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><channel><title>Christian Fauré &#187; Défaut</title> <atom:link href="http://www.christian-faure.net/category/defaut/feed/" rel="self" type="application/rss+xml" /><link>http://www.christian-faure.net</link> <description>Hypomnemata : supports de mémoire</description> <lastBuildDate>Wed, 08 Feb 2012 13:01:47 +0000</lastBuildDate> <language>fr</language> <sy:updatePeriod>hourly</sy:updatePeriod> <sy:updateFrequency>1</sy:updateFrequency> <generator>http://wordpress.org/?v=3.3.1</generator> <item><title>À propos de la virtualisation applicative</title><link>http://www.christian-faure.net/2012/02/08/a-propos-de-la-virtualisation-applicative/</link> <comments>http://www.christian-faure.net/2012/02/08/a-propos-de-la-virtualisation-applicative/#comments</comments> <pubDate>Wed, 08 Feb 2012 10:53:00 +0000</pubDate> <dc:creator>Christian</dc:creator> <category><![CDATA[Défaut]]></category> <category><![CDATA[Cloud Computing]]></category> <category><![CDATA[entreprise]]></category> <category><![CDATA[système_d'information]]></category><guid
isPermaLink="false">http://www.christian-faure.net/?p=2566</guid> <description><![CDATA[Cloud computing &#38; virtualisation [Je parle surtout des technologies de VMWare mais cela est généralisable aux autres solutions] Le Cloud Computing se définit comme une démarche de mise à disposition, via un accès internet, à des ressources de différents niveaux : infrastructure (IaaS), plateforme de développement (PaaS), services applicatifs (SaaS). Cette logique est publique en [...]
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id="internal-source-marker_0.49028655135713917" class="alignleft" src="https://lh3.googleusercontent.com/irLHyPjWP1Hc4dOUK6M330W-8giA9yevGhdg9jxbGBqTM2wWQ6IhrfBpZMnoGVutWZuGbEqqaxp6suIiLWUBzum_kFyJ5bCpBmYncsnlGjg3h5UBYTE" alt="" width="254" height="296" /></p><p
style="text-align: justify;">Le Cloud Computing se définit comme une démarche de mise à disposition, via un accès internet, à des ressources de différents niveaux : infrastructure (IaaS), plateforme de développement (PaaS), services applicatifs (SaaS).</p><p
style="text-align: justify;">Cette logique est publique en ce que les clients de telles offres partagent une infrastructure commune et mutualisée en louant des ressources dont ils ne sont pas propriétaires. Les mécanismes de location sont à la fois “à la demande” et automatisée en self-service, sans nécessité de passer par des intermédiaires commerciaux : une interface d’administration web permet tout à la fois de commander des services, de les configurer, de les gérer et aussi de les arrêter.</p><p
style="text-align: justify;">La logique de virtualisation des infrastructures est à a base d’une démarche de Cloud Computing, et c’est en ce sens qu’une entreprise qui se lance dans une logique de virtualisation de ses propres infrastructures peut prétendre mettre en place un Cloud Privé ou Interne. Mais cela ne suffit pas pour autant car, si la virtualisation apporte de la souplesse et une meilleure optimisation de l’infrastructure, elle n’offre pas pour autant une approche self-service couplé à une facturation à la demande.</p><p
style="text-align: justify;">C’est l’enjeu des offres vCloud de VMware d’étendre son offre de services de virtualisation (VSphere) à une logique de self-service basée sur un catalogue avec une logique de re-facturation (entre services internes).<span
id="more-2566"></span></p><h2 style="text-align: justify;" dir="ltr">Virtualisation physique et virtualisation Applicative</h2><p
style="text-align: justify;">Si tous les acteurs de Cloud Computing mettent en oeuvre des stratégies de virtualisation des couches physiques (serveurs, CPU, mémoire, etc.) et bases (Système d’exploitation), ils ne vont pas pour autant jusqu’à virtualiser des environnements applicatifs, préférant déployer des architectures applicatives distribuées s’appuyant sur des systèmes de redondance des données entre différents centres de données.</p><p
style="text-align: justify;">Cette démarche de virtualisation des infrastructures s’est effectuée, comme dans la plupart des DSI en France, sans que cela n’impacte les différentes couches applicatives. Et il n’est pas rare de constater que cette virtualisation des couches bases et matérielles (la couche physique) se soit faite sans même que les responsables applicatifs et les utilisateurs ne s’en soit aperçus.</p><p
style="text-align: justify;">Or à présent on constate des initiatives de virtualisation non seulement de ces couches basses mais également des couches applicatives.</p><h2 style="text-align: justify;" dir="ltr">Les opportunités de la virtualisation applicative</h2><p
style="text-align: justify;">Il faut tout de suite préciser que, même si le marché actuel est dans une phase de croissance dans la mise en oeuvre de virtualisations non plus des infrastructures mais des applications, ce marché n’est pas pour autant mature : la plupart des grandes DSI françaises en sont au stade d’expérimentation et de prototypage de la virtualisation applicative et de sa mise en oeuvre sous forme de “Cloud Interne”.</p><p
style="text-align: justify;">La virtualisation applicative offre des pistes intéressantes concernant les points suivants :</p><ul
style="text-align: justify;"><li>réduction des cycles de validation et de mise en production des applications ;</li><li>portabilité des applications historiques (<em>legacy</em>) dans de nouveaux environnements ;</li><li>un meilleur “time-to-market” pour de nouvelles applications ;</li><li>une automatisation des processus existants ;</li><li>une amélioration de la qualité de service et de la continuité de service</li></ul><p
style="text-align: justify;">Ces opportunités doivent néanmoins être éprouvées sur certains points pour lesquels les retours d’expériences manquent : robustesse, maintenabilité, performance et sécurité. A cela il faut rajouter la partie organisationnelle et fonctionnelle qui bousculent les processus existants des DSI ainsi que les emplois et les compétences qui lui sont associées.</p><h2 style="text-align: justify;" dir="ltr">Comment mieux accompagner le cycle de vie des applications ?</h2><p
style="text-align: justify;">C’est autour de la question du cycle de vie des applications et de leur mise en production que les débats autour de la virtualisation et par extension autour du Cloud se pose au sein des DSI des entreprises.</p><p
style="text-align: justify;">Certains cabinets d’analystes, notamment le Gartner, on fait état de gains potentiels dans l’approvisionnement et dans les délais de mise à disposition dans les stratégie de virtualisation, mais aussi  dans le déploiement. C’est en partie de ce qui motivé les DSI à s’engager dans une démarche de virtualisation de leur portefeuille applicatif.<br
/> Aujourd’hui, on constate un cycle de mise en production qui passe successivement par :</p><ul
style="text-align: justify;"><li>une première installation par la TMA</li><li>plusieurs installation sur la plateforme de pré-production pour la recette, l’homologation, la qualification, ..</li><li>enfin une dernière installation pour la mise en production.</li></ul><p
style="text-align: justify;">Ces réinstallations successives peuvent prendre plusieurs semaines et les “métiers” ne supportent plus ces longs cycles de validation qui à leurs yeux ne représentent que des contraintes et des coûts qui se justifient de moins en moins.</p><h2 style="text-align: justify;" dir="ltr">La logique de réinstallation de type “Wipe &amp; Load”</h2><p
style="text-align: justify;">Avant de développer l’option de la virtualisation et du Cloud (interne ou externe), envisageons une première option, défendue généralement par ceux qui sont en charge des couches mutualisées de infrastructure.</p><p
style="text-align: justify;">La logique de virtualisation repose sur l’encapsulation de tout un environnement applicatif dans une machine virtuelle (VM). Celle-ci pourrait alors circuler dans différents environnements et sur différentes plateformes (y compris une plateforme externe).</p><p
style="text-align: justify;">Or cet idéal se heurte à certaines réalités, parmi lesquelles :</p><ul
style="text-align: justify;"><li>si dans le fichier *.ini de telle application il y a écrit “en dur” qu’il faut telle machine, cela ne passera pas si la VM n’est pas dans l’environnent d’origine</li><li>il restera des traces dans le registre et un peu partout : l’encapsulation a donc de fortes de fortes limites.</li></ul><p
style="text-align: justify;">Ainsi tout ce qui est écrit en dur : les adresses IP, l’accès au machines, aux bases (Bases de données, Annuaire, etc.) tous cela ne disparaît pas dans les VM et même dans les Vapp (qui ne suppriment pas les les clés dans le registre).</p><p
style="text-align: justify;">On peut comprendre les réticences de l’opérateur en charge de la plateforme quand quelqu’un veut pousser une VM dans l’environnement dont il a la charge et il ne manque pas de dire : “les mises en production c’est moi qui m’en occupe”.</p><p
style="text-align: justify;">S’il y a des GPO (pour Group Policy Object dans l’environnement Windows), avec la virtualisation on ne les annule pas, donc on cumule les GPO précédentes ; certes pour l&#8217;administrateur du poste de travail tout marchera mais pas pour l’utilisateur lambda. Donc ce qui va marcher avec dans l’environnement de TMA par exemple, où il y a tous les pouvoirs et droits, en marchera plus en production avec les utilisateurs.</p><p
style="text-align: justify;">Il peut également exister des cas bien pire que le simple constat “çà ne marche pas”. Ainsi la démarche qui consiste à transférer des VMs dans des environnements et des plateformes différentes peut “en apparence” parfaitement marcher. Mais en réalité les accès peuvent être faussés : par exemple une application en VM qui attaque non pas la base de production mais de pré-production. Ce genre de risque n’est pas sérieusement pris en compte dans la démarche qui consiste à “balader des VM dans des environnements différents”.</p><p
style="text-align: justify;">On perçoit bien que l’enjeu de l’acceptation des technologies de virtualisation passe par la question des adhérences et des adressages. Les technologies de virtualisation ne permettent pas  de gérer automatiquement et efficacement l’ensemble des adhérences d’une application à son environnement (réseau, OS, middleware et applicatif).</p><p
style="text-align: justify;">Pour autant, si l’on ne passe pas par la virtualisation pour automatiser la gestion du cycle de vie des applications, y a t il une autre solution ?</p><p
style="text-align: justify;">L’automatisation peut marcher si l’on repart toujours de zéro, il ne faut pas faire circuler les VM avec des historiques qui sont trop lourd et peuvent être des bombes à retardement. Il faut automatiser les logiques d’installation avec la possibilité de pouvoir toujours revenir en arrière si nécessaire.</p><p
style="text-align: justify;">L’installation automatique n’est pas la même chose que de faire circuler des VM dans des environnements distincts. Il s’agit de se mettre dans une logique de “wipe and load” (on efface et on recharge) : on repart de zéro avec un livrable qui est un exécutable qui s’installe automatiquement et dont on est sûr de la qualité sachant qu’on ne transfère que la configuration de l’application et pas son l’historique. Du coup, d’un point de vue réseau on ne transfère qu’un fichier de quelques kilo-octets de configuration et pas des VM de plusieurs dizaines de Gigas Octets, ce qui soulagne grandement les limitations de bande-passante qu’on les entreprises.</p><p
style="text-align: justify;">Cette approche a une part évidente de vérité, mais elle se heurte à une dure réalité concernant les applications les plus critiques du portefeuille aplicatif. Certaines applications sont un véritable mille-feuilles de sédimentation technologique avec parfois plusieurs dizaines de niveaux patchs qui obligent à regarder la réalité en face : certaines applications ne sont absolument pas reconstructibles et réinstallable.</p><p
style="text-align: justify;">L’approche “Wipe &amp; Load” est peut-être la meilleure solution dans un environnement applicatif dont la complexité est maîtrisé, ou pour de nouvelles applications, mais elle n’est plus opérante pour la prise en compte du Legacy Applicatif, notamment pour les progiciel métiers.</p><h2 style="text-align: justify;" dir="ltr">La virtualisation poussée en mode Cloud : les opportunités de la technologie vCloud de VMware</h2><p
style="text-align: justify;">Concernant le parc applicatif qui, pour des raisons de sédimentation informationnelle et de complexité des niveaux de patchs ne peut pas être réinstallé, les entreprises se retrouvent dos au mur. Ce qui a été fait, c’est une image de l’application qui la fige et la sauvegarde, mais une telle image ne peut être redémarreée que dans un environnement “à l’identique” : mêmes CPU, mêmes drivers, etc., ce qui est très contraignant et qui confirme la criticité de la situation.</p><p
style="text-align: justify;">La promesse de vCloud est de porter les logiques de virtualisation à un niveau d’abstraction encore plus poussé que la simple virtualisation applicative. Ainsi la technologie VMware (comme d’autres) est-elle sensée apporter des solutions aux problématiques d’adhérence des applications évoquées précédemment : encapsulée dans une vApp, une application pourrait être déplacée dans n’importe quel autre environnement vCloud.</p><p
style="text-align: justify;">Tout n’est pas encore figé et les solutions de VMware sont en pleine évolution. Ainsi le déplacement des VMs avec les vApp nécessite encore de changer à la main certains paramètres d’adressage : IP, accès DNS, machines, bases, etc.</p><p
style="text-align: justify;">Dans l’approche autour de la mise en place de vCLoud au sein d’une entreprise, la méthodologie suivante émerge :</p><ul
style="text-align: justify;"><li>Constitution d’un catalogue de souches virtualisées des technologies utilisée par l’entreprise ;</li><li>Les développeurs utilisent ces souches qu’elles choisissent dans le catalogue pour construire et faire évoluer les applications ;</li><li>Une procédure de re-construction de l’application en utilisant les éléments du catalogue vCLoud est réalisée (pour les applications critique on fait passer la VM dans les différents environnements sans les re-contruire) ;</li><li>Une application peut ainsi être théoriquement déplacée dans plusieurs vLCoud internes de l’entrerprise mais également dans un vCloud externe ;</li></ul><p
style="text-align: justify;">On peut considérer métaphoriquement la technologie vCloud comme un “tapis roulant” qui permet de faire naviguer les vApp (les VMs des applications avec leur couche réseau virtualisée) sur différentes plateformes (interne et externes) qui sont certifiées “vCloud”.</p><h2 style="text-align: justify;" dir="ltr">Le recours à une offre Cloud IaaS externe sous un nouvel éclairage</h2><p
style="text-align: justify;">Tout d’abord il faut noter que les offres de vCloud Externe sur le territoire français se résument à ce jour à l’opérateur/hébergeur COLT qui est le seul a posséder les accréditations et la certification de VMWare (OVH est en discussion et devrait obtenir la certification).</p><p
style="text-align: justify;">Ensuite, ces offres externes ne contiennent pas des souches virtualisées de technologies propriétaires (ex : weblogic) et privilégient des technologies Open Source qui ne sont pas communes chez les “grands comptes”.</p><p
style="text-align: justify;">Enfin, le mode de virtualisation adopté par les entreprises privilégie le maintient des données applicatives dans le périmètre des plateformes qu’elle opère : c’est le cas des bases de données, des logs mais aussi des annuaires. Ce qui implique qu’une vApp placée chez un opérateur externe devra faire des appels et des écritures dans un environnement vCloud de l’entreprise : tout ceci pose de réelles questions de performance.</p><p
style="text-align: justify;">A ces questions se rajoutent des questions de sécurité et d’ouverture de VPN entre l’entreprise et un partenaire externe. Même si la solution est théoriquement sécurisée (étanchéité logique des réseaux dans l’environnement mutualisé du prestataire externe), cela induit une réelle méfiance de la part de l’opérateur de plateforme qui y voit également une stratégie de contournement de son rôle au sein de l’entreprise(“on me vole mon job en essayant de me court-circuiter”)</p><h2 style="text-align: justify;" dir="ltr">Dissensus et Consensus au sein des Entreprises</h2><p
style="text-align: justify;">On constate vite que les responsables des couches applicatives, proches des préoccupations des métiers, se sentent freinés dans leur appétence à virtualiser non plus la couche infrastructure mais celle des applications.</p><p
style="text-align: justify;">En dessous de la ligne applicative, responsables de la sécurité, responsable des plateformes et responsables infrastructure &amp; réseaux freinent des quatre fers. On peut imaginer que la solution ne sera pas “tout virtualisé” car chaque application va avoir une trajectoire de virtualisation qui sera différente des autres, mais il me semble inévitable de virtualiser notamment les grosses applications métiers que plus personne ne saurait redémarrer en cas d’incident majeur. C’est donc sous la contrainte de leur patrimoine applicatif que les entreprises avancent et tentent d’instruire des arbitrages de virtualisation.</p><div
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isPermaLink="false">http://www.christian-faure.net/?p=2554</guid> <description><![CDATA[Dans une précédente note sur les première pratiques scripturales dans les activités de commerce et de transactions économiques, je rappelais que, avec l’invention de la monnaie, une figure avait émergée en la personne du « changeur », qui évolua lui-même vers la fonction du &#171;&#160;banquier&#160;&#187; quand il se mit à faire « travailler » la trésorerie générée par son [...]
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style="text-align: justify;"><a
href="http://www.christian-faure.net/?attachment_id=2555" rel="attachment wp-att-2555"><img
class="wp-image-2555 aligncenter" title="changeur" src="http://www.christian-faure.net/wp-content/uploads/changeur.jpg" alt="" width="494" height="324" /></a></p><p
style="text-align: justify;">Dans une précédente note sur <a
href="http://www.christian-faure.net/2012/01/22/les-savoirs-de-lecriture-en-grece-ancienne-3-marchands-transactions-economiques-ecritures/">les première pratiques scripturales dans les activités de commerce et de transactions économiques</a>, je rappelais que, avec l’invention de la monnaie, une figure avait émergée en la personne du « changeur », qui évolua lui-même vers la fonction du &laquo;&nbsp;banquier&nbsp;&raquo; quand il se mit à <strong>faire « travailler » la trésorerie générée par son activité de change</strong>. Cette nouvelle activité lui imposa d’inventer de <strong>nouveaux jeux d’écritures</strong>, des écritures comptables.</p><p>Si « Jeux d’écriture » renvoie aujourd’hui à des jeux pour l’apprentissage de l’écriture dans les moteurs de recherche web, l’expression est également un euphémisme pour désigner des malversations comptables et financières. En ce dernier sens, le jeu d’écriture est perçu comme un <strong>tour de passe-passe</strong> potentiellement frauduleux.<br
/> <span
id="more-2554"></span><br
/> En dehors des question des transactions économiques, par exemple dans l’informatique, il m’apparaît évident que l’on a à faire à des jeux d’écritures. Un protocole, un compilateur, un programme, <strong>tout cela peut parfaitement être qualifié de jeu d’écriture</strong>. Serveurs et clients web inter-échangent via un jeu d’écriture. (<em>Un style d’architecture décrit toujours les règles d’un jeu d’écriture</em>)</p><p>Il est beaucoup moins évident pour moi de parler de jeu d’écriture à propos des <strong>oeuvres littéraires</strong>. Il y a bien des styles et des genres mais, bien qu’on puisse dire que ces oeuvres répondent à des règles, <strong>je n’arrive pas à me les représenter comme relevant des jeux d’écriture dont je parle ici</strong>, ou alors de manière très lointaine, si ce n’est métaphoriquement.</p><p>Pour qu’il y ait jeu d’écriture, il faut qu’il y ait une <strong>volonté de reproductibilité</strong>, d’abord pour soi-même puis pour les autres. Un auteur peut être seul avec son oeuvre, pas celui qui utilise des jeux d’écritures. La pratique scripturale n’est pas la même dans les deux cas. Dans le jeu d’écriture dont je parle ici, <strong>la règle est manifeste et il faut la respecter</strong>. En ce sens, la littérature est beaucoup plus <strong>transgressive</strong> dans ses pratiques de l’écriture.</p><p>Les jeux d’écriture ont ainsi une fonction collective évidente : les recettes, les méthodes et les techniques de ces jeux d’écriture ont <strong>vocation à être adoptées et partagées en constituant des communautés de jeux d’écritures</strong>. Autour de chaque jeu d’écriture, des communautés de pratiques se constituent (quelles soient disciplinaires, corporatiste ou politiques).</p><p><a
href="http://www.christian-faure.net/?attachment_id=2557" rel="attachment wp-att-2557"><img
class=" wp-image-2557 aligncenter" title="machine" src="http://www.christian-faure.net/wp-content/uploads/machine.jpg" alt="" width="348" height="232" /></a></p><p
style="text-align: justify;"> Il y a donc des jeux d’écritures comptables, juridiques, mathématiques, informatiques, etc. À cette perspective selon le point de vue des <em>champs disciplinaires</em> il faudrait rajouter une <em>perspective temporelle</em>. En effet, l’évolution du <strong>processus de grammatisation</strong> (cf. <a
href="http://www.christian-faure.net/2011/02/11/les-enjeux-de-la-grammatisation-des-relations/">Les enjeux de la grammatisation des relations</a>) – aujourd’hui à son stade numérique – tend vers des pratiques de plus en plus poussées avec <strong>des techniques de jeu d’écriture qui s’automatisent</strong>, parfois en &laquo;&nbsp;temps réel&nbsp;&raquo; comme c&#8217;est le cas dans <strong>les écritures spéculatives de la finance</strong>.</p><p>Plus le processus de grammatisation progresse, <strong>plus les jeux d’écritures deviennent des puissances <em>effectives</em></strong>. On se rend compte que la &laquo;&nbsp;virtualité&nbsp;&raquo; du numérique est en fait <strong>ce qui opère notre monde via des jeux d’écritures</strong> (centrales nucléaires, toutes les formes de transports, et c’est encore plus le cas pour les activités tertiaires des Banques, de la Finance et des Assurances).</p><p>Il m’apparaît également que <strong>les jeux d’écriture relèvent tous d’une approche algorithmique</strong> et en ce sens s’inscrivent dans <a
href="http://www.google.fr/search?q=devenir+algortihmique&amp;ie=utf-8&amp;oe=utf-8&amp;aq=t&amp;rls=org.mozilla:fr:official&amp;client=firefox-a#pq=devenir+algorithmique&amp;hl=en&amp;cp=1&amp;gs_id=2j&amp;xhr=t&amp;q=%22devenir+algorithmique%22&amp;pf=p&amp;sclient=psy-ab&amp;client=firefox-a&amp;hs=7rZ&amp;rls=org.mozilla:fr%3Aofficial&amp;source=hp&amp;pbx=1&amp;oq=%22devenir+algorithmique%22&amp;aq=f&amp;aqi=&amp;aql=&amp;gs_sm=&amp;gs_upl=&amp;bav=on.2,or.r_gc.r_pw.,cf.osb&amp;fp=4e7c300c35d8f2c3&amp;biw=1624&amp;bih=1001" onclick="pageTracker._trackPageview('/outgoing/www.google.fr/search?q=devenir+algortihmique_amp_ie=utf-8_amp_oe=utf-8_amp_aq=t_amp_rls=org.mozilla_fr_official_amp_client=firefox-a_pq=devenir+algorithmique_amp_hl=en_amp_cp=1_amp_gs_id=2j_amp_xhr=t_amp_q=_22devenir+algorithmique_22_amp_pf=p_amp_sclient=psy-ab_amp_client=firefox-a_amp_hs=7rZ_amp_rls=org.mozilla_fr_3Aofficial_amp_source=hp_amp_pbx=1_amp_oq=_22devenir+algorithmique_22_amp_aq=f_amp_aqi=_amp_aql=_amp_gs_sm=_amp_gs_upl=_amp_bav=on.2_or.r_gc.r_pw._cf.osb_amp_fp=4e7c300c35d8f2c3_amp_biw=1624_amp_bih=1001&amp;referer=');">le « devenir algorithmique » dont j’ai déjà eu l’occasion de parler ces dernières années</a>.</p><p>Par ailleurs, les jeux d’écritures sont également des <a
href="http://www.christian-faure.net/2011/10/25/le-propre-du-transfert-et-le-tranfert-du-propre/">technologies de transfert</a> : de savoirs, de propriétés, de biens. Jamais ces technologies de transfert n’ont été aussi puissantes, c’est ce que l’on perçoit quand on oppose – même si c&#8217;est à tort –  l’économie « virtuelle » de la finance à l’économie &laquo;&nbsp;réelle&nbsp;&raquo; de la production.</p><p>L’écriture qui n’est pas simplement un jeu d’écriture, celle de la poésie, de la philosophie, des humanités, de la littérature et des sciences humaines est pourtant<strong> plus que jamais nécessaire</strong> car c’est de sa richesse et de sa vitalité que naissent des <strong>analyses critiques de ces jeux d’écriture,</strong> véritable &laquo;&nbsp;bras armé&nbsp;&raquo; des technologies de transfert.</p><div
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href="http://www.christian-faure.net/2012/01/31/le-devenir-algorithmique-4-les-jeux-decriture/?pfstyle=wp" rel="nofollow" ><img
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isPermaLink="false">http://www.christian-faure.net/?p=2546</guid> <description><![CDATA[Troisième note sur les Savoirs de l’écriture en Grèce ancienne qui s’appuie sur l’article de Mario Lombardo : “Marchands, transactions économiques, écriture”. Cette note est également pour moi l’occasion de revenir sur une remarque d’Alain Pierrot formulée lors d’un &#171;&#160;Atelier Technologies Relationnelles&#160;&#187; consacré à la “Guerre Civile Numérique” ; à une citation de Finley( Les [...]
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style="text-align: justify;"><img
id="internal-source-marker_0.6903537339929261" class="alignleft" style="border: 10px solid black; margin: 10px;" src="https://lh3.googleusercontent.com/iO54H88M2o0bbU27VdFRMOluZKJFhI-popW0SwjB3nHLHuqkngbF3k2zeNVNl_9zqZ1Msjls6p2FGvOgOP4a9Y-Rhx93acLzFSFbr593NUHk5PuDc_s" alt="" width="287" height="215" /><br
/> Troisième note sur les <a
href="http://www.amazon.fr/savoirs-l%C3%A9criture-Gr%C3%A8ce-ancienne/dp/275740167X/ref=sr_1_fkmr0_1?ie=UTF8&amp;qid=1326789056&amp;sr=8-1-fkmr0" onclick="pageTracker._trackPageview('/outgoing/www.amazon.fr/savoirs-l_C3_A9criture-Gr_C3_A8ce-ancienne/dp/275740167X/ref=sr_1_fkmr0_1?ie=UTF8_amp_qid=1326789056_amp_sr=8-1-fkmr0&amp;referer=');">Savoirs de l’écriture en Grèce ancienne</a> qui s’appuie sur l’article de <strong>Mario Lombardo</strong> : “Marchands, transactions économiques, écriture”.</p><p
style="text-align: justify;">Cette note est également pour moi l’occasion de revenir sur une remarque d’<strong>Alain Pierrot</strong> formulée lors d’un &laquo;&nbsp;Atelier Technologies Relationnelles&nbsp;&raquo; consacré à la “Guerre Civile Numérique” ; à une citation de <strong>Finley</strong>( <a
href="http://www.amazon.fr/Premiers-Gr%C3%A8ce-bronze-l%C3%A9poque-archa%C3%AFque/dp/2080810855/ref=sr_1_1?s=books&amp;ie=UTF8&amp;qid=1326789192&amp;sr=1-1" onclick="pageTracker._trackPageview('/outgoing/www.amazon.fr/Premiers-Gr_C3_A8ce-bronze-l_C3_A9poque-archa_C3_AFque/dp/2080810855/ref=sr_1_1?s=books_amp_ie=UTF8_amp_qid=1326789192_amp_sr=1-1&amp;referer=');">Les premiers temps de la Grèce</a>) qui faisait remarquer que les Grecs, contrairement à ce qui s’était passé au Proche et Moyen-Orient, se distinguèrent en utilisant l’écriture pour la poésie plutôt que pour le commerce, Alain Pierrot me fit remarquer que le texte de Finley n’était pas de première fraîcheur et que, depuis, l’avancée des travaux rappelait l’importance du commerce dans la diffusion et l&#8217;utilisation de l’écriture.</p><p
style="text-align: justify;">Il se trouve que l’article de Mario Lombardo permet d’enrichir le débat.</p><h2 style="text-align: justify;" dir="ltr"><span
id="more-2546"></span>Marchands, transactions économiques, écriture</h2><h2 style="text-align: justify;" dir="ltr"><img
class="alignleft" src="https://lh4.googleusercontent.com/Yz2ORQPnQaBQCxsQOzF0c512B3U403Drjy9G7Jz2V2NeTczgnpDtaYakTGfmZkBQKx0yFIcUEAKRWqsGayYW28YDaOm1MqCRAqHLLsCL685WEI9536c" alt="" width="195px;" height="241px;" /></h2><p
style="text-align: justify;">Aristote lui même, en soulignant l’utilité de l’écriture, mentionnait le <em>khrématismos</em> et l’<em>oikonomie</em> : les “affaires” et &laquo;&nbsp;l’administration du patrimoine”. Seulement voila, les grecs ont semblé ignorer les fameuses tablettes d’argiles du Proche-Orient et nous n’avons que peu de documents attestant la primauté de l’écriture pour les transactions économiques.</p><p>La position de Mario Lombardo consiste à dire que si l’écriture s’est effectivement diffusée via son utilisation économique et commerciale, c’est bien dans les domaines de l’instruction formelle et de la production littéraire d’une part, et , de l’autre, celui du pouvoir politique et des lois”(p. 161) qu’elle s’est développée de manière beaucoup plus significative :</p><blockquote><p>“l’utilisation de l’écriture dans les transactions économiques, et plus généralement dans le domaine économique tout entier, aussi bien public que privé, a somme toute une importance secondaire.” p. 162</p></blockquote><h2 style="text-align: justify;" dir="ltr"></h2><h2 style="text-align: left;" dir="ltr">L’origine mercantile de l’alphabet</h2><p
style="text-align: justify;">Il faut donc éprouver et <strong>ré-interroger la théorie de “l’origine mercantile de l’alphabet”</strong>.<img
class="alignleft" src="https://lh5.googleusercontent.com/n-xk-VSU4reMpY82P8FTaAk3zOm_HIuOtlgBiXEHUnhNorFbC48-Z0my7OXTkFeasQbdCHHjU0Lq0tBotjLxqjE151EAn-t2Bzp0RWikJ-MRJUr5oBk" alt="" width="239px;" height="300px;" /></p><p>Deux raisons à cela. D’une part <strong>une raison technologique</strong> qui tient à l’écriture alphabétique :</p><blockquote><p>“avec l’extrême simplicité de son répertoire de signes et la transparence (non-ambiguïté) intrinsèque de ses “messages”, liée à l’introduction des signes représentant les voyelles”</p></blockquote><p
style="text-align: justify;">D’autre part, deuxième raison à la diffusion de l’écriture en Grèce, <strong>le caractère décentralisé de la société grecque</strong> :</p><blockquote><p>“ avec leur structures relativement fluides, ouvertes, dépourvues d’instance centrales importantes dans l’organisation politique, économique et religieuse, caractérisée par l’essentiel par l’existence d’une pluralité, plus ou moins articulée et diversifiée, de sujets qui se reconnaissent et s’affrontent en tant que tels dans un espace qualifié, pour cette raison, comme celui d’une communauté.” p.165</p></blockquote><p
style="text-align: justify;">Sans nier l’évidence des relations commerciales comme facteur de diffusion de l’écriture alphabétique en Grèce (en référence aux relations commerciale avec les phéniciens qui inventèrent l’alphabet), Mario Lombardo souligne que cette thèse souffre de quelques problèmes, à commencer par le fait que l’écriture grecque n’a pas développée un système numérique avant le VI° siècle, date à partir de laquelle de nombreuses variantes se développèrent certes, mais “qui se situent tous essentiellement à l’intérieur de l’écriture alphabétique grecque et se placent vraisemblablement dans une phase relativement avancée de son histoire.” pp 170-171.</p><p>L’argument qui veut que l’écriture se soit développée dans un contexte exclusivement lié aux transactions commerciales semble donc fortement réducteur.</p><h2 style="text-align: left;" dir="ltr">Les “trademarks”</h2><h2 style="text-align: justify;" dir="ltr"><img
class="alignleft" style="border: 10px solid black; margin: 10px;" src="https://lh6.googleusercontent.com/XckKI4Q4bau9dL65p2uM59aIqRlu2QlqCYR9VnY3EE0JuWr-0c8MR1OzHlmHeU9JTzpjbNn3Va9JJWKMGgo12MXuOzCSuwabyl1bYdDWMFUCDU307RM" alt="" width="315" height="210" /></h2><p
style="text-align: justify;">Pour instruire son investigation, Mario Lombardo va s’appuyer sur une pratique bien particulière, à savoir les “<strong>inscriptions de propriété</strong>” qui constituent la plus grande partie des inscriptions alphabétiques les plus anciennes conservées.</p><p>Il s’agit de noms propres, d’abréviation ou de signes, et parfois de formules du genre “j’appartiens à un tel” ou “ceci appartient à” que l’on retrouve sur les amphores commerciales :</p><blockquote><p>“Il n’est peut-être pas hasardeux de voir un rapport significatif entre les premières formes d’utilisation de l’écriture alphabétique, d’une part, et l’émergence et la diffusion d’un “proprietorial concern” ”. p.173</p></blockquote><p>Cette pratique scripturale des “trademarks” était utilisée notamment entre les commerçants et les artisans : le premier notifiait son choix de modèle à produire en marquant de son sceau alphabétique celui-ci. L’écriture joue ici <strong>un rôle de repérage et de mémorisation de la commande passée</strong> par le commerçant à l’artisan.</p><p>Ce qui n’était au départ qu’une simple marque va progressivement s’enrichir. À la signature du commerçant va s’ajouter plusieurs détails : la nature des vases, leur nombre, des indications de prix, etc. Et Lombardo d’en proposer une des fonctions essentielle de l’écriture :</p><blockquote><p>“Il s’exprime ici une fonction fondamentale de l’écriture : la mise en ordre de données hétérogènes, dont la présence dans une pratique scripturale aussi condensée et aussi elliptique renvoie vraisemblablement à l’existence, dans le monde des activités commerciales, de pratiques d’enregistrement de la comptabilité répandues.” p.177</p></blockquote><h2 style="text-align: left;" dir="ltr">L’inscription de la dette monétaire</h2><h2 style="text-align: justify;" dir="ltr"><img
class="aligncenter" src="https://lh3.googleusercontent.com/YM3r9TvwwYe8_IXXqAtKr9fcRtBNTG1cJg9SK3SEcQsIdZbwSz_tyAdhwZt8ge05P75B0swDipanTHXQ1-bn62qwCaKyXvBw9aG5WaLgxg_EluYmLqk" alt="" width="387" height="200" /></h2><p
style="text-align: justify;">Au moins dès 500 avant J.-C. les inscriptions relevant des <em>trademarks</em> font état d’une retranscription des différentes monnaies. Il faut donc prendre en considération la diffusion de la monnaie frappée qui a dû induire des pratiques d’écriture nouvelles. L’examen des documents conservés montrent que le premier emploi de l’écriture se fait “sous la forme de reconnaissances, d’enregistrement et d”’inscription de dette”. On trouve ainsi des plaquettes de plomb, toujours vers 500 av J.-C. qui présentent une structure formelle assez standardisée :</p><blockquote><p>“nom du créancier au datif, avec sa subdivision civique d’appartenance ; nom du débiteur au nominatif ; reconnaissance de la dette (opheilei) ; montant de la dette exprimée quelque fois en chiffres, parfois en lettres, vraisemblablement avec référence implicite à l’unité monétaire courante ; noms des deux témoins.” pp 179-180.</p></blockquote><p>On connaît l’importance des “<em>symbola</em>” objets ou documents divisés en deux et qui fonctionnaient comme des marques de reconnaissance destinées à rappeler les <strong>obligations</strong> entre deux personnages portant sur des biens (cf. Ph Gauthier, “<a
href="http://www.amazon.fr/Symbola-%C3%A9trangers-justice-grecques-Annales/dp/B000WVAFYS/ref=sr_1_1?ie=UTF8&amp;qid=1327165959&amp;sr=8-1" onclick="pageTracker._trackPageview('/outgoing/www.amazon.fr/Symbola-_C3_A9trangers-justice-grecques-Annales/dp/B000WVAFYS/ref=sr_1_1?ie=UTF8_amp_qid=1327165959_amp_sr=8-1&amp;referer=');">Symbola, Les étrangers et la justice dans les cités grecques</a>”, Nancy, 1972). Pour les affaires les plus courantes, les <em>symbola</em> suffisait certainement, mais il semble que pour les affaires à la fois <strong>plus complexes et plus risquées</strong> (transport de marchandise par des voies maritimes peu sûres), l’utilisation de l’écriture joua un rôle décisif qu’il faut mettre en parallèle avec le développement de la monnaie métallique.</p><h2 style="text-align: left;" dir="ltr">Monnaie et jeux d’écriture</h2><h2 style="text-align: justify;" dir="ltr"><img
class="aligncenter" src="https://lh4.googleusercontent.com/pM1Ds4PrFOhEFcjVK7ZOqJWN8Y3X0hErNdarucgA5EhO7Tbp8qzLcujO-gY_YD16rkRzEQNunqFrMLcV8laGPr68-GSxcfrNb9Lsc0oC1TGhUUWyv7M" alt="" width="408" height="221" /></h2><p
style="text-align: justify;">La fin de l’article de Mario Lombardo m’a un peu déroutée et j’ai dû m’y reprendre à plusieurs lectures pour y voir plus clair. La cause de ma confusion provenait certainement du manque d’attention aux différences entre “commerce”, “monnaie” et “banque” que je mettais plus ou moins indistinctement sous la catégorie “économie commerciale”.</p><p><em>[Un nom revient dans les références de Lombardo, il s’agit de R. Bogaert avec “Banques et banquiers dans les cités grecques” et “Les origines antiques de la banque de dépôt” (introuvables, alors je vais me rabattre sur “<a
href="http://www.amazon.ca/BANQUE-EN-OCCIDENT-R-Bogaert/dp/2226056300" onclick="pageTracker._trackPageview('/outgoing/www.amazon.ca/BANQUE-EN-OCCIDENT-R-Bogaert/dp/2226056300?referer=');">La banque en Occident</a>” )]</em></p><p>L’activité bancaire va se développer en même temps qu’apparaissent des pratiques scripturales qui s’expriment dans la notion de <em>diagraphê</em> :</p><blockquote><p>Quand un banquier reçoit une assignation de l&#8217;un de ses clients, il l&#8217;indique dans son livre et envoie une note (diagraphê) au bénéficiaire pour l&#8217;informer qu&#8217;il dispose d&#8217;un avoir à la banque. En règle générale, quand il s&#8217;y présente, muni de la <em>diagraphê</em>, en vue d&#8217;encaisser son dû, il signe pour acquit (<em>hypographê</em> =signature) le document qui demeure en possession de la banque. (Bogaert, La banque en occident, pp 27-28)</p></blockquote><p>Bogaert précise bien que ce n’est qu’<strong>après l’apparition de la monnaie</strong> (“l&#8217;invention des premières pièces métalliques en Occident est l&#8217;œuvre des Grecs d&#8217;Asie Mineure au VIIe siècle av. J.‑C.” <a
href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Histoire_de_la_monnaie#L.27invention_de_la_monnaie_m.C3.A9tallique" onclick="pageTracker._trackPageview('/outgoing/fr.wikipedia.org/wiki/Histoire_de_la_monnaie_L.27invention_de_la_monnaie_m.C3.A9tallique?referer=');">Wikipedia</a>) <strong>que la banque va se développer entre le V et le IV° siècle notamment au travers les activités des changeurs de monnaie</strong>, les “<em>argyramoiboi</em>”. En effet, ce n’est pas une monnaie mais une multitude de monnaies qui apparaissent et font émerger <strong>le besoin de change monétaire</strong>. Le changeur est celui qui vend ses services et son expertise en matière de monnaie (connaissance des cours de change, connaissance des différentes monnaie, expertise pour de la fausse monnaie, etc.).</p><p>Historiquement, le développement de la monnaie dans l’ensemble des cités Grecques, va donc voir apparaître les “changeurs”, ces derniers vont se retrouver ensuite <strong>en situation de trésorerie et pouvoir faire des prêts en faisant travailler l’argent qui ne leur appartient pas</strong>. C’est là que l’activité bancaire apparaît : elle était depuis longtemps une activité de prêt et de dépôt mais c’est à ce moment là, en Grêce, quand le changeur commence à faire travailler l’argent des déposants que le Banquier “moderne” apparaît, et avec lui la Banque.</p><h2 style="text-align: left;" dir="ltr">Le <em>syngraphê</em> où le contrat comme technologie de confiance.<img
src="https://lh3.googleusercontent.com/hH-gpGK-BVfeQsMf9Aa_gMMsJAeB9ngTNSFrbukMSajaIdPrVzpvzOKipOk4rS5hqHgKPgLuROi1d47jXByVbQgrbvHJ3vRLQ9T-rZncCU3eVAtvJ_8" alt="" width="560px;" height="300px;" /></h2><p
style="text-align: justify;">C’est ensuite dans le champ de la dette, et plus précisément de la <strong>dette monétaire</strong>, que l’on constate une utilisation relativement formalisée de l’écriture, donc socialement reconnue. D’abord utilisée pour les besoins des commerçants, dont le banquier Apollodore déclare que la plupart de ses clients – titulaires de comptes de dépôts et de paiement – sont toujours en voyage, et pour des activités commerciales à haut risque liées aux destinations lointaines, on voit apparaître le syngraphé, le contrat écrit.</p><p>Le contrat écrit offre de nouvelles garanties qui vont permettre de prendre de nouveaux risques dans les activités du commerce maritime à longue distance et notamment avec des partenaires étrangers. Garanties somme toute “psychologiques” précise Lombardo en rappelant que :</p><blockquote><p>“le dépôt en banque s’effectuait sans que la présence de témoins fut nécessaire, par le simple enregistrement sur les registres bancaires”. p. 184.</p></blockquote><p>La <strong>rationalité d’une comptabilité écrite couplée à des contrats</strong> va donc être un vecteur progressif de diffusion de l’écriture (diffusion qui est aussi une invention qui modifie les pratiques scripturales). À cette évolution socio-économique fait écho un usage politico-juridique de l’écriture (publication des lois et reconnaissance de dette).</p><p>Quoiqu’il en soit, on retiendra que les voies de diffusion et d’évolution des pratiques scripturales sont stimulées par l’invention des monnaies. Avec la monnaie et l’écriture les grecs ont pu :</p><blockquote><p>“compenser et neutraliser le caractère socialement anonyme, la “volatilité” et “l’invisibilité” des rapports d’obligation monétaire.”</p></blockquote><p>L’écriture permettant ainsi au domaine monétaire naissant de répondre aux exigences internes de la communauté socio-politique en mettant de la confiance dans cette nouvelle technologie, constituant par là <strong>une technologie de confiance basée sur l’écriture</strong>,<strong> sur des jeux d&#8217;écritures.</strong></p><div
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isPermaLink="false">http://www.christian-faure.net/?p=2537</guid> <description><![CDATA[Deuxième note sur le livre &#171;&#160;Les savoirs de l&#8217;écriture en Grèce ancienne&#160;&#187; avec l&#8217;article de Giorgo Camassa. Aux origines de la codification écrite des lois en Grèce L’utilisation de l’alphabet en Grèce ancienne concerne une multiplicité d’activités, rappelle Giorgio Camassa : mais pour quelle raison les anciens grecs ont-ils fixé par écrit les codes de [...]
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style="text-align: justify;">Deuxième note sur le livre <a
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style="text-align: justify;">L’utilisation de l’alphabet en Grèce ancienne concerne une multiplicité d’activités, rappelle Giorgio Camassa : mais pour quelle raison les anciens grecs ont-ils fixé par écrit les codes de la lois ?</p><p
style="text-align: justify;">Ce qui est pour nous évident aujourd’hui – que<em> législatif et écriture aillent de pair</em> – n’a pas toujours été le cas. Alors où, dans quel lieu, les premières lois écrites furent-elles rédigées ?</p><p
style="text-align: justify;">Il semble y avoir un consensus sur l&#8217;idée que l’oeuvre de codification des lois aurait plutôt eu lieu <strong>dans les colonies</strong> que dans les métropoles. Et d’ailleurs “<em>nomos</em>” (la loi) dérive de la même racine que “<em>nemein</em>” (distribuer, répartir, allouer,..) : on s’imagine que la nécessité de répartir les terres entre les colons fut une motivation première pour écrire les lois, c’est à dire <strong>écrire les répartitions</strong>.</p><p
style="text-align: justify;">Mais en se focalisant trop tôt sur les colonies grecques, n’oublie-t-on pas trop vite <strong>la Crête</strong> dont il nous reste un nombre d’inscription juridique beaucoup plus nombreux que n’importe quelle région de la Grèce ?<span
id="more-2537"></span></p><p
style="text-align: justify;">Pour Giorgio Camassa, le cas de la Crête n’est pas convoqué pour lui attribuer une quelconque paternité dans l’écriture des lois, mais plutôt pour souligner que cette nouvelle écriture fut en Crête <strong>précédée et accompagnée par l’existence d’un corpus de lois transmises oralement</strong>. Camassa rappelle que, pour lui, l’existence d’une transmission orale d’un corpus législatif est la condition <em>sine qua non</em> pour la fixation précoce d’un code de loi écrites.</p><p
style="text-align: justify;">Les pratiques orales de législation sont elles-même baignées d’une culture poétique et lyrique :</p><blockquote><p>Il semble en effet difficile de se soustraire à la suggestion qu’en Crête, plus clairement qu’ailleurs, l’art de la législation était inséparable de la précellence de la parole rythmique, capable de forger l’âme, grâce à ses pouvoirs évocateurs et psychagogiques, mais capable aussi d’intervenir activement sur la réalité en la transformant” p.145</p></blockquote><p
style="text-align: justify;">C’est seulement dans le cadre d’une culture législative orale que, lentement et non à travers une crise :</p><blockquote><p>“l’opinion publique citoyenne, forte de tout son poids, demanda avec insistance un plus grand contrôle sur le système jurique par l’intermédiaire de la publication des lois”. <em>The Local Scripts of Archaic Greece</em>, Oxford, 1961, p.43</p></blockquote><p
style="text-align: justify;">Après la question du lieu, vient la question du comment : <strong>comment s’est opérée cette transition ?</strong></p><p
style="text-align: justify;">Dans une tradition orale, la perception de la loi par les individus est quelque chose d’absolu et d’immuable : <strong>les modifications sont imperceptibles</strong> et “la loi d’une génération ne peut pas être <em>mise en comparaison</em> avec celle d’une autre”.</p><p
style="text-align: justify;">Mais, même une fois écrite, la loi reste associée à son caractère immuable, et partout en Grèce et jusqu’à Aristote se manifeste l’hostilité au changement des lois établies.</p><p
style="text-align: justify;">N’y a-t-il pas là un paradoxe :</p><blockquote><p>“au moment-même où, avec le début d’une codification écrite, s’ouvre la voie, d’abord, à la perception et, ensuite, à la pratique du changement, on se préoccupe immédiatement d’éviter ce dernier”. p.149</p></blockquote><p
style="text-align: justify;">Giorgio Camassa y voit la force du <strong>conditionnement exercé par la prédominance de la culture orale</strong> au sein même de la période écrite qui s’ouvre. Ce qui est une manière pour lui d’articuler tradition orale et tradition écrite sans avoir a postuler la nécessité de l’écriture pour autoriser l’oeuvre du législateur.</p><p
style="text-align: justify;">Et d’ailleurs, l’écriture elle-même n’était-elle pas destinée à <strong>être vue plus qu’à être réellement lue</strong> ? Comme le rappelle Marcel Détienne, l’écriture pénètre dans l’espace public en se montrant et en s’affichant :</p><blockquote><p>“Gravés sur les édifices publics ou sur les stèles placées dans les lieux ou se déroulait la vie communautaire, les codes sont de clairs exemples d’une écriture destinée à être vue plutôt que lue”. p.151</p></blockquote><p><a
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isPermaLink="false">http://www.christian-faure.net/?p=2527</guid> <description><![CDATA[Voici la vidéo ( 45 min) de l&#8217;intervention d&#8217;Alain Giffard lors d&#8217;une séance de travail du groupe &#171;&#160;Technologies Relationnelles&#160;&#187; d&#8217;Ars industrialis. La séance était consacrée à la &#171;&#160;guerre civile numérique&#160;&#187; et il m&#8217;a semblé que les propos d&#8217;Alain Giffard étaient précieux pour re-contextualiser ce concept de guerre civile numérique qui reprend le titre d&#8217;un ouvrage [...]
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isPermaLink="false">http://www.christian-faure.net/?p=2521</guid> <description><![CDATA[Avec La Fabrique de l’homme endetté, Maurizio Lazzarato cherche à qualifier le lieu le plus opportun à partir duquel la lutte des classes se joue et s’articule de la manière la plus actuelle. A partir du texte Nietzschéen de la deuxième dissertation de la Généalogie de la Morale, Lazzarato caractérise l’épopée humaine depuis la diffusion du [...]
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style="text-align: justify;">Avec <a
href="http://www.amazon.fr/fabrique-lhomme-endett%C3%A9-condition-n%C3%A9olib%C3%A9rale/dp/2354800967" onclick="pageTracker._trackPageview('/outgoing/www.amazon.fr/fabrique-lhomme-endett_C3_A9-condition-n_C3_A9olib_C3_A9rale/dp/2354800967?referer=');">La Fabrique de l’homme endetté</a>, <a
href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Maurizio_Lazzarato" onclick="pageTracker._trackPageview('/outgoing/fr.wikipedia.org/wiki/Maurizio_Lazzarato?referer=');">Maurizio Lazzarato</a> cherche à qualifier le lieu le plus opportun à partir duquel la lutte des classes se joue et s’articule de la manière la plus actuelle.</p><div
id="attachment_2522" class="wp-caption aligncenter" style="width: 361px"> <a
href="http://www.christian-faure.net/?attachment_id=2522" rel="attachment wp-att-2522"><img
class=" wp-image-2522" title="lazzarato" src="http://www.christian-faure.net/wp-content/uploads/lazzarato-300x300.jpg" alt="" width="361" height="361" /></a><p
class="wp-caption-text">La superbe illustration de couverture est de C. K. Wilde</p></div><p
style="text-align: justify;"> A partir du texte Nietzschéen de <a
href="http://fr.wikipedia.org/wiki/G%C3%A9n%C3%A9alogie_de_la_morale#2e_dissertation_:_.C2.AB_La_faute_et_la_mauvaise_conscience_et_ce_qui_les_rassemble_.C2.BB" onclick="pageTracker._trackPageview('/outgoing/fr.wikipedia.org/wiki/G_C3_A9n_C3_A9alogie_de_la_morale_2e_dissertation_.C2.AB_La_faute_et_la_mauvaise_conscience_et_ce_qui_les_rassemble_.C2.BB?referer=');">la deuxième dissertation de la Généalogie de la Morale</a>, Lazzarato caractérise l’épopée humaine depuis la diffusion du christianisme comme étant celle de <strong>la fabrique de l’homme endetté</strong>. Il faut, nous dit-il, oublier les oppositions patron/ouvrier, maître/esclave, capitalisme financier/capitalisme industriel, etc. et ouvrir les yeux sur <strong>les mécanismes de domination qui s’exercent actuellement de manière débridée</strong>.<span
id="more-2521"></span></p><p
style="text-align: justify;">L’exercice est très intéressant et l’argumentaire qui articule Nietzsche &#8211; Foucault &#8211; Deleuze &#8211; Guattari est très séduisant dans la manière dont il décrit le processus par lequel nous avons <strong>intériorisé</strong> le fait d’être endettés et toujours redevable.</p><p>Sans renier l’intérêt et le mérite de ce petit texte limpide et stimulant (c’était déjà le cas avec &laquo;&nbsp;Le Gouvernement des inégalités&nbsp;&raquo;, <a
href="http://www.christian-faure.net/2009/03/22/du-gouvernement-des-inegalites-a-la-necessite-dune-nouvelle-economie-politique/">à propos duquel j’avais fait une note</a>), je ferai toutefois les remarques ci-après.</p><p>Tout d’abord je n’enlèverai pour ainsi dire rien à ce qui est écrit.</p><p
style="text-align: justify;">Deux choses me gênent cependant, comme des manques ou une forme de partialité qui émergent à la lecture du texte. D’abord une forme de <strong>procès à charge contre toutes les figures de la dette</strong> ; la dette « c’est très mal », c’est un instrument de domination redoutable inventé par les créanciers. Mais à trop vouloir coller à sa thèse, on ressent une forme d’injustice à l’encontre de la dette. S’endetter, n’est-ce pas aussi un moyen efficace pour <strong>investir</strong> ?</p><p
style="text-align: justify;">Trop occupé à démasquer les affres de la dette, Lazzarato ne prend pas la peine de souligner qu’<strong>il peut y avoir de bonnes dettes</strong>. Il ne précise également pas qu’une dette ne devient un vrai problème que quand celui qui la contracte n’a <strong>plus de crédit</strong>. C’est d’ailleurs ce qui se passe pour les dettes souveraines européennes : le phénomène de la dette ne devient un problème que lorsque qu’on ne fait plus crédit à un pays et à son gouvernement.</p><p>Si le discours sur &laquo;&nbsp;la Fabrique de l’homme endetté&nbsp;&raquo; est pertinent, il atteint ses limites en ne s’avançant pas plus dans l’<strong>analyse pharmacologique de la dette</strong>, faute de ne pas avoir souligné l’<strong>ambivalence de la dette</strong> (qui peut, je le rappelle, être bonne et positive) : le bébé est ainsi jeté avec l’eau du bain.</p><p>Ensuite vient la question de la « lutte des classes ». Comment nier qu’une telle lutte des classes existe lorsque même l’homme d’affaire américain Warren Buffet affirme que :</p><blockquote><p
style="text-align: justify;">&laquo;&nbsp;Il y a une lutte des classes aux Etats-Unis, bien sûr, mais c&#8217;est ma classe, la classe des riches qui mène la lutte. Et nous gagnons.&nbsp;&raquo;</p></blockquote><p
style="text-align: justify;">Je reste toutefois méfiant sur le concept de « lutte des classes », un <strong>vrai concept savonnette</strong> : il semble facile à appréhender mais vous glisse systématiquement entre les doigts. Méfiant, également, parce que <strong>c&#8217;est un concept d’opposition</strong> (et non de composition) et ne peut déboucher que sur ce qu’il contient en germe : le conflit, la lutte et la mise à jour d’<strong>oppositions irréductibles</strong> (c’est eux ou c’est nous).</p><p
style="text-align: justify;">En faisant uniquement une <strong>pharmacologie négative de la dette</strong>, le geste de Lazzarato n’arrive à produire qu’une injonction à la lutte sans aucune autre alternative qui motive.</p><p>Je me pose donc la question suivante : en <strong>se battant « contre »</strong> ne fait-on pas le jeu d’une situation d’opposition que l’on dénonce par ailleurs puisque tout système de domination est un système d’opposition ? N’est-il pas temps de <strong>se battre « pour »</strong> ? Par exemple pour une <a
href="http://www.google.fr/search?q=%C3%A9conomie+de+la+contribution" onclick="pageTracker._trackPageview('/outgoing/www.google.fr/search?q=_C3_A9conomie+de+la+contribution&amp;referer=');">économie de la contribution</a> ?</p><p>Ce qui m&#8217;amène à remarquer que le problème de « la-gauche-qui-veut-entrer-en-lutte&nbsp;&raquo;, c’est son adhésion aveugle au primat des logiques d’opposition et <strong>sa mécompréhension corollaire des logiques de composition</strong>. C’est que les logiques de composition sont trop souvent, et à tort, assimilées à des logiques de <em>compromission</em>. Or cette équivoque freine systématiquement le <strong>caractère opératoire</strong> des concepts mis à avant, comme ici le concept d’<strong>homme endetté</strong>.</p><p>Quoiqu’il en soit, « La fabrique de l’homme endetté » est assurément un livre à lire, il contient par ailleurs quelques charges bienvenues sur le <strong>capitalisme cognitif et son « économie de la connaissance »</strong>.</p><div
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isPermaLink="false">http://www.christian-faure.net/?p=2512</guid> <description><![CDATA[Quatre vidéos choisies de la rencontre au théâtre de la colline du 10 Décembre 2011 : &#160; Introduction de Bernard Stiegler (30min) Réponse et discussion suite à l&#8217;intervention de Paul Jorion (20min) Intervention de Franck Cormerais (26min) Discussion en fin de séance (23 min) Vous pouvez visionner l&#8217;ensemble des vidéos et de la séance sur [...]
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href="http://www.christian-faure.net/wp-video/jorion/4.discussion.mov">Discussion en fin de séance</a> (23 min)</li></ul><p>Vous pouvez visionner l&#8217;ensemble des vidéos et de la séance sur le site de <a
href="http://www.pauljorion.com/blog/?p=31566" onclick="pageTracker._trackPageview('/outgoing/www.pauljorion.com/blog/?p=31566&amp;referer=');">Paul Jorion</a> ou sur celui d&#8217;<a
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isPermaLink="false">http://www.christian-faure.net/?p=2502</guid> <description><![CDATA[J’essaie le plus que je peux de respecter le temps de parole. Que ce soit au cours d’une réunion ou lors d’une conférence, ma première préoccupation est toujours de connaître le temps de parole dont je dispose. Et je n’aime pas déborder, j’éprouve même de la satisfaction à finir de parler à la minute près. [...]
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style="text-align: justify;">J’essaie le plus que je peux de respecter le temps de parole. Que ce soit au cours d’une réunion ou lors d’une conférence, ma première préoccupation est toujours de connaître le temps de parole dont je dispose. Et je n’aime pas déborder, j’éprouve même de la satisfaction à finir de parler à la minute près.</p><p
style="text-align: justify;"><img
id="internal-source-marker_0.6191967690703732" class="aligncenter" style="margin: 10px;" src="https://lh6.googleusercontent.com/1syxeg7MQllOVGlNjUalS3ruLKOXF3dIFV9CuFi9aOAhYEnRoEF_PaLD0zWPuxsDhJhcK3_WNXshyzaYXZmUYAeuLCqkb0TFAKN1mkN7LVSEg-qpq-4" alt="" width="500px;" height="375px;" /><br
/> <span
id="more-2502"></span>D’où cela me vient-il ? De cette professeur de mathématique au collège qui continuait son cours alors que la sonnerie de la récrée avait retenti ? Combien de récréations — moment sacré — ont ainsi été sacrifiées par ce débordement ? J’enrageais, et j’ai encore la sensation que ces minutes volées sont irrémédiablement perdues ; <strong>leur perte n’arrive pas à se diluer avec le temps</strong>.</p><p
style="text-align: justify;">Dès que le temps vient à me manquer, je repense à ces minutes subtilisées comme si elles pouvait être récupérées d’une défausse de cartes pour être remises sur le tapis du jeu. Un joker de derrière les fagots qui m’aurait été si injustement ravi il y a longtemps, une veille histoire de <em>dette</em>.</p><p>Le respect du temps de parole, c’est toujours <strong>une forme de contrat avec un auditoire</strong> ou un public :</p><blockquote><p
style="text-align: justify;">« bon ou mauvais, mon discours durera tant de temps ».</p></blockquote><p
style="text-align: justify;">C’est aussi ce que j’apprécie dans le cinéma : on connaît toujours la durée de l’oeuvre et, même s’il peut paraître très long, <strong>un film ne déborde jamais</strong>.</p><p
style="text-align: center;">*</p><p
style="text-align: justify;">Lors d’une conférence, celui qui va déborder se manifeste souvent en commençant par demander combien de temps lui reste-t-il, alors qu&#8217;il ne lui reste plus que 5 minutes. Son regard devient hagard en comprenant qu’il n’aura pas fini de dire <strong>tout ce qu’il avait prévu de dire</strong>, puis déclare qu’il « va accélérer », c’est le moment où la salle frémit d’un rire jaune.</p><p
style="text-align: justify;">C’est parfois le signal que la torture va commencer pour l’auditoire. Au rythme des tambours battants la parole quitte le plan du signifiant pour se faire prosodie puis musique. Avec un peu de chance, la mélodie n’est pas désagréable, mais ce n’est plus le moment, c’est trop tard.</p><p
style="text-align: justify;">L’auditoire connaît bien le coupable : c’est ce <strong>maudit papier</strong>, ces notes que lit l’intervenant et qu’il feuillette nerveusement en comptant les pages qu’il lui reste avant d’en finir <em>dé-fi-ni-ti-ve-ment</em>. La lecture a pris possession du corps de l’intervenant comme ces juifs et musulmans en prière qui balancent leur corps.</p><p
style="text-align: justify;">S’il y a un animateur de séance, c’est le moment où il ne tient plus sur sa chaise et où son regard scrute le public dans l’espoir qu’il lui donne la force et l’autorité suffisante pour intercéder auprès du <em>palabreur</em>.</p><p
style="text-align: justify;">Enfin, lorsqu’il franchit la ligne d’arrivée de son discours, il relève alors la tête et regarde son auditoire, heureux d’être de retour et satisfait de ce qui lui semble être un exploit.</p><p
style="text-align: justify;">Être attentif au temps qui passe pendant que l’on parle soi-même c’est aussi une forme d’assurance. Bien sûr, on ne peut pas regarder en permanence sa montre car on ne pourrait plus rien dire tel le lapin blanc à la montre gousset d’Alice.</p><p
style="text-align: justify;">Parfois je me dis qu&#8217;il faut <strong>parler comme on nage</strong>, en alternant entre l’apnée et l’air libre. A chaque fois que l’on émerge pour respirer on en profite pour jeter un oeil à l’horloge évaluer la <strong>distorsion temporelle</strong> que notre propos nous procure à nous-même. Il faut pressentir dans les variations de l’épaisseur du temps l’intensité de son propre propos. Le temps passe-t-il vite ? Alors il est urgent de <em>ralentir</em> et surtout de ne pas <em>accélérer</em>, ce que l’on fait presque instinctivement .</p><p
style="text-align: justify;">Être vigilant à la relation entre le temps mesuré et le temps perçu pendant le temps de sa propre parole est un véritablement <strong>renversement dans l’attitude naturelle</strong>. Il y a une mise en tension entre deux formes de conscience du vécu, comme un dédoublement de personnalité <strong>maintenu consciemment en tension</strong> durant le temps que dure la prise de parole.</p><p
style="text-align: justify;">Avoir un rapport au temps qui passe est aussi une forme d’attachement au réel ; c’est ne pas trop <strong>se laisser envoûter par son propre discours</strong> ; ne pas se complaire en se gargarisant de la satisfaction d’être écouté. C’est que, à vouloir parler aux autres, on finit par ne parler qu&#8217;à soi même, à <em>soliloquer</em>.</p><div
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isPermaLink="false">http://www.christian-faure.net/?p=2492</guid> <description><![CDATA[Mais pourquoi donc retrouve-t-on une femme aux seins dévoilés au milieu de cette scène de bataille que peint Delacroix avec sa “Liberté guidant le peuple” ? On pourrait dire, presque pour l’excuser, qu’elle a d’autres chats à fouetter en ce moment où elle guide le peuple sur les barricades. On pourrait également également dire que [...]
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style="text-align: justify;">Mais pourquoi donc retrouve-t-on une <strong>femme aux seins dévoilés</strong> au milieu de cette scène de bataille que peint Delacroix avec sa “Liberté guidant le peuple” ?</p><p><img
src="https://lh6.googleusercontent.com/5V8FIaWo84z2E42jhK-VUW2kdu40IMOPqGmoGz8MzloA5pndJJBoGAax-f1RTaFUV-_Ob2uIiq0R2EbhefftZ-6JdlI5Y0RA5a1D7H-IosuxJTWzGCA" alt="" width="513" height="399" /></p><p
style="text-align: justify;"><span
id="more-2492"></span>On pourrait dire, presque pour l’excuser, qu’elle a d’autres chats à fouetter en ce moment où elle guide le peuple sur les barricades. On pourrait également également dire que ce n’est pas la liberté qui guide le peuple mais la beauté de ses seins qui conduit le troupeau. On pourrait enfin dire que ce dévoilement n&#8217;est là que pour attirer l’attention de celui qui regarde le tableau, etc.</p><p>Toujours est-il que cette figure de la femme aux seins dévoilés au milieu d’une foule est un symbole fort. Pas une manifestation, de woodstock à la dernière manifestation des étudiants, sans que les photographes ne soient à l’affût de <strong>la jeune femme au dessus de la mêlée avec un sein à l’air</strong>.</p><p>D’où cela vient-il ?</p><p>Il y a  peut-être un début de réponse dans le XII° des <a
href="http://www.amazon.fr/Petits-trait%C3%A9s-Pascal-Quignard/dp/2070401286" onclick="pageTracker._trackPageview('/outgoing/www.amazon.fr/Petits-trait_C3_A9s-Pascal-Quignard/dp/2070401286?referer=');">Petits traités</a> de Pascal Quignard.<img
class="aligncenter" src="https://lh6.googleusercontent.com/L7PcGBwfMwXIXTN1V6cznBzV7fVob8IH-_wUQ43q3kD78Y-tu1pImA3MK2ABDKA0LVKdj8Py57B-u9qpvEKpb3zARn_LuPjsht4dqGA9pVHuuPUuga4" alt="" width="343" height="343" /><br
/> En 90, <a
href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Tacite" onclick="pageTracker._trackPageview('/outgoing/fr.wikipedia.org/wiki/Tacite?referer=');">Tacite</a>, qui était lors légat en Germanie et découvrait les coutumes locales, notamment les pratiques guerrières, nota la chose suivante :</p><blockquote><p>“ On raconte que les lignes de bataille qui pliaient déjà et qui perdaient pied furent rétablies par des femmes : elles priaient les combattants en dénudant leurs seins et en signifiant la captivité toute proche.” Petits Traités I, ed. Folio, p. 222</p></blockquote><p
style="text-align: justify;">Voilà donc le fin mot de cette mise en scène qui nous proviendrait des pratiques guerrières germaniques ; les femmes, en dévoilant leurs mamelles (<em>objectus pectorum</em>, précise Quignard), montraient aux hommes dont le courage chancelait tout ce qu’ils allaient perdre.</p><p>Une variante plus ancienne existe et elle est raportée par <a
href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Trogue_Pomp%C3%A9e" onclick="pageTracker._trackPageview('/outgoing/fr.wikipedia.org/wiki/Trogue_Pomp_C3_A9e?referer=');">Trogue Pompée</a> à propos de la guerre des Mèdes d’Astyage contre les Perses de Cyrus au moment où les Perses commençaient à céder :</p><blockquote><p
style="text-align: justify;">“Les mères et les femmes des perses accourent à eux ; elles les prient de retourner au combat. Les voyants hésiter, elles rebroussent leurs robes, tendent vers eux leurs parties obscènes en leur demandant s’ils veulent se réfugier dans l’utérus de leur mères ou de leurs épouses”. ibid. P. 226</p></blockquote><div
class="printfriendly align"><a
href="http://www.christian-faure.net/2011/12/04/le-devoilement-des-mamelles/?pfstyle=wp" rel="nofollow" ><img
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isPermaLink="false">http://www.christian-faure.net/?p=2488</guid> <description><![CDATA[Je suis un des auteurs du livre sur les Réseaux Sociaux qui sort aux Editions FYP, sous la direction de Bernard Stiegler, et dont voici la présentation de l&#8217;éditeur : La dissémination des technologies numériques dans toutes les couches sociales de tous les pays industrialisés transforme inexorablement les relations entre les individus, les groupes, les [...]
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style="text-align: justify;"><img
class="alignleft" title="Les réseaux Sociaux" src="http://ecx.images-amazon.com/images/I/51OyKC-STrL._SS500_.jpg" alt="" width="282" height="282" />Je suis un des auteurs du <a
href="http://www.amazon.fr/r%C3%A9seaux-sociaux-Bernard-Stiegler/dp/2916571353/ref=sr_1_2?ie=UTF8&amp;qid=1322825938&amp;sr=8-2" onclick="pageTracker._trackPageview('/outgoing/www.amazon.fr/r_C3_A9seaux-sociaux-Bernard-Stiegler/dp/2916571353/ref=sr_1_2?ie=UTF8_amp_qid=1322825938_amp_sr=8-2&amp;referer=');">livre sur les Réseaux Sociaux</a> qui sort aux Editions FYP, sous la direction de Bernard Stiegler, et dont voici la présentation de l&#8217;éditeur :<span
id="more-2488"></span></p><blockquote><p
style="text-align: justify;">La dissémination des technologies numériques dans toutes les couches sociales de tous les pays industrialisés transforme inexorablement les relations entre les individus, les groupes, les générations et les nations. La croissance spectaculaire des réseaux sociaux affecte tous les milieux et vient transformer les règles du jeu socio-économique dans son ensemble, notamment à travers les jeunes générations.</p><p
style="text-align: justify;">Or – en première analyse – ces nouveaux réseaux peuvent sembler des réseaux non sociaux, voire même antisociaux. Ils sont en effet généralement coupés de ce qui caractérisait jusqu’alors le social : lié à un territoire, à une langue, à un héritage (religieux, politique ou culturel au sens le plus large), légué par des générations d’ascendants, comme un sol commun.</p><p
style="text-align: justify;">Cet ouvrage explore toutes les profondes transformations que génèrent les réseaux sociaux. Il démontre que l’un des grands enjeux de demain est de créer les conditions – technologiques aussi bien qu’économiques et sociales – de constitution de ces nouveaux réseaux de relations sociales, portés par le numérique. Il propose une analyse approfondie des conditions sociologiques et psychologiques qui président à la constitution de ces réseaux sociaux, ainsi qu’un état de l’art international des technologies et des stratégies industrielles déjà mises en oeuvre ou à venir, leurs conséquences économiques et organisationnelles, les enjeux politiques et les menaces que cela peut constituer. Il explique de manière claire et accessible à tous, comment et pourquoi les choix économiques, politiques, d’investissements et de régulations, de recherche et de développement (R&amp;D), de design, de management, de marketing ou de distribution &#8211; seront dans une très large mesure conditionnés par les choix et les processus qui se produiront dans les réseaux sociaux, tant pour les individus que pour les entreprises et organisations, et dans tous les domaines de la vie. Il propose toutes les clés et les règles pour créer et développer les réseaux sociaux du Web 3.0 et également les conditions économiques et éthiques d’administration de ces nouveaux milieux, c’est-à-dire les questions de la gestion, du contrôle, de la transparence et de l’e-démocratie.</p><p
style="text-align: justify;"></blockquote><div
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