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><channel><title>Christian Fauré &#187; Dataware</title> <atom:link href="http://www.christian-faure.net/tag/dataware/feed/" rel="self" type="application/rss+xml" /><link>http://www.christian-faure.net</link> <description>Hypomnemata : supports de mémoire</description> <lastBuildDate>Wed, 08 Feb 2012 13:01:47 +0000</lastBuildDate> <language>fr</language> <sy:updatePeriod>hourly</sy:updatePeriod> <sy:updateFrequency>1</sy:updateFrequency> <generator>http://wordpress.org/?v=3.3.1</generator> <item><title>Le propre du transfert et le tranfert du propre (infrastructure studies)</title><link>http://www.christian-faure.net/2011/10/25/le-propre-du-transfert-et-le-tranfert-du-propre/</link> <comments>http://www.christian-faure.net/2011/10/25/le-propre-du-transfert-et-le-tranfert-du-propre/#comments</comments> <pubDate>Tue, 25 Oct 2011 09:54:33 +0000</pubDate> <dc:creator>Christian</dc:creator> <category><![CDATA[Défaut]]></category> <category><![CDATA[Dataware]]></category> <category><![CDATA[Métadataware]]></category> <category><![CDATA[propre]]></category> <category><![CDATA[transfert]]></category><guid
isPermaLink="false">http://www.christian-faure.net/?p=2399</guid> <description><![CDATA[Transport et Transfert Parler d’infrastructure du numérique c’est toujours prendre le risque d’ennuyer son auditoire et de faire peur : On va encore nous parler des « autoroute de l’information », d’accès internet à très haut débit, de la taille des tuyaux, etc. Or je ne parlerai pas de tuyaux, ni d’accès internet à très haut débit, [...]
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id="more-2399"></span></p><p>Quelle distinction fais-je entre transport et transfert (Cf <a
href="http://www.christian-faure.net/2009/11/28/transfert-ou-transport/">Transfert ou Transport</a> en 2009)?</p><p>Tout d’abord, et l&#8217;on me pardonnera d&#8217;évacuer si grossièrement la question, si les deux relèvent de la mobilité et du déplacement, on peut dire que les réseaux de transports déplacent des objets et plus généralement de la <strong>matière</strong> (fusse sous la forme évanescente de photon), là où les réseaux de transferts déplacent des <em>représentations</em>, des <em>symboles</em> et, d’une manière générale du <strong>signifiant</strong>.</p><p>N’allez pas croire pour autant que j’oppose les réseaux de transferts aux réseaux de transports. Les <em>distinguer</em> n’est pas les <em>opposer</em>, et cela d’autant plus que, à ma connaissance, <em>aucun réseau de transfert n’existe s’il ne s’appuie pas lui-même sur un réseaux de transport</em>.</p><p>En informatique, cette articulation entre les différents protocoles de réseaux est illustrée par le modèle en couche OSI. Modèle dans lequel on voit bien que l’ensemble des protocoles qui « changent la donne » sont les protocoles de transferts : SMTP, FTP et, bien sûr, HTTP qui sont <strong>les protocoles applicatifs qui s&#8217;occupent des data</strong>. C&#8217;est en ce sens que je parle de <a
href="http://www.christian-faure.net/2008/06/01/dataware-et-metadataware/"><em>Dataware</em> et de <em>Metadataware</em></a> à propos des technologies de transferts.</p><p><a
href="http://www.christian-faure.net/2011/10/25/le-propre-du-transfert-et-le-tranfert-du-propre/osi/" rel="attachment wp-att-2401"><img
class="aligncenter size-full wp-image-2401" title="osi" src="http://www.christian-faure.net/wp-content/uploads/osi.jpg" alt="" width="498" height="344" /></a><br
/> Dans l’ouvrage collectif <a
href="http://www.christian-faure.net/2009/04/15/pour-en-finir-avec-la-mecroissance/">« Pour en finir avec la mécroissance »</a> j’ai présenté cette dimension industrielle de l’infrastructure des réseaux de transferts du numérique <strong>qui n’est pas l’infrastructure de transport </strong> ; il s’agissait de lutter contre l’incurie d’une idée qui s’était propagée dans l’<em>intelligentsia</em> française, dans la classe politique et dans les discours des média analogiques. <strong>Une idée qui présentait le numérique comme l’équivalent du virtuel</strong> ; un lieu en dehors des questions d’économies et de politiques industrielles ; ce que l’on nomme à présent <em>la fable de l’immatériel</em>.</p><p>Ce qui a été qualifié de virtuel, et qui donc a été <em>manqué</em>, c’est précisément les infrastructures de transferts, celles dont l’usine moderne est le <strong>data center </strong>(déviance centripète des réseaux distribués). En matière de réseaux de transports du numérique, la France est plutôt bonne. Il est souvent souligné que la qualité du réseau français est bien meilleure que celle du réseau américain. Mais là où çà pèche, si je puis dire, c’est dans les réseaux de transferts qui sont, aujourd’hui encore, <strong>en attente d’une politique industrielle</strong>.<br
/> Ne pas faire la distinction entre les infrastructures de transport et les infrastructures de transferts c&#8217;est ne pas comprendre<strong> la guerre de tranchée que les industries du transport et celles du transfert mènent depuis plusieurs années</strong>. Cela se manifeste par exemple lorsque les opérateurs telecom refusent d’investir seuls dans les nouvelles infrastructures de transports sous prétexte que ceux qui vont se connecter à ce réseau de transport vont ensuite être captés par les serveurs de transferts des nouveaux industriels du web, c’est à dire les industriels des technologies de transfert. [Cf <a
href="http://www.christian-faure.net/2007/11/22/un-plombier-pour-le-web/">les citations des patrons de telecom</a>]</p><p>De la même manière, les débats sur la « neutralité du net » relèvent pleinement la distinction entre Transport et Transfert.</p><h2>Le propre du Transfert</h2><p>Par ailleurs, puisque nous nous intéressons aux réseaux de transferts, le Littré nous rappelle que <a
href="http://francois.gannaz.free.fr/Littre/xmlittre.php?requete=transfert&amp;submit=Rechercher" onclick="pageTracker._trackPageview('/outgoing/francois.gannaz.free.fr/Littre/xmlittre.php?requete=transfert_amp_submit=Rechercher&amp;referer=');">&laquo;&nbsp;transfert&nbsp;&raquo;</a> est un terme d’origine <em>financière</em> et <em>juridique</em> ; on transfère des droits, des actions, des biens et donc des <strong>propriétés</strong>. Ce qui veut dire que<strong> le transfert est le domaine du <em>propre</em></strong>.</p><p>Je pense qu’il est inutile de rappeler à quel point <strong>les questions juridiques sont en première ligne de la mutation induite par l’émergence des industries de transferts numériques</strong> puisque la principale réponse du gouvernement Français aux enjeux des réseaux numériques de transferts a été de <em>criminaliser les pratiques de transferts</em>.</p><p>Puisqu&#8217;il est question de <em>propre</em> et de <em>propriété</em>, il faut à ce sujet rappeler que la première des propriétés qui est la notre, dans ces réseaux numériques, c&#8217;est <strong>les données que nous produisons</strong> puisque, avec l’architecture associé du numérique — associé au sens ou l’on est à la fois récepteur et émetteur —  chacun peut produire et publier (et même publier à ses dépends).</p><p>Or, que font les industries du transfert numérique ? Elles ont tendance à fonctionner précisément sur la base du <strong>transfert nos propres données</strong>, de notre <em>propre numérique</em>, de nos traces numériques. Ainsi,  la première chose que nous acceptons en rejoignant un service de réseau social privé, ce sont les « Conditions Générales d’Utilisation » en vertu desquelles <strong>nous transférons des droits d’usages sur notre propriété numérique</strong>.</p><p>Malheureusement, dans l’économie que nous propose les industriels des réseaux numériques de transferts, il y a toujours le risque qu’en s’appropriant les données des utilisateurs, leur propriété numérique, ces derniers ne deviennent purement et simplement des <strong>« propres à rien »</strong> dans cette logique d’exploitation des données qui vire à la dépossession.</p><p>S’<strong>approprier</strong> les réseaux numériques de transferts n’est pas la même chose que s’<strong>adapter</strong> aux réseaux numériques (on reconnaît là le discours latent des propos qui se focalisent sur l’accès internet à haut débit). L’alternative entre adoption du numérique (prendre en soi) et adaptation au numérique (prendre sur soi, comme un fardeau) est celle que Bernard Stiegler présente sous la forme suivante :</p><blockquote><p>« servitude volontaire automatisée <em>versus</em> économie de la contribution ».</p></blockquote><p>&nbsp;</p> <span
class="post-twitter" ><a
href="http://twitter.com/home?status=Chez%20%40ChristianFaure%20%3A%20%22Le%20propre%20du%20transfert%20et%20le%20tranfert%20du%20propre%20%28infrastructure%20studies%29%22%20http%3A%2F%2Ftinyurl.com%2F6xvt5zm" title="Signaler sur Twitter" rel="nofollow" onclick="pageTracker._trackPageview('/outgoing/twitter.com/home?status=Chez_20_40ChristianFaure_20_3A_20_22Le_20propre_20du_20transfert_20et_20le_20tranfert_20du_20propre_20_28infrastructure_20studies_29_22_20http_3A_2F_2Ftinyurl.com_2F6xvt5zm&amp;referer=');">Signaler sur Twitter</a></span><p>Related posts:<ol><li><a
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isPermaLink="false">http://www.christian-faure.net/?p=2311</guid> <description><![CDATA[Après les Digital Humanities, j’aborde à présent les “Cultural Analytics” comme autre champ des Digital Studies. [L’objet des Cultural Analytics selon la nature, le format, et l’origine des oeuvres] Si les Digital Humanities sont le fruit de la rencontre entre le traitement automatique des langues —  rendu possible par l’informatique —  avec les textes classiques [...]
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class="p1" style="text-align: justify;">Après les <a
href="http://www.christian-faure.net/2011/07/08/digital-studies-1-digital-humanities/"><span
class="s1">Digital Humanities</span></a>, j’aborde à présent les “Cultural Analytics” comme autre champ des <em>Digital Studies</em>.</p><p
class="p1" style="text-align: justify;"><em>[L’objet des Cultural Analytics selon la nature, le format, et l’origine des oeuvres]</em></p><p
class="p1" style="text-align: justify;">Si les <em>Digital Humanities</em> sont le fruit de la rencontre entre le traitement automatique des langues —<span
class="Apple-converted-space">  </span>rendu possible par l’informatique —<span
class="Apple-converted-space">  </span>avec les textes classiques de la tradition occidentale, les <em>Cultural Analytic</em>s, elles, bien que reprenant le principe majeur des <em>Digital Studies</em> qui consiste dynamiser une discipline par son couplage avec l’informatique, débordent largement du cadre initial instauré par les <em>Digital Humanities</em>. Et cela pour au moins trois raisons :</p><ul
class="ul1" style="text-align: justify;"><li
class="li1">Ce ne sont plus seulement des <strong>oeuvres textuelles et classiques</strong> qui sont ici considérées, mais des oeuvres<strong> multi-médias et contemporaines</strong>.<span
class="Apple-converted-space"> </span></li><li
class="li1">De plus, il y a une prévalence non plus d’une oeuvre (ou un corpus relativement délimité d’oeuvres) mais d’une <strong>multitude d’oeuvres</strong> au travers de leur production, diffusion, accès, consultation et <em>consommation</em>. Ce qui met en avant la <strong>dimension réticulaire</strong> du milieu technologique dans lequel les oeuvres dites « culturelles » sont étudiées.<span
class="Apple-converted-space"> </span></li><li
class="li1">Enfin, il y a <strong>un éclatement de la notion d’oeuvre </strong>en ce sens que l’oeuvre devient le produit de l’agrégation des données et de leur mise en forme. Les data sont la matière première numérique, d’une nouvelle approche du culturel.<span
class="Apple-converted-space"><br
/> </span></li></ul><h2 style="text-align: justify;"><span
id="more-2311"></span>Le choix des mots</h2><p
class="p5" style="text-align: justify;"><em>[Le champ culturel contemporain des Cultural Analytics prend en considération sa production et sa diffusion, les Analytics sont là pour superviser et restituer le tout ]</em></p><p
class="p5" style="text-align: justify;">Commençons par quelques éclairages sur le choix des mots : pourquoi “Cultural” et pourquoi “Analytics” ?</p><p
class="p5" style="text-align: justify;">De quelle culture parle-t-on car il ne s’agit plus du champ culturel tel qu’il était compris par les <em>Digital Humanities</em>. Il ne s’agit en effet pas de textes classiques ; il s’agit de la culture d’aujourd’hui, c’est à dire une culture comprise aussi comme <strong>culture de masse</strong>, et parfois même culture consumériste.</p><p
class="p5" style="text-align: justify;">La compréhension de « culture » par les <em>Cultural Analytics</em> est très ouverte, jusqu’à inclure toutes les marchandises et les services de ce <strong>marché culturel</strong> (par exemple l’<em>entertainment</em>).</p><p
class="p5" style="text-align: justify;">Les <em>analytics,</em> eux, font référence aux tableaux et aux schémas de mise en forme de nombreuses données quantitatives utilisées dans le commerce et la science.</p><ul
class="ul1" style="text-align: justify;"><li
class="li5">Dans le commerce, ces <em>analytics</em> sont des outils de prise de décision (dans les entreprises on parle de <em>Business Intelligence</em>) : graphiques de cotation en bourse, camemberts de répartition du chiffre d&#8217;affaire, etc.</li></ul><ul
class="ul1" style="text-align: justify;"><li
class="li5">Dans les sciences, on parle d&#8217;<em>analytics</em> comme des outils de représentation et d&#8217;interprétation de très grandes quantités de données. Ici, la figuration peut être beaucoup plus imagée et moins formelle que les dessins de courbes dans des repères ortho-normés. Voir les images de l&#8217;univers et des galaxies qui retraduisent visuellement des données qui sont captées au delà du spectre lumineux que nous pouvons percevoir.</li></ul><p
class="p5" style="text-align: justify;">Quand ces analytics deviennent ceux de la culture, il y a dès lors tout un champ de la restitution visuelle qui émerge, avec probablement de nouvelles applications. Quoi qu’il en soit, on comprend bien que l’expression «Cultural Analytics» a une connotation « oximorique », comme c’était d’ailleurs déjà le cas avec les « Digital Humanities ». C’est cette forme de contradiction qui produit l’effet stimulant des démarches de Lev Manovich, icône des « nouveaux medias ».</p><h2 class="p5" style="text-align: justify;">Les <em>Cultural Analytics</em> selon Lev Manovich</h2><p
class="p1" style="text-align: justify;"><em>[Distinctions et les spécificités des Digital Studies et des Cultural Analytics selon Lev Manovich]</em></p><p
class="p7"><span
class="s2"><img
id="internal-source-marker_0.01119777991360249" src="https://lh3.googleusercontent.com/H0luG1DAEsEoecI_22AnPDWsCHiykNDkvpnjMVmuhdddgV889rUtlHhFvTJHf2lWsA3shK34o-OvbUYW0R-Pb3QlONx0C_xYJwmLXOwbc_-dzJ1rrg" alt="" width="539" height="266" /><br
/> </span></p><p
class="p1" style="text-align: justify;">Si les <em>Digital Humanities</em> étaient un retour aux textes de la tradition &#8211; textes numérisés &#8211; les <em>Cultural Analytics</em> vont se pencher sur l&#8217;analyse de <strong>grands corpus de données</strong> qui ne sont pas nécessairement des oeuvres au sens noble et classique du terme. Là où les <em>Digital Humanities</em> voulaient faire parler les textes grâce à leur numérisation, les Cultural Analytics se proposent de faire parler non plus seulement les documents numériques mais les données numériques qui ne sont pas partie intégrante d’<em>une </em>oeuvre : <strong>c’est avec les données que l’on va faire oeuvre</strong>.</p><p
class="p1" style="text-align: justify;">[<em>Fragmentation : la visualisation comme restitution synthétique</em>]</p><p
class="p1" style="text-align: justify;">Mais de quelles données numériques parle-t-on ? On parle ici de données économiques, scientifiques et commerciales avant que de nouvelles données au caractère plus “culturel” n’apparaissent en masse, et on pense en premier lieu aux contenus publiés par les utilisateurs du Web.</p><p
class="p1" style="text-align: justify;">C’est à ces contenus (audio, vidéo et image) que pense <a
href="http://en.wikipedia.org/wiki/Lev_Manovich" onclick="pageTracker._trackPageview('/outgoing/en.wikipedia.org/wiki/Lev_Manovich?referer=');">Lev Manovich</a> en 2007 lorsqu’il utilise l’expression de « Cultural Analytics » dans son papier “<a
href="http://www.manovich.net/cultural_analytics.pdf" onclick="pageTracker._trackPageview('/outgoing/www.manovich.net/cultural_analytics.pdf?referer=');"><span
class="s1">Cultural Analytics: Analysis and Visualization of Large Cultural Data Sets.</span></a><span
class="s1"> (PDF)</span>”</p><p
class="p1" style="text-align: justify;">Sa motivation semble claire : appliquer les techniques de traitement et d’analyse de grands corpus de données scientifiques et économiques au champs culturel. Par “champ culturel” il faut essentiellement comprendre une culture de masse en tant qu’elle est produite et consommée à l’heure du Web.<span
class="Apple-converted-space"> </span>Il faut, dit-il, commencer à penser la culture en tant que :</p><blockquote><p
class="p9">“data that can be mined and visualized”.</p></blockquote><p
class="p1" style="text-align: justify;">Si la culture était un des derniers lieux où les données, en tant qu’elles permettent le traitement automatique et le calcul, n’avaient pas encore été pénétré, c’est désormais chose faite. Informations, documents et oeuvres doivent laisser une place à <strong>la déferlante des data</strong>.</p><p
class="p1" style="text-align: justify;">La position de Manovich n’est pas pour autant de quitter ou de fuir le champ culturel en laissant la place au données et au calculable, le culturel revient sur le devant de la scène avec la prédominance des arts de la visualisation. Car, finalement, « analytics » signifie analyse ET visualisation.</p><h2 class="p1" style="text-align: justify;">La temporalité des <em>Cultural Analytics</em></h2><p
class="p1" style="text-align: justify;"><em>[La synchronie du temps réel et la diachronie du temps différé (et différant)]</em></p><p
class="p1" style="text-align: justify;">Chez Manovich, l’accent est clairement mis sur la visualisation des grands corpus de data dans <strong>une logique de flux</strong> souvent associée aux données en <strong>temps-réel</strong>. Il y a le rêve affirmé de pouvoir voir et surveiller (au sens de <em>monitoring</em>) non seulement les flux d’échanges, de production et de consommation des data et des metadata culturelles mais aussi celles des traces et des comportements autour de cette culture du numérique bien contemporaine.<span
class="Apple-converted-space"> </span></p><p
class="p1" style="text-align: justify;"><em>[Fantasme du Panopticon]</em></p><div
id="attachment_2316" class="wp-caption aligncenter" style="width: 508px"> <a
href="http://www.christian-faure.net/2011/08/03/digital-studies-2-cultural-analytics/att/" rel="attachment wp-att-2316"><img
class="size-full wp-image-2316" title="AT&amp;T" src="http://www.christian-faure.net/wp-content/uploads/att.jpg" alt="" width="508" height="404" /></a><p
class="wp-caption-text">AT&amp;T Global Network Operations Center</p></div><p
class="p1" style="text-align: justify;">La récurrence du temps réel dans le traitement et la visualisation des <em>data</em> est problématique dans le manifeste de Manovich. Problématique, parce que <strong>le temps réel n’est pas le temps de la réflexion</strong> requis par les <em>scholars,</em> c’est aussi la raison pour laquelle Manovich s’inscrit plus dans une logique d’expérimentation artistique que dans une logique d’activité scientifique. Connu avant tout comme <strong>artiste</strong>, il est normal qu’il positionne les <em>Cultural Analytics</em> comme art, et non comme science, de la visualisation des données culturelles.</p><p
class="p1" style="text-align: justify;">Tous les services mis en oeuvre par les<a
href="http://www.christian-faure.net/2010/10/01/des-techniques-relationnelles-aux-technologies-relationnelles/"> technologies relationnelles</a> sur le web (services de publication, de partage, de mise en relation, etc.), et notamment les services de réseaux sociaux, sont à ce titre considérés comme des champs d’investigations et d’expérimentations privilégiés. Carsi les <em>Digital Humanities</em> relèvent d’abord de la culture classique et des oeuvres institutionnalisées —<span
class="Apple-converted-space">  </span>donc top-down —<span
class="Apple-converted-space">  </span>les <em>Cultural Analytics</em> prennent leur matière première dans les données du champs culturel contemporain, donc plutôt bottom-up.</p><p
class="p1" style="text-align: justify;">L’aboutissement est toujours<strong> la visualisation </strong>qui va être proposée d’un corpus de données qui doit donner à voir les changements au travers de mesures de propagation des activités culturelles en réseau. Les jeux de données doivent être joués dans le temps, les graphiques proposés sont souvent dynamiques et/ou interactifs.</p><h2 style="text-align: justify;">Le statut des <em>Cultural Analytics</em> en question</h2><p
class="p5" style="text-align: justify;">Un tableau synthétique des distinctions entre les <em>Digital Humanities</em> et les<em> Cultural Analytics</em> :</p><table
class="t1" width="400" cellspacing="0" cellpadding="0"><tbody><tr><td
class="td1" valign="top"><p
class="p1"><strong>Ditigal Humanities</strong></p></td><td
class="td2" valign="top"><p
class="p1"><strong>Cultural Analytics</strong></p></td></tr><tr><td
class="td3" valign="top"><p
class="p1">Texte</p></td><td
class="td4" valign="top"><p
class="p1">Multimedia</p></td></tr><tr><td
class="td3" valign="top"><p
class="p1">Documents</p></td><td
class="td4" valign="top"><p
class="p1">Données</p></td></tr><tr><td
class="td3" valign="top"><p
class="p1">Ancien</p></td><td
class="td4" valign="top"><p
class="p1">Contemporain</p></td></tr><tr><td
class="td3" valign="top"><p
class="p1">TopDown</p></td><td
class="td4" valign="top"><p
class="p1">BottomUp</p></td></tr><tr><td
class="td3" valign="top"><p
class="p1">Diachronique</p></td><td
class="td4" valign="top"><p
class="p1">Synchronique</p></td></tr></tbody></table><h2 style="margin: 0px; font: 18px Times; min-height: 23px;"></h2><p
class="p1" style="text-align: justify;">La présentation que fait Lev Manovich des <em>Cultural Analytics</em> est à la fois claire et stimulante quand il affirme qu’il s’agit <strong>découvrir des modèles et explorer des tendances</strong> (“understand patterns and explore trends”).</p><p
style="text-align: justify;">Mais il ne faut pourtant pas perdre de vue que la perspective dans laquelle se place Manovich, tout professeur qu’il soit, est avant tout celle d’un artiste. Il veut donner à voir par le numérique là où les peintres donnaient à voir dans leur toiles et, à ce titre, n’a pas d’ambition scientifique. Tel le capitaine Kirk dans Star-Trek, il explore en artiste les nouveaux horizons du numérique. Quoi de plus nécessaire quand on sait que <a
href="http://www.artclair.com/oeil/archives/docs_article/81262/un-grand-entretien-avec-bernard-stiegler----le-role-de-l-art--produire-du-discernement---.php" onclick="pageTracker._trackPageview('/outgoing/www.artclair.com/oeil/archives/docs_article/81262/un-grand-entretien-avec-bernard-stiegler----le-role-de-l-art--produire-du-discernement---.php?referer=');">le rôle de l’art est de « produire du discernement » (Stiegler)</a>.</p><p
style="text-align: justify;">Aussi, la conception des <em>Cultural Analytics</em> que Manovich propose <strong>n’épuise pas le sujet</strong>. Il a le sens de la formule et du slogan, tout comme il a du flair (la présente série sur les Digital Studies reprend d’ailleurs ses nomenclatures). Il a le mérite de lancer lui même <strong>des tendances qui sont souvent des feuilles de route inaugurale</strong>s, telles des actes de naissance, avant qu’elles ne deviennent éventuellement des champs disciplinaires avec leur professeurs, étudiants et budgets.</p><h2 style="text-align: justify;"><strong>Faire parler les données par l’image</strong></h2><p
class="p1" style="text-align: justify;">Aujourd’hui, l’intérêt et les travaux sur la visualisation des données n’a d’égal que son pendant scientifique dans l’extraction et le traitement des données. En effet, il n’est pas d’activité dans le traitement de très grand corpus de données qui ne soit pas couplé à une phase de restitution graphique. On peut avoir un aperçu régulier de ces restitutions visuelles sur le site <a
href="http://infosthetics.com/" onclick="pageTracker._trackPageview('/outgoing/infosthetics.com/?referer=');"><span
class="s1">Information Aesthetics</span></a>, que j’avais déjà évoqué en 2005 à propos de <a
href="http://www.christian-faure.net/2005/12/17/lart-de-la-mmoire/"><span
class="s1">L’art de la mémoire</span></a>.</p><p
class="p1" style="text-align: justify;">Par ailleurs, plusieurs services en ligne comme<a
href="http://manyeyes.alphaworks.ibm.com/" onclick="pageTracker._trackPageview('/outgoing/manyeyes.alphaworks.ibm.com/?referer=');"> <span
class="s1">Many Eyes</span></a>,<a
href="http://www.wordle.net/" onclick="pageTracker._trackPageview('/outgoing/www.wordle.net/?referer=');"> <span
class="s1">Wordle</span></a>,<a
href="http://your.flowingdata.com/" onclick="pageTracker._trackPageview('/outgoing/your.flowingdata.com/?referer=');"> <span
class="s1">Flowing Data</span></a>, et<a
href="http://www.gapminder.com/" onclick="pageTracker._trackPageview('/outgoing/www.gapminder.com/?referer=');"> <span
class="s1">Gapminder</span></a> permettent de charger des jeux de données et de configurer le rendu selon plusieurs variables.</p><p
class="p1" style="text-align: justify;">En informatique également, de nombreux livres : <a
href="http://www.amazon.co.uk/Beautiful-Visualization-Julie-Steele/dp/1449379869" onclick="pageTracker._trackPageview('/outgoing/www.amazon.co.uk/Beautiful-Visualization-Julie-Steele/dp/1449379869?referer=');">Beautiful visualization</a>, <a
href="http://www.amazon.fr/Beautiful-Data-Stories-Elegant-Solutions/dp/0596157118/ref=sr_1_2?s=english-books&amp;ie=UTF8&amp;qid=1312372617&amp;sr=1-2" onclick="pageTracker._trackPageview('/outgoing/www.amazon.fr/Beautiful-Data-Stories-Elegant-Solutions/dp/0596157118/ref=sr_1_2?s=english-books_amp_ie=UTF8_amp_qid=1312372617_amp_sr=1-2&amp;referer=');">Beautiful Data </a>qui sont la partie émergée et visible de tout un champ de recherche que l’on désigne sous le terme de <em>data analysis</em>.</p><p
class="p1" style="text-align: justify;">Je ne développerai pas ce point là mais il est évident le <em>Data Journalism</em> , cette bouée de sauvetage de la profession journalistique, est assurément un mouvement qui s’inscrit pleinement dans le champ des <em>Cultural Analytics</em>.</p><h2 class="p1" style="text-align: justify;">La sémiologie graphique</h2><p
class="p1" style="text-align: justify;">Quand il s’agit de graphiques et de visualisations de données, on pourrait s’interroger sur la manière dont, dans notre parcours personnel, nous avons été amené à apprendre certaines formes de cette <strong>grammaire visuelle</strong>.</p><p
class="p1" style="text-align: justify;"><em>[Géographie, la rivière est dans son lit …]</em></p><p
class="p1" style="text-align: justify;">En ce qui me concerne, cela passe par une image qui s’impose immédiatement à moi. C’est celle de ces belles cartes de <a
href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Paul_Vidal_de_La_Blache" onclick="pageTracker._trackPageview('/outgoing/fr.wikipedia.org/wiki/Paul_Vidal_de_La_Blache?referer=');"><span
class="s1">Paul Vidal de la Blache</span></a> qui ornaient nos salles de classe d’histoire et de géographie. C’est peut-être ce qui faisait que je percevais les classes d’histoire et de géographie comme étant toujours <strong>plus agréables et accueillantes</strong> que les autres salles de classe ( à comparer au squelette des salles de sciences naturelles, dont le fait qu’il s’appelle Oscar ne le rendait pas plus sympatique).</p><p
class="p1" style="text-align: justify;">C’est là, et dans les manuels correspondants, que les premières cartes et les premiers graphiques nous étaient montrés et présentés comme <strong>des outils de travail et d’analyse</strong>.<span
class="Apple-converted-space"> </span></p><p
class="p12"><span
class="s2"><img
id="internal-source-marker_0.01119777991360249" src="https://lh6.googleusercontent.com/vHRD_psM3hK5UFtd0D_yRlkPRp_h30ANH-eju8EEfR46X24t3DhiaRSinM0doqkbPFgSCaaP4TUgoH_4YBcNDPo05K6GiinQHQZuJu-6vvgDlSPPCUc" alt="" width="514px;" height="385px;" /><br
/> </span></p><p
class="p1" style="text-align: justify;">Il est donc des disciplines qui travaillent naturellement avec le graphique à la fois comme outils d’interprétation, d’analyse, de communication, et de pédagogie : <strong>la géographie tout d’abord</strong>, puis l’histoire, les sciences économiques et il semble que nous soyons dans une réelle dynamique à laquelle correspond à mes yeux une des ambitions des <em>Cultural Analytics</em>.</p><div><object
id="wat_4453539" width="480" height="270" classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" codebase="http://download.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=6,0,40,0"><param
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id="wat_4453539" width="480" height="270" type="application/x-shockwave-flash" src="http://www.wat.tv/swf2/313889nIc0K114453539" allowFullScreen="true" allowScriptAccess="always" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true" /></object></div><div
class="watlinks" style="width: 480px; font-size: 11px; background: #CCCCCC; padding: 2px 0 4px 0; text-align: center;"><a
class="waturl" title="Vidéo Le dessous des cartes L’INTERNET EST-IL GÉOPOLITIQUE ? 1/2 sur wat.tv" href="http://www.wat.tv/video/dessous-cartes-internet-est-2ngdf_2hnm3_.html" target="_blank" onclick="pageTracker._trackPageview('/outgoing/www.wat.tv/video/dessous-cartes-internet-est-2ngdf_2hnm3_.html?referer=');"><strong>Le dessous des cartes L’INTERNET EST-IL GÉOPOLITIQUE ? 1/2</strong></a></div><p
class="p1" style="text-align: justify;">A vrai dire, ce qui se joue — l’enjeu — dans les <em>Cultural Analytics</em>, c’est la capacité à « digérer », ou tout simplement à « faire quelque chose avec », les quantités astronomiques de données que de plus en plus d’individus et d’institutions sont en capacité de produire. Si l’on parle souvent de mauvaises exploitations des données (confidentialité, malveillance) ou d’exploitation des données d’une manière générale, il ne faut pas oublier que<strong> la réalité « massive » est un manque d’exploitation de ces données</strong>.</p><p
class="p1" style="text-align: justify;"><em>[ Les rivières de données sont là, mais où sont les moulins à données ? ]</em></p><p
class="p1" style="text-align: justify;">S’il faut faire confiance à Lev Manovich pour explorer en tant qu’artiste les opportunités des « nouveaux média », il faut aussi ancrer <em>Cultural Analytics</em> dans une perspective plus scientifique , ce qui m’amène à remonter à <a
href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Jacques_Bertin_%2528cartographe%2529" onclick="pageTracker._trackPageview('/outgoing/fr.wikipedia.org/wiki/Jacques_Bertin_2528cartographe_2529?referer=');">Jacques Bertin</a> et à son ouvrage de référence : <a
href="http://www.amazon.fr/S%C3%A9miologie-graphique-diagrammes-r%C3%A9seaux-cartes/dp/2713220270/ref=sr_1_1?ie=UTF8&amp;qid=1310822672&amp;sr=8-1" onclick="pageTracker._trackPageview('/outgoing/www.amazon.fr/S_C3_A9miologie-graphique-diagrammes-r_C3_A9seaux-cartes/dp/2713220270/ref=sr_1_1?ie=UTF8_amp_qid=1310822672_amp_sr=8-1&amp;referer=');"><span
class="s1">La sémiologie graphique</span></a>.</p><p
class="p5"><span
class="s2"><img
id="internal-source-marker_0.01119777991360249" src="https://lh6.googleusercontent.com/Y3bdYzkPonxGzbSScacEwRXfS41i0LE1Ar1sJu0_Wk_xvgzvpC0x79a7NgS-zXy2pjI0GcE-oiDq50apg8zPksEAc3_0EDqIkSXdVvoS2E1qcFdx82k" alt="" width="500px;" height="500px;" /><br
/> </span></p><p
style="text-align: justify;">Un travail écrit à <strong>l&#8217;apogée du structuralisme </strong>en France (en 1965 et publié en 1967), et qui s’inscrit dans le cadre d’une <strong>sémiologie générale</strong> mais ici appliquée au signe graphique et qui vise explicitement à l’établissement d’<strong>une rationalité de l’image</strong>, du langage graphique.</p><p
class="p1" style="text-align: justify;">Il faut souligner à la fois la dimension prophétique du travail de Jacques Bertin et en même temps les limites inhérentes de son travail au regard du stade d’évolution technologique dans les années 60. Si la question du numérique pointe (notamment au fil des rééditions), la plupart des théories sont proposées <strong>sur un fond graphique au sens propre du mot</strong> :</p><blockquote><p
class="p9">“On ne considérera donc que ce qui est représentable sur une feuille plane de papier blanc d’un format moyen, sous un éclairage normal, par tous les moyens graphiques”. (Sémiologie Graphique, p.10)</p></blockquote><p
class="p1" style="text-align: justify;">Les bénéfices de ces graphiques qui font l’objet d’étude de la sémiologie graphique sont bien connus (“une image vaut mille mots”) ; ainsi Bertin distingue-t-il la <strong>perception sonore que “ ne dispose que de deux variables sensibles</strong> : la variation des sons et le temps” et dont “les systèmes associés sont linéaires et temporels”(<em>Ibid</em> p.7), des <strong>perceptions visuelles “qui disposent de trois variables sensibles</strong> : la variation des taches et les deux dimensions du plan, et ceci hors du temps”. D’où la propriété essentielle des systèmes destinés à l’oeil :</p><blockquote><p
class="p15">“&#8230; dans un instant de perception, les systèmes linéaires ne nous communiquent qu’un seul son ou signe, tandis que les systèmes spatiaux, dont la graphique, nous communiquent dans le même instant les relations entre trois variables.” (p.7)</p></blockquote><p
class="p1" style="text-align: justify;">Cela veut donc dire que la question d’une grammaire visuelle, c’est à dire <strong>des structures — des invariants —<span
class="Apple-converted-space">  </span>de ce langage des relations de trois variables</strong>, doit se poser : qui pourrait croire que l’on puisse développer un tel instrument de travail, une telle technique, sans essayer de constituer une science de la visualisation graphique ?</p><p
class="p1" style="text-align: justify;">L’effet le plus surprenant des démarches autour de la Sémiologie Graphique, surtout dans le cadre technologique actuel, c’est qu’elle se joue de la distinction entre le synchronique et le diachronique en nous donnant à voir du <strong>multi-chronique</strong>. C’est ce que fait l’économiste norvégien Hans Rosling<span
class="Apple-converted-space">  </span>:</p><p><iframe
src="http://www.youtube.com/embed/jbkSRLYSojo" frameborder="0" width="560" height="349"></iframe></p><p
class="p1" style="text-align: justify;"><span
class="s1"><a
href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Roger_Brunet" onclick="pageTracker._trackPageview('/outgoing/fr.wikipedia.org/wiki/Roger_Brunet?referer=');">Roger Brunet</a></span> reprendra et poursuivra dans les années 80 les travaux précurseurs de Jacques Bertin en définissant la <a
href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Chor%25C3%25A9matique" onclick="pageTracker._trackPageview('/outgoing/fr.wikipedia.org/wiki/Chor_25C3_25A9matique?referer=');">chorématique</a> comme un « alphabet de l&#8217;espace » dont chaque <strong>chorème</strong> est une « structure élémentaire de l&#8217;espace ».</p> <span
class="post-twitter" ><a
href="http://twitter.com/home?status=Chez%20%40ChristianFaure%20%3A%20%22Digital%20Studies%20%282%29%20%3A%20Cultural%20Analytics%22%20http%3A%2F%2Ftinyurl.com%2F3ur9v4d" title="Signaler sur Twitter" rel="nofollow" onclick="pageTracker._trackPageview('/outgoing/twitter.com/home?status=Chez_20_40ChristianFaure_20_3A_20_22Digital_20Studies_20_282_29_20_3A_20Cultural_20Analytics_22_20http_3A_2F_2Ftinyurl.com_2F3ur9v4d&amp;referer=');">Signaler sur Twitter</a></span><p>Related posts:<ol><li><a
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isPermaLink="false">http://www.christian-faure.net/?p=2074</guid> <description><![CDATA[Une métadonnée est aussi une donnée. C’est, au sens strict, une donnée sur une donnée. Il y a un côté “mise en abîme” puisque toute donnée peut également être une métadonnée et, inversement, toute métadonnée peut en même temps être une donnée. C’est sur cette ambivalence que repose le fonctionnement d’un moteur de recherche : [...]
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/> <img
src="https://lh6.googleusercontent.com/h-WZ3raZwxLM4ocrjBY6kyLf8xmNHcdPBzXNYFAeo_rFc5PE5EmXHfR5bcFJmJQ-NaRLlQcwWkZ0hvqlZzA3cE8T5AXBeGe7wHji7nre2-haXOgHmA" alt="" width="345px;" height="292px;" /></p><p><span
id="more-2074"></span>C’est sur cette <strong>ambivalence</strong> que repose le fonctionnement d’un moteur de recherche : il prend la  donnée qui est entrée par l&#8217;utilisateur pour en faire une métadonnée de  son index. Mis à part les mots vides (non pris en compte dans la  requête) tous les mots des recherches effectuées avec les moteurs de  recherche sont des métadonnées. Un système d’indexation <em>full text</em> est donc un système technologique qui fait de chaque mot une  métadonnée, faisant ainsi l’économie du recourt à un système de  classement, c’est à dire un système de métadonnées, dont il faudrait  connaître le fonctionnement <em>a priori</em>.</p><p>C’est là le <strong>choc épistémologique</strong> que vivent les systèmes de métadonnées des bibliothèques depuis au moins une dizaine d’années :</p><blockquote><p>“ À quoi bon un catalogue si j’accède au plein texte des oeuvres en choisissant moi-même mes métadonnées ?”</p></blockquote><p>Il est évident que faire un catalogue <em>avant </em>le développement de l’indexation numérique en plein texte ou <em>après</em> n’a plus la même portée ni les mêmes enjeux. De même qu’il est évident  qu’il faut plus que jamais avoir des institutions qui proposent des  catalogues en tant que systèmes de métadonnées pour un certain accès aux données.</p><p>Ainsi,  pas besoin de connaître un langage de requête informatique pour  utiliser un moteur de recherche, <strong>il suffit de savoir lire et écrire</strong> pour  poser des question à cette <strong>pythie numérique</strong> ; “ordinary language is all right”, comme disait Wittgenstein,  suffisant en tout cas pour que chacun puisse utiliser un système de métadonnées <strong>sans même en avoir nécessairement conscience.</strong></p><p>Mais comme <strong>on n’accède jamais directement aux donnée</strong>s,  que ce soit pour les créer où pour les consulter ; il y a toujours la  nécessaire médiation d’une métadonnée ou d’un système de métadonnées  pour manipuler une donnée.</p><p>Pour reprendre un vocabulaire que j’avais déjà utilisé (cf. <a
href="../2008/06/01/dataware-et-metadataware/">Dataware et Metadataware</a> ) : il n’y a pas de dataware sans metadataware, c’est à dire que l’on  ne peut pas prendre soin des données sans prendre soin, en même temps,  des métadonnées. <strong>Les métadonnées sont des conditions de création, de consultation et d’utilisation des données.</strong></p><p>Essayez de créer une donnée sans métadonnée et vous verrez que c’est impossible, vous ne pourriez tout simplement pas parler de cette donnée puisqu’<strong>elle ne fait référence à rien</strong>.</p><p>L’<strong>écologie numérique</strong> qui cherche à se mettre en place avec les politiques d’ouverture des  données doit en passer par le milieu des métadonnées. Encore une fois :  le dataware se joue dans le métadataware, c&#8217;est d&#8217;ailleurs se qu&#8217;exprime <em>le ranking du linked data</em> :</p><table><tbody><tr><td>★</td><td>make your stuff available on the web (whatever format)</td></tr><tr><td>★★</td><td>make it available as structured data (e.g. excel instead of image scan of a table)</td></tr><tr><td>★★★</td><td>non-proprietary format (e.g. csv instead of excel)</td></tr><tr><td>★★★★</td><td>use URLs to identify things, so that people can point at your stuff</td></tr><tr><td>★★★★★</td><td>link your data to other people’s data to provide context</td></tr></tbody></table><p>&nbsp;</p><p>Dans  ces initiatives d’ouverture des données (Opendata), le débat se porte  donc immédiatement sur les enjeux constitutifs du métadataware :  formats, vocabulaires, systèmes de signifiants. Bref, sur tout ce qui  participe à ce qui fait du sens dans <strong>une écologie relationnelle porteuse d&#8217;une économie relationnelle</strong>.</p> <span
class="post-twitter" ><a
href="http://twitter.com/home?status=Chez%20%40ChristianFaure%20%3A%20%22Sur%20les%20m%C3%A9tadonn%C3%A9es%22%20http%3A%2F%2Ftinyurl.com%2F6ebupq4" title="Signaler sur Twitter" rel="nofollow" onclick="pageTracker._trackPageview('/outgoing/twitter.com/home?status=Chez_20_40ChristianFaure_20_3A_20_22Sur_20les_20m_C3_A9tadonn_C3_A9es_22_20http_3A_2F_2Ftinyurl.com_2F6ebupq4&amp;referer=');">Signaler sur Twitter</a></span><p>Related posts:<ol><li><a
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isPermaLink="false">http://www.christian-faure.net/?p=1897</guid> <description><![CDATA[Les questions relatives à l&#8217;ouverture des données sont importantes. Pourtant ce n&#8217;est pas là le plus important car, si c&#8217;est nécessaire, ce n&#8217;est peut-être pas suffisant. Il faut souligner que l&#8217;enjeu, au travers de l&#8217;ouverture des données, qu&#8217;elles soient d&#8217;origine publique (institutions et puissance publique) ou privée (organisations et entreprises), l&#8217;enjeu, disais-je, n&#8217;est pas tant [...]
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href="http://www.christian-faure.net/tag/milieu_associe/">d&#8217;une logique dissociée à une logique associée</a> et donc d&#8217;embrasser les opportunités des <a
href="http://www.christian-faure.net/?s=technologies+relationnelles">technologies relationnelles</a>. On peut, par exemple, exposer ses données et continuer à travailler comme si de rien n&#8217;était, comme avant. Cela serait fort dommage, et je suis convaincu qu&#8217;il faut un peu plus que çà.<span
id="more-1897"></span></p><p>Si je fais cette remarque c&#8217;est parce cela a peu de sens d&#8217;exposer ses données juste &#8230; pour les exposer. On ne demande pas aux organisations d&#8217;exposer leur données pour jouer les inquisiteurs ou faire du &laquo;&nbsp;datajournalism&nbsp;&raquo;, même si certains en font leur fer de lance sur cette question.</p><p><a
title="It was hard but one us had to go by monkeyc.net, on Flickr" href="http://www.flickr.com/photos/monkeyc/113182605/" onclick="pageTracker._trackPageview('/outgoing/www.flickr.com/photos/monkeyc/113182605/?referer=');"><img
src="http://farm1.static.flickr.com/53/113182605_22ab692434.jpg" alt="It was hard but one us had to go" width="500" height="379" /></a></p><p>On leur demande cela pour qu&#8217;ils puissent <strong>nous mettre dans la boucle de leur activité </strong>pour créer un écosystème et un milieu associé (le web of data) dans lequel <a
href="http://www.christian-faure.net/2009/06/14/dataware-et-economie-de-la-contribution/">les données peuvent produire des externalités positives</a>.</p><p>( <em>Remarque au passage : &laquo;&nbsp;Raw data now!&nbsp;&raquo;, scandait Tim Berners Lee.  Je veux bien, mais les données brutes cela ne veut rien dire, une donnée n&#8217;est jamais brute, elle a toujours une forme et un format comme me l&#8217;a rappelé à juste titre Alain Pierrot.</em> )</p><p>Je dis çà pour ceux qui seraient tentés de nous donner des données en pâture, avec une forte probabilité que ce soit des &laquo;&nbsp;junk data&nbsp;&raquo;. Nous voulons bien plus que des données quand nous parlons d&#8217;une <strong>économie de la contribution</strong> : nous voulons, et pouvons, changer les modèles de ceux qui les produisent et choisissent de les exposer.</p> <span
class="post-twitter" ><a
href="http://twitter.com/home?status=Chez%20%40ChristianFaure%20%3A%20%22Ce%20n%27est%20pas%20qu%27une%20histoire%20de%20donn%C3%A9es%22%20http%3A%2F%2Ftinyurl.com%2F2v2yv6g" title="Signaler sur Twitter" rel="nofollow" onclick="pageTracker._trackPageview('/outgoing/twitter.com/home?status=Chez_20_40ChristianFaure_20_3A_20_22Ce_20n_27est_20pas_20qu_27une_20histoire_20de_20donn_C3_A9es_22_20http_3A_2F_2Ftinyurl.com_2F2v2yv6g&amp;referer=');">Signaler sur Twitter</a></span><p>Related posts:<ol><li><a
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isPermaLink="false">http://www.christian-faure.net/?p=1168</guid> <description><![CDATA[C&#8217;est sur l&#8217;incurie de la puissance publique que je conclus la partie que j&#8217;ai écrite dans &#171;&#160;Pour en finir avec la mécroissance&#171;&#160;. Or, on m&#8217;a récemment demandé ce qu&#8217;était vraiment l&#8217;incurie, et pourquoi parler de l&#8217;incurie de la puissance publique ? Mon constat de l&#8217;incurie de la puissance publique, dans &#171;&#160;Dataware et infrastructure du cloud [...]
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id="lggn" title="Pour en finir avec la mécroissance" href="http://www.amazon.fr/Pour-en-Finir-avec-M%C3%A9croissance/dp/2081224925/ref=sr_1_1?ie=UTF8&amp;s=books&amp;qid=1246709825&amp;sr=8-1" onclick="pageTracker._trackPageview('/outgoing/www.amazon.fr/Pour-en-Finir-avec-M_C3_A9croissance/dp/2081224925/ref=sr_1_1?ie=UTF8_amp_s=books_amp_qid=1246709825_amp_sr=8-1&amp;referer=');">Pour en finir avec la mécroissance</a>&laquo;&nbsp;. Or, on m&#8217;a récemment demandé ce qu&#8217;était vraiment l&#8217;incurie, et pourquoi parler de l&#8217;incurie de la puissance publique ?<br
/> Mon constat de l&#8217;incurie de la puissance publique, dans &laquo;&nbsp;Dataware et infrastructure du cloud computing&nbsp;&raquo;, reposait sur l&#8217;abscence de participation de la puissance publique à la constitution des infrastructures du numérique réticulaire. Une absence de participation aussi bien du point de vue financier (pas d&#8217;investissement dans les data centers) que du point de vue politique (pas de politique des technologies numériques et des technologies de l&#8217;esprit).</p><p><span
id="more-1168"></span><br
/> Le <a
id="flu_" title="littré" href="http://francois.gannaz.free.fr/Littre/xmlittre.php?rand=&amp;requete=incurie&amp;submit=Rechercher" onclick="pageTracker._trackPageview('/outgoing/francois.gannaz.free.fr/Littre/xmlittre.php?rand=_amp_requete=incurie_amp_submit=Rechercher&amp;referer=');">Littré</a> nous rappelle qu&#8217;<strong>incurie signifie </strong><span><strong>&laquo;&nbsp;défaut de soin, négligence&nbsp;&raquo;</strong>. Bien évidemment, </span>le terme d&#8217;incurie, tel que je l&#8217;emploi, s&#8217;inscrit dans le champ sémantique du <strong>vocabulaire pharmacologique de Stiegler</strong>, dont on trouvera l&#8217;exposition notamment dans &laquo;&nbsp;<a
id="ls42" title="Prendre soin" href="http://www.amazon.fr/Prendre-soin-1-jeunesse-g%C3%A9n%C3%A9rations/dp/2081207362/ref=sr_1_2?ie=UTF8&amp;s=books&amp;qid=1246709897&amp;sr=8-2" onclick="pageTracker._trackPageview('/outgoing/www.amazon.fr/Prendre-soin-1-jeunesse-g_C3_A9n_C3_A9rations/dp/2081207362/ref=sr_1_2?ie=UTF8_amp_s=books_amp_qid=1246709897_amp_sr=8-2&amp;referer=');">Prendre soin</a>&laquo;&nbsp;.</p><p><strong>La puissance publique</strong>, elle, s&#8217;exerce sur des territoires publics dans la perspective de la recherche d&#8217;un bien commun, pour un intérêt collectif. <span>Être de gauche, disait Stiegler à la dernière réunion publique d&#8217;Ars Industrialis le 13 Juin 2009, c&#8217;est croire à la nécessité d&#8217;une puissance publique qui s&#8217;exerce réellement, et je rajoute &laquo;&nbsp;guidée par l&#8217;idée d&#8217;un bien commun&nbsp;&raquo;. C&#8217;est une attention &laquo;&nbsp;collective&nbsp;&raquo; : c&#8217;est le collectif qui s&#8217;organise pour prendre soin du collectif, qui définit et gère <strong>une sphère publique, une sphère qui n&#8217;est pas la sphère du marché</strong>. Si je dis &laquo;&nbsp;hors du marché&nbsp;&raquo;, cela ne signifie pas hors de l&#8217;économie ou du commerce : il y a bien une économie politique, même si l&#8217;incurie de la puissance publique l&#8217;a laissé en friche.</span><span> (Cf <a
id="imh4" title="Pour une nouvelle critique de l'économie politique" href="http://www.amazon.fr/gp/product/2718607971/ref=s9_simz_gw_s0_p14_i2?pf_rd_m=A1X6FK5RDHNB96&amp;pf_rd_s=center-1&amp;pf_rd_r=1ZF1Z2HZACGY81J7XNW6&amp;pf_rd_t=101&amp;pf_rd_p=463375513&amp;pf_rd_i=405320" onclick="pageTracker._trackPageview('/outgoing/www.amazon.fr/gp/product/2718607971/ref=s9_simz_gw_s0_p14_i2?pf_rd_m=A1X6FK5RDHNB96_amp_pf_rd_s=center-1_amp_pf_rd_r=1ZF1Z2HZACGY81J7XNW6_amp_pf_rd_t=101_amp_pf_rd_p=463375513_amp_pf_rd_i=405320&amp;referer=');">Pour une nouvelle critique de l&#8217;économie politique</a>)</span></p><p>L&#8217;incurie de la puissance publique, c&#8217;est l&#8217;organisation publique qui se désintéresse du bien commun, qui néglige et qui délaisse le collectif, le vivre ensemble. Ce délaissement tend à <strong>laisser la place au marché</strong>, soit disant bien plus efficace. Ici également, ce n&#8217;est pas l&#8217;action de déléguer au marché qui est condamnable en tant que telle, car cela a de toute évidence de nombreuses vertus. Mais c&#8217;est de n&#8217;avoir <strong>aucune mesure et aucune intelligence de cette délégation</strong> qui fait qu&#8217;à défaut de délégation on assiste plus tôt à un <strong>abandon</strong>. L&#8217;éducation, la santé, la justice, etc. : des pans entiers qui relèvent de la puissance publique sont laissés à l&#8217;abandon.</p><p>L&#8217;incurie se manifeste par une <strong>déterritorialisation des lieux publics par la puissance publique elle-même</strong> : cela va des trottoirs jusqu&#8217;aux espaces numériques. Une déterritorialisation qui a son origine aussi bien dans la déresponsabilisation de la puissance publique que dans l&#8217;acharnement du <em>marché</em> à conquérir ces territoires publics. La pression est à la fois interne et externe.</p><p>La déresponsabilisation de la puissance publique s&#8217;exprime par exemple dans les &laquo;&nbsp;politiques du chiffre&nbsp;&raquo;. On met en place des indicateurs qui vont mesurer l&#8217;efficience de l&#8217;action de la puissance publique. Mettre des indicateurs peut-être une bonne chose, sauf quand ces indicateurs sont ceux qui régissent les organisations privées à but lucratif. De fait, le tour de passe-passe consiste à mettre en comparaison la puissance publique avec des organisations qui ne relèvent pas de la sphère publique.</p><p>Or <strong>l&#8217;entreprise et la puissance publique ne se comparent pas puisqu&#8217;elle  sont incommensurables</strong>, elles oeuvrent pour des finalités qui sont sans commune mesure (bien commun d&#8217;un côté et bénéfices financiers de l&#8217;autre). Et c&#8217;est pour cette raison que la puissance publique sera toujours sous-évaluée quand on la comparera à la performance du secteur privée qui cherche à étendre en permanence les frontières de son territoire : celui du marché, de la comparaison, du benchmark et de la cotation.</p><p>Les gouvernements successifs, en panne d&#8217;idées pour exercer la puissance publique, n&#8217;ont ainsi eu pour motivation que d&#8217;évaluer la puissance publique à l&#8217;aune d&#8217;une vision managériale. C&#8217;est le spectacle que nous donne depuis des décennies <strong>ces présidents qui se présentent comme les VRP de la France</strong>, emmenant dans leurs déplacements les grands industriels de la nation pour &laquo;&nbsp;conquérir de nouveaux marchés&nbsp;&raquo; pendant que, à la maison, le secteur public s&#8217;effondre.</p><p>Si d&#8217;un côté on a mis la puissance publique sur le marché, de l&#8217;autre le marché fait tout pour arriver à avoir le pouvoir de <strong>côter la puissance publique </strong><span>(donner une note, une appréciation, évaluer)</span><span>, pour l&#8217;inclure dans son règne. C&#8217;est ce que fait <a
id="jgym" title="Moodys" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Moody%27s" onclick="pageTracker._trackPageview('/outgoing/fr.wikipedia.org/wiki/Moody_27s?referer=');">Moody&#8217;s</a> <strong>en notant aussi bien les </strong></span><strong>entreprises commerciales que les organes gouvernementaux</strong><span>, ce qui induit des modifications pour l&#8217;obtention des emprunts pour ces pays : bien noté le crédit est facile à obtenir, mal noté et il est difficile et cher à obtenir. C&#8217;est toute la capacité d&#8217;investissement des nations qui se retrouve ainsi dominée par le marché.</span></p><p><span>Il n&#8217;y a aucune fatalité à ce que La France devienne une entreprise, une marque, comme que le rêvent les auteurs du rapport levy-jouiet. L&#8217;incurie de la puissance publique commence par la négation de sa propre puissance, </span>c&#8217;est la puissance publique qui <strong>refuse d&#8217;exercer sa puissance</strong>.</p><p>C&#8217;est parce qu&#8217;il y a ce refus que nous avons assisté à un rapt, une OPA, sur la puissance publique, y compris dans les événements des derniers mois où le marché a profité de l&#8217;incurie de la puissance publique pour lui imposer de régler la facture des dérives du capitalisme financier.</p><p>La situation est d&#8217;autant plus inouïe que, malgré toute cette incurie de la puissance publique, le tendance paradoxale est de penser qu&#8217;il faut liquider la puissance publique. Quel est donc cet étrange raisonnement qui semble s&#8217;imposer comme une évidence en disant : &laquo;&nbsp;la puissance publique a échoué, donc il faut liquider la puissance publique&nbsp;&raquo;, alors que <strong>l&#8217;échec vient précisément du fait que la puissance publique ne s&#8217;est pas exercée</strong>. Or il me semble que la question est plutôt de réactiver la puissance publique que de la liquider.</p><p>Face à cette situation il ne faut pas oublier que la puissance publique ne se réduit pas à des gouvernements, des états, des régions ou des institutions. Ce ne sont là que des <strong>représentations</strong> <strong>institutionnelles</strong> qui sont censées exercer la puissance publique. Le constat de leur défaillance doit trouver de nouveaux relais<strong> pour qu&#8217;une intelligence collective puisse participer à un nouvel exercice de la puissance publique</strong>.</p><p>Cette intelligence collective passera par les technologie relationnelles. Celles-là même que les représentants de la puissance publique n&#8217;ont <strong>toujours pas pensé</strong> : dans un premier temps en n&#8217;y voyant que la fable de l&#8217;immatériel et du virtuel, dans un deuxième temps en agissant de manière suicidaire en succombant au lobbyisme des industries de rentes du XX° siècle consumériste.</p><p>C&#8217;est parce qu&#8217;internet et le web sont des milieux associés que <strong>la question de l&#8217;intelligence collective peut être reposée à nouveaux frais</strong>. Mais, pour qu&#8217;une nouvelle forme de puissance publique puisse s&#8217;exercer, il faut que ses représentants actuels comprennent et acceptent l&#8217;idée que<strong> les données qu&#8217;ils détiennent relèvent de la sphère publique</strong> d&#8217;une part et quelles doivent être <strong>ouvertes sur le web </strong>d&#8217;autre part, afin que l&#8217;intelligence collective puisse s&#8217;exprimer et s&#8217;exercer avec ces données.</p><p>Mais relisez les programmes des partis politiques de l&#8217;extrème gauche à l&#8217;extrême droite : aucun ne pose ces questions, aucun ne s&#8217;exprime sur cette incurie de la puissance publique et encore moins ne propose des initiatives plaçant l&#8217;ouverture des données publiques comme <strong>l&#8217;opportunité d&#8217;un nouvel exercice de la puissance publique</strong>. Avec 60% d&#8217;abstentions aux dernières élections européennes, aucun parti ne comprend ce qui passe, aucun parti ne propose les technologies numériques, le web et l&#8217;ouverture des données comme piste sérieuse.</p><p>Il aura fallu un président exceptionnel aux USA pour que des initiatives se fassent, puis un scandale sur les notes de frais pour que le gouvernement anglais mette en place <a
id="d3k_" title="une réflexion en ce sens là" href="../2009/06/14/dataware-et-economie-de-la-contribution/">une réflexion en ce sens là</a>. Que faut-il donc qu&#8217;il nous tombe sur la tête en France pour que nous prenions à bras le corps ces enjeux, pour que l&#8217;on en finisse avec l&#8217;incurie de la puissance publique ?</p><p>Je pense que l&#8217;<strong>exceptionnel tissu associatif</strong> dont nous disposons en France est un puissant vecteur de transformation de notre société. Un tissu qui, parce qu&#8217;il se numérise et s&#8217;outille technologiquement, est capable à la fois de mettre sous pression la puissance publique mais aussi de contribuer activement, en tant qu&#8217;acteur de premier plan et réellement motivé, à une politique d&#8217;ouverture des données qu&#8217;il a déjà commencé à produire lui-même.</p> <span
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href="http://twitter.com/home?status=Chez%20%40ChristianFaure%20%3A%20%22Qu%27est-ce%20que%20l%27incurie%20de%20la%20puissance%20publique%20%3F%22%20http%3A%2F%2Ftinyurl.com%2Fy8ljlun" title="Signaler sur Twitter" rel="nofollow" onclick="pageTracker._trackPageview('/outgoing/twitter.com/home?status=Chez_20_40ChristianFaure_20_3A_20_22Qu_27est-ce_20que_20l_27incurie_20de_20la_20puissance_20publique_20_3F_22_20http_3A_2F_2Ftinyurl.com_2Fy8ljlun&amp;referer=');">Signaler sur Twitter</a></span><p>Related posts:<ol><li><a
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isPermaLink="false">http://www.christian-faure.net/?p=1137</guid> <description><![CDATA[Faisons un instant l&#8217;hypothèse que le web n&#8217;existe pas et nous comprendrons immédiatement que le moteur et le support d&#8217;une transformation vers une économie de la contribution manque. Cette hypothèse, nous le savons, beaucoup sont tentés de la faire. J&#8217;aimerais donc souligner trois points préliminaires (qui sont des impératifs, des conditions nécessaires) en rapport au [...]
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style="font-size: x-small;">Faisons un instant l&#8217;hypothèse que le web n&#8217;existe pas et nous comprendrons immédiatement que le moteur et le support d&#8217;une transformation vers une <strong>économie de la contribution </strong>manque. Cette hypothèse, nous le savons, <a
id="xwzi" title="beaucoup sont tentés de la faire" href="../2009/06/09/internet-circulez-y-a-rien-de-bon/">beaucoup sont tentés de la faire</a>.</span></p><p>J&#8217;aimerais donc souligner trois points préliminaires (qui sont des impératifs, des conditions nécessaires) en rapport au texte &laquo;&nbsp;Dataware et infrastructure du cloud computing&nbsp;&raquo; paru dans <a
id="od.7" title="Pour en finir avec la mécroissance" href="../2009/04/15/pour-en-finir-avec-la-mecroissance/">Pour en finir avec la mécroissance</a>, avant d&#8217;avancer deux propositions pour que la puissance publique puisse jouer son rôle dans la mise en oeuvre d&#8217;une économie de la contribution.</p><p><span
id="more-1137"></span></p><p>Voici donc les trois points :</p><p><span
style="font-size: x-small;">1. Défendre l<strong>e droit d&#8217;accès à internet</strong> en rappelant si nécessaire, comme l&#8217;a fait l&#8217;Europe et, cette semaine, le conseil constitutionnel en France, que l&#8217;accès à internet relève d&#8217;un droit fondamental. C&#8217;est à dire que couper la connexion internet n&#8217;est en aucune manière une solution aux troubles dont il serait responsable.</span><br
/> <span
style="font-size: x-small;"><br
/> Il est à ce propos étonnant de constater, alors que Bernard Stiegler parle, dans la <em>Mécroissance</em>, du passage du temps Carbone au temps Lumière, toutes ces métaphores qui fleurissent pour nous expliquer comment doit fonctionner le web <strong>à partir du modèle de l&#8217;automobile</strong> : permis à points, limitation de vitesse, radars automatique, etc. Révélant par là même <a
id="r-:i" title="les limites d'une certaine conception de l'économique publique" href="../2009/05/31/misere-des-politiques-economiques-tabac-alcool-jeux-essence-et-internet/">les limites d&#8217;une certaine conception de l&#8217;économique politique</a>.<br
/> </span><br
/> <span
style="font-size: x-small;">2. Veiller à la <strong>neutralité du net</strong>, s&#8217;assurer qu&#8217;internet reste un service public universel et ne se morcelle pas en autant de services qu&#8217;il y aurait de fournisseurs d&#8217;accès.<br
/> </span><br
/> <span
style="font-size: x-small;">3. S&#8217;assurer que le net, qui provoque une crise des modèles dissociés ainsi qu&#8217;un désajustement, ne soit pas <strong>réajusté exclusivement à partir de l&#8217;outil de production des géants du web</strong>. Mais, cela dit, je m&#8217;empresse de préciser immédiatement que </span><span
style="font-size: x-small;">les géants du web sont nécessaires car ils sont actuellement le premier rempart contre ceux qui veulent remettre en cause la neutralité du net : Google est le premier défenseur de poids du principe de neutralité du net.</span></p><p><span
style="font-size: x-small;"><br
/> Cela posé, comment faire que la puissance publique ait une politique  du web dans le cadre d&#8217;une économie de la contribution. Une politique qui ne se résume pas à une utilisation du web comme outil de communication, un simple media de plus (un nouveau canal, comme on parle de stratégie multi-canal dans les banques et assurances). Cette politique du web repose sur deux initiatives nécessaires :</span></p><div
style="margin-left: 40px;"><span
style="font-size: x-small;"><strong>1. L&#8217;ouverture des données</strong> : Il y a des <a
id="usfu" title="initiatives intéressantes aux US avec l'administration Obama" href="../2009/05/16/ladministration-obama-met-sa-strategie-it-au-coeur-de-sa-nouvelle-politique/">initiatives intéressantes aux US avec l&#8217;administration Obama</a> , mais l&#8217;initiative peut-être encore plus ambitieuse nous vient  d&#8217;Angleterre où le premier ministre Gordon Brown a demandé à Tim Berners Lee, l&#8217;inventeur du web, de conseiller le gouvernement anglais pour ma mise à disposition des données de l&#8217;administration sur le web. C&#8217;est à dire de rentrer dans la perspective du Dataware dont je parle dans l&#8217;ouvrage sur la <em>Mécroissance</em> (si je voulais forcer le trait, je dirai qu&#8217;il faut que les démarches de &laquo;&nbsp;service public&nbsp;&raquo; s&#8217;appuient sur des démarches de &laquo;&nbsp;données publiques&nbsp;&raquo;).<br
/> </span></div><div
style="margin-left: 40px;"><span
style="font-size: x-small;"><br
/> Certes, cette intention du premier ministre anglais ne résulte pas d&#8217;une vision politique très forte car on sait qu&#8217;elle est initialement motivée par le scandale des notes de frais. Mais l&#8217;on voit bien, du coup, que la transparence des données, leur ouverture et leur mise à disposition du public, sur le web, est un des enjeux majeurs de la lutte contre toute forme de dérive mafieuse (et je pense ici aussi bien à la corruption gouvernementale qu&#8217;aux mécanismes frauduleux et déresponsabilisants du système financier).</span></div><div
style="margin-left: 40px;"><span
style="font-size: x-small;"><br
/> </span></div><div
style="margin-left: 40px;"><span
style="font-size: x-small;"><strong>2. </strong>La mise en place d&#8217;un <strong>grand chantier de centres de données publics</strong> pour héberger ces données et offrir des possibilités de contribution en matière de santé publique, d&#8217;environnement, d&#8217;éducation et de recherche. Car il serait illusoire de vouloir mener une politique industrielle des technologies de l&#8217;esprit, puisque c&#8217;est de çà dont il s&#8217;agit, sans disposer des infrastructures adéquates.</span></div><p><span
style="font-size: x-small;"><br
/> Dans ce contexte, nous somme de plus en plus nombreux à penser que la condition de possibilité qu&#8217;une économie de la contribution passe par <strong>la mise en oeuvre d&#8217;une <a
href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Allocation_universelle" onclick="pageTracker._trackPageview('/outgoing/fr.wikipedia.org/wiki/Allocation_universelle?referer=');">allocation universelle</a> (ou revenu d&#8217;existence),</strong> dont les mécanismes et les montants d&#8217;attribution doivent être <strong>indexés sur la prise en compte des externalités</strong> produites par des activités qui relèvent notamment des techniques de soi et de la sphère de l&#8217;<em>otium</em>. Ce qui est une manière de revaloriser le travail face à l&#8217;hégémonie de l&#8217;emploi. Tout le monde peut travailler même si tout le monde n&#8217;a pas un emploi : il faut en effet refuser le syllogisme qui voudrait que celui qui n&#8217;a pas d&#8217;emploi ne travaille pas.</span></p><p>Sur cette question du revenu d&#8217;existence, il y a un risque élevé que le débat reste idéologique tant que les infrastructures, les technologies et les politiques d&#8217;ouverture des données (dataware) ne soient là pour mesurer et outiller les opportunités qu&#8217;il promet.</p><p>Dans nos gouvernements occidentaux, trop de politiques sont conduites dans le cadre d&#8217;une occultation et d&#8217;une manipulation des données ( économiques, sécuritaires, agricoles, environnementales, santé, sociales, etc.). Je parle des gouvernements, mais cela est aussi de plus en plus vrai au niveau territorial ne serait-ce qu&#8217;en vertu des démarches de décentralisation.</p><p>Enfin, à la question de l’<strong>économie créative par rapport à l’économie de la contribution</strong> je serais tenté de dire aux régions et aux territoires, avec qui <a
id="jx-n" title="Ars Industrialis" href="http://www.arsindustrialis.org/" onclick="pageTracker._trackPageview('/outgoing/www.arsindustrialis.org/?referer=');">Ars Industrialis</a> a commencé à travailler : initiez rapidement vos démarches d&#8217;ouverture des données et investissez dans un centre de données pour opérer la révolution contributive qui seule pourra porter une économie de la contribution. Dit autrement, je crois que la création est une conséquence de la contribution, et qu&#8217;en la matière il y a un ordre et une logique des choses à respecter si l&#8217;on ne tient pas a dévaloriser précisément ce que l&#8217;on attend de l&#8217;économie créative.</p> <span
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href="http://twitter.com/home?status=Chez%20%40ChristianFaure%20%3A%20%22Dataware%20et%20%C3%A9conomie%20de%20la%20contribution%22%20http%3A%2F%2Ftinyurl.com%2Fy8mzt2b" title="Signaler sur Twitter" rel="nofollow" onclick="pageTracker._trackPageview('/outgoing/twitter.com/home?status=Chez_20_40ChristianFaure_20_3A_20_22Dataware_20et_20_C3_A9conomie_20de_20la_20contribution_22_20http_3A_2F_2Ftinyurl.com_2Fy8mzt2b&amp;referer=');">Signaler sur Twitter</a></span><p>Related posts:<ol><li><a
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