manifestant une réelle créativité qui fait perdurer dans le  monde de l’entreprise les “modèles opératoires d’une culture populaire” :</p><blockquote><p>“Ce  phénomène [la perruque] se généralise partout, même si les cadres le  pénalisent ou “ferment les yeux” pour n’en rien savoir. Accusé de voler,  de récupérer du matériel à son profit et d’utiliser les machines pour  son propre compte, le travailleur qui “fait la perruque”<strong> soustrait à  l’usine du temps</strong> (plutôt que des biens, car il n’utilise que des restes), en vue d’un <strong>travail libre, créatif et précisément sans profit</strong>.</p><p>Sur  les lieux mêmes où règne la machine qu’il doit servir, il ruse pour <strong>le  plaisir d’inventer des produits gratuits destinés seulement à signifier par son oeuvre un savoir-faire propre</strong> et à répondre par une dépense  à des solidarités ouvrières ou familiales. Avec la complicité d’autres  travailleurs (qui font ainsi échec à la concurrence fomentée entre eux  par l’usine) , il réalise des “coups” dans le champs de l’ordre établi.” (pp. 45, c’est moi qui souligne et qui mets en page).</p></blockquote><p
style="text-align: justify;">Il y a beaucoup de choses qui sont dites par de Certeau dans ce passage :</p><ul
style="text-align: justify;"><li>Ce  qui est soustrait à l’entreprise est ramené au <strong>temps</strong>. En travaillant à  la perruque, le travailleur se dégage <strong>un temps pour soi.</strong></li><li>Ce travail est ensuite qualifié de<strong> libre</strong>. Libre au sens où ce n’est pas un travail <em>sous contrainte</em> ou <em>sous contrat</em>.</li><li>Il  est également <strong>créatif</strong> : sans être une pratique artistique (bien que des  exemples d’oeuvres d’art réalisées en perruque existent) il y a  cependant  un caractère éminemment “oeuvré” des pièces produites en  perruque. <em>“Les termes d’imagination, de savoir-faire, de culture  ouvrière et de “chef d’oeuvre” (avec ses connotations de compagnonnage  )”</em> sont convoqués (Michel Anteby, p 458). Les travailleurs sont reconnus  dans leur compétence et l’expression de “mains d’or” est parfois  attribuée à certains d’entre eux.</li><li>Le  travail à la perruque est également <strong>dégagé de toute finalité de profit</strong> il ne s’inscrit pas dans la logique de l’économie marchande et de la  propriété. Le seul “propre” de la perruque est le savoir-faire qui  manifeste la singularité du travailleur dont les produits gratuits sont  destinés <em>“à signifier par son oeuvre un savoir-faire propre&nbsp;&raquo;</em>.</li><li>Enfin,  dernier aspect, et non des moindres, sur lequel nous reviendrons : le  travail à la perruque s’insère dans <strong>un tissu relationnel et social</strong> d’échanges et de solidarité.</li></ul><p
style="text-align: justify;">Bien  qu’étant présentée comme une pratique à la marge, la perruque n’est  pourtant pas à la périphérie de l’entreprise : <strong>elle a lieu en son coeur</strong>.  Et le détournement dont elle témoigne semble irriguer tout un  territoire où se joue <strong>des logiques d’individuation psychiques et  collectives</strong>.</p><p
style="text-align: justify;">La perruque relève pleinement d’une <strong>conception déprolétarisante du travail</strong> :  ici le travail est libre, non assujetti à des logiques marchandes, et  participe à une économie relationnelle et sociale forte. La perruque est <em> un détournement du temps de travail prolétarisant vers un temps de  travail déprolétarisant</em></p><h2 style="text-align: justify;">Un travail social</h2><p
style="text-align: justify;">Si la perruque est un “travail pour soi”, c’est aussi un travail  social, pour des collègues, des proches et de la famille, dans une  logique non-marchande que Michel de Certeau n’hésite pas à qualifier de  “modèle opératoire d’une culture populaire”.</p><p
style="text-align: justify;">Sans  aller jusqu’à parler de “culture populaire”, M. Anteby souligne tout du  moins l’importance de la logique collective dans ce qui nous  apparaissait tout d’abord comme une pratique individuelle, un “travail  pour soi”, ou pour son propre compte :</p><blockquote><p>“Ce  qui pouvait donc être dépeint comme une pratique individuelle et  déviante semble [...] s’apparenter à une pratique plus collective et  tissée autour d’une somme de complicités.” (p. 466)</p></blockquote><p
style="text-align: justify;">Et M. Anteby de citer un témoignage de Alain F., cadre, administration :</p><blockquote><p>“Ces  trucs parallèles [les perruques] sont aussi pour la hiérarchie une  façon de réguler un petit peu les choses&#8230; C’est aussi important à mon  sens, ce n’est pas … enfin le bénéfice n’est pas forcément qu’au niveau  de la pièce, il est aussi dans la relation … qui est créée entre eux …”</p></blockquote><p
style="text-align: justify;">Situation  étrange dans laquelle <strong>c’est le recours à ce qui est officiellement  interdit qui régule l’organisation industrielle</strong>. Et pour cause : la  perruque est le ciment d’une individuation psychique et collective dans  le travail ; sans perruque le travail devient simple emploi. Les fils de  cette perruque tissent les relations d’individuation au travers des  ouvrages réalisés en perruque que l’on offre par exemple lors de départs  à la retraite.</p><p
style="text-align: justify;">Si  la perruque est à la fois le poison que condamne et dénonce  officiellement l’entreprise, c’est aussi un remède à des situation que  l’organisation du travail prolétarisant et les logiques d’économie  marchande ne peuvent pas juguler.</p><h2 style="text-align: justify;">La stratégie du lieu propre</h2><p
style="text-align: justify;">Nous  avons vu comment la perruque, dans son détournement, instaure des  logiques qui relèvent d’une économie de la contribution, bien  qu&#8217;officieuse et informelle, au sein d’un environnement industriel. Nous  avons vu également à quel point l’organisation industrielle du travail,  soumise à l’économie marchande et consumériste, et bien qu’étant  clairement distincte de la logique contributive, avait pourtant recours à  cette dernière comme mécanisme de régulation. Il ne faut donc pas  chercher  à les opposer mais plutôt à <strong>les distinguer pour dégager la  manière dont ils composent</strong>.</p><p
style="text-align: justify;">Pour distinguer et articuler ces deux logiques, restons chez Michel de Certeau en convoquant<strong> la distinction qu’il fait entre stratégie et tactique</strong>, en  ayant en tête que notre hypothèse de travail suppose que la première  relève d’une économie productiviste et consumériste, et la seconde d’une  économie contributive :</p><blockquote><p>“J’appelle stratégie  le calcul (ou la manipulation) des rapports de forces qui devient  possible à partir du moment ou un sujet de vouloir et de pouvoir (une  entreprise, une armée, une cité, une institution scientifique) est <strong>isolable</strong>.</p><p>Elle postule un lieu susceptible d’être circonscrit comme un propre  et d’<strong>être la base d’où gérer les relations avec une extériorité de  cibles ou de menaces </strong>(les clients ou les concurrents, les ennemis, la  campagne autour de la ville, les objectifs et objets de la recherche,  etc.)</p><p>Comme dans le management,<strong> toute rationalisation “stratégique” s’attache d’abord à distinguer d’un “environnement”, un “propre”,  c’est-à-dire le lieu du pouvoir et du vouloir propres</strong>. Geste Cartésien,  si l’on veut : circonscrire un propre dans un monde ensorcelé par les  pouvoirs invisibles de l’Autre. Geste de la modernité scientifique,  politique, ou militaire.” (p. 59, c’est moi qui souligne et qui mets en  page)</p></blockquote><p
style="text-align: justify;">On reconnaît, au travers de cette description, <strong>la représentation d’une organisation centralisée du travail</strong>, privilégiant le “top-down”,  qui étouffe l’émergence de nouvelles pratiques et reconnaît comme  étranger à son périmètre de contrôle les pratiques de perruque et en même temps les  potentialités qu’elle recèlent.</p><p
style="text-align: justify;">Ce  lieu propre, isolable et circonscrit, il faut reconnaître que les  Systèmes d’Information des entreprises en sont l’illustration avec la <em>“ligne Maginot”</em> qu’ils essayent de construire en y engloutissant tout  leur budget, bien souvent à perte.</p><p
style="text-align: justify;">On doit même aller plus loin dans l’analyse de cette césure entre un lieu approprié et un autre, tel que nous le propose M. de Certeau que je cite ci-après (p.60, c’est moi qui souligne et qui mets en page) :</p><blockquote><ol><li><strong>Le “propre” est une victoire du lieu sur le temps</strong>.  Il permet de capitaliser des avantages acquis, de préparer des  expansions futures et de se donner ainsi <strong>une indépendance par rapport à a  variabilité des circonstances</strong>. C’est <strong>une maîtrise du temps par la fondation d’un lieu autonome</strong>.</li><li>C’est aussi <strong>une maîtrise des lieux par la vue</strong>. La partition de l’espace permet <strong>une pratique panoptique</strong> à partir d’un lieu d’où le regard transforme les forces étrangères en  objets qu’on peut observer et mesurer, contrôler donc et “inclure” dans  sa vision. Voir (loin), ce sera également prévoir, <strong>devancer le temps par la lecture d’un espace</strong>.</li><li>Il serait légitime de définir le pouvoir du savoir  par cette capacité de transformer les incertitudes de l’histoire en  espaces lisibles. Mais il serait plus exact de reconnaître dans ces  “stratégies” un type spécifique de savoir, celui que soutient et  détermine le pouvoir de se donner un lieu propre[...]. Autrement dit, <strong>un  pouvoir est le préalable de ce savoir, et non pas seulement son effet  où son attribut</strong>. Il en permet et commande les caractéristiques. Il s’y produit.</li></ol></blockquote><p
style="text-align: justify;">Dans  ce type de configuration, les changements sont : soit décidés, soit  subits, au risque d’un effondrement. C’est d’ailleurs le destin de toute  organisation centrale et centralisée que de s’effondrer, rongée par une  complexité croissante de paramètres qu’elle ne parvient plus à  contrôler et qui la rendent aveugle.</p><h2 style="text-align: justify;">L’auto-organisation des tactiques</h2><p
style="text-align: justify;">Face aux stratégies M. de Certeau distingue les tactiques que nous associons au travail à la perruque :</p><blockquote><p>“<strong>J’appelle tactique l’action calculée que détermine l’absence d’un propre</strong>. Alors aucune délimitation de l’extériorité de lui fournit la condition d’un autonomie. <strong>La tactique n’a pour lieu que celui de l’autre</strong>.</p><p>Elle n’a pas le moyen de se tenir en elle-même, à distance, dans une position de retrait, de prévision et de rassemblement de soi  :  elle est mouvement<em> “ à l’intérieur du champs de vision de l&#8217;ennemi”</em>,  comme le disait Von Bulow, et dans l’espace contrôlé par lui.</p><p>Elle n’a donc pas la possibilité de se donner un projet global  ni de totaliser l’adversaire dans un espace distinct, visible et  objectivable. <strong>Elle fait du coup par coup</strong>. Elle profite des “occasions”  et en dépend, <strong>sans base où stocker des bénéfices</strong>, augmenter un propre et prévoir des sorties.</p><p><strong>Ce  qu’elle gagne ne se garde pas</strong>. Ce non-lieu lui permet sans doute la  mobilité, mais dans une docilité aux aléas du temps, pour saisir au vol  les possibilités qu’offre un instant.</p><p>Il lui faut utiliser, vigilante,<strong> les failles que les conjonctures particulières oeuvrent dans la surveillance du pouvoir propriétaire</strong>. Elle y braconne, Elle y créé des surprises. Il lui est possible d’être là où on ne l’attend pas. <strong>Elle est ruse</strong>.&nbsp;&raquo; (p.60-61, c’est moi qui souligne et qui mets en page)</p></blockquote><p
style="text-align: justify;">Bien évidemment, cette ruse fait référence à la <em>mètis</em> des grecs, telle que l’ont éclairé Détienne et Vernant, et que j’ai moi-même réutilisé en parlant de <a
href="../2008/09/06/la-metis-de-google/">la mètis de Google</a>.</p><p
style="text-align: justify;">A  la stabilité de la stratégie qui est conçue, planifiée puis appliquée,  se distingue la métastabilité et la mobilité des tactiques, toujours à  l’affût du <strong>moment opportun </strong>(le kairos  grec) mais “sans base où stocker les bénéfices”. C’est pourtant ce qui  va changer avec le numérique :<strong> le nouveau milieu technologique va être  investi par la logique du travail déprolétarisant qui subsistait dans  les usines sous les traits de la perruque</strong>.</p><p
style="text-align: justify;">L’absence de propre  qui caractérise la tactique à l’oeuvre dans le travail en perruque  selon de Certeau ne tient plus. Au détournement de la perruque fait  désormais écho un autre détournement : celui qui se joue dans les réseaux de  communication distribués avec internet. Ce <em>no man’s land</em> de la propriété, ce <strong>lieu public</strong>, va devenir le lieu en propre  (bien qu’informe et non centralisé) d’où va émerger des économies  contributives au premier rang desquelles l’ “économie du libre”.</p><h2 style="text-align: justify;">Le travail et la perruque à l’heure du numérique</h2><p
style="text-align: justify;">Ainsi  donc, le contexte qui est celui de Michel de Certeau reste <strong>celui de la  fin des années 70</strong>. Il ne pouvait pas prendre en considération le poids  actuel de l’informatique, des réseaux, et du numérique au sens large  dans nos environnement de travail et dans la société.</p><p
style="text-align: justify;">Quelques exemples donneront immédiatement à voir les nouvelles pratiques de perruque numérique :</p><ul
style="text-align: justify;"><li>téléphoner à des proches aux frais de l’entreprise ;</li><li>imprimer des documents personnels avec les imprimante du lieu de travail ;</li><li>utiliser la connexion internet de l&#8217;entreprise à des fins personnelles ;</li><li>etc.</li></ul><p
style="text-align: justify;">Jusque  là rien de bien nouveau : à nouvelles technologies, nouvelles formes  perruques. Mais que dire, par exemple, de l’approche qui consiste à<strong> utiliser ses propres biens pour travailler</strong> : travailler avec son propre  ordinateur portable, utiliser son smartphone, travailler depuis son  propre domicile en télétravail, etc. En matière de numérique donc, et  comme le disait Eric Schmidt, puisque <em>“innovation comes from the consumer market”</em>, il semble que l’on assiste à des pratiques de <strong>perruques numériques inversées</strong> : ce n’est plus l’employé qui fait la perruque, c’est lui qui se fait <em>“perruquer”</em>.</p><p
style="text-align: justify;">Il  ne faut pas en déduire pour autant que, dans ce retournement, le  travailleur serait systématiquement perdant. En effet, la plupart de ces  nombreuses pratiques sont volontaires et souvent contractuelles (nos  outils de travail numérique personnels sont souvent plus “riches” que  les outils proposés par l’entreprise). On quitte donc le domaine de la  perruque et du champs lexical de la ruse et du détournement en passant  par <strong>une forme de perruque “institutionnalisé” par certaines entreprises</strong> : les tactiques et les phénomènes d’auto-organisation qui se  manifestent dans la perruque sont identifiées par la stratégie de  l’entreprise qui cherche à présent à les intégrer progressivement et explicitement en son sein.</p><p
style="text-align: justify;">C’est  le cas chez Google quand l’entreprise décide de rajouter dans le  contrat de travail des ingénieurs le droit de s’investir dans <strong>des  projets personnels à hauteur de 20% de son temps de travail</strong> (il y a  aurait beaucoup plus à dire sur les conditions effectives d’application  de ce droit qui, de plus, ne s’applique qu’aux cadres de l&#8217;ingénierie).  En agissant de la sorte, Google officialise et rend légal le travail à  la perruque qui n’était jusqu’alors que pratique officieuse de  détournement du temps de travail.</p><p
style="text-align: justify;">“Folie  !”, dirait le manager rationaliste et productiviste qui n’y verrait  qu’une perte de productivité  de 20% assurée. Et pourtant, personne  n’ira prétendre que les ingénieurs de Google sont 20% moins efficaces  qu’ailleurs.</p><p
style="text-align: justify;">La  réalité est que Google, tout comme d’autres entreprises moins  médiatisées, cherche à mettre en place une organisation du travail qui  favorise la créativité, l’investissement personnel au travail au travers  de phénomènes d’auto-organisation qui ne sont donc pas explicités et  planifiée en amont (top-down en opposition à l’innovation ascendante).</p><h2 style="text-align: justify;">Conclusions</h2><p
style="text-align: justify;">L’économie  de la contribution s’est trouvée <strong>un lieu propre dans le numérique et  avec internet comme réseau décentré</strong>, et c’est la raison pour laquelle  ses logiques contributives, qui ne s’exprimaient auparavant que dans  l’ombre du travail à la perruque, <strong>se sont effectivement manifestées dans  l’économie du logiciel libre</strong>.</p><p
style="text-align: justify;">Accorder 20 % du temps de travail du salarié pour qu&#8217;il s’investisse dans un  travail pour soi tout en étant dans le périmètre de l&#8217;entreprise (ce n&#8217;est des jours de RTT) c&#8217;est faire composer la stratégie de l&#8217;entreprise avec les  tactiques de la perruque. Une entreprise sans ce travail libre au coeur même de la  logique du travail planifié <strong>ne pourvoit que des emplois, certainement  pas du travail</strong>.</p><p
style="text-align: justify;">La  généralisation de telles pratiques à tous les salariés dans tous les  secteurs pose de multiples problèmes car, pour l’instant c’est une  faible partie des salariées, chercheurs et ingénieurs dans des  industries innovantes qui peuvent en jouir. Comment pourrait se décliner  une telle pratique pour les caissiers de supermarché ? Et pour des  sociétés de services qui vendent du jour*homme ? Et d’ailleurs, <strong>n’y a t  il pas plus désastreux pour le travail que d&#8217;en parler exclusivement en terme de jour*homme ?</strong></p><p
style="text-align: justify;">L’enjeu  en vaut la chandelle s’il s’agit d’<strong>arrêter le gâchis de ces logiques  exclusives de l’emploi </strong>qui prolétarisent en masse et nous empêchent de  travailler. Il y a des thérapies, des dosages et des équilibres à mettre en place, cela s&#8217;appelle une<strong> pharmacologie du travail.</strong></p> <span
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isPermaLink="false">http://www.christian-faure.net/?p=1897</guid> <description><![CDATA[Les questions relatives à l&#8217;ouverture des données sont importantes. Pourtant ce n&#8217;est pas là le plus important car, si c&#8217;est nécessaire, ce n&#8217;est peut-être pas suffisant. Il faut souligner que l&#8217;enjeu, au travers de l&#8217;ouverture des données, qu&#8217;elles soient d&#8217;origine publique (institutions et puissance publique) ou privée (organisations et entreprises), l&#8217;enjeu, disais-je, n&#8217;est pas tant [...]
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href="http://www.christian-faure.net/tag/milieu_associe/">d&#8217;une logique dissociée à une logique associée</a> et donc d&#8217;embrasser les opportunités des <a
href="http://www.christian-faure.net/?s=technologies+relationnelles">technologies relationnelles</a>. On peut, par exemple, exposer ses données et continuer à travailler comme si de rien n&#8217;était, comme avant. Cela serait fort dommage, et je suis convaincu qu&#8217;il faut un peu plus que çà.<span
id="more-1897"></span></p><p>Si je fais cette remarque c&#8217;est parce cela a peu de sens d&#8217;exposer ses données juste &#8230; pour les exposer. On ne demande pas aux organisations d&#8217;exposer leur données pour jouer les inquisiteurs ou faire du &laquo;&nbsp;datajournalism&nbsp;&raquo;, même si certains en font leur fer de lance sur cette question.</p><p><a
title="It was hard but one us had to go by monkeyc.net, on Flickr" href="http://www.flickr.com/photos/monkeyc/113182605/" onclick="pageTracker._trackPageview('/outgoing/www.flickr.com/photos/monkeyc/113182605/?referer=');"><img
src="http://farm1.static.flickr.com/53/113182605_22ab692434.jpg" alt="It was hard but one us had to go" width="500" height="379" /></a></p><p>On leur demande cela pour qu&#8217;ils puissent <strong>nous mettre dans la boucle de leur activité </strong>pour créer un écosystème et un milieu associé (le web of data) dans lequel <a
href="http://www.christian-faure.net/2009/06/14/dataware-et-economie-de-la-contribution/">les données peuvent produire des externalités positives</a>.</p><p>( <em>Remarque au passage : &laquo;&nbsp;Raw data now!&nbsp;&raquo;, scandait Tim Berners Lee.  Je veux bien, mais les données brutes cela ne veut rien dire, une donnée n&#8217;est jamais brute, elle a toujours une forme et un format comme me l&#8217;a rappelé à juste titre Alain Pierrot.</em> )</p><p>Je dis çà pour ceux qui seraient tentés de nous donner des données en pâture, avec une forte probabilité que ce soit des &laquo;&nbsp;junk data&nbsp;&raquo;. Nous voulons bien plus que des données quand nous parlons d&#8217;une <strong>économie de la contribution</strong> : nous voulons, et pouvons, changer les modèles de ceux qui les produisent et choisissent de les exposer.</p> <span
class="post-twitter" ><a
href="http://twitter.com/home?status=Chez%20%40ChristianFaure%20%3A%20%22Ce%20n%27est%20pas%20qu%27une%20histoire%20de%20donn%C3%A9es%22%20http%3A%2F%2Ftinyurl.com%2F2v2yv6g" title="Signaler sur Twitter" rel="nofollow" onclick="pageTracker._trackPageview('/outgoing/twitter.com/home?status=Chez_20_40ChristianFaure_20_3A_20_22Ce_20n_27est_20pas_20qu_27une_20histoire_20de_20donn_C3_A9es_22_20http_3A_2F_2Ftinyurl.com_2F2v2yv6g&amp;referer=');">Signaler sur Twitter</a></span><p>Related posts:<ol><li><a
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id="f1bn" title="&quot;machin numérique&quot;" href="../2010/06/14/grand-emprunt-developpement-du-machin-numerique/">&laquo;&nbsp;machin numérique&nbsp;&raquo;</a>)  lancée par le secrétariat de la prospective et du développement de  l&#8217;économie numérique. De plus, dans le cadre d&#8217;une période d&#8217;austérité  et de restrictions budgétaires importantes dans les dépenses de l&#8217;état,  le grand emprunt devient un dossier beaucoup particulièrement épineux  pour le gouvernement : difficile de dire &laquo;&nbsp;on fait les valises et on  rentre&nbsp;&raquo; après avoir fait de la relance par l&#8217;innovation un axe important  de la stratégie française.</p><p>Deux tentations s&#8217;opposent donc entre  celle du ministère de la culture et celle du ministère des finances :  le premier veut continuer à croire à la nécessité d&#8217;une politique  culturelle tandis que le second tente de radicaliser les choix qui  devront être faits sur la base exclusive du principe de rentabilité. Il  n&#8217;y a donc <strong>plus de consensus au sein même du gouvernement sur  l&#8217;avenir du grand emprunt</strong>, et les différentes institutions qui  doivent participer à la solution (BnF, Bibliothèques Municipales, INA,  IRCAM, Cinémathèque, Cité des Sciences, Archives, Musées, etc.) ne  comprennent plus la règle du jeu, qui semble par ailleurs changer chaque  jour en ce moment.</p><p>La vision qui est présentée ici est une<strong> tentative de réponse à la consultation publique sur le volet numérique</strong>.  Elle a l&#8217;ambition de sortir par le haut des apories dans lesquelles la  question de la numérisation du patrimoine dans le cadre du grand emprunt  se retrouve aujourd&#8217;hui.<br
/> <span
id="more-1761"></span></p><h2>La publicité est-elle la solution ?</h2><p>L&#8217;activité  industrielle autour de la numérisation de contenus culturels et  patrimoniaux est <strong>l&#8217;activité de numérisation qui est aujourd&#8217;hui la  moins rentable</strong> si on la compare aux archives, cadastres et autres  documents administratifs (littérature grise). D&#8217;autre part, on sait que  Google a beaucoup investi sur cette activité avec sa plate-forme <strong>Google  Books dont on commence à peine à entrevoir l&#8217;ampleur.</strong> Quel  industriel voudrait, dans ces conditions, prendre le risque d&#8217;investir  sur un secteur d&#8217;activité à faible potentiel rémunérateur tout en ayant  la machine de guerre de Google en embuscade ? Soyons clairs : personne.  Il faut donc poser le problème différemment.</p><p>Commençons pour cela  par <strong>évacuer toutes les fausses bonnes idées</strong> que l&#8217;on peut  entendre sur le modèle d&#8217;affaire qui pourrait rendre cette filière  numérique rentable. Pour cela il faut d&#8217;abord savoir que la numérisation  d&#8217;un ouvrage n&#8217;est, en moyenne,  <strong>rentabilisée qu&#8217;au bout de 20  ans</strong>, uniquement en ce basant sur le service de reproduction que  propose la BnF. C&#8217;est une moyenne car, bien évidemment, certains  ouvrages ne font l&#8217;objet d&#8217;aucune demande de reproduction. Quand se pose  la question de savoir comment ce seuil peut être abaissé ne serait-ce  que sur 10 années, la réponse que j&#8217;entends systématiquement est : <strong>la  publicité</strong>.</p><p>La publicité est généralement le joker que l&#8217;on  avance quand on est à court d&#8217;idées. Et c&#8217;est assurément le modèle  d&#8217;affaire le plus simple à proposer : il me manque 100 million ? Qu&#8217;à  cela ne tienne, la pub fera le reste. Comment et sur quelles bases ? La  réponse est généralement plus évasive. Faut-il monter un mécanisme et  une régie publicitaire en propre ? Faut-il s&#8217;appuyer sur les solutions  clés en mains proposées par Google ? Cette dernière réponse serait pour  le moins ironique puisque Google aurait une part importante du bénéfice  publicitaire sans avoir investi dans la numérisation. Faire sans Google  c&#8217;est à l&#8217;inverse prendre le risque de se retrouver <strong>dans le collimateur d&#8217;un industriel du web qui s&#8217;y connaît</strong> et qui a les  moyens de ses ambitions.</p><p>On préférera donc essayer de composer  avec Google plutôt que de le concurrencer sur son propre terrain en  faisant &laquo;&nbsp;Cocorico !&nbsp;&raquo;. <strong>Les arguments basés sur la valorisation via un  modèle d&#8217;affaire fondé sur la publicité ne tiennent pas la route</strong>,  encore moins quand l&#8217;on sait que la valeur publicitaire sur le web,  comme l&#8217;avait écrit Tim O&#8217;Reilly dès 2007, tend à se diluer très  fortement. C&#8217;est la raison pour laquelle Google doit indexer toujours  plus de contenus, nativement numériques ou à numériser,  pour <strong>amortir  la baisse tendancielle de la valeur unitaire et nominale de la  publicité</strong>.</p><h2>Que vaut le numérique ?</h2><p>Retour à la case  départ : comment valoriser la numérisation du patrimoine ? Songeons y un  instant, si l&#8217;on se donne tant de mal pour imaginer un modèle d&#8217;affaire  viable pour une filière industrielle de numérisation, c&#8217;est peut-être  parce que <strong>le numérique, de manière tendancielle, ne vaut rien</strong>. Le  numérique a un coût, surtout lorsqu&#8217;on doit numériser, mais, une fois  l&#8217;investissement réalisé, financièrement et en tant que tel, il ne vaut  plus rien. <strong>Soyons plus précis : un fichier numérique ne vaut rien</strong>.  Et c&#8217;est bien la raison pour laquelle le monde de l&#8217;édition freine des  quatre fers lorsqu&#8217;il s&#8217;agit de faire circuler un fichier numérique  existant (même pour en donner une copie pour archive à une institution,  la plupart refusent). <strong>Un fichier numérique en circulation, c&#8217;est de  la nitroglycérine pour celui qui en attend une source de revenu</strong>.</p><p>Acceptons  donc cette thèse, qui est aussi une hypothèse de travail, que le  fichier numérique ne vaut rien. Et vérifions cette proposition :</p><ul><li>pour  les institutions, c&#8217;est généralement le service de reproduction qui est  la principale source de revenu, c&#8217;est à dire le retour à l&#8217;impression  papier.</li><li>pour les plate-formes de diffusion de contenus  numériques, on sait bien que ce n&#8217;est pas le fichier numérique que l&#8217;on  paye mais un écosystème technologique (format de fichiers propriétaires,  logiciels verrouillés, périphériques spécifiques, fonctionnalités  d&#8217;achat rapide brevetées, etc.)</li><li>pour d&#8217;autres initiatives plus  confidentielles mais notables (par exemple <a
id="b87g" title="PublieNet" href="http://publienet.immateriel.fr/" onclick="pageTracker._trackPageview('/outgoing/publienet.immateriel.fr/?referer=');">PublieNet</a>),  c&#8217;est la qualité d&#8217;une présence sur le web et la sensibilité de la  communauté des lecteurs / clients qui fait la différence : entre  l&#8217;éditeur numérique et les lecteurs/acheteurs, il y a un crédit et une  confiance.</li></ul><p>La valeur d&#8217;un fichier numérique a donc  besoin d&#8217;un service autre que la simple diffusion pour pouvoir avoir une  valeur financière.</p><h2>Le service de reproduction doit devenir  le premier industriel d&#8217;impression à la demande</h2><p>Loin d&#8217;enterrer les  poussiéreux services de reproduction, il faut les muscler. Ces services,  qui aujourd&#8217;hui nous semblent d&#8217;un autre âge, doivent se doter d&#8217;<strong>un  service d&#8217;impression à la demande digne des autres acteurs leaders sur  ce créneau</strong>. L&#8217;économie d&#8217;échelle qu&#8217;ils peuvent avoir, qui plus est  sur la base d&#8217;oeuvres particulièrement attrayantes ne peut qu&#8217;être  profitable. Cette re-fondation peut ramener dix ans, au lieu des vingt  actuels, le délai d&#8217;amortissement d&#8217;une numérisation.</p><p>La chose  n&#8217;est pas gagnée d&#8217;avance pour autant : il faut une<strong> plate-forme web  en self-service </strong>qui demande du travail, il faudra être très rapide  et <strong>avoir une logistique aussi affûtée que celle d&#8217;Amazon</strong>, a  minima sur le territoire français. L&#8217;objectif est clairement de livrer  au domicile d&#8217;un client l&#8217;impression d&#8217;un ouvrage relié de qualité en  moins de 48h, et à peine plus s&#8217;il y a une demande d&#8217;impression  personnalisée.</p><p>Sur cette voie, il va y avoir des <strong>frictions  avec les plate-formes de distribution des éditeurs</strong> de <a
id="wdha" title="la chaîne du livre" href="../2010/03/30/la-chaine-du-livre-en-france/">la chaîne du livre</a>. Mais pas  dans l&#8217;immédiat puisque les modèles sont actuellement différents (pas  d&#8217;impression à la demande, pas de self-service et pas de livraison au  particulier), mais si la plate-forme d&#8217;impression à la demande est un  succès, elle pourra proposer ses services différenciants aux éditeurs  (traditionnels, mais aussi numériques) : par exemple proposer des  &laquo;&nbsp;templates&nbsp;&raquo; de formats variés et personnalisables. N&#8217;oublions pas que  près des trois quarts du coût d&#8217;un livre représentent les coûts  d&#8217;impression, de distribution, de diffusion et de points de vente.</p><h2>Le  cas Gallica</h2><p>La filière de numérisation peut donc trouver un premier  modèle économique dans l&#8217;impression. Pour où l&#8217;on voit que la  valorisation de la numérisation se fait d&#8217;abord sur &#8230; l&#8217;impression.  Mais se pose toujours la question de <strong>la diffusion sous format  numérique et en ligne</strong>. Premier constat : c&#8217;est la vocation de  Gallica. On comprendra dès lors que la filière numérique qui est appelée  de ses vœux par le gouvernement aura du mal à accepter de faire le  travail de numérisation pour que le fruit de son investissement se  retrouve diffusé en ligne gratuitement sur Gallica.</p><p>Gallica devra  être repensée, et pour commencer <strong>il faut que la bibliothèque  numérique quitte le giron exclusif de la BnF</strong>. Cela veut dire que  Gallica aura le statut d&#8217;un établissement public-privé dans lequel  l&#8217;ensemble de plate-forme technologique sera possédée et gérée par le  consortium privé investissant dans la filière numérique.</p><p>Statutairement, <strong>la BnF doit garder le contrôle et la maîtrise de la politique  culturelle que porte Gallica</strong>. Mais cette maîtrise ne sera plus  exclusive, elle devra être partagée car si cette bibliothèque en ligne  se nourrit des ouvrages numérisés, et il faudra bien un <em>modus vivendi </em>et des droits de quotas pour chacun : la BnF peut vouloir numériser  en premier des ouvrages qui ne sont pas jugés commercialement opportun  pour le partenaire privé. Un système de quotas, qui devra évoluer dans  le temps, doit être mise en place. Par exemple, sur les cinq premières  années, sur dix ouvrages numérisés, le partenaire privé pourra en  choisir cinq, tout comme la BnF. Par la suite, <strong>les résultats de la  filière numérique serviront de référent pour faire évoluer les quotas</strong> : si la filière est sur le chemin de la rentabilité le ratio peut  s&#8217;infléchir en faveur de la BnF, ou l&#8217;inverse si la rentabilité tarde à  se faire jour. L&#8217;essentiel est de ne pas figer la formule et d&#8217;y  introduire une variable dépendant de la rentabilité, sans quoi tout  l&#8217;édifice s&#8217;effondre.</p><p>Cette réorganisation du statut juridique de  Gallica devra nécessairement initier une refonte de la politique de  gestion des droits des oeuvres qui n&#8217;est pas opérationnelle en l&#8217;état  actuel (une licence sur mesure que ne peuvent pas exploiter les robots,  et que d&#8217;ailleurs personne ne comprend vraiment).</p><p>Bien  évidemment, d&#8217;un point de vue technologique,<strong> la plate-forme de  service d&#8217;impression évoquée précédemment sera nativement intégrée à  Gallica</strong>, on peut même forcer le trait en disant que Gallica ne sera  qu&#8217;un module de la plate-forme d&#8217;impression.</p><h2>Les métadonnées :  clés de voûte de la nouvelle filière industrielle</h2><p>Aussi étonnant  que cela puisse paraître, dans cette consultation publique sur &laquo;&nbsp;le  développement de l&#8217;économie numérique&nbsp;&raquo;, il n&#8217;y est<strong> jamais question de  métadonnées</strong>. Le mot n&#8217;y apparaît même pas une seule fois le long  des trente neuf pages du document. C&#8217;est proprement sidérant. Et ça  l&#8217;est d&#8217;autant plus que<strong> la politique industrielle qui va être mise en  place devra placer la question des métadonnées au cœur de tout le  dispositif industriel</strong>.</p><p>Si l&#8217;impression à la demande était <strong>le  volet diffusion papier </strong>et Gallica <strong>le volet diffusion numérique</strong>,  ces deux activités passent à une niveau supérieur grâce à la politique  sur les métadonnées.<strong> La richesse numérique de notre patrimoine est  directement proportionnelle aux métadonnées qui le décrivent</strong>. Le  trésor des institutions patrimoniales réside aussi et surtout dans leurs  catalogues et leurs thesauri : tout comme on ne peut gérer un  patrimoine physique sans métadonnées la question devient encore plus  urgente quand l&#8217;oeuvre est numérisée : <strong>une politique numérique sans  politique des métadonnées n&#8217;est qu&#8217;une chimère, un délire, une <em>schwarmerei</em> comme disait Kant.</strong></p><p>Plutôt que de me répéter, je vous renvoie  ici à ma note sur <a
id="ivcg" title="Le rôle d'une bibliothèque sur le web" href="../2010/06/08/les-enjeux-dune-bibliotheque-sur-le-web/">Les enjeux  d&#8217;une bibliothèque sur le web</a> où il était question des<strong> orages  sémantiques</strong> mais aussi d&#8217;étendre la pratique de gestion d&#8217;un  catalogue d&#8217;oeuvres à <strong>une pratique de gestion d&#8217;un catalogue des  discussions et des polémiques <em>relatives à ces oeuvres</em></strong>. Ainsi,  fort de ce nouveau positionnement, et sur la base de sa nouvelle  plate-forme technologique, la nouvelle filière industrielle du numérique  pourra proposer des outils avancés à l&#8217;éducation nationale pour doter  l&#8217;enseignement d&#8217;un outil d&#8217;annotation et de contribution qui dépasse la  vision simpliste et fade des <a
id="g.nk" title="&quot;like&quot;." href="http://affordance.typepad.com/mon_weblog/2010/05/le-like-tuera-le-lien.html" onclick="pageTracker._trackPageview('/outgoing/affordance.typepad.com/mon_weblog/2010/05/le-like-tuera-le-lien.html?referer=');">&laquo;&nbsp;like&nbsp;&raquo;</a>, et donne enfin le  pouvoir aux enseignants d&#8217;enseigner.</p><p>Chaque plate-forme de  diffusion des oeuvres numériques rencontre très vite sa limite <strong>dans  les faiblesses de sa politique des métadonnées</strong>. Le cas d&#8217;iTunes est  représentatif : c&#8217;est une panique monstre pour faire des découvertes  dans le catalogue, c&#8217;est pourtant paradoxal quand on sait que, même sur  iTunes, les métadonnées (titre, auteur, artistes, jaquette, etc.) sont <strong>la  vraie valeur des fichiers numériques</strong> (Cf. <a
id="fl6d" title="Quand les métadonnées ont plus de valeur que les  données" href="../2007/10/11/quand-les-metadonnees-ont-plus-de-valeur-que-les-donnees/">Quand les métadonnées ont plus de valeur que les données</a>).</p><p>Pour  les oeuvres qui sont du ressort de la BnF, le travail de bascule de  l&#8217;ensemble des catalogues au format du web sémantique avec leur  diffusion sur le web a déjà été initié : <strong>cette démarche est la clé de  voûte, à la fois technologique et économique, de tout le système</strong>.  Pour les oeuvres audios et vidéos (des oeuvres de flux), les outils  d&#8217;annotation contributives (avec des métadonnées BottomUp et TopDown)  doivent<strong> être développés en complément des catalogues descriptifs  existants</strong>.</p><p>Le catalogage des orages sémantique permet  également d&#8217;obtenir tout un appareil critique issu des informations  collectées via le dispositif des orages sémantiques Si celui-ci est géré  par la BnF, on peut réussir à mener une politique industrielle des  technologies numérique dont le coeur du dispositif s&#8217;appuie, et  trouve son crédit, dans la politique culturelle. <strong>Une logique  économique exclusivement consumériste n&#8217;est pas une fatalité</strong>, loin  s&#8217;en faut, car ce qui est brièvement décrit ici est un chemin vers <strong>une  économie de la contribution</strong> financièrement rentable.</p><div
style="text-align: center;">*</div><p>On peut donc sortir de  l&#8217;alternance destructrice entre :</p><ul><li>d&#8217;un côté une logique  libérable de la privatisation adossée à une vision exclusive sur les  retours sur investissement à court terme, grâce au dieu de la publicité;</li><li>de  l&#8217;autre une politique culturelle maintenue sous perfusion publique, mais  à perte (la logique de la réserve d&#8217;indiens).</li></ul><p>Que le  grand emprunt accouche de quelque chose ou non, nous n&#8217;échapperons pas à  cette lancinante question : quelle politique industrielle pour les  technologies de l&#8217;esprit ? La seule réponse crédible passe par le  positionnement de la politique culturelle au cœur de l&#8217;outil industriel,  pas à côté. <strong>&laquo;&nbsp;Trade follows film&nbsp;&raquo;</strong> disait le sénateur américain McBride  en 1912 : on va peut-être arriver à le comprendre cent ans plus tard en  France, notamment pour donner au commerce et à l&#8217;économie un autre visage que le consumérisme américain.</p><p>Enfin, par pitié, arrêtons de parler systématiquement de  e-Tourisme dès qu&#8217;il est question des territoires. <strong>Les territoires sont  autre chose que des destinations touristiques</strong>, et les régions  n&#8217;hivernent pas toute l&#8217;année pour se réveiller quand les parisiens et  les étrangers prennent leur vacances. Ces modèles d&#8217;affaire sur le  e-Tourisme sont dangereux et méprisants.</p> <span
class="post-twitter" ><a
href="http://twitter.com/home?status=Chez%20%40ChristianFaure%20%3A%20%22Quelle%20fili%C3%A8re%20industrielle%20pour%20la%20num%C3%A9risation%20du%20patrimoine%20%3F%22%20http%3A%2F%2Ftinyurl.com%2F37erp2u" title="Signaler sur Twitter" rel="nofollow" onclick="pageTracker._trackPageview('/outgoing/twitter.com/home?status=Chez_20_40ChristianFaure_20_3A_20_22Quelle_20fili_C3_A8re_20industrielle_20pour_20la_20num_C3_A9risation_20du_20patrimoine_20_3F_22_20http_3A_2F_2Ftinyurl.com_2F37erp2u&amp;referer=');">Signaler sur Twitter</a></span><p>Related posts:<ol><li><a
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isPermaLink="false">http://www.christian-faure.net/?p=1740</guid> <description><![CDATA[La semaine dernière, le &#171;&#160;secrétariat d&#8217;état chargé de la prospective et de l&#8217;économie numérique&#160;&#187; a publié une consultation publique qui s&#8217;inscrit dans le cadre du grand emprunt, décidé par le président de la république. Il s&#8217;agit d&#8217;une consultation qui s&#8217;adresse à tout le monde (on peut télécharger la consultation sur le site ministériel de la [...]
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id="eewa" title="télécharger la consultation" href="http://www.prospective-numerique.gouv.fr/presse/actualites/070610-volet-contenus-et-usages-numeriques-des-investissements-d-avenir-c-est-part" onclick="pageTracker._trackPageview('/outgoing/www.prospective-numerique.gouv.fr/presse/actualites/070610-volet-contenus-et-usages-numeriques-des-investissements-d-avenir-c-est-part?referer=');">télécharger la  consultation sur le site ministériel de la prospective</a>), et même le  simple citoyen peut y répondre.</p><p>Maintenant que l&#8217;état a annoncé  qu&#8217;il souhaitait investir plusieurs milliards sur l&#8217;économie numérique,  ne reste donc plus qu&#8217;à connaître <strong>les modalités de cet investissement</strong>.  On sait qu&#8217;environ 75% des budgets investis par l&#8217;état le seront sous  forme de prêts (remboursement avec intérêt à la clé) et 25% sous forme  d&#8217;avance remboursable ou de subvention. De plus, les structures de  partenariat public-privé sont de mise pour constituer des &laquo;&nbsp;filières  industrielles&nbsp;&raquo; dans l&#8217;économie du numérique.</p><p>Filières  industrielles, grand emprunt, partenariats public-privé, modèles  d&#8217;affaire à inventer, structures juridiques et montages financier à  imaginer, etc. Si certains pensaient que le grand emprunt serait simple,  je crois qu&#8217;ils vont être douchés. On a à faire à ce que De Gaulle  appelait un <strong>&laquo;&nbsp;machin&nbsp;&raquo; </strong>(expression qui aurait été utilisé en septembre  1960 à propos de l&#8217;ONU), un &laquo;&nbsp;machin numérique&nbsp;&raquo; en l&#8217;occurrence.<br
/> <span
id="more-1740"></span><br
/> En  lui-même, le texte de la consultation véhicule <strong>une vision très  libérale de l&#8217;économie numérique</strong> dans laquelle l&#8217;état est souvent  présenté comme un &laquo;&nbsp;investisseur avisé&nbsp;&raquo; qui fera ses choix en ayant <strong>un  regard attentif au retour sur investissement des modèles d&#8217;affaires</strong> que proposeront les consortiums qui co-investiront avec le secteur  public dans ces nouvelles filières économiques. Il n&#8217;y est peu question  d&#8217;économie politique et il n&#8217;y a que de lacunaires allusions à la  politique culturelle, même quand il s&#8217;agit de sujets comme <strong>la  numérisation du patrimoine</strong>. Par voie de conséquence, à chaque fois  que le terme de &laquo;&nbsp;valorisation&nbsp;&raquo; est utilisé, je l&#8217;ai surtout compris dans  le sens de  <strong>&laquo;&nbsp;valorisation financière&nbsp;&raquo;</strong>.</p><p>En ce qui concerne  le volet numérisation du patrimoine, quand on n&#8217;a aucune idée du modèle  d&#8217;affaire et qu&#8217;on ignore tout de l&#8217;économie politique,<strong> on s&#8217;empresse  de croire que c&#8217;est la publicité qui financera l&#8217;affaire</strong>. C&#8217;est ce que  j&#8217;ai pu constater dans les discussions que j&#8217;ai pu avoir avec les  organisations privés qui essayent de se positionner sur le sujet.</p><p>Du  coup, contrairement au document de la consultation, je m&#8217;inquiète de la  question du &laquo;&nbsp;public&nbsp;&raquo; qui sera un des destinataires de ce patrimoine  numérique. En effet, selon la politique culturelle que l&#8217;on mène, les  publics ne seront pas les mêmes. Et on sait que, dans le cas des musées,  on assiste à <strong>un devenir touriste et consommateur</strong> du public des  musés. Figure qui n&#8217;est pas du tout celle de l&#8217;amateur comme courroie de  transmission vers une économie de la contribution. On a ainsi la  sensation que l&#8217;économie numérique dans laquelle l&#8217;état souhaite faire  des investissements est fortement marqué par une <strong>vision consumériste  de la question</strong>.</p><p>En conséquence, les logiques financières qui  vont être proposées dans les prochains mois vont immanquablement  proposer des &laquo;&nbsp;business plans&nbsp;&raquo; avec des indicateurs et des méthodes  d&#8217;évaluation financiers très restreints. La question des <strong>externalités</strong>,  ou encore le développement des <strong>capabilités</strong> pour rejoindre les  thèses d&#8217;<a
id="e:gk" title="Amartya Sen" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Amartya_Sen" onclick="pageTracker._trackPageview('/outgoing/fr.wikipedia.org/wiki/Amartya_Sen?referer=');">Amartya Sen</a>, de même que l&#8217;opportunité de mettre  en place des méthodologies d&#8217;évaluation inspirées des <a
id="ol62" title="travaux d'Esther Duflo" href="../2010/01/26/la-methode-experimentale-de-leconomiste-esther-duflo-et-la-pratique-pharmacologique/">travaux d&#8217;Esther Duflo</a>,  etc. Tout cela a fort peu de chance d&#8217;avoir droit au chapitre.</p><p>Plus  nous avançons, plus le dossier se complexifie. Plus personne ne sait  sur quel pied danser et chacun se demande s&#8217;il a bien compris la règle  du jeu. Au final, nous sommes tous comme <strong>des poules devant une paire  de ciseaux face à ce machin numérique</strong>. Seul ceux qui avaient une  stratégie industrielle pré-existante dans leurs cartons ont à présent la  possibilité d&#8217;avancer sur le sujet car ils ne posent pas de questions  métaphysiques : ils déroulent leurs plans initiaux dans le cadre du  grand emprunt.</p><p>Ma crainte est que, dans cette configuration, ce  soit les versants &laquo;&nbsp;économie politique&nbsp;&raquo; et &laquo;&nbsp;politique culturelle&nbsp;&raquo; (ce  qu&#8217;Ars Industrialis désigne par l&#8217;expression &laquo;&nbsp;politique industrielle des  technologies de l&#8217;esprit&nbsp;&raquo;) qui passent à la trappe, avec <strong>une forme  de privatisation de l&#8217;accès au patrimoine numérique</strong>. On pourra bien  répondre qu&#8217;il y a un cahier des charges à respecter et que les  institutions en charge des différents fonds patrimoniaux seront toujours  en mesure de mener leur politique culturelle : mais ont a déjà connu  situation légèrement similaire avec la privatisation de TF1. Le groupe  Bouygues devait certes respecter un cahier des charges, mais il a subi  sérieuses et nombreuses entorses, jusqu&#8217;au jour où Le Lay a lâché le morceau en avouant  que le métier de TF1 était de vendre du temps de cerveau disponible.</p><p>Mais  enfin, la démarche ne fait que commencer, et il ne faut pas préjuger de  son succès. Espérons juste que les différentes parties prenantes ne vont pas se décourager.</p> <span
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href="http://twitter.com/home?status=Chez%20%40ChristianFaure%20%3A%20%22Grand%20emprunt%20%3A%20d%C3%A9veloppement%20du%20%22machin%20num%C3%A9rique%22%22%20http%3A%2F%2Ftinyurl.com%2F268waes" title="Signaler sur Twitter" rel="nofollow" onclick="pageTracker._trackPageview('/outgoing/twitter.com/home?status=Chez_20_40ChristianFaure_20_3A_20_22Grand_20emprunt_20_3A_20d_C3_A9veloppement_20du_20_22machin_20num_C3_A9rique_22_22_20http_3A_2F_2Ftinyurl.com_2F268waes&amp;referer=');">Signaler sur Twitter</a></span><p>Related posts:<ol><li><a
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isPermaLink="false">http://www.christian-faure.net/?p=1696</guid> <description><![CDATA[La séance d&#8217;Ars Industrialis d&#8217;hier m&#8217;a appris quelque chose de surprenant. Selon Patrick Viveret, JFK aurait été assassiné car il avait commencé à toucher au mécanisme de fabrication de la monnaie. Son administration avait en effet commencé à introduire la possibilité pour le gouvernement, via le fameux ordre exécutif 11110, de produire de la monnaie, [...]
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class="alignnone" title="Lyndon Johnson" src="http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/c/cc/Lyndon_B._Johnson_taking_the_oath_of_office%2C_November_1963.jpg/300px-Lyndon_B._Johnson_taking_the_oath_of_office%2C_November_1963.jpg" alt="" width="300" height="237" /></p><p>Viveret rappelle également que<strong> Lincoln fut assassiné pour les même raisons</strong>, à cause de sa volonté de maîtriser la création de la monnaie.</p><p>Fabrication de la monnaie : &laquo;&nbsp;Touche pas au grisbi !&nbsp;&raquo;</p> <span
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isPermaLink="false">http://www.christian-faure.net/?p=1678</guid> <description><![CDATA[Alors qu&#8217;on entend depuis quelques mois que le marché immobilier reprend et que le montant des transactions moyennes seraient revenu, à quelques pour-cents près, à son niveau d&#8217;il y a deux ans, il est particulièrement intéressant d&#8217;entendre Henry Buzy-Cazaux, président de l&#8217;École Supérieure des Professions Immobilières, tenir un discours beaucoup plus critique et qui relève [...]
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href="http://buzycazaux.blog.capital.fr/" onclick="pageTracker._trackPageview('/outgoing/buzycazaux.blog.capital.fr/?referer=');">Henry Buzy-Cazaux</a>, président de l&#8217;École Supérieure des Professions Immobilières, tenir <strong>un discours beaucoup plus critique</strong> et qui relève moins du &laquo;&nbsp;<em>speech act</em>&nbsp;&raquo; et de la <em>parole propagandiste</em> à laquelle nous ont habitué les professionnels de l&#8217;immobilier.</p><p><span
id="more-1678"></span>Voilà en substance ce qu&#8217;il dit :</p><ul><li> il faut d&#8217;abord regarder <strong>le nombre des transactions</strong>. Or celui ci a <strong>chuté de 30%</strong> ( de 800 000 transactions à 600 000 transactions selon les chiffres des notaires).</li><li> le marché se fait aujourd&#8217;hui sur <strong>deux segments</strong> : d&#8217;une part les <strong>petites surfaces</strong> et d&#8217;autre part sur les <strong>prestations de luxe</strong>.</li><li> l&#8217;essentiel du marché des habitations dites familiales (entre 3 et 5 pièces) est <strong>au point mort.</strong></li><li> <strong>au-delà de 250 000 €</strong> certains professionnels indiquent que les ventes sont pratiquement inexistantes</li><li> les investisseurs et les promoteurs <strong>ont laissé de côté ce qui faisait le gros du marché</strong>, c&#8217;est à dire les appartements familiaux. A un point que les nouveaux appartements de 4 pièces sont scindés en 2 pièces pour pouvoir être écoulés.</li><li> le ménage familial moyen ne peut plus acheter.</li></ul><p>Étonnant de voir comment, petit à petit, tous les marchés se fracturent de la même manière : un marché de masse sur les plus petits prix, et un marché de luxe marginal en nombre mais significatif en volume. Et au milieu, une espèce en voix de disparition,<strong> la famille.</strong></p> <span
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href="http://twitter.com/home?status=Chez%20%40ChristianFaure%20%3A%20%22La%20r%C3%A9alit%C3%A9%20du%20march%C3%A9%20immobilier%20en%20France%22%20http%3A%2F%2Ftinyurl.com%2F38enrsp" title="Signaler sur Twitter" rel="nofollow" onclick="pageTracker._trackPageview('/outgoing/twitter.com/home?status=Chez_20_40ChristianFaure_20_3A_20_22La_20r_C3_A9alit_C3_A9_20du_20march_C3_A9_20immobilier_20en_20France_22_20http_3A_2F_2Ftinyurl.com_2F38enrsp&amp;referer=');">Signaler sur Twitter</a></span><p>Related posts:<ol><li><a
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isPermaLink="false">http://www.christian-faure.net/?p=1672</guid> <description><![CDATA[C&#8217;est en 1615, nous rappelle Charles Gide dans ses Principes d&#8217;économie politique (téléchargeable), que le terme d&#8217;économie politique est apparu dans l&#8217;ouvrage français &#171;&#160;Traité d&#8217;économie politique&#160;&#187; d&#8217;Antoine de Montchrétien. Le terme d&#8217;économie existait déjà mais, en Grèce ancienne, l&#8217;économie désignait avant tout l&#8217;économie domestique (oikos : maison/foyer et nomos : loi) en opposition à la [...]
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id="ncvn" title="Charles Gide" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Charles_Gide" onclick="pageTracker._trackPageview('/outgoing/fr.wikipedia.org/wiki/Charles_Gide?referer=');">Charles Gide</a> dans ses <a
id="ktu0" title="Principes d'économie politique (téléchargeable)" href="http://classiques.uqac.ca/classiques/gide_charles/principes_economie_pol/principes_eco_pol.html" onclick="pageTracker._trackPageview('/outgoing/classiques.uqac.ca/classiques/gide_charles/principes_economie_pol/principes_eco_pol.html?referer=');">Principes  d&#8217;économie politique (téléchargeable)</a>, que le terme d&#8217;<strong>économie  politique</strong> est apparu dans l&#8217;ouvrage français &laquo;&nbsp;Traité d&#8217;économie  politique&nbsp;&raquo; d&#8217;<a
id="f_qa" title="Antoine de Montchrétien" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Antoine_de_Montchr%C3%A9tien" onclick="pageTracker._trackPageview('/outgoing/fr.wikipedia.org/wiki/Antoine_de_Montchr_C3_A9tien?referer=');">Antoine de Montchrétien</a>.  Le terme d&#8217;économie existait déjà mais, en Grèce ancienne, l&#8217;économie  désignait avant tout l&#8217;<strong>économie domestique</strong> (<em>oikos</em> :  maison/foyer et <em>nomos</em> : loi) en opposition à la politique qui  traitait de la <strong>chose publique</strong>. Il faudra donc attendre presque  deux mille ans pour que l&#8217;expression d&#8217;économie politique se forge en  dénotant une forme d&#8217;antinomisme avec sa racine grecque puisque<strong> l&#8217;oikos ne désigne plus le foyer de la famille mais la nation toute  entière</strong>.<br
/> <span
id="more-1672"></span></p><h3>Comment faire rentrer de l&#8217;argent dans les  caisses de l&#8217; état  ?</h3><p>C&#8217;est que l&#8217;économie politique se  constitue en parallèle de l&#8217;avènement des grands états modernes. Et  Charles Gide de voir dans <strong>la découverte de l&#8217;Amérique </strong>l&#8217;élément  déclenchant pour la formation d&#8217;une véritable théorie économique :</p><blockquote><p>&laquo;&nbsp;Les  pays comme la France, L&#8217;Italie et l&#8217;Angleterre, qui voyaient d&#8217;un oeil  d&#8217;envie l&#8217;Espagne tirer des trésors de ses mines du Nouveau Monde, se  demandèrent par quels moyens ils pourraient se procurer aussi de l&#8217;or et  de l&#8217;argent. C&#8217;est présicément le titre que porte le livre d&#8217;un  italien, Antonio Serra, publié avant celui de Montchrétien, en 1613 : <em>Des  causes qui peuvent faire abonder l&#8217;or et l&#8217;argent dans les royaumes où  il n&#8217;y a point de mines</em>.&nbsp;&raquo; p 10.</p></blockquote><p>La solution résidait dans <strong>la  vente à l&#8217;étranger de produits manufacturés</strong>. On développa donc le  commerce extérieur et l&#8217;industrie manufacturière &laquo;&nbsp;par tout un système  compliqué et vexatoire de reglements. C&#8217;est que qu&#8217;on a appelé le <em>système  mercantile</em>.&nbsp;&raquo;</p><h3>La faillite potentielle des états menace la  possibilité d&#8217;une économie politique</h3><p>L&#8217;hypothèse que je fais ici  est que l&#8217;économie politique, née avec les grands états modernes, est à  présent dans <strong>une impasse qui est à la mesure des difficultés que  traversent ces mêmes états aujourd&#8217;hui.</strong> Quelles sont ces difficultés  ? Elles se ramènent toutes à la dette ou, pour le dire dans les termes  du premier ministre français (et encore, c&#8217;était avant l&#8217;éclatement de  la crise financière de Septembre-Octobre 2008) : &laquo;&nbsp;les caisses sont  vides&nbsp;&raquo;.</p><p>En France le gouvernement ne peut plus financer des  projets de politique industrielle directement, il n&#8217;en a plus les moyens  même s&#8217;il en avait la volonté. La dernière marge de manoeuvre qu&#8217;il lui  reste est en effet d&#8217;accorder au compte-gouttes des aides fiscales pour  favoriser et influencer l&#8217;économie. Mais celles-ci ne font que creuser  mécaniquement encore plus, à moyen terme, les déficits d&#8217;aujourd&#8217;hui,  puisque les aides représentent autant de pertes potentielles dans le  budget à venir de l&#8217;état.</p><p>Si l&#8217;on quitte la sphère de l&#8217;état  jacobin pour s&#8217;intéresser aux puissances publiques régionales, le  tableau n&#8217;est pas plus réjouissant tant les politiques de  décentralisation ont été largement détournées par le pouvoir (notamment  de gauche, il faut le souligner) pour transférer aux régions, à défaut  de responsabilités, surtout des postes de dépenses budgétaires  auxquelles la plupart ne peuvent pas faire face. On pourrait ici citer  l&#8217;exemple de la décision du gouvernement Jospin de faire porter le coût  des dépenses d&#8217;<a
id="n5nt" title="allocation d'autonomie des personnes âgées" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Allocation_personnalis%C3%A9e_d%27autonomie" onclick="pageTracker._trackPageview('/outgoing/fr.wikipedia.org/wiki/Allocation_personnalis_C3_A9e_d_27autonomie?referer=');">allocation  d&#8217;autonomie des personnes âgées</a> par les régions ; décision aberrante s&#8217;il en est pour un système qui avait toute vocation à être  gérer au niveau de la solidarité nationale.</p><p>Pardonnez le caractère  abrupt de l&#8217;analogie, mais là où les spéculateurs financiers font des  titrisations toxiques, l&#8217;état dilue ses problèmes budgétaires dans la  puissance publique régionale, dernière tapis sous lequel on peut  dissimuler les poussières sans faire le ménage proprement. <strong>Privé / Public  : même logique de dé-responsabilisation</strong>.</p><p>Les puissances  publiques nationales et régionales sont à bout de souffle et l&#8217;économie  politique devient petit à petit un discours dont la réalité semble  devenir désuète puisqu&#8217;il n&#8217;y aura jamais les budgets pour une mise en  oeuvre. A cela il faut rajouter que la crise qui a éclaté en 2008 qui a  eu pour conséquence <strong>la soumission quasi inconditionnelle des finances  publiques aux spéculateurs</strong> avec pour première conséquence la mise  en lumière d&#8217;une probabilité forte de voir apparaître des états en  faillite.</p><p>Mais je ne suis pas un pessimiste car, si en  philosophie être pessimiste n&#8217;as pas de sens, je dirais qu&#8217;<strong>en  politique on n&#8217;a pas le droit d&#8217;être pessimiste</strong>. C&#8217;est la raison  pour laquelle se pose aujourd&#8217;hui à nouveaux frais la question de  l&#8217;économie politique. Non pas une économie politique incantatoire qui  s&#8217;adresse à des hommes politiques qui ne l&#8217;entendent pas, pris qu&#8217;ils  sont entre le court termisme et le clientélisme qu&#8217;imposent les  échéances électorales d&#8217;un côté et leur incapacité budgétaire  structurelle de l&#8217;autre, mais un relai qui donne un nouveau souffle à  l&#8217;économie politique (une <a
id="w42h" title="nouvelle critique de l'économie politique" href="http://www.amazon.fr/Pour-nouvelle-critique-l%C3%A9conomie-politique/dp/2718607971" onclick="pageTracker._trackPageview('/outgoing/www.amazon.fr/Pour-nouvelle-critique-l_C3_A9conomie-politique/dp/2718607971?referer=');">nouvelle  critique de l&#8217;économie politique</a> écrit Bernard Stiegler).</p><h3>L&#8217;économie  sociale au secours de l&#8217;économie politique</h3><p>Cette nouvelle  économie politique passe par l&#8217;<strong>économie sociale</strong>. Les deux  appellations ont souvent été confondu au début de la constitution de  l&#8217;économie tant elles étaient difficilement différentiables. Aujourd&#8217;hui  elle le sont, et il faut faire la distinction. Et pour le faire on peut  reprendre la distinction qu&#8217;en proposait Charles Gide il y a plus d&#8217;un  siècle :</p><blockquote><p>&laquo;&nbsp;L&#8217;économie politique pure étudiera les rapports  spontanées qui se forment entre les hommes vivants en masse, comme on  étudierait les rapports qui se forment entre des corps quelconques, &laquo;&nbsp;ces  rapports nécessaires qui dérivent de la nature des choses&nbsp;&raquo;, comme dirait  Montesquieu. Elle ne propose pas de les juger, pas plus au point de vue  moral qu&#8217;au point de vue pratique, mais seulement de les expliquer. Par  là elle apparaît plutôt comme une science naturelle exacte.<br
/> D&#8217;autre  part, l&#8217;économie sociale étudie plutôt les relations volontaires que les  hommes créent entre eux (&#8230;) en vue d&#8217;améliorer leur condition. Elle  se propose de rechercher et d&#8217;apprécier les meilleurs moyens pour  atteindre cette fin. Par là elle participe plutôt aux caractères des  sciences morales. Principes d&#8217;Économie Politique p.3</p></blockquote><p>C&#8217;est sur la  base des &laquo;&nbsp;relations volontaires&nbsp;&raquo; de l&#8217;économie sociale que l&#8217;économie  politique &#8211; nécessaire et souhaitable &#8211; pourra être réanimée. Je conçois  cette économie sociale non pas comme opposée, ni même en marge, de  l&#8217;économie politique, mais comme étant <strong>une courroie de transmission</strong> pour la réanimer.</p><p>L&#8217;exemple récent de cette commune anglaise, <a
id="e:0x" title="autour du petit village de Lyddington, qui a pris son  destin numérique en main" href="http://www.bakchich.info/Un-village-anglais-repare-la,10534.html" onclick="pageTracker._trackPageview('/outgoing/www.bakchich.info/Un-village-anglais-repare-la_10534.html?referer=');">autour du petit village de Lyddington, qui a  pris son destin numérique en main</a> en réalisant ce que ni la  puissance publique ni le secteur privé n&#8217;arrivait à faire, est à ce  titre éclairant. Les habitants se sont ainsi regroupés pour améliorer  leur infrastructure haut débit d&#8217;accès à internet : là ou l&#8217;économie  politique échouait, c&#8217;est l&#8217;économie sociale qui a pris le relais.</p><h3>Un  statut juridique pour l&#8217;économie sociale</h3><p>Pour accompagner la montée  en puissance de l&#8217;économie sociale, notamment celle qui est portée  depuis longtemps par le mouvement coopératif, il est existe en France,  depuis peu, un statut d&#8217;entreprise coopérative particulier qui répond  bien aux enjeux d&#8217;une économie sociale au secours d&#8217;une économie  politique : il s&#8217;agit de la <a
id="a_vy" title="SCIC" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/SCIC" onclick="pageTracker._trackPageview('/outgoing/fr.wikipedia.org/wiki/SCIC?referer=');">SCIC</a> (Société Coopérative d&#8217;Intérêt  Collectif).<br
/> La SCIC &laquo;&nbsp;peut concerner tous les secteurs d&#8217;activités,  dès lors que l&#8217;intérêt collectif se justifie par un projet de territoire  ou de filière d&#8217;activité impliquant un sociétariat hétérogène  (multisociétariat), le respect des règles coopératives (1 personne = 1  voix), et la non lucrativité (réinvestissement dans l&#8217;activité de tous  les excédents)&nbsp;&raquo; lit-on sur le site de l&#8217;<a
id="m4_e" title="agence pour la création d'entreprises" href="http://www.apce.com/pid804/scic.html?espace=1&amp;tp=1" onclick="pageTracker._trackPageview('/outgoing/www.apce.com/pid804/scic.html?espace=1_amp_tp=1&amp;referer=');">agence pour la création  d&#8217;entreprises</a>. Une de ses vertus est de pouvoir (et même de devoir)  associer des personnes juridiques ou morales de <strong>tous horizons</strong>.  Peuvent y participer des salariés, des bénévoles, des entreprises  commerciales mais également la puissance publique comme les conseils  régionaux. Par où l&#8217;on voit que les frontières traditionnelles  salarié/non-salarié, public/privé, sont gommées dans cette forme  juridique qui constitue <strong>un milieu juridique qui cherche à associer  les volontés plutôt qu&#8217;à les opposer</strong>.</p><p>Sur le site des <a
id="aq22" title="Société  Coopératives et participatives" href="http://www.scic.coop/p193_FR.htm" onclick="pageTracker._trackPageview('/outgoing/www.scic.coop/p193_FR.htm?referer=');">Société Coopératives et participatives</a>,  vous trouverez de nombreuses informations sur la SCIC, et notamment des  listes des 165 SCIC déjà en activité en date du 10 avril 2010.</p> <span
class="post-twitter" ><a
href="http://twitter.com/home?status=Chez%20%40ChristianFaure%20%3A%20%22L%27%C3%89conomie%20sociale%20comme%20moteur%20de%20l%27%C3%A9conomie%20politique%22%20http%3A%2F%2Ftinyurl.com%2F34sd934" title="Signaler sur Twitter" rel="nofollow" onclick="pageTracker._trackPageview('/outgoing/twitter.com/home?status=Chez_20_40ChristianFaure_20_3A_20_22L_27_C3_89conomie_20sociale_20comme_20moteur_20de_20l_27_C3_A9conomie_20politique_22_20http_3A_2F_2Ftinyurl.com_2F34sd934&amp;referer=');">Signaler sur Twitter</a></span><p>Related posts:<ol><li><a
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isPermaLink="false">http://www.christian-faure.net/?p=1617</guid> <description><![CDATA[Pour le profane que je suis et qui entend souvent parler de la chaîne du livre, j&#8217;ai eu du mal à visualiser quels étaient les acteurs et leurs relations. Alors, grâce à quelques personnes de la BnF, ainsi qu&#8217;à Alain Pierrot qui m&#8217;a donné de précieuses premières informations, j&#8217;ai commencé à faire un petit schéma [...]
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href="http://www.christian-faure.net/wp-images/chaine-du-livre.jpg"><img
class="aligncenter" title="La chaîne du livre en France" src="http://www.christian-faure.net/wp-images/chaine-du-livre.jpg" alt="La chaîne du livre en France" width="595" height="302" /></a></p><p>Je n&#8217;ai pas mis tous les acteurs et toutes les relations car çà devenait rapidement un plat de spaghetti qui contenait certainement trop d&#8217;erreurs.  Alors je pars d&#8217;une version la plus légère possible car il a vocation à être enrichi, modifié et corrigé <strong>en fonction de vos commentaires</strong>.</p><p>Si çà se complexifie trop, je pense faire plusieurs schémas selon la nature des flux : financiers, contractuels, logistiques ou informationnels. Mais si vous avez d&#8217;autres idées de représentation faites-le savoir.</p><p><strong>[Update]</strong> C&#8217;est un peu hors sujet, mais comme la question revient souvent, la répartition du Chiffre d&#8217;Affaire dans cette chaîne du livre &laquo;&nbsp;papier&nbsp;&raquo; est à peu près la suivante (<a
href="http://www.lautre-editions.com/telechargements/lachainedulivre.pdf" onclick="pageTracker._trackPageview('/outgoing/www.lautre-editions.com/telechargements/lachainedulivre.pdf?referer=');">source PDF</a>):</p><ul><li>Auteur : 7,5 %</li><li>Editeur : 14,2 %</li><li>Pub-Promo : 3,8 %</li><li>Imprimeur : 17 %</li><li>Diffuseur : 8,5 %</li><li>Distributeur : 10,5 %</li><li>Points de vente : 33%</li><li>TVA : 5,5 %</li></ul> <span
class="post-twitter" ><a
href="http://twitter.com/home?status=Chez%20%40ChristianFaure%20%3A%20%22La%20cha%C3%AEne%20du%20livre%20en%20France%22%20http%3A%2F%2Ftinyurl.com%2Fygtcbdl" title="Signaler sur Twitter" rel="nofollow" onclick="pageTracker._trackPageview('/outgoing/twitter.com/home?status=Chez_20_40ChristianFaure_20_3A_20_22La_20cha_C3_AEne_20du_20livre_20en_20France_22_20http_3A_2F_2Ftinyurl.com_2Fygtcbdl&amp;referer=');">Signaler sur Twitter</a></span><p>Related posts:<ol><li><a
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